‹ Contribution à l'Étude de l'Hôpital ModèleChapitre 11 sur 23 · PAU AU · texte numérisé non relu

PAU AU

En Allémagne, on emploie le toit à deux pentes avec surtoit : on a ainsi un espace d’air entre le vrai toit et le surtoit. Aïlleurs, et cela est très usité, le toit est en holzcément. Le holzcément est un agglomére de sciure de bois et de brai de goudron laminé sous forte pression, inattaquable à l'humidité. Il offre une résistance, une élasticité, un poids et un aspect analogues à notre carton bitumé. C'est au bitume et à chaud qu'on scelle les joints de façon à former un ensemble imperméable. Cette couverture presque plate est recouverte d'une couche de terre et de sable de o m.06 d'épaisseur environ, couche qui est retenue en place par un relief du bord du toit. Peu à peu, la végétation se montre sur les surfaces ainsi disposées et la couverture est absolument étanche. Cette couche de terre est un excellent isolant, dont le revêtement de gazon augmente encore la puissance tout en lui donnant la consistance nécessaire pour résister aux vents violents qui règnent dans ces pays. À l’hôpital de Hambourg, les toitures sont hofzcément.

En résumé, nous l'avons vu, dans nos pays la tuile ou l'ardoise sont acceptables.

Plafonds. — Sous la toiture, les plafonds ne doivent présenter ni angles, ni poutrelles saillantes. Le plafond ordinaire doit être remplacé par un comble ogival, disposition qui augmente le cube d'air et favorise la ventilation.

Planchers. — Plus délicate est la question du

sn Or

sol des pavillons. Les planchers en bois même coaltarisés ne présentent pas une étanchéité parfaite. On a proposé de combler les entrevous avec des substances antiseptiques : tourbe et chaux éteinte; soit des parquets démontables (système Guérin ), soit enfin de noyer le plancher dans un ciment (système Canard), en supprimant l'espace vide. Le bois de pitchpin supporte assez bien le balayage humide, MM. Vallin et Bard ont montré que le paraffinage donne des planchers absolument imperméables.

Le bitume, le carrelage, la mosaique, le dallage en ciment de Portland sont certainement préférables.

Miss Nightingale réclame que les salles soient en pavé vénitien et recommande de munir les malades de chaussons pour leur éviter le grand froid du carrelage. Le froid est, en effet, le gros écueil de l'adoption de ce système de plancher.

L'avenir semble là, néanmoins, et point besoin de descente de lits, ni de chaussons chauds, si on chauffe ce carrelage. À l'annexe Pascal de Broca le sol est carrelé en grès céramé fin et le seul inconvénient du carrelage : la froideur, disparait par le chauffage du sous-sol et du carrelage lui-même ; nous verrons plus tard comment.

Sous sols.— Rien n'est plus propre à défendre les pièces habitées contre le sol qu'un espace vide au-dessous d'elles. Le fond sera en asphaiïte et la paroi supérieure voûtée, les parois latérales imperméables. Tous les pavillons devront communiquer entre eux par les sous-sols. Ceci existe, en Allema-

RTC CT gne, à l'hôpital d'Urban, où tous les pavillons communiquent entre eux par les souterrains qui sont très bien éclairés. Les ascenseurs descendent jusque dans le sous-sol et, par là, peuvent se faire le service des morts et le passage des malades d’un pavillon dans un autre. À l'hôpital Boucicaut on est doté, comme à l'hôpital d'Urban, de sous-sols très lumineux pour les services d'intérieur.

Fenêtres. — Les parois des pavillons seront nécessairement percées de fenêtres. Ces fenêtres seront percées sur les deux faces opposées des pavillons. Elles devront être larges et hautes, peu élevées audessus du sol de la salle, de façon à permettre le libre accès de l'air à la partie inférieure, ce qui est loin d'avoir lieu à l'Hôtel-Dieu de Lyon, par exemple, où les fenêtres des grandes salles s'ouvrent à plusieurs mètres au-dessus du sol et même du lit des malades.

Les fenêtres devront être opposées ou, mieux encore, alternantes avec les trumeaux dela face opposée du bâtinent. Descendant presque jusqu'au ras du sol, elles s'élèveront jusqu'à la corniche du pavillon. La partie supérieure de ces fenêtres s'ouvrira isolément ; en se rabattant, elle permettra d’aérer les salles (voy. ventilation). J. Rochard réclame des fenêtres de 1 m.20 de largeur, quand on mettra deux lits par trumeau; de 1 mètre seulement lorsqu'on ne placera qu'un lit de malade par trumeau.

