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CHAPITRE IX

Service des Morts.

A: l'hôpital Bretonneau, le service des morts occupe un pavillon isolé à l'angle de la rue de Carpeaux et de la rue d'Etex, à droite de l'entrée de l'hôpital par conséquent. Ce service comprend une salle d'attente, une salle d'exposition et ure salle spéciale pour la reconnaissance des morts et les préliminaires des enterrements. La salle d’autopsie est grande et bien éclairée : elle contient trois tables fixes et des lavabos sans eau chaude. Près de cette salle, se trouvent trois laboratoires. Enfin, attenant à ces services se trouvent l'étuve à désinfection et le four à incinérer la ouate et les autres objets divers qui méritent cette opération.

Au nouvel hôpital Trousseau, le pavillon des morts est situé à gauche du pavillon de Ja diphtérie. Il possède une sortie sur la rue. Pour la reconnaissance des morts et les cérémonies des préliminaires des enterrements, on a aménagé une salle d'attente,

une salle d'exposition, une salle de reconnaissance et une salle de mise en bière. La salle d'autopsies contient trois tables fixes, des lavabos avec eau chaude et avec eau froide, une série de cuves pour le dépôt des pièces anatomiques. La salle de repos est située au-dessous de la salle d’autopsie ; elle est munie d’un monte-corps. Près de la salle d’autopsie, sont disposés, un petit musée, trois petits laboratoires et le logement du garçon d'amphithéâtre. Dans les sous-sols se trouvent les cages pour Îles animaux d'étude, lé four à incinérer les ouates et les matériaux de pansements hors d'usage.

Dans ce dernier hôpital, le dépôt mortuaire semble répondre, au moins comme constitution, à tous les desiderata. Le dépôt mortuaire d'un hôpital, en effet, doit se trouver dans un pavillon isolé, le plus possible, au fond de l'hôpital, avec sortie directe sur la rue. Rigoureusement parlant, il doit comprendre :

19 Une salle de dépôt où les sujets sont transportés après décès et lorsqu'ils ont passé dans la salle le temps prescrit par les règlements;

20 Une salle mortuaire où le corps est transporté quand les familles demandent à le voir ;

39 Une pièce pour les autopsies, éclairée par le haut, pourvue de. tables à dissection avec système d'irrigation commode placé au-dessus de la table, et écoulement facile pour les eaux, à l’aide d’un tuyau à inflexion siphoïde. Cette pièce sera munie d'étagères pour les instruments, d’une vasque de pierre avec son

robinet pour laver à grande eau les pièces anatomiques et d’un lavabo pour les médecins ;

4° Un appentis pour renfermer les bières, la sciure de bois et les liquides désinfectants.

Ces quatre pièces, rigoureusement nécessaires, doivent se développer autour d’une cour qui communique avec l'extérieur par la porte du fond, d’où partent les enterrements. Cette porte doit s'ouvrir directement à l'extérieur de l'hôpital autant que possible sur une autre voie que celle qui donne entrée à l'établissement. Le pavillon, enfin, doit être dissimulé par un rideau d’arbrisseaux.

Le service des morts est luxueusement installé au nouvel hôpital Trousseau. Néanmoins, c'est ce luxe d'installation que réclame l'hôpital modèle.

Le pavillon des morts comprendra donc en soussol : la salle de repos, les cages à animaux, le four à incinération ; au rez-de-chaussée : pour la reconnaissance des morts, une salle d’attente, une salle d'exposition, une salle de reconnaissance et une salle de mise en bière, avec appentis pour sciure de bois, bières, liquides désinfectants, etc., une salle d’autopsie établie suivant la disposition que nous avons indiquée, le logement du garçon, un petit musée et un laboratoire pour l'anatomie pathologique.

Un seul laboratoire est suffisant, mais nécessaire. En Allemagne, depuis longtemps déjà, un petit Institut anatomo-pathologique est disposé par chaque hôpital tout auprès du service des morts. |

Enfin, toutes ces pièces se développeront autour

d'une cour. Le pavillon des morts n'aura qu'une sortie à l'extérieur. Aucune issue intérieure ne sera ménagée.

Le service des morts se fera, comme à Berlin, à l'hôpital d'Urban par le sous-sol. Quand un malade mourra, lit et cadavre seront descendus avec l'ascenseur jusque dans le souterrain. De là, le cadavre sera conduit à la salle de repos et par le monte-corps à la salle d'autopsie, et le lit au pavillon de désinfection, sans que personne s'en aperçoive. Ainsi, seront suppriméesles promenades lugubresdes civièresmortuaires et des enterrements à travers l’hôpital.

On devra même aller plus loin,et,comme à Urban, dès qu’un malade entrera en agonie, on le transportera dans une des chambres d'isolement annexée à chaque service. Un chariot glissé sous le lit le soulèvera par un système de déclanchement très ingénieux et permettra alors de rouler le tout sans bruit dans la petite chambre et, de là, plus tard, dans l'ascenseur qui le transportera soit au pavillon des morts, soit à la désinfection par les voies souterraines.

Le nouveau Comité d'hygiène hospitalière de Paris s'est particulièrement occupé du service des morts à l'hôpital: «l’amphithéâtre des morts a été réglementé d'une façon hygiénique. Tous les cadavres seront désormais déposés dans le sous-sol pourvu d'une glacière. La salle d'autopsie sera munie d’eau froide et d'eau chaude, distribuées par des robinets d’une manœuvre pratique et pouvant être entretenus dans un état de propreté aseptique parfaite.

« Les vêtements (blouses, tabliers, pantalons, sabots) utilisés d’une manière obligatoire par le personnel (médical aussi bien que secondaire), lors d'une autopsie, ne devront jamais sortir de l’'amphithéâtre qu'après une désinfection parfaite. Aucun chef de service, interne, élève, garçon ou autre, n'aura le droit de quitter l’amphithéâtre sans s'être soumis à une toilette méticuleuse des mains, avantbras, face et cuir chevelu, ses vêtements d’autopsie une fois retirés dans le vestiaire annexé à la salle d'autopsie.

« Les eaux contaminées, provenant du lavage des pièces anatomiques et de la toilette de la salle d’autopsie et de la salle des morts, seront recueillies et stérilisées avant de passer à l'égout. Enfin, la porte d'accès du personnel médical à ia salle d’autopsie et la porte d'entrée de la salle des morts (destinée aux parents des décédés) seront diamétralement opposées, sans communication possible ». (Letulle).

Ce dernier desideratum est amplement statisfait dans le plan général de notre service des morts, indiqué plus haut; les salles d'attente, d'exposition, de reconnaissance, étant tout à faitindépendantes de celle des autopsies.

CHAPILRE NX

Eclairage. — Ventilation. — Chauffage.

$ I. — Eclairage.

