DE
syphilis laryngée peut done ressembler à celle du croup avec cette différence que la marche est ordinairement moins rapide. Sevestre a publié quatre observations de malades chez lesquels le diagnostic de croup avait été fait alors qu’il s'agissait de cas d’hérédo-syphilis laryngée. Moure à vu bien des fois des enfants trachéotomisés pour un soi-disant croup, ayant en réalité des manifestations d’hérédo-syphilis du côté de l’organe vocal. Mais le tableau clinique de cette affection peut être bien différent. Dans certains cas les symptômes sont remarquables par leur insidiosité. Les altérations de la voix sont peu marquées et on ne peut faire préciser la date de leur apparition. Quant à la respiration elle peut n'être gênée que d’une façon peu appréciable. C'était le cas d’une malade dont on trouvera plus loin l'observation V. Et cependant l'examen laryngoscopique montrera des lésions graves el irréparables.
Quel que soit le tableau clinique on note très rarement des troubles de la déglutition et de la dysphagie douloureuse.
EXAMEN LARYNGOSCOPIQUE
L'épiglotte est dans la syphilis héréditaire, plus encore que dans la syphilis acquise, le siège de prédilection des lésions. Elle peut apparaître sous la forme d’un bourrelet énorme, rouge sombre, gênant l'observation des parties sous-jacentes, ou bien si les lésions sont plus avancées, elle sera fortement échancrée, recroquevillée, ou réduite à un moignon. Par places
on apercevra le cartilage à nu ou un tissu cicatriciel d'aspect nacré.
Comme les lésions suivent généralement une marche descendante, le miroir peut les montrer aussi au niveau des replis aryténo-épiglottiques, des bandes ventriculaires, des ventricules, des cordes vocales, suivant des modalités que nous avons décrites au chapitre de l’anatomie pathologique. Souvent on constatera une palmure unissant les cordes vocales à lenr insertion antérieure sur un trajet antéro-postérieur variable. Dans d’autres cas on notera une tuméfaciion de l’un ou des deux cartilages aryténoïdes et une diminution consécutive dans la mobilité des cordes vocales. Les lésions ne s'arrêtent pas toujours à la glotte et on a pu constater des infiltrations sous-glottiques ou des sténoses dues à la rétraction des Lissus cicatriciels.