OSSIFICATION MÉDULLAIRE
Aïnsi, sur un os présentant des lésions de rachitisme à la période d'état, on peut voir de l'os se constituer encore par le mécanisme normal. Mais il s’en constitue surtout par une sorte d’ossification directe du cartilage. Ce n’est, du reste, pas de l’os vrai, sa calcification est très tardive et toujours incomplète. C’est lle tissu spongoïde de Jules Guérin. |
Un troisième élément intervient encore dans l’élaboration de ce tissu spécial, c’est la moelle fibroïde. Dans les cas de rachitisme très marqué, et en particulier dans les rachitismes syphilitiques, ce tissu fibroïde est par endroits très dense. Les fibres, en
Fig. ÿ. — Moelle raulitique dont les fibres se chargent de
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substance préc se pour former du tissu spongoïide.
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certains points, se condensent encore, se chargent de substance préosseuse, et contribuent ainsi pour leur part, et de façon parfois très active, à la constitution d’un abondant tissu spongoïde (fig. 9).
Ce processus ‘de formation du tissu spongoïde a été décrit par Ziégler. Mais, pour cet auteur, seule la moelle fibroïide qu'il appelait endoste, intervenait dans la constitution de ce tissu. Or, nous ne pensons vraiment. pas qu'il y ait lieu de distinguer entre le tissu spongoïde d’origine fibroïde et celui qui résulte de l’ossification directe du cartilage; il est macroscopiquement impossible de les différencier.
Ce processus d’ossification médullaire est donc à distinguer de l'ossification médullaire normale, Ce sont deux phénomènes parfaitement différents. Tandis que dans la première la moelle fibroïde semble construire de toutes pièces des travées ostéoïdes, dans la seconde, des éléments libres contribuent à l’épaississement de travées osseuses préexistantes, par l’apposition de couches nouvelles.
Ce rôle d’ossification que possède la moelle normale semble être très diminué. Si, suivant la diaphyse d’un os long, on s'éloigne un peu du tissu spongoïde, on voit bien sur un os rachitique des travées osseuses recouvertes de ces cellules polygonales qui sont les futurs ostéoblastes, comme sur un os normal, avec peut être cependant, un peu moins de régularité. Mais on n'y voit que bien rarement de ces ostéoblastes en voie d’enclavement dans la substance osseuse. Il semble que ces futures cellules osseuses essaient de
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remplir leur rôle, mais sont devenues incapables de sécréter l'os, si on admet avec les classiques que l'os est une sécrétion de la cellule. Il est plus probable qu'il faille considérer qu’il y a absence de dépôt de substance osseuse autour des cellules prêtes cependant à se laisser enclaver.
Cette absence d'ossification médullaire normale n'est pas la seule cause de la raréfaction du tissu osseux, décrite au premier rang des lésions rachitiques. Il n'y a pas seulement défaut d’accroissement, il y a aussi raréfaction vraie, destruction.
Les ostéoblastes semblent en effet plus nombreux que normalement. Il faut reconnaître que c’est là une impression. Mais cette impression se trouve corroborée par une constatation indiscutable.
En examinant, en effet, le tissu spongoïde, en allant du cartilage vers la diaphyse, on voit que les iravées de ce tissu d’abord épaisses et trapues, délimitant entre elles de petits espaces pour les axes vasculo-fibro-médullaires, vont peu à peu en s’amincissant; les espaces qu'elles limitent sont de plus en plus larges. Et c’est en s’amincissant ainsi qu'on les voit se calcifier progressivement.
Il est logique de penser que cet amincissement résulte d’un processus d'ostéoclasie qui se continue et dépassant le but, détermine une raréfaction vraie du lissu osseux.
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