La lumière électrique sera seule à employer dans les hôpitaux. Elle ne consomme pas, en effet, d’oxygène et ne dégage pas d'acide carbonique; c’est la garantie de sa parfaite innocuité pour l'hygiène.

L'éclairage électrique a été installé, pour la première fois, en France, au nouvel hôpital du Havre. Depuis, les nouveaux hôpitaux ont également adopté cet éclairage : Boucicaut, Bretonneau, l’annexe Pascal de l'hôpital Broca. Seul, Hérold est éclairé au gaz. Le nouvel hôpital Trousseau possède 650 lampes électriques de 10 bougies et 150 de 16 bougies; l'électricité y est fournie par l'Usine centrale, comme nous le verrons plus tard.

$ II. — Ventilation.

Les règles générales de la ventilation sont Îles suivantes : il faut que l’air pénètre dans les locaux d'une façon insensible et jamais sous forme de courant, avec une vitesse de o im. 50 par seconde, qui est un chiffre à ne pas dépasser. De plus, il faut que l'introduction de l'air soit au moins égale à l'évacuation, ou même prédomine sur celle-ci, autrement on aura des courants.

La ventilation comprend deux actes simultanés ; l'introduction d’un certain volume d’air neuf et l’extraction de l'air vicié. La ventilation peut se faire de deux manières : naturellement ou artificiellement.

Ventilation naturelle. — La ventilation naturelle, ou aération, est celle qui n’emploie pas d'appareils spécialement disposés pour cet effet. L’aération se fait par les parois, par les portes et fenêtres. Il faut respirer de l'air frais dans une pièce chaude, comme le dit. Trélat. Il faut pouvoir ouvrir les fenêtres le plus longtemps et le plus souvent possible, comme l'indique miss Nightingale ; ouvrir tantôt celle-ci, tantôt celle-là et éviter les courants d’air intempestifs. Tollet a montré que, dans une salle de 1.500 mètres cubes, l’air peut être renouvelé par l’ouverture d’une seule croisée, en moins de 30 minutes, avec une vitesse de 50 centimètres par seconde. Les fenêtres doivent s'ouvrir directement à

AT fe oran l'extérieur et non sur des galeries, fussent-elles ouvertes.

Selon J. Rochard, des ouvertures pratiquées dans le haut et dans le bas des murs complètent la ventilation. Mais le premier moyen de ventilation, c’est la fenêtre ; il n'y a qu’à savoir s’en servir et, tout d'abord,àaavoir des fenêtres, à les faire monter le plus haut possible et descendre au plancher. Les fenêtres doivent avoir deux compartiments: le supérieur doit pouvoir s'ouvrir isolément pour les moments du jour où la ventilation énergique est nécessaire ; il doit S'ouvrir et se fermer d'en bas. Une vitre tournant sur son bord inférieur est préférable; le plan oblique fait que l’air froid va d'abord au plafond.

M. Portal a fait une bonne étude de la ventilation dans les différents pays. En Egypte, on ménage dans le mur de la salle deux entonnoirs dont les ouvertures sont directement opposées et qui servent l’une pour l'entrée, l’autre pour la sortie de l’air. On dirige habituellement l'ouverture qui est destinée à l'entrée dans le sens du vent qui domine dans la région.

En Autriche et en Allemagne, on a établi dans les murs des gaines munies d'orifices et de registres convenablement disposés. Mais, pour cela, il faut manœæuvrer les registres, ce qui nécessite un soin de tous les instants et rend le système peu pratique. En Angleterre, on emploie les briques perforées dans une ou deux assises de murs; ce qui forme des filtres à air pour arrêter les poussières; l'inconvénient est l’encrassement de ces filtres.

En France, on emploie le vasistas formé par un châssis mobile en haut d'une fenêtre et qu'on manœuvre à l'aide de cordes ou de tringles. La disposition est telle que le courant d'air neuf.est dirigé vers le plafond de la pièce, comme nous l'avons vu précédemment.

Enfin, d'autres moyens d'assurer la ventilation naturelle ont été préconisés : le ventilateur de Mackninnel consiste en deux tubes qu'on place dans le plafond de la salle. L'air vicié sort par le tuyau central, tandis que l'air neuf pénètre par la partie annulaire, que ménagent entre eux les deux tubes de calibre différent. Ce système est insuffisant, subordonné qu'il est au caprice des vents.

M. le professeur Trélat a imaginé le système suivant : percer les vitres d’une multitude de petits orifices tronconiques,dont la petite base est à l'extérieur. Les vitres ont une épaisseur de 3 à 4 millimètres. Les trous qu’elles supportent sont espacés de 15 millimètres d’axe en axe. Ils ont à l'extérieur un diamètre de 3 millimètres et à l’intérieur un diamètre de 6 millimètres. L'air qui s'introduit dans la salle, même par les jours de vent assez fort, s'épanouit en suivant les génératrices du cône et n'entre dans la pièce qu'avec une vitesse assez réduite pour ne pas en gêner les habitants. Par ce moyen, les courants d’air sont évités. Pour pouvoir, au besoin, suspendre la ventilation, on peut doubler les vitres perforées d’un châssis vitré plein qu'on ferme à volonté. Mais si ces vitres perforées assurent l'entrée d’un air pur, elles ne garantissent pas l'évacuation de l'air vicié.

Le docteur Castaing a inventé, pour l'aération des habitations, un système composé par des vitres parallèles à ouvertures contrariées. C'est une disposition simple qui consiste à raccourcir de 3 à 5 centimètres le bord supérieur des derniers carreaux de chaque fenêtre et à doubler ce carreau intérieur d'un carreau extérieur raccourci cette fois par son bord inférieur de telle sorte que l’airentre en dessous du carreau extérieur, traverse l'intervalle de 2 à 3 centimètres qui sépare les faces opposées des deux vitres parallèles et pénètre dans la salle au-dessus du bord supérieur de la vitre interne. La ventilation devient ainsi très efficace bien qu'insensible. M. Potan en avait fait placer dans sa clinique et avait constaté la disparition des mauvaises odeurs du matin, avec un abaissement insignifiant de la température de la salle et sans aucune gêne pour les malades.

M. le docteur Legrand a modifié le système précédent. Le principe de son système est le même que celui de la vitre Castaing. On enlève au centre une pièce elliptique. Si, sur une glace ainsi perforée, on applique sur chaque face un opercule de verre fort en forme de coquille, enchâssant par sa base l'orifice de perforation, et disposé en sens contraire sur chacune des faces, c’est-à-dire renversés l’un par rapport à l’autre, on réalise un système de conduit sinueux à travers lequel l'air chemine dans les deux sens comme entre deux vitres parallèles, peut-être avec certains avantages, étant donné l’évasement des orifices d'entrée et de sortie.C'est la vitre ventilatrice de Legrand à opercules renversés.