Dimensions des pavillons. — Ainsi com-

pris, quelles dimensions doit avoir un pavillon de malades ?

Il faut admettre que 30 lits par pavillon est un maximum qu'il ne faut pas dépasser. Miss Nightingale a démontré que c'est autour de 22 lits que l’on doit rester, si l’on veut assurer à la fois le chauffage, la ventilation, la surveillance, le service sanitaire et enfin l'économie hospitalière.

Il faut rechercher un cubage de 60 à 65 mètres et un espace carré de 10 mètres par malade. A l'hôpital militaire de Bourges, le cubage de place est de 48 mètres cubes, à l'hôpital de Montpellier de 55 mètres cubes.

D'après ces données, J. Rochard donne, pour les pavillons, les dimensions suivantes, qui seront les nôtres : la longueur du pavillon sera de 30 mètres, la largeur de 9 mètres, la hauteur de 5 mètres.

Prix de revient. — Le prix de revient des constructions hospitalières a été bien étudié par Foville. Cet auteur prétend que, les services généraux mis à part, un pavillon à simple rez-de-chaussée doit coûter 1,500 francs par lit. Pour M. Langlois, on peut construire un hôpital de 200 lits au moins, en dehors de la ville, avec 3,000 francs par lit, services généraux compris.

Ces chiffres sont vraisemblablement trop faibles. Si les anciens hôpitaux ont coûté des sommes fabuleuses, tel que l'Hôtel-Dieu de Paris, qui a coûté 60 millions, soit 100,000 francs par lit, tel que l’hôpital Tenon, qui a coûté 7 millions, soit 11,600 fr.

Es

par lit, il n’en est pas moins certain que les hôpitaux de construction récente ont aussi été d'un prix de revient assez élevé.

L'hôpital Bretonneau, l'hôpital Trousseau sont revenus à 8,000 francs par lit. L’annexe Pascal de ‘hôpital Broca n'a coûté que 4,800 francs par lit, mais 1l faut remarquer que Îles services généraux ne sont pas compris dans le prix de revient de cette annexe. En somme, parmi les nouveaux hôpitaux français, c'est l'hôpital Saint-Eloi, à Montpellier, qui a coûté le moins cher, soit 4,000 francs par lit, services généraux COMpPris.

A l'étranger, les constructions hospitalières n’ont pas été moins onéreuses : l'hôpital d'Urban, à Berlin, a coûté 2,500,000 marks,soit 8,900 marks par lit,celui de Moabit 3,100,000 marks, soit 6,200 marks par lit,

Plans. — Le plan de l'hôpital dépend du terrain dont on dispose et de la forme qu'affecte ce terrain. L'hôpital sera tantôt rectangulaire ou circulaire, tantôt triangulaire isocèle comme Bretonneau, tantôt trapézoïdal comme le nouvel hôpital Trousseau.

Quelle que soit la forme générale de l'hôpital, les pavillons qui le composent doivent être suflisamment éloignés les uns des autres (du double de leur hauteur), pour ne pas nuire à leur ensoleillement et à leur aération.

Jardins.— Entre les pavillons, on disposera des jardins plantés de fleurs, avec bancs abrités pour les convalescents.

PNR TRES

Le nouvel hôpital Pasteur possède un jardin d'hiver

entre ses pavillons. L'hôpital Boucicaut a une cour

d'honneur vaste, riant2, des pelouses et des platebandes garnies de fleurs.

On évitera les arbres touffus pour ne recourir qu'aux arbrisseaux. L'hôpital ne sera pas entouré de murs trop élevés : une grille serait préférable.

Galeries. — Pourles pavillons d'où les malades contagieux doivent être exclus, la séparation absolue des bâtiments n'est pas indispensable, et M. Bondet propose de réunir ces pavillons par des galeries, ouvertes latéralement, où les malades pourront se promener.

Mais l'isolement de chaque pavillon est préférable, surtout si ce pavillon est disposé de telle sorte que l'entrée se fasse par une de ses extrémités et que l'autre extrémité possède un local de jour et une loggia ou terrasse couverte, pour la distraction des malades. Nous aurons, du reste, à insister sur ces divers points, à l'occasion des pavillons de médecine générale.

