‹ Contribution à l'étude de l'hérédité du diabète sucré: Considérations d'hygiène préventiveChapitre 24 sur 29 · I. — Du pronostic du diabète héréditaire · texte numérisé non relu

I. — Du pronostic du diabète héréditaire

Le degré de gravité du diabète est-il un rapport avec le caractère héréditaire ? C’est là un sujet fortement controversé. De nombreux auteurs affirment que dans l’ensemble le diabète héréditaire est d'évolution relativement bénigne. C’est là lopinion de Joslin. Pour lui, seuls interviendraient comme facteurs d’aggravation les infections, les schocks, la suralimentation, la fatigue.

Cette opinion est confirmée par Maddox et Mad. Scott. Ils utilisent la méthode de recherche suivante : comparer les quantités moyennes d'insuline nécessaires par individu, dans deux séries de malades. La première de diabétiques de caractère nettement héréditaire, la seconde de malades sans antécédents. Dans la première série la quantité moyenne des unités d’insuline nécessaire est de 16,5 unités. Dans la seconde, cette moyenne est de 23,4 unités. Dans quelle mesure

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peut-on interpréter de tels résultats ? Quelles conclusions tirer d’une telle méthode de recherche ? C’est ce que Maddox et Mad. Scott discutent eux-mêmes, et c’est plutôt de leur expérience clinique qu'ils tirent des conclusions analogues à celles de Joslin.

En France, des auteurs de l’école lyonnaise : Savy, Delore et Lemoine, au contraire, s'élèvent contre cette opinion, publiant en 1932 une statistique importante de diabètes de l’adulte, ils insistent sur l’importance du facteur héréditaire et concluent, contrairement à l'opinion la plus souvent admise, que le pronostic du diabète héréditaire est, dans l’ensemble, plus grave.

Peut-on opposer encore l’hérédité des diabètes consomptifs et celle des diabètes d’allure bénigne. Nous avons vu que l’hérédité semblait jouer un rôle plus important dans le diabète consomptif. Souvent, dès qu’elle apparaît, l’atteinte langheransienne s’avère profonde et nécessite l’institution d’un régime rigoureux et un traitement insulinien énergique. C’est le cas fréquemment dans les diabètes de l’enfant, maïs ce n’est pas la règle, et souvent les enfants des diabétiques échappent à cette hérédité grave et ne présentent qu’un diabète d’évolution bénigne. Si à l’occasion d’un épisode révélateur ultérieur, l'allure évolutive se révèle grave, il semble difficile de dire alors quelle est l'importance réelle du facteur héréditaire. Trop d’éléments interviennent en effet dont l'importance nous échappe pour juger du rôle exaet de l’hérédité dans le

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