‹ Contribution à l'étude de l'histogénèse du carcinome testiculaireChapitre 7 sur 12 · TO TES · texte numérisé non relu

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conjonctif est transformé en un stroma carcinomateux. Quant aux tubes eux-mêmes ils ne participent pas à la production du néoplasme; ils sont étouffés, pressés par l’envahissement de la tumeur et quelquefois ils finissent par disparaître ne laissant aucune trace de leur existence. Le tissu carcinomateux repousse et comprime le tube séminifère qui finit par s’atrophier. Les deux savants anatomo-pathologistes avouent bien que Birch- Hirschfeld a isolé des tubes séminifères présentant des renflements noueux et s'élargissant rapidement au moment où 1ls pénètrent dans la masse morbide; 1ls savent bien aussi que cet auteur affirme que le carcinome du testicule naïtrait d'une formation nouvelle d'éléments épithélioïdes à l’intérieur des tubes séminifères; mais maloré les faits probants que Birch- Hirschfeld apporte à l'appui de sa théorie, ils ne peuvent pas se laisser convaincre. « Nous n'avons pas, disent-ils, observé » ce mode de développement et nous croyons que le carcinome » se développe dans le testicule par la tuméfaction des cellules » de tissu conjonctif et la formation nouvelle de grandes cellu- » les qui occupent les espaces lymphatiques ».

Et cependant en 1865 Cornil avait fait paraître dans le Journal d’Anatomie et de Physiologie un long article sur l’histoire du développément histologique des tumeurs épithéliales en général. Il y étudie les métamorphoses des glandes acineuses du sein, des glandes folliculeuses de l'intestin, de l'estomac, de la peau, dans le développement des tumeurs épithéliales hétérotopiques de ces organes (squirrhe, encéphaloïde, cancroïde), ete. Il a reconnu que dans le cancer du sein les culs-de-sac glandulaires présentent une hypertrophie et une hypergénèse glandulaire considérables ; que la membrane d’enveloppe du cul-de-sac s’épaississait d’abord puis finissait par disparaître et qu’alors ces cellules épithéliales dégénérées se répandaient dans le tissu conjonctif ambiant.

Du côté de la muqueuse gastro-intestinale, ainsi que dans les hétérotopies épithéliales de la peau, il à pu parfaitement constater que tout le néoplasme provient d'une hypertrophie et d’une hypergénèse de l’épithélium des culs-de-sac glandulaires.

Du reste dans leur Traité classique d'anatomie pathologique, Cornil et Ranvier soutinrent avec autorité les idées de Virchow et les acclimatérent à Paris.

Pour eux, les cellules des espaces plasmatiques entrent en prolifération et donnent naissance à trois, quatre ou cinq petites cellules. Les espaces plasmatiques s’agrandissent et constituent des alvéoles irréguliers avec des prolongements anatomiques. Si l’épithélium des canaux et des culs-de-sac prolifère par l'effet d’une irritation de voisinage, les acini se remplissent de cellules et s’hypertrophient de telle sorte qu'on serait tenté de croire à un rapport direct entre la prolifération de ces cellules d’épithélium et le développement du carcinome.

Un autre histologiste fort distingué, Ch. Morell, défend aussi dans son 7raité d'hstologie humaine, normale et pathologique ce mode de production des tumeurs cancéreuses. Pour cet auteur c'est toujours dans les cellules plasmatiques du tissu conjonctif que le cancer prend naissance; c’est toujours par l'hyperplasie de ces éléments qu’il fait sa première apparition et la période initiale de son développement ne diffère en rien de la végétation cellulaire qui donne naissance au pus ou au tubercule. Toujours, d’après cet auteur, une fois produites ces premières modifications qui rattachent le cancer aux produits inflammatoires, le contenu des cellules subit les métamorphoses les plus variées. Quant à la forme irrégulière, biscornue de la cellule cancéreuse, Ch. Morell n’en fait pas un caractère spécifique du cancer ; pour lui, tout élément de formation patho-

logique a son analogue dans l'organisme sain ; pour lui, ce qui 3A

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peut faire dire qu'une tumeur est de nature cancéreuse c’est son développement dans un temps ou dans un lieu insolite, c’est-à-dire par hétérochronie où hétérotopie. |