Nombre de pavillons — Disposition générale. — Combien l'hôpital modèle doit-il posséder de pavillons et comment les disposer dans l'enceinte de cet hôpital? Question éminemment difficile à résoudre. D'après Tollet, l'hôpital moderne rationnel de 500 lits comporte une surface bâtie de 10.000 mètres carrés et est Composé de :

— Di —

10 pavillons de 38 lits.... — 38olits 3 pavillons doubles de conta-

gieux à chacun 3olits.. — go lits Maternité etainirmert...: —1"%,50 ts Pavillons de payants..... = N IOMILS M on 300 lits

Ces pavillons peuvent être disposés d’une façon excessivement variable : l'hôpital peut, du fait de cette disposition, être circulaire, en croix, linéaire à pavillons parallèles à l'entrée, rectangulaire, baraqué, etc., etc. Le linéaire double, à pavillons parallèles à l'entrée, présenterait les qualités les plus appréciables. C'est pour cela qu'on l'aurait adopté à Montpellier.

Quoiqu'il en soit, pour être fixé sur le nombre et la disposition des différents pavillons d’un hôpital, il est bon de voir ce qui a été fait à l'étranger eten France pour les nouveaux hôpitaux ou,du moins,pour les hôpitaux de construction relativement récente.

En Suisse, au nouvel hôpital de Berne, la disposition est la suivante : sur la ligne médiane se trouve l'administration, derrière elle le pavillon des services généraux, derrière encore l'institut pathologique et le pavillon des morts. Sur les côtés se trouvent les pavillons de malades.

L'hôpital de Hambourg est situé à 5 kilomètres du centre de la ville. [1 occupe une surfa:e de 18 hectares, 36 ares et contient 1.340 malades. C’est un hôpital à pavillons isolés, qui comprennent 83 bâtiments, dont 10 baraques pour les épidémies. Bâti-

SRE PE

ments et baraques sont semés au milieu de jardins, de gazons et d’arbustes bas. Les toitures sont en holzcément. :

A Berlin, à l'hôpital Friedrichshain, les pavillons sont séparés les uns des autres par une distance de 60 mètres. Au centre de l'hôpital se trouvent 6 pavillons à sous-sol, entresol, premier étage et combles. A l’entresol et au rtrétage, sont les salles de malades. A chaque service sont annexés une véranda, un fumoir, une salle de jeux, une salle de bains, etc. Il y a 4 pavillons à un étage pour la chirurgie,2 pavillons d'isolement à un étage et 1 pavillon pour la dipthérie. Un pavillon spécial est réservé pour les opérations, de même pour la désinfection. Tout au fond de r’hôpital, se trouvent le pavillon des morts et la chapelle.

À l'entrée de l'hôpital Moabit se trouvent plusieurs pavillons destinés à la direction, la cuisine, la buanderie, la pharmaîie, les machines, etc. Au delà, se trouve une immense cour intérieure avec de nombreuses et belles pelouses autour de laquelle s'échelonnent les baraques. La cour a 18 mètres de largeur et îes baraques sont distantes les unes des autres de 18 mètres. Au fond de l’hôpital,et à droite, la salle des morts, la chapelle et les laboratoires {histologie, bactériologie, chimie, et photographie).

En France, à l'hôpital militaire de Bourges, se trouvent deux rangs de six pavillons; les pavillons sont situés l’un derrière l'autre à une distance de 15 mètres, avec 56 mètres d'intervalle entre les deux rangées.

A Phôpital Saint-Eloi, à Montpellier. les pavillons

00 ee sont par rang de quatre, parallèles et successifs ; c'est le type linéaire double à pavillons parallèles à l'entrée, ainsi que nous l'avons déjà dit.

On pénètre à l'hôpital Boucicaut par un pavillon à étage en façade sur la rue. Ce pavillon comprend au rez-de-chaussée, la consultation et la direction; au 1e" étage le logement du directeur, de l'aumônier et des internes, au 2e étage celui du personnel et des internes en pharmacie. La cour d'honneur est large, riante, et à l'extrémité de l'allée centrale,se trouve le pavillon Boucicaut. De chaque côté: à droite le service de médecine; à gauche le service de chirurgie, occupant chacun quatre pavillons sur deux rangées. De chaque côté du pavillon d'entrée, se trouvent deux petits pavillons d'isolement. À droite du pavillon Boucicaut, se trouve la Maternité ; à gauche et derrière leservice de chirurgie, la chapelle, l'amphithéâtre et le laboratoire. Tout au fond, le logement du personnel hospitalier, les cuisines et les machines.