ECS La ventilation naturelle, en somme, est sinon Îa plus active, du moins la plus pratique. Elle assure un renouvellement d'air suffisant et ne demande pas la même surveillance étroite et intelligente que la ventilation artificielle. Mais nous ne croyons pas qu'elle saurait suffire,seule, dans un hôpital, surtout dans nos pays. La ventilation artificielle perfectionnée, au double point de vue de l'installation et de la simplicité du fonctionnement, devra lui être associée, si elle ne la remplace pas.

Ventilation artificielle. — La ventilation artificielle est celle qui se fait à l’aide d'appareils spécialement destinés à cet effet. Avec elle, comme le dit M. Bondet, on est maître du mouvement de l'air. De plus, on peut régler indépendamment l'une de l’autre l'entrée et la sortie de cet air.

Cette ventilation a certainement des inconvénients et des difficultés, mais tout cela s’efface, comme nous le verrons, par la multiplication des pavillons d'un hôpital, pavillons bien indépendants, sans étage, dans lesquels la ventilation peut se faire aisément en même temps que le chauffage. Le nouvel hôpital militaire de Bourges, l'hôpital Saint-Eloi, à Montpellier, en sont des exemples.

Quoiqu'il en soit, la ventilation artificielle peut se faire par appel où par propulsion.

La ventilation par appel peut se faire par le vent à l'aide de girouettes, cheminées ventilatrices de Douglas-Galton, poëles et calorifères ventilateurs. Elle peut se faire encore mécaniquement par les ventila-

DENT CE teurs hélicoïdaux de Ser ou d’autres. Enfin, elle se fait par appel thermique et chauffage par la vapeur. L'appel par la chaleur se fait directement sur l'air de la salle, que l'air extérieur vient naturellement remplacer.

La ventilation par propulsion se fait à l’aide de ventilateurs mécaniques,du ventilateur hélicoïdal de Geneste et Herscher, du ventilateur centrifuge de Ser, Geneste et Herscher, des souffleries à air, des ventilateurs à eau ou de l'air comprimé.

On doit placer en première ligne pour l'hôpital, la ventilation par appel et par appel thermique et lui donner la préférence. Elle use, en effet, des forces naturelles et des conditions de pression qui se présentent d'elles-mèmes.Elle se passe presque toujours d'appareils et n’entraîne pas la réalisation de dispositions compliquées. Ce seul point suffirait à établir sa supériorité.

Ici se pose la vaste question de la connexion de la ventilation et du chauffage.

2 II. — Ventilation et chauffage

Dans les hôpitaux anglais, la ventilation est combinée au chauffage de la façon suivante : de vastes fenêtres sont ouvertes une partie de la journée, auprès de grandes cheminées où brûtent de beaux feux de charbon. Mais cesystème est coûteux etn est possible que dans les contrées où, comme en Angleterre, le combustible n’est pas cher.

Pour la construction des Cliniques impériales de Moscou, M.Erismann, Professeur d'hygiène, a donné ie programme suivant : « 10 En tous temps, la ventilation doit s'effectuer sans le secours du chauffage et de telle sorte que, dans les salles de malades, le volume d'air se renouvelle par heure une fois et demie, deux fois dans les amphithéâtres, les laboratoires. et les salles d'opérations, une demi-fois dans les corridors et les autres locaux, une fois dans les cuisines et blanchisseries; 20 L'air de ventilationdoit arriver directement dans chaque pièce et non pas par les corridors ; 30 Pas de doubles plafonds pour le passage de l’air de ventilation, sauf dans les cuisines et blanchisseries ; 40 Dans les locaux, où l'air doit arriver tiède, les dispositions doivent être prises de manière qu’il ait une température d'au moins deux degrés de plus que l'air de la pièce où il arrive; 59 Toutes les pièces doivent avoir leur arrivée d’air frais de ventilation, à l'exception des water-closets, des salles de bains et des buffets, lavabos, douches, chambres où sont exhalés des gaz délétères. Dans ces endroits n'existent que des tuvaux de tirage, réunis au réseau principal des tuyaux d'appel ; 60 Dans les amphithéâtres,la température de l’air de ventilation doit être réglée à volonté, de telle sorte que, sans nuire à la quantité d'air amené, celui-ci rafraichisse l'amphithéâtre en commençant par les couches d'air supérieures ; 70 Pour assurer la ventilation, lorsque l'air frais du dedans et celui du dehors différent peu de température, on devra construire des appareils composés de batteries à eau chaude, situées à la par-

tie inférieure des tuyaux d’appel etdestinés à réchauffer l'air, pour assurer le tirage; 8° Les chambres de ventilation devront être munies d'appareils spéciaux pour donner l'humidité voulue à l’air de ventilation ; 9° En suite de ce programme, le système de ventilation comprendra :

A) des appareils destinés à introduire l'air du dehors frais ou réchauffé dans les locaux des Cliniques ;

B) des appareils pour l'appel au dehors de l'air vicié pouvant au besoin produire un tirage forcé.

C) Des appareils pour rendreartificiellement l’air de ventilation suffisamment humide ».

« L'introduction de l'air extérieur dans chaque pièce se fait par en haut, au moyen de canaux disposés dans les murs des bâtiments en réunissant Îles chambres de ventilation directement avec les pièces à ventiler. L'air du dehors arrive à ces chambres de ventilation par des ouvertures extérieures pratiquées au-dessus du niveau des trottoirs, puis, passant par un conduit d’appel en brique, dont le fond est recouvert d'asphalte, il pénètre dans ces chambres par en bas au moyen d'ouvertures pouvant être fermées suivant les besoins par des soupapes, se réchaufle dans les chambres claires aux batteries d’eau chaude qu’elles contiennent jusqu’au degré de température des pièces à ventiler ou à un degré supérieur. et, de là, se distribue par ces tuyaux à ces pièces. Les batteries, danschaque chambre de ventilation, sont réunies avec le tuyau principal d’eau chaude du chauf-

fage et, grâce à un réglage spécial, l'échauffement des batteries se fait indépendamment du chauffage général. On règle la température par les soupapes signalées. Les chambres de ventilation sont autant que possible claires, munies de portes fermant hermétiquement et placées de telle manière dans Îles sous-sols qu’elles fonctionnent indépendamment pour chaque étage du bâtiment.

« L'écontément de L'air vicié se\ fait "parles canaux, qui sont construits dans les murs en briques et qui vont au tuyau d'appel. Dans la chambre où s'implante le tuyau d'appel est placé un groupe de batteries, destinées à réchaufler l'air provenant des locaux ventilés, lorsque la température du dehors est peu différente de celle du dedans, ou plus élevée. Toutes les bouches d'entrée et de sortie des canaux de ventilation sont munies de grilles en forme de jalousies, qui peuvent être plus ou moins relevées et permettent ainsi d'augmenter ou de diminuer le mouvement de l'air.

