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CEA PIE REMVIT

Personnel.

Selon Tenon « les hôpitaux sont, en quelque sorte, la mesure de la civilisation d’un peuple; ils sont