B. — LÉSIONS HISTOLOGIQUES
Nous n'avons pas trouvé de description précise des lésions histologiques de la syphilis laryngée héréditaire. Les quelques documents concernant ce sujet sont imprécis, courts et, somme toute, peu étudiés. On ne peut tirer aucune donnée précise des examens histologiques sommaires rapportés par Sevestre, dont l'étude clinique est par ailleurs remarquable. Cette pénurie de documents donne quelque. valeur aux observations histologiques que nous avons pu faire et dont l'intérêt nous parait mériter certains développements.
Nous n'avons pu étudier que la syphilis héréditaire tardive du larynx et notre étude vaut pour elle seule. Comme nous donnons une description complète des lésions à la suite des observations que nous rapportons, nous insisterons ici sur les quelques points suivants :
° Les lésions laryngées, la syphilis héréditaire tardive sont superposables aux lésions de la syphilis laryngée tertiaire acquise.
»° Le caractère de ces lésions est d’être très étendues en profondeur, de modifier dans toute leur épaisseur les tissus laryngés et de créer un processus d'hyper-
man LUE
plasie inflammatoire qui tend à détruire plus ou moins complètement les éléments différenciés des parois laryngées : cartilage, glandes.
3° L'inflammation diffuse varie d'aspect suivant les points considérés : de larges zones d'infiltration cellulaire, très pauvres en éléments collagènes, alternent avec des zones où le tissu conjonctif tend à s'organiser et à prendre un type fibreux.
4° Les tissus diffusément enflammés, sont parcourus par des vaisseaux de nouvelle formation que nous avons vus coexister avec des vaisseaux plus hautement structurés, plus différenciés, représentant probablement les vaisseaux du tissu normal. Ces derniers vaisseaux présentaient des altérations manifestes allant jusqu’à l’oblitération.
La formation de nouveaux vaisseaux nous paraît correspondre à la vascularisation secondaire du tissu inflammatoire, après disparition de la vascularisation normale des parois laryngées.
. 9° Nous insistons tout particulièrement sur la pré-
sence, dans les nappes d'infiltration cellulaire que nous avens décrites, de formations tuberculoïdes : cellules géantes, nodules et nappes épithélioïdes. Nous les avons observées dans le cas de syphilis laryngée tertiaire acquise que nous avons étudié, comme aussi dans le cas de syphilis héréditaire laryngée tardive que nous rapportons. Dans cette dernière observation, les lésions tuberculoïdes sont particulièrement étendues et nettes.
Aucun caractère histologique ne permet de distinguer ces formations d'avec celles que l’on observe dans
Se
les cas de tuberculose authentique de la peau ou des muqueuses dermo-papillaires. L'existence de formaons histologiques, semblables à celles que nous avons observées, n'a pas élé signalée, croyons-nous. Dans nos deux cas, elles sont remarquablement nettes et de constatation très facile.
Tels sont les points sur lesquels nous voulons attirer spécialement l'attention. L'un d’entre eux, en particulier, a une grande importance : nous voulons parler des formations tuberculoïdes. Klles ont été signalées dans les lésions des muqueuses dermo-papillaires par MM. Nicolas et Favre dans un mémoire de la Province médicale, décembre 1907. On verra à la lecture de ce mémoire l'importance de cette constatation. Nous n'insisterons pas sur sa valeur en pathologie générale et en anatomie pathologique. Le point qui nous paraît le plus important est d'ordre pratique.
En effet, au niveau du larynx, comme au niveau des muqueuses dermo-papillaires, le diagnostic se pose souvent entre les lésions tuberculeuses et les lésions syphilitiques.
C'est chaque jour, qu'en pratique, on voit le clinicien hésiter à se prononcer en faveur de l’une ou l’autre étiologie. Lorsque l'examen clinique et les concomitants morbides ne permettent pas, à eux seuls, de sortir du doute, on a cherché, dans les examens de laboratoire des moyens de trancher un diagnoslic que les méthodes cliniques ne pouvaient permettre d'affirmer. La biopsie des lésions est un des moyens auxquels on à recours dans ces cas. On voit à la lecture de nos