« Le degré d'humidité voulue de l’air ventilé est obtenu par le moyen de chaudières placées dans le sous-sol en différentes places, et. chacune d'elles fonctionne pour plusieurs chambres de ventilation en même temps. »

La ventilation artificielle est nécessaire dans nos climats tempérés, la ventilation naturelle ne pouvant suffire pour faire disparaître ce que Roberston appelait « l’atmosphère d'hôpital ». Pour cela, il faut, en effet, doubler, tripler même les moyennes de 40 à 50 mètres cubes par malade et on ne le peut

que par des appareils De plus, la ventilation artificielle et le chauffage d’un hôpital doivent être deux choses essentiellement connexes.

C’est l'opinion de M. Gonnard, ingénieur des hospices de Lyon. Voici les renseignements qu’il donne sur la question, relatés par M. Bondet, dans son rapport à l'Assistance en 1894 : « Dans un hôpital, le chauffage et la ventilation sont choses essentiellement connexes. Chauffer un air confiné en comptant pour l’adduction d’air neuf dans les salles, simplement sur l'ouverture accidentelle des portes et des fenêtres et pour l'évacuation de l'air vicié sur le tirage de gaines, plus ou moins convenablement réparties, n'est résoudre le problème qu'à demi.

« Pour avoir un bon système de ventilation, 1l faut résoudre les problèmes suivants : 10 Quel volume d’air pur et chaud doit-on fournir par heure et par lit dans une salle d'hôpital? 2° Où doit-on

prendre cet air ? 3° Quelle température doit-il avoir

dans la salle? 40 Comment doit-on le chauffer: 5° Comment l'envoyer dans les salles et comment évacuer l'air vicié?

« Le volume d’air pur et chaud exigé pour les hôpitaux est de 60 à 100 mètres cubes par heure et par lit; pour les varioleux, il est de 200 mètres cubes par heure et par lit; pour les Maternités de 300 metres cubes par heure et par lit.

« L'air doit être pris la, où il est supposé le plus pur et le plus froid, au-dessus des toits, et loin des gaines d'évacuation de l'air vicié.

« La température moyenne exigée dans les salles,

doit être de 17° ou 180 C. dans les salles d'opérés ou , de varioleux, de 190 à 21° C. dans une Maternité. La température est facilement obtenue en hiver, surtout si (précaution indispensable), les vestibules, couloirs et escaliers, sont eux-mêmes chauftés à 120 C. par exemple. En été, c'est plus difficile à obtenir.

« Un chauffage rationnel étant lié à la ventilation, l'air doit être réchauffé en dehors des pièces où on l'envoie. Cela suppose que les sous-sols peuvent être utilisés à cet effet. L'air pur est amené par un ventilateur autour des poêles à vapeur enfermés dans une enveloppe de maçonnerie et constituant des batteries disposées au bas des gaines collectrices devant répartir,entre les différentes salles et les différents étages d’un même bâtiment, cet air chaufté par son contact avec les tuyaux à ailettes de ces poëles. Il est donc refoulé dans les salles. C'est le système dit par pulsion, dont les avantages sont de produire dans ces salles un léger excès de pression empêchant ainsi des appels d'air par les fissures des fenêtres, appels si désagréables pour les malades, placés à proximité, étant donnée la tendance actuelle à supprimer les rideaux.

« Ce mode d'envoi de l'air ere avantageusement se combiner avec le système d'évacuation par appel, un ventilateur placé en haut du bâtiment aspire l’air vicié des salles, et, comme on l’a dit, le problème est ainsi attaqué par les deux bouts. L'application de ce double mode est singulièrement facilitée aujourd'hui par l'emploi des dynamos génératrices commandant

les dynamos réceptrices qui actionnent les ventilateurs aspirants, placés Janslesgreniersdesbâtiments. € L'emploi de la ventilation mécanique offre ce précieux avantage, qu'on est maître du mouvement de l'air, qu'on sait ce que l’on fait et qu'on peut ainsi régler à volonté la ventilation.

« De plus, les poêles n'étant pas dans les salles, tous les inconvénients inhérents à leur emploi disparaissent : plus de tuyauteries, plus de difficulté de nettoyage, plus d'arrivée éventuelle du personnel des chautfferies dans l'intérieur des salles. Les embrasures des fenêtres deviennent libres, les mélanges d’air froid et d’air chauddeviennentfacileset peuvent varier suivant les saisons et les températures extérieure etintérieure.

« Les conclusions que nous pouvons formuler sont donc les suivantes :

« 10 Emploi de la vapeur comme moyen de chauffage;

« 20 Installation de poëles à vapeur en sous-sol et envoi de l’air pur et filtré dans les salles après son passage à travers ces poêles par un ventilateur aspirantet soufilant ;

« 30 Evacuation de l'air vicié au moyen d’un ventilateur aspirant installé au haut de bâtiments. »

M. Geneste, architecte de l'Hôtel-Dieu, est du même avis et pense qu'une bonne ventilation d’une salle d'hôpital n’est possiblequ'à condition d'employer la ventilation artificielle et la ventilation par appel

thermique. | 13R

La ventilation, comme la propose M. Gonnard, est celle qui doit être adoptée.

La ventilation artificielle connexe au chauffage est du reste appliquée dans tous les nouveaux hôpitaux.

A Bourges, à Montpellier il en est ainsi.

A l’hôpital Boucicaut, le soubassement des fenêtres en arrière des batteries de chauffe est perforé de façon à établir la prise d'air. L'air est ainsi chaufté dès l’entrée dans la salle. Il est repris au sommet de la voûte par des soupiraux grillagés, répondant à des lanterneaux qui sont situés au-dessus du toit. Pour régler la ventilation, on ouvre ou on ferme plus ou moins les prises d'air.

A l'hôpital Bretonneau, la ventilation se fait par les fenêtres qui présentent chacune six grands carreaux mobiles, les deux supérieurs s'ouvrant en vasistas. L'hiver, l'air est amené chauffé au niveau de petits appareils dénommés repos de chaleur, et placés à ras du sol. Après avoir parcouru la salle, l'air s'échappe par des grilles d'évacuation placées soit en haut des murs, soit au plafond et munies de trappes mobiles. Ces grilles communiquent avec les combles qui sont eux-mêmes en communication avec l'extérieur par une cheminée de ventilation.

A l’annexe Pascal de l'hôpital Broca, la ventilation ne se fait pas seulement par les portes et les fenêtres, mais l’air pris à un mètre du sol est amené par un gros conduit au centre d’un radiateur où, en hiver, il peut s’'échauffer à son contact. Les plafonds des salles sont perforés d'espace en espace et les orifices ainsi créés sont munis d’une grille. Ces orifices donnent

dans des gaines qui aboutissent dans un caisson, où est établie une batterie de chauffe. Ce caisson est muni lui-même d’une cheminée de déversement à l'extérieur. La batterie de chauffe, en échauffant l'air ambiant du caisson, détermine un appel continu de l'air des gaines et par suite de l’air des salles, et, d'autre part, l'air aspiré tend naturellement à gagner fa cheminée qui le rejette dans l'atmosphère.