A l'hôpital Bretonneau, en bordure sur la rue de Carpeaux, à gauche de la porte d'entrée, se trouvent le service de la consultation avec le service d'hydrothéraphie, les bâtiments de la direction, et, en bordure sur la rue d'Etex, les logements du personnel. A droite se trouvent les services généraux et le service des morts. En franchissant le pavillon d'entrée on aperçoit trois pavillons: à droite le pavillon de médecine, à gauche le pavillon de chirurgie (non suppurants) et,au fond, vu de bout, le pavillon de chirurgie (suppurants). Derrièrele pavillon de médecine exis-

tent cinq pavillons de contagieux réunis par une galerie vitrée. À droite de cet ensemble de pavillons se trouve le pavillon des douteux. Au fond de lhôpital, au sommet du triangle, se montre le pavillon de la diphtérie avec une annexe pour le logement du personnel. |

A droite de la porte principale du nouvel hôpital Trousseau, se trouvent le service de la consultation et celui de l’hydrothérapie. A gauche, l'habitation du directeur. Après avoir franchi la porte, trois pavillons se présentent : l’un à droite, c'est le pavillon de chirurgie septique au-delà duquel se trouve le petit pavillon de chirurgie aseptique; le second au centre est destiné aux services généraux; le troisième à gauche est le pavillon de médecine générale. Derrière ces pavillons, se trouve le service des contagieux qui comprend : un pavillon de douteux, derrière celui des services généraux, quatre pavillons de contagieux et un pavillon pour le personnel. A gauche, entre le pavillon de médecine et le pavillon de contagieux se trouve la crèche de médecine. Au fond de l'hôpital se dressent trois bâtiments : au centre, le pavillon de la diphtérie; à droite, les communs; à gauche, le service des morts. Ils sont isolés des constructions voisines par deux chemins dont la largeur permet une aération suffisante.

Tout cela est certainement bien; mais ce n’est point la perfection. Il y a partout des points noirs. Ainsi, à Boucicaut, il n’y a point de pavillon de contagieux : les douteux et les contagieux sont sous le même toit. Le vestiaire obligatoire du chef de service,

des internes et des externes, se trouve dans ce pavillon de douteux-contagieux. Il n'y a pas de crèche. Il y a trop d’ascenseurs et ceux qui existent ne descendent pas au sous-sol : ce qui faciliterait le service des morts dont la civière mortuaire ne se profilerait plus sinistrement par les cours. Il n'y a pas non plus de pavillon pour l’hydrothérapie.

À Bretonneau, les pavillons sont tassés les uns contre les autres à cause de l'exiguité du terrain. Là, il existe bien des pavillons isolés pour les contagieux, mais ces pavillons soi-disant isolés sont tous réunis entre eux par une galerie vitrée. De plus, le pavillon de la diphtérie se trouve au sommet du triangle isocèle qui représente l’ensemble de l’hôpital, sans entrée ni sortie indépendantes, de sorte que le petit diphtérique est obligé de traverser tout l'hôpital pour arriver à son pavillon. Vient-il à tousser pendant le trajet, il sème des fausses membranes à droite:et à gauche par tout l'hôpital.

Nulle part enfin, il n'existe de réfectoires pour les malades.

On voit donc que nos nouveaux hôpitaux ne sont pas en tous points des hôpitaux modèles.

L'hôpital modèle doit avoir un assez grand nombre de pavillons : un pavillon de consultation, des pavillons de chirurgie, des pavillons de médecine, des pavillons de vénériens, des pavillons de convalescents, des pavillons d'isolement pour les malades bruyants, des pavillons de gynécologie, des pavillons de douteux et de contagieux, un pavillon des morts, des pavillons spéciaux pour la désinfection, les bains, les

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services généraux, un pavillon des machines, des pavillons pour le personnel, l'administration, Îes internes, etc.

Tous les pavillons de l'hôpital seront réunis par des galeries souterraines et communiqueront avec les services généraux par les sous-sols. Les sous-sols s'étendront donc au-dessous de tout l'hôpital. Ce seront de véritables galeries souterraines, hautes, larges, bien éclairées et bien ventilées par des prises d'air disposées dans les jardins. Le long des murs de ces galeries courronttous les tuyaux de canalisation. Sur le sol seront disposés des rails sur lesquels glisseront les différents wagonnets qui desserviront les différents pavillons et les différents services de chacun de ces pavillons. Tous les services se feront par les sous-sols : alimentation, transport des malades, service des morts, etc., etc.