En Allemagne, la théorie de l'origine conjonctive des tumeurs cancéreuses et en particulier du cancer du testicule était magistralement soutenue par le professeur Virchow. Pour ce savant anatomo-pathologiste, ce qui constitue le carcinome, que ce soit un encéphaloïde. ou un squirrhe, c’est la présence d’un tissu dans lequel on trouve une trame de tissu conjonctif de nouvelle formation dont les cavités ou alvéoles, très petits, microscopiques, contiennent un suc crémeux spécial. Pour lui, le cancer dérive toujours des cellules plasmatiques si communes dans l'organisme et qu’on rencontre partout où se trouve le tissu connectif et ses dérivés. Ces cellules atigmenteraient alors de volume, se multiplieraient, prenant des formes bizarres et un développement insolite, au point de revêtir graduellement les caractères attribués aux cellules cancéreuses. Pendant qu’un certain nombre de ces cellules de nouvelle formation prennent ces caractères, d’autres tendent à s'organiser en tissu conjonctif qui habituellement demeure à l’état embryonnaire, et celles-ci, conjointement avec le tissu conjonctif normal de la région, constitueront la trame de la tumeur.

Pour une autre classe d'auteurs, à la tête desquels se trouve Lebert, les tumeurs cancéreuses du testicule, comme du reste celles des autres organes, sont essentiellement caractérisées par la présence des cellules cancéreuses et des noyaux cancéreux, éléments qui n’ont point d'analogue dans l'organisme et qui, pour ce motif,sont dits hdféromorphes. Pour les mêmes auteurs, ces éléments ont des caractères physiques assez fixes pour qu'il soit impossible de les confondre avec d’autres éléments quelconques de l'organisme. En dehors de ces productions il n’y a point de cancer. Toutes les productions morbides qui sont

ro constituées par des éléments analogues à ceux de léconomie ne sont point des cancers; ce sont des productions komæomorphes. Toute cette école a eu pour objectif presque unique l’étude microscopique et clinique du suc lactescent découvert par Cruveilhier et considéré par lui comme caractéristique du cancer.

C’est alors qu’en 1865, Ch. Robin exprima le premier parmi les auteurs français l’idée de l’origine épithéhale de certaines tumeurs à marche envahissante. Là 1l distingue nettement les simples hypertrophies des culs-de-sac glandulaires d'avec les productions épithéliales de ces culs-de-sac, ces dernières détruisant rapidement l’élément glandulaire après l'avoir distendu. Il développe très nettement cette théorie dans plusieurs mémoires publiés en 1853, 1854, 1855 et 1856.

En même temps que cette théorie était combattue et même battue en brèche par les travaux de Virchow et de son école, une nouvelle conception, celle du tissu embryonnaire comme origine des néoplasies pathologiques, vint donner prise à une sorte d’éclectisme intermédiaire entre les deux doctrines adverses; éclectisme que la plupart des auteurs professent encore aujourd’hui. Plus loin nous donnerons quelques détails sur cette théorie.

C’est alors qu'en France le professeur Ch. Robin et en Allemaone Waldeyer établirent sur des bases inébranlables la théorie épithéliale du cancer.

Aux yeux de Ch. Robin l'expression cancer ne peuten anatomie pathologique, aussi bien qu’en pathologie, désigner une espèce à part de produits morbides ; il reconnaît bien, comme Virchow, la nature épithéliale des éléments qu’on a appelés cellules cancéreuses, mais il prend ce caractère anatomique comme base unique de sa classification ; il ne fait pas, comme le micrographe allemand, la distinction du cancroïde et du carcinome, il étudie le squirrhe, l’encéphaloïde et le cancroïde sous le nom collectif d’épithéliome.

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