Au nouvel hôpital Trousseau, la ventilation se fait naturellement par les portes etles fenêtres. Dans les mois d'hiver, l'aération est combinée au chauffage de l'air pris à l'extérieur, chauflé par des batteries et amené dans les salles. Le départ de l’air est assuré par des prises d'air au plafond communiquant avec les combles.

De tout cela,nous concluerons donc une fois pour toutes que la ventilation naturelle doit être,;au moins dans nos contrées et pour l'hôpital, secondée par la ventilation artificielle et que celle-ci doit être combinée au chauffage.

S IV. — Chauñïfage.

Le chauffage d’un hôpital doit remplir les conditions suivantes :

1° Procurer le degré de température le plus favo-

rable à la santé ; pour les hôpitaux, nous l'avons vu, cette température doit varier de 160 à 180 C. ;

2° Donner ce degré de température d'une façon

égale et continue et, dans le temps et dans l'espace ; le chauffage devra donc être régulier et continu, sans intermittence ;

30 Le chauffage doit se concilier avec la ventilation établie suivant toutes les règles ;

49 I] doit ne pas altérer les propriétés physiques de l'air, spécialement l'hygrométrie et ne pas y introduire d'impuretés ;

50 11 doit n'exposer à aucun accident ;

60 Etre économique;

7° Avoir un réglage facile et, autant que possible, automatique de la température qu'il fournit.

Pour résoudre ce problème compliqué du chaufface, plusieurs moyens ont été proposés.

Parmi les appareils mis en jeu, 1l faut distinguer ceux dont le foyer est placé dans l'enceinte à chauffer, et ceux dont le foyer est placé hors de l'enceinte à chauffer, la chaleur étant alors transmise à l’aide de véhicules.

Les premiers constituent les poêles, les cheminées, etc. Nous avons vu que, dans les hôpitaux anglais, de grandes cheminées brülent auprès des fenêtres avec d'énormes feux, mais nous avons vu aussi que cela était peu pratique. Pour un hôpital, cheminées et poêles sont donc à rejeter : nous n'en parlerons pas davantage.

Les seconds ont pour véhicules, les calorifères à air chaud, les appareils à eau chaude, les appareils à , vapeur.

Appareils à air chaud. — Les calorifères de tous modèles sont le type de ces appareils. L'air chaud est conduit par des tubes et réparti dans les différentes pièces à chauffer où il arrive par une bouche de chaleur. La bouche de chaleur doit être placée à peu de distance du plancher. Après avoir perdu . dans l'enceinte une partie de sa chaleur, l'air chaud doit pouvoir s'échapper à l'extérieur. Il est nécessaire, pour cela, de ménager une cheminée d'appel ou tout au moins des ouvertures pratiquées à la partie supérieure de la pièce. Exemple : l'appareil de MM. Geneste et Herscher.

Pour M. Portal, « le chauffage à l'air chaud ayant pour organe principal le calorifère, est le plus répandu de nos jours, mais il présente de sérieux inconvénients :

«a) L'air qu'il donne aux salles est surchaufté au point de devenir irrespirable. Il ne contient plus suffisamment de vapeur d'eau et comme il a une tendance naturelle à se saturer, 1l emprunte à ce qui l'entoure, la vapeur d'eau qui lui manque. D'où gêne des occupants qui respirent un air trop sec et qui sont exposés à une transpiration exagérée et anormale.

« b) De plus, et surtout la fonte ou la tôle portée au rouge au contact de laquelle l'air doit s’échauffer, est perméable à l’oxyde de carbone. D'où malaises généraux des habitants. Le calorifère à air chaud qui, à quelque système qu'il appartienne, envoie dans les locaux de l'air surchauflé, vicié, chargé de gaz toxiques et de poussières diverses, doit être

proscrit d'une façon absolue comme moyen de chauffage des hôpitaux. »

Appareils à eau chaude. — L'installation d'un chauffage à l’eau chaude comprend tout d'abord une chaudière à chauffer l’eau, puis des surfaces chauffantes à l'intérieur desquelles l'eau circule en se refroidissant partiellement, puis des tuyaux de distribution conduisant l’eau de la chaudière aux surfaces chauffantes ; enfin, un vase d'expansion, placé tout en haut de l'appareil et destiné à recevoir l'excédent de l'eau augmentant ou diminuant de volume, sous l'influence de la température.

Il 2xiste deux sortes d'appareils : les appareils sous pression où, alors, le vase d'expansion communique librement avec l'atmosphère et les appareils à pression où il est hermétiquement clos.

Le chauffage à l’eau chaude a étéemployé aux Cliniques impériales de Moscou par le professeur Erismann. Le chauffage à l'eau chaude ne présente pasd'inconvénient grave. Il répondassez bien aux conditions d’un bon chauffage que nous avons indiquées au début de ce chapitre en tant qu'il est méthodique et hygiénique. Cependant, il est impossible de le règler automatiquement. De plus, une fuite peut se produire et inonder/ toute une salle. Enfin, il est moins économique que le système de chauffage par la vapeur dont nous allons maintenant parler. Il faut pour chaulfer la même capacité 40 pour 100 de plus de surfaces chauffantes avec l’eau chaude qu'avec la vapeur. Du reste, la tuyauterie et les surfaces de

2) | Que chauffe pleines d’eau surchargent les murs d’un certain poids.

Chauffage par la vapeur.— L'idée du chauffage par la vapeur serait due à un colonel anglais du nom de Will Cook en 1435. La première application du système aurait été faite par James Watt. Il a été bien étudié par Trégold et ce n’est qu’en 1828 qu'on l'a établi pour la première fois en France à la Bourse de Paris. Ce fut Grouvelle sous la direction de son oncle d'Arcet qui l'installa.

Le principe sur lequel repose le chauffage par la vapeur est le suivant : un litre d’eau pour se transformer en vapeur a absorbé 540 calories qu'il peut rendre en repassant à l'état d’eau. Comme on n'emploie d'ordinaire pour le chauffage que de la vapeur entre 1120 et 1200, c'est-à-dire une atmosphère et demie à deux atmosphères, ce n'est pas en se refroidissant que la vapeur chauffe, mais en se condensant.

