‹ Contribution À L'Étude De L'Héréo-Syphilis Du Larynx Et Particulièrement De Ses Formes TardivesChapitre 16 sur 24 · NET · texte numérisé non relu

NET

l’angine prémonitoire habituelle, le rejet des fausses membranes, la présence du B. de Lôffer, enfin par la notion d’épidémicité.

Chez les enfants de deux à cinq ans, la confusion est encore possible avec la laryngite striduleuse qu a un début nocturne et brusque. L'accès de suffocation dure trente secondes à deux minutes et n’est pas suivi de troubles vocaux et respiratoires durables. En cas de doute on instituera un traitement spécifique, car sil s'agissait. d'une manifestation de syphilis congénitale on aurait des chances, en intervenant ainsi de bonne heure, d'éviter une cicatrice vicieuse. D'ailleurs, pour Dieulafoy, la laryngite striduleuse serait souvent imputable à la syphilis héréditaire.

Chez les nouveau-nés le diagnostic sera fait :

Avec le s{ridor congénital, qui apparaît dans les deux premières semaines de la vie pour disparaître au bout d’un an ou deux. L'examen laryngoscopique par le procédé d’Escat montrera une malformation de l’épigloite et des replis ary-épiglottiques.

Avec l’hypertrophie du thymus caractérisée par la voussure et l'élargissement de la matité de la région sternale supérieure, par la présence d'une tumeur sus-sternale, apparaissant pendant l'expiration et disparaissant pendant l'inspiration. L'asthme thymique ne s'accompagne pas de raucité même passagère, du cri, de la voix et de la toux.

Quelquelois, à cause de son insidiosité et du caractère équivoque de ses symptômes, on est exposé à confondre l’hérédo -syphilis du larynx avec la {uberculose laryn gée qui se distingue par la pàleur du voile du palais,

par la douleur accompagnant la parole et la déglutiton (symptôme rare dans l’hérédo-syphilis laryngée), par sa prédominance sur les aryténoïdes et à la commissure postérieure du larynx, par la présence du B. de Koch dans les produits de raclage des lésions, enfin par les signes concomitants de la tuberculose pulmonaire. D'ailleurs la phtisie laryngée estexceptionnelle dans l'enfance et rare avant la vingtième année. On fera aussi le diagnostic avec le lupus laryngé qui est exceptionnel. Linnté le plus souvent à l’épiglotte, 1l succède à des lésions de même nature du pharynx et de la peau.

L'examen laryngoscopique permettra d'éviter la confusion avec les papillomes du larynx qui apparaissent sous forme de petites masses d’aspect framboisé, mais de couleur blanc grisâtre.

La radioscopie et l'examen laryngoscopique permettront enfin de différencier de l'hérédo-syphilis du larynx, l’adénopathie {rachéo-bronchique qui survient chez les enfants après une maladie infectieuse ou une affection de l'appareil respiratoire et qui peut déterminer du spasme glottique ou la paralysie d’une corde vocale.

L'hypothèse d'un cancer du larynx sera rejetée, puisque celte affection ne survient pas avant quarante ans, c'est-à-dire à une époque où on ne doit plus penser à la syphilis héréditaire laryngée, mais plutôt à la syphilis laryngée acquise.

Au point de vue du pronostic il est utile de savoir si des manifestations laryngées proviennent d’une syphilis héréditaire ou acquise.

En effet, à part quelques exceptions, la syphilis héréditaire est plus grave que la syphilis acquise de l'en-

fance. Cette différence de pronostic avait été déjà remar-

quée d'Ambroise Paré: « on voit peu souvent les enfants nés avec ce mal recevoir guérison, mais ceux qui l’acquièrent étant déjà grandelets sont quelquefois guéris ».

Souvent les antécédents personnels et héréditaires du malade suffiront à établir un diagnostic différentiel. Ainsi la nolion d’un coryza survenu dans les premiers mois de la vie est nettement en faveur de la syphilis congénitale. Dans d’autres cas c’est la qualité des lésions concomitantes qui dénoncera l'origine héréditaire d’une altération laryngée syphilitique. Pour le professeur Fournier et la plupart des auteurs, les déformations nasales et craniennes se rencontrent plus fréquemment dans la syphilis congénitale que dans la syphilis acquise, et certaines lésions trophiques, comme la kératite intersutielle, la dent d'Hutchinson, l'infantilisme, constituent des signes de présomptions sérieuses d’hérédité spécifique.

Page 1