Comment grouper les différents pavillons dans l'enceinte de l'hôpital? Question éminemment difficile et dont la solution sera variable avec le terrain dont on disposera, comme forme et comme sutface.

La disposition des pavillons sera laissée aux soins des constructeurs (architectes et médecins), qui se souviendront que tous les pavillons et tous les services doivent être bien isolés les uns des autres.

Et nous terminerons ce chapitre en disant, avec E. Trélat : «Ne faisons pas de plans, on les prendra pour des modèles, sans les bien comprendre. Contentons-nous de principes qui dirigeront les programmes dans l'application ».

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Service de la Consultation.

Dans les nouveaux hôpitaux parisiens, le service de la consultation a été assez bien aménagé.

A l'hôpital Boucicaut, c est dans le pavillon d'entrée que ce service se trouve. On pénètre dans une salle d'attente commune aux deux sexes et où peuvent s'asseoir 40 personnes. Il y a une salle de pansement, une salle d'opération, avec chambre de stérilisation, une lingerie et une salle de bains munie de baignoires, d’une douche en pluie et d'un bain de pieds. Au fond du pavillon, se trouvent un vestiaire et des waterclosets. A la consultation de chirurgie est annexée une consultation dentaire comprenant : salle d'attente et salle d'examens. Chirurgien et dentiste ont chacun leur cabinet particulier de consultation. En entrant, le malade est dirigé sur Îa salle de bains et recoit, suivant avis, une douche ou un bain local ou général, ses vêtements sont retirés et envoyés à la stérilisation. Des trémies, placées dans le corridor, facilitent le

Re service, qui se fait par les sous-sols. Au sortir du bain, le malade est revêtu d’un costume. hospitalier et envoyé dans les salles.

A l'hôpital Bretonneau, l'entrée spéciale de la consultation est précédée d'un porche où pourront attendre les malades avant l'ouverture des portes. Dans un grand vestibule, qui fait suite à la porte d'entrée, les malades sont dirigés, par les soins d'un employé, soit vers la consultation de médecine, soit vers celle de chirurgie. Les contagieux sont de suite isolés dans dix boxes. Le service de la consultation de chirurgie comprend : une salle d’attente, une salle de déshabillage, un cabinet de consultation, une salle de pansement et une petite salle d'opérations avec un lit de repos. Celui de la consultation de médecine : une salle d'attente de médecine, une salle d’attente de contagieux, une chambre de déshabillage, le cabinet de consultation et une petite pharmacie.

Au nouvel hôpital Trousseau, il y a mieux encore. L'entrée du public est à droite de la porte principale, au voisinage des bains. Les enfants ne peuvent pénétrer dans la grande salle d'attente sans traverser un couloir, d'où ils sont dirigés dans la salle d'examen par les soins d'un employé, qui fait la sélection entre les malades de médecine et ceux de chirurgie. Dans la salle d'examen, un interne sépare les contagieux des non contagieux. Les premiers sont de suite isolés dans une salle munie de douze boxes. Les seconds retournent dans la salle d'attente commune. Le service de la consultation de médecine comprend: une salle de déshabillage, le cabinet du médecin et une

petite pharmacie, en surplus de la salle divisée en douze boxes. Le service de la consultation de chirurgie comprend: une salle de déshabillage, le cabinet du chirurgien, une salle d'opérations, une chambre de repos et une salle de pansements. A ce service est annexé un cabinet dentaire. Des portes différentes d'entrée et de sortie préviennent l'encombrement. A ce service dela consultation, est annexé le service d'hydrothérapie qui comprend une salle d'attente, une salle de bains, divisée en deux parties, pour les garçons et pour les filles, et, dont chacune renferme septbaignoires disposées en boxes, plusune salle de douche et une salle de bains pour le personnel. Une salle spéciale est réservée à l’électrothérapie.

Tout cela est déjà bien: la propreté des entrants, la désinfection des vêtements sont d'excellentes choses; mais à Boucicaut, il n'y a pas de lit dans la consultation de chirurgie pour faire reposer un malade fatigué par un pansement. La salle d'attente commune devrait être dédoublée. A Bretonneau et au nouvel hôpital Trousseau, c’est un employé qui fait la sélection entre les malades de médecine et ceux de chirurgie. Cet employé sera-t-il assez instruit pour être à la hauteur de sa tâche? De plus, les malades attendant tous ensemble, soit sous le porche, soit dans le vestibule, avant cette sélection, n’auront-ils pas la chance de se contagionner les uns Îles autres?

En somme, un bon service de la consultation doit se trouver, en effet, dans le pavillon d'entrée. Une

DST es entrée spéciale à droite de la porte d'entrée de l'hôpital, par exemple, est une très bonne chose. Dans une grande salle, les malades sont immédiatement divisés en malades de chirurgie et en malades de médecine par les soins d'un interne, de là, ils passent dans des salles d'examen, où un autre interne sépare immédiatement les douteux et les contagieux de ceux qui ne le sont pas. Lespremiers vont dans une salle spéciale, munie de boxes. Les seconds reviennent à la salle d'attente commune qui sera divisée en deux parties, l’une pour Îes hommes, l’autre pour les femmes. Le service de Îa consultation de médecine comprendra une salle de déshabillage, un cabinet pour le médecin, une salle d'examen et une petite pharmacie. Celui de la consultation de chirurgie, une salle de déshabillage, une salie d'examen, une salle de pansement, une chambre de repos pour les malades fatigués par les pansements, une petite salle d'opération et un cabinet pour le chirurgien.

Tout malade entrant sera dirigé au pavillon d'hydrothérapie, qui se trouvera voisin du pavillon de la consultation. La,ilrecevra,suivant l'avis du médecin, une douche ou un bain local ou général. Ses vêtements iront à l'étuve par les sous-sols; pour cela, des trémies, comme au nouvel hôpital Trousseau, seront disposées dans la salle de déshabillage. En sortant du bain, le malade revêtira le costume hospitalier. Inutile de dire que lavabos et water-closets feront partie des annexes de ce pavillon.

Le service d’hydrothérapie comprendra une salle d'attente, une salle de bains, divisée en deux parties

AT EE l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes.Chaque partie renfermera huit ou dix baignoires, disposées en boxes. II comprendra, en outre, une salle de douches, une salle de bain pour le personnel. Dans ce pavillon, se trouveront également le service d'électrothérapie et de radiographie.

Dans tout hôpital,il devra donc y avoir un pavillon d'hydrothérapie bien installé; mais un service de consultation aussi complet et aussi compliqué que celui que nous venons d’esquisser, devrait-il exister dans l'hôpital modèle ? L'hôpital rêvé, avons-nous vu, doit être un hôpital le plus possible excentrique. Or, les contagieux, par exemple, venant du centre, traverseront toute la ville pour venir se présenter àla consultation de l'hôpital. Dans les tramways, dans les voitures publiques y conduisant, ils sèmeront partout les germes de leur maladie. A la porte de l'hôpital, et dans la salle d'attente mêéme,un malade atteint de pied-bot, prendra la variole ou ia rougeole de son voisin.

L'idéal n'est donc pas là. Nous l'avons dit, il doit y avoir dans les villes un hôpital central, dit de passage, pour les blessés et les malades non transportables. Pourquoi un service de consu'tation ne seraitil pas annexé à cet hôpital, avec les conditions d'installation que nous avons indiquées ? De là, les malades seraient dirigés sur l'hôpital excertrique, avec une fiche spéciale indiquant le diagnostic de leur affection. Les contagieux seraient transportés dans des voitures spéciales, et entreraient directement à l'hôpital excentrique par les portes spéciales,

RE réservées sur la rue aux pavillons de contagieux, et . dans tel ou tel pavillon, suivant l'affection diagnostiquée. Les voitures seraient soigneusement désinfectées après le transport de malades atteints de chaque espèce de maladie. Les autres malades, non contagieux, seraient de même transportés à l'hôpital excentrique où, à l'entrée, alors, un interne les dirigerait, suivant les cas, soit dans le service de médecine générale, soit dans le service de chirurgie.

Ainsi le service de la consultation de l'hôpital modèle serait singulièrement simplifié. Il suffirait, dans Île pavillon d’entrée, d’une salle d'attente et d’une salle d'examen, d’où les malades seraient dirigés à l'hydrothérapie, s'ils n'avaient déjà été nettoyés à l'hôpital central. +

C'est, croyons-nous, le but où l'on doit tendre aujourd’hui, pour éviter le plus possible les cas de contagion entre les malades, qui entrent dans le même hôpital. Ainsi, un blessé aura moins de chance d’être en incubation de rougeole, contractée à la consultation, quand il entre au service de chirurgie, et de contagionner tous ses voisins, atteints seulement d’affections chirurgicales.

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