Ce mode de chauffage permet de desservir d’un point unique des locaux répartis sur des surfaces considérables et souvent fort éloignées des appareils producteurs de vapeur. Le chauffage à la vapeur est, pour M. Langlois, celui qui « répond le mieux et Île plus parfaitement à toutes lesexigences de l'hygiène, à condition toutefois que la température des salles se trouve automatiquement. réglée en tous temps: »

M. Portal résume ainsi les avantages de ce mode de chauffage par la vapeur :

«19 Une grande quantité de chaleur est abandonnée par la vapeur pour passer à l'état liquide ;

2° Il est facile de transporter la chaleur à de grandes distances ; ,

3° Il est possible de chauffer directement les parois des salles sans surchauffer l'air destiné à la ventilation, condition essentielle pour.les hôpitaux ;

4° La vapeur se prête mieux que tout autre mode de chauffage au réglage automatique de la température.

50 On a avec elle une sécurité parfaite et la suppression de toute chance d'incendie ».

Et M. Portal ajoute: « La vapeur se prête admirablement aux exigences d’un bon chauffage. Souple, elle se transporte vite d’un point à l’autre de la canalisation. Elle se condense avec facilité en abandonnant la chaleur qu’elle renferme et en donnant de l’eau à une température de 1000 qu'il sufhit de reconduire au générateur pour obtenir au moyen d’un faible appoint de combustible une nouvelle quantité de vapeur. Pour éviter les bruits, la vapeur sera à basse pression. Si la pression augmente, un régulateur sensible fermera l'entrée d'air sous la grille : ce qui fera tomber le feu. Ce régulateur ouvrira ensuite une entrée d'air frais dans les canaux; ce qui refroidira immédiatement la chaudière. D'où sécurité absolue. Le chargement se fera seulement une fois par jour. Les tyauteries principales, placées dans les caves, n'auront pas un diamètre supérieur à 4 centimètres. Les tuyauteries secondaires ne présenteront que 2 centimètres de diamètre. Elles se détacheront des premières pour arriver aux radiateurs.»

Les radiateurs sont des appareils qui permettent d'utiliser la vapeur. Ils sont disposés de façon à présenter la plus grande surface possible sous le plus petit volume possible. Leurs parois s'échaultent et transmettent la chaleur à l'air qui les baigne. L'air conserve toutes ses qualités de pureté en raison du faible degré de température qu'il atteint. La vapeur arrive d’un côté du radiateur ; la vapeur condensée sort de l’autre et une canalisation de retour ramène à la chaudière les eaux de condensation. Deux robinets permettent la mise en marche, le réglage ou la fermeture du radiateur. Ainsi, on devient maître du chauffage.

Et M. Portal conclut que « le chauffage par la vapeur à basse pression réalise aujourd’hui le meilleur des chauffages. C'est le mode de chauffage le plus méthodique, le plus sûr, le plus hygiénique. II nexpose pas comme l'eau, le seul système qu'on puisse lui opposer, à une fuite et à des inondations ».

Du reste, nous allons étudier plus complètement ce mode de chauffage.

Les appareils destinés à le réaliser comprennent essentiellement :

19 Un générateur de vapeur ;

20 Des conduites distribuant la vapeur dans tout l'édifice à chauffer ;

30 Des appareils chauffeurs où condensateurs de vapeur, placés dans les pièces à chauffer ou audessous d'elles quand on emploie la vapeur à chauffer l'air qui doit être introduit ;

Ho 4 Des conduites de retour de l’eau condensée vers le générateur de vapeur ; 50 Des appareils de réglage et de distribution. MM. Geneste et Herscher posent les principes suivants :

19 On devra employer des générateurs multitubulaires inexplosibles et n'admettant qu’une faible quan:tité d’eau;

20 On devra élever la vapeur au point le plus élevé des locaux à desservir, la faire circuler à partir de ce point dans le sens de la gravité, c'est-à-dire de l'eau condensée ; |

30 Avant de la faire circuler dans les locaux à chauffer, on aura soin de la détendre à une faible pression ;

4° Enfin, on devra assurer la parfaite indépendance du fonctionnement des surfaces de chauffage au moyen de robinets à l'entrée de chaque surface et d’un purgeur d'eau condenséeet d'air.

En résumé, les principes précédents appliqués, nous allons étudier spécialement dans le chauffage à la vapeur : le générateur, la canalisation, les surfaces chauffantes et le réglage de la température dans les locaux à chauffer.

19 Générateur de vapeur. — Les générateurs seront donc multitubulaires,inexplosibles et ne renfermeront qu'une petite quantité d'eau. Pour que les variations de pression, résultant d'une dépense

trop considérable de vapeur, n’influent pas sur la régularité de la distribution, on adaptera à la prise de vapeur de la chaudière un détendeur, qui maintiendra la pression constante dans les canalisations de distribution, quelle que soit ia variation de pression dans la chaudière.

Pour éviter les entrainements d’eau,quand le débit de vapeur tend à augmenter brusquement, on disposera au-dessus des éléments multitubulaires un réservoir de vapeur et on appliquera au dôme de la chaudière un épurateur de vapeur.La vapeur et l'eau suivront des chemins contournés et se sépareront mécaniquement.

Les irrégularités provenant du service de la grille seront évitées par l'emploi des foyers à trémies.

On modifiera l’activité du feu en faisant varier la quantité d'air affluant dans le foyer.

Enfin, on supprimera la discontinuité de l’alimentation d'eau par un régulateur automatique d° alimentation. Cet appareil fonctionne à l’aide d’un flotteur équilibré sous l'influence des variations les plus faibles du niveau de l'eau de la chaudière. A chaque instant, le poids de vapeur dépensée se trouve remplacé par une quantité d'eau équivalente.

Les obstructions et les incrustations des chaudières seront évitées en utilisant toujours la même eau, sauf un léger appoint journalier. Du reste, les éléments des chaudières étant de petit diamètre, les incrustations y seront plus rares que dans celles de plus grand diamètre.

L'eau condensée dans les eee de distri-

bution de vapeur et, surtout,dans les surfaces chauffantes, sera ramenée près des chaudières par les canalisations de retour d’eau. Cette eau sera introduite à nouveau dans les chaudières, s’y vaporisera et se trouvera ensuite réutilisée dans le chauffage.

On aura soin d’assembler les communications réunissant les éléments des chaudières avec des joints à double cône, et sans l'interposition d'aucun mastic.

20 Ganalisation et répartition. — Les conduites seront en cuivre ou en fer étiré. La vapeur devra toujours circuler dans le sens de l'écoulement de l’eau condensée, c’est-à-dire dans le sens de la gravité. Par conséquent, la vapeur sera amerée le plus directement au point le plus élevé dés locaux à chauffer. À la sortie du récipient, la vapeur sera relevée le plus possible et l'eau séparée sera extraite par un purgeur automatique, envoyée dans la conduite de retour d’eau et ramenée près des chaudières. De cette façon, on évitera les bruits si gênants que l’on entend quand la vapeur et l’eau, à des températures différentes, circulent en sens contraire.

