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OSSIFICATION PÉRIOSTIQUE
Le périoste peut intervenir aussi dans, l’ostéogénèse rachitique. Nous avons vu du reste qu'il n'était pas rare de trouver sous ses fibres profondes des amas de cellules médullaires. Mais le rôle du périoste est, dans la grande majorité des cas, beaucoup moins considérable que celui du cartilage et de la moelle fibroïde.
Les modifications, sur les os rachitiques, doivent être recherchées également au nivéau du bulbe de l'os, car il faut faire abstraction des modifications du périoste diaphysaire que lon peut observer dans l’hérédo-syphilis osseuse accompagnée de rachitisme.
Au-dessous et au-dessus de la ligne d'ossification, le périoste et ke périchondre prépériostique, pour employer l'expression de M. Feuillié, fonctionnent pareïllement et exagèrent le dessin normal de l’encoche de Rauvier. Ce mode d'’ossification rappelle beaucoup l'ossification aux dépens de la moelle fibroïde. L'os ainsi élahoré n’est pas de l'os vrai, mais du tissu spongoïde.
Dans quelques cas même, le fonctionnement normal de ce périoste est si troublé que, sous l'influence de causes que nous ignorons, ce n’est que par l'intermédiaire d’ébauches cartilagineuses qu'il arrive à former du tissu spongoïde. On peut dire alors qu'il fonctionne comme un périoste prépérichondral (fig. 10). Prolifération désordonnée du cartilage, formation abondante d’un tissu ostéoïde anormal, aux
dépens du cartilage, de la moelle fibreuse très dense et très vascularisée, et même du périoste ; dissémination anarchique de ces éléments, tout contribue à donner à la zone d'’ossification d’un os rachitique un aspect tumoral tout à fait remarquable. Si on veut bien faire abstraction des caractères de malignité cellulaire ét de la présence de vaisseaux sans parois, la description d'un sarcome squelettogène ressemble à s’y méprendre à celle de la zone d’ossification dans le rachitisme à Ja période d'état.
« L'ostéoblaste des sarcomes peut naître non seulement d’un élément sarcomateux conjonctif, mais d’un élément myxoïde ou cartilagineux et dans Ia suite produire de losséine et former avec ses voisins une travée osseuse. » (Masson) (9). C’est là en somme un processus absolument comparable à celui que nous avons vu se produire dans la formation du tissu spongoiïde.
Ce tissu spongoïde ainsi formé en abondance semble n'avoir pas le temps de subir ja calcification. Nous avons vu que cette calcification ne se produisait que tardivement, en même temps que les travées spongoides diminuaient d'épaisseur.
Cette calcification qui, dans son ensemble, est diminuée, augmente cependant du bulbe où elle est presque nulle, au milieu de la diaphyse où elle se rapproche de la normale. Il est facile de s’en assurer, en coupant au couteau ou à la scie, suivant son axe, un os sur toute sa longueur.
Cependant les déformations rachitiques ne portent
Sol +
pas toujours uniquement sur le bulbe de l'os, mais aussi sur les différentes parties de la diaphyse. Or, les rachitismes qui déforment ainsi les diaphyses sont toujours des rachitismes accentués, et dans ce cas nous pensons que, outre la décalcification et le ramollissement, les lésions du périoste diaphysaire interviennent dans la constitution de ces déformations. Il nous a semblé que ces lésions périostiques étaient souvent imputables à la syphilis héréditaire. Nous avons examiné plusieurs de ces os, où la décaicification était assez marquée pour nous permettre de faire des coupes après simple fixation, et dans la concavité de leurs courbure nous avons vu que les lésions du périoste diaphysaire avaient abouti à la formation de travées ostéoïdes absolument comparables à celles qui constituent les ostéophytes de la maladie de Parrot. Dans la moelle de ces os nous avons, en outre, trouvé le plus souvent de petites gommes miliaires analogues à celles observées par Theuveny (6) dans la syphilis osseuse congénitale. Dans un cas cependant, la syphilis n’était pas évidente anatomiquement malgré des lésions périostiques semblables; la clinique elle-même n’avait pu déceler de façon certaine la syphilis, mais seulement l'existence de lésions tuberculeuses; l’autopsie montra une caverne ganglionnaire avec pneumonie tuberculeuse.
Ces faits confirment en somme l'opinion des auteurs qui, avec M. Marfan, pensent qu’on doit soup-
conner la nature syphilitique ou peut-être tubercu-
LL gr.
leuse de tout rachitisme s’accompagnant de grosses
déformations.