3° Surfaces chauffantes. — Les surfaces chauffantes seront en fer ou en fonte. Elles seront constituées par des tuyaux à ailettes. L'importance des surfaces chauffantes étant calculée pour les écarts extrêmes de température, il sera utile de disposer d'un moyen permettant de faire varier automatiquement la chaleur émise dans les salles suivant le froid.

extérieur, afin d'atteindre, sans jamais la dépasser, la température réglementaire exigée,

On pourra y arriver en choisissant une salle dont la température servira à régler celle des autres en agissant sur la distribution de vapeur qui est commune aux autres. Mais, ainsi, les locaux seront rendus solidaires les uns des autres et lorsqu'une cause quelconque viendra modifier la température le l'appareil régulateur, le chauffage des locaux dépendants se trouvera déréglé.

On devra donc recourir à un autre procédé. La régulation de la température pourra être obtenue par l'emploi d'un régulateur de température placé dans chacune des salles à desservir. Cet appareil permet, en effet, d'atteindre sans jamais le dépasser le degré de chaleur fixé quel que soit le froid extérieur. Dans ce cas, le régulateur n’agit plus sur la conduite de vapeur, commune à plusieurs salles, mais bien sur le branchement spécial qui alimente les surfaces chauffantes installées dans chacune des salles. Il a pour effet de modérer et de supprimer l'admission de vapeur dans ces surfaces, dès que la température de la salle chauflée approche de son maximum.

Les surfaces de chauffe peuvent être disposées de façon à devenir des calorifères ventilateurs locaux. C’est ce quise pratique en Allemagne: pour ce faire, la vapeur arrive à haute pression et peut avoir été empruntée à un générateur servant à un but industriel. Elle rencontre un détendeur qui la fait passer à basse pression,traverse par une conduite

les surfaces de chauffe, formées de tuyaux côtelés et munis de soupape à arrêt de vapeur; des calorifères ventilateurs à réglage, qui ne sont pas autre chose qu'une enveloppe de tôle, entourent ces surfaces et reçoivent l'air extérieur par des canaux particuliers L'air vicié est aspiré par une cheminée, qui, en été, reçoit de la vapeur pour constituer un foyer d'appel. La terminaison du tuyau de retour est en Siphon, et forme obturateur hydraulique ; la profondeur de celui-ci est calculéesur la tension de la vapeur dans tout le système. L'eau de condensation s'écoule librement.

En somme, le chauffage à la vapeur aujourd’hui que l’on peut construire des appareils silencieux, fonctionnant sous des pressions modérées et d’une sécurité parfaite, est excellent pour les établissements de grande étendue, tel qu’un hôpital.

C'est en effet ce chauffage qui est en honneur à l'étranger eten France dans les nouveaux hôpitaux.

A Berlin, à l'hôpital Moabit, le chauffage se fait à la vapeur d'eau. Des tubes de fonte où court cette vapeur circulent le long des murs. Le réglage Se fait par des robinets à l'entrée. Chaque baraque est reliée par un branchement à un gros conducteur quiaboutit au pavillon des machines. C'est, en somme, le système du chauflage central que nous étudierons au paragraphe suivant. |

A Leipzig, à l'hôpital Saint-Jacques, les baraques sont plus él2vées qu'à l'hôpital Moabit, un peu plus larges et possèdent un sous-sol de 80 centimètres. On a installé dans ce sous-sol tout un système de

tuyaux en fonte sous-jacents au sol de la salle qui est en mosaïque. Dans ces tuyaux circule de la vapeur d'eau. La température ne tarde pas à monter dans le sous-sol et grâce à cette élévation de température, et grâce aussi à la chaleur que les tuyaux communiquent par leur contiguité au sous-sol de la baraque, se trouve résolu le problème du chauffage de la mosaique.

En France, ce mode de chauffage a été imité à l'annexe Pascal de l'hôpital Broca : les tuyaux de chauffage cheminent dans le tunnel placé sous les salles. L'air de ce tunnel est porté à une température élevée qui chaufle le sol carrelé des salles dans une grande partie de leur étendue. Le chauffage est à la vapeur d'eau à basse pression. Les chaufferies sont dans les sous-sols. Chacune comprend deux chaudières qu'il suffit de charger matin et soir. L'eau transformée en vapeur est amenée par des conduites dans des radiateurs de forme adaptée à l’emplacement qu'ils doivent occuper et, qui, dans les salles, sont situés le long de la ligne axiale au nombre de deux ou trois.La vapeur d’eau se condense au niveau des radiateurs et l'eau condensée retourne à la chaudière par les conduites de retour.

À l'hôpital Bretonneau c'est encore au chauffage à la vapeur à basse pression que l’on a eu recours. Les surfaces de chauffe sont situées hors des salles, sauf pour la salle d’hydrothérargie, l'escalier du personnel et la salle des médecins qui sont chauftés par radiation directe. Le chauffage y ést, comme nous l’avons vu, combiné à la ventilation. Une même bat-

terie alimente plusieurs repos de chaleur. Les chaudières qui fournissent la vapeur aux batteries fonctionnent à très basse pression, o kil. 200 au plus par centimètre carré. Elles ont un réservoir de combustible qu'il suffit de remplir deux fois en 24 heures et sont munies d'appareils de süreté, régulateurs de pression, et de tirage perfectionnés. La dépense de vapeur est réglée automatiquement par le réglage de la pression, suivant la température extérieure. Pour l'ensemble de l'hôpital il y a quatre foyers de chauffage situés dans les sous-sols. De cette manière, les canalisations de vapeur sont de petite longueur. La même chaudière chauffe plusieurs bâtiments.

A l'hôpital Boucicaut, au nouvel Hôtel-Dieu de Saint-Etienne, à l'hôpital de Bourges, à celui de Montpellier, au Comptoir d'Escompte de Saint- Etienne le chauffage fonctionne à la vapeur.

Le nouvel hôpital Trousseau présente peut-être la disposition idéale. Nous en empruntons la description à M. F. Jayle: « Le chauffage au nouvel hôpital Trousseau est assuré par un système nouveau. Le chauffage de chaque bâtiment est obtenu par des surfaces de chauffe placées au sous-sol dans des coffres. L'air, pris à l'extérieur et chauffé contre ces surfaces, pénètre dans les salles par des repos de chaleur. L'élévation de la température des plaques de chauffe est obtenue par la circulation de la vapeur d’eau provenant des machines. L'intensité du chauffage est réglée automatiquement par un dispositif ingénieux : la vapeur d'échappement des machines se rend à un réservoir de vapeur, véritable départ

des canalisations de chauffage. Ce réservoir de vapeur porte plusieurs tubulures :

1° Une tubulure amenant la vapeur d'échappement des machines.

20 Une tubulure amenant la vapeur vierge provenant des chaudières par l'intermédiaire d'un détendeur d'un type spécial qui n° permet le passage de la vapeur que dans des conditions déterminées, lorsque la vapeur d'échappement des machines est insuffisante pour fournir le chauffage des bâtiments et alimenter en même temps les services d'eau chaude.

3% Une troisième tubulure portant un détendeur formant soupape d'échappement, qui ne doit s'ouvrir que lorsque la vapeur fournie par les machines est en trop grande quantité pour être absorbée complètement par le chauffage ou les services d’eau chaude.

4° Une tubulure munie d’un robinet, permettant de mettre le récipient en communication avec l'air libre et, par conséquent, de faire marcher les machines à échappement libre.

« Le détendeur d'admission de vapeur et la soupape d'échappement sont réglables automatiquement par un mécanicien qui peut faire varier la pression à l'intérieur du récipient entre 500 gram. et 2 kilog. 500.

« De ce réservoir, la vapeur se rend par une canalisation spéciale placée dans des galeries souterraines à des détendeurs secondaires placés dans les différents bâtiments à chaufler, puis à des batteries de chauffage placées dans les caves de ces bâtiments.

« Les batteries de chauffage sont composées de tuyaux à ailettes placés dans des coffres en maçonnerie constituant un véritable calorifère alimenté d'air par une prise d'air extérieure et chauffant chacun un nombre restreint de pièces au moyen de conduites de chaleur, de façon à assurer automatiquement une exacte répartition de la chaleur dans tous les locaux.

« Chaque batterie est alimentée de vapeur par un robinet spécial à orifice calibré, de telle sorte que, sous la pression maxima du fonctionnement, il ne laisse passer exactement que la quantité de vapeur pouvant être condensée dans la batterie et suffisante pour assurer le chauffage des salles par les temps les plus froids.

«Ilen:résulte que:

19 La vapeur est détendue sous pression à l’intérieur de la surface dont l'extrémité peut être ouverte à l’air libre et assure le fonctionnement régulier de la batterie et l'écoulement de l'eau, résultant de la vapeur condensée, dans les canalisations de retour.

2° Si l'on fait varier la pression de la vapeur passant à travers le robinet, le débit de vapeur du robinet sera toujours proportionnel à la pression de la vapeur qui l'alimente et que, par conséquent, la puissance chauffante de la batterie variera avec cette pression.

€ Donc, pour obtenir la régulation du chauffage, il suflira de faire varier suivant les besoins la pression de la vapeur alimentant les robinets.

« Cette variation est obtenue automatiquement

par des détendeurs secondaires et des appareils spéciaux placés dans les pièces chaufféës. L'air est distribué au détendeur par l'intermédiaire d’un appareil thermo-régulateur, placé dans les salles. Pour renseigner exactement et à distance le mécanicien sur le chauffage des pièces, il suffit d'installer un manomètre sur la canalisation d'air comprimé entre l'appareil régulateur et le détendeur, la pression indiquée par le manomètre dépendant de la température des pièces l'indiquera rigoureusement.

« Les manomètres correspondant aux régulateurs de température sont placés sur un tableau dans la salle des machines, de sorte que le mécanicien est renseigné d'un seul coup d'œil sur la marche du chauffage dans les différents pavillons et dans les différentes salles ».

« Les avantages de ce système, ajoute M. Jayle, sont :

19 La régularité et l'égalisation de la température; 20 L'économie de combustible ;

30 Les excès de chauffage par les temps doux évités.

« Enfin, dans Îles salles d'opération où la température doit être portée vite à 300, le chauffage est complété par une batterie annexe, alimentée par une prise de vapeur directe sur laquelle peut souffler l'air fourni par un ventilateur électrique. »

Cette installation, due à MM. Grouvelle et Arquembourg, semble bien répondre à l'idéal de l'hôpital modèle.

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$ V. Usine centrale.

A Berlin, à l'hôpital Moabit, il y a un pavillon spécial, dit pavillon des machines.

En Suisse, à l'hôpital de Berne, l'Usine centrale existe. De puissants générateurs sont placés dans le sous-sol et doivent distribuer la vapeur à la cuisine, à la buanderie et à tous les services de l'hôpital. La vapeur engendre de l’eau chaude qui se distribue dans tout l'établissement.

La vapeur distribuée dans tout l'hôpital pour le réchauffer revient, sous forme d’eau condensée, dans un réservoir près des machines et sert indéfiniment à les alimenter avec le moins de déperdition de chaleur possible. Cette distribution d'eau chaude et de vapeur nécessite de vastes conduits souterrains. Ils sont voûtés et assez spacieux pour laisser circuler un homme, au cas de réparation à faire. Ils viennent tous aboutir, derrière les générateurs, au pied d’une immense tour carrée qui contient dans son intérieur une cheminée indispensable au tirage. Cette cheminée est en tôle, afin de permettre à sa chaleur de rayonner dans la tour et d'y produire un violent tirage pour l'air vicié des salles qui arrive au pied de cette tour par les conduits souterrains. Au pied de la tour, est un puissant aspirateur que lon fait fonctionner quand le tirage est insuflisant, soit que l'air extérieur soit trop chaud, comme en été, soit que la cheminée n'ait pas un tirage assez eflicace

par elle-même, ce qui se produit quand les surfaces de chauffe ne sont pasailumées, en été, par exemple, ou pendant les nuits.

Quoiqu'il en soit, l'hôpital modèle devra posséder un pavillon des machines, une Usine centrale qui fonctionnera comme celle du nouvel hôpital Trousseau.

La salle des machines comprendra deux parties : la salle des générateurs et la salle des machines proprement dites.

La salle des générateurs, à Trousseau, comprend deux générateurs Belleviile pouvant produirechacun 1000 kilogrammes de vapeur à l'heure.

La salle des machines renferme deux machines d'un type spécial de Îa force de 25 chevaux, et de deux dynamos.

Üne salle d'accumulateurs complète l'installation.

Ainsi, comme au nouvel hôpital Trousseau, l'Usine centrale qui, dans l'hôpital modèle, devra occuper un pavillon, devra fournir la vapeur nécessaire :

19 Au chauffage;

20 A l'éclairage;

30 A la production d’eau chaude ;

4° Au fonctionnement de la cuisine ;

50 Au fonctionnement de la buanderie ;

60 Enfin. au fonctionnement de l'étuve à désinfection (sauf les appareils spéciaux de stérilisation décrits en chirurgie).

Le pavillon des machines sera au centre de l'hôpital, derrière le pavillon des services généraux.

On aura soin d'obvier à l'inconvénient présenté par la cheminée de l’Usine centrale à Trousseau, c’est-àdire à l'obscurcissement de l’atmosphère entourant l'hôpital par la fumée qu'elle donne à certains moments de la journée, par l'installation d’un appareil fumivore à cette cheminée, comme ceux que Paris impose aux usines de sa banlieue, et on sera bien près de la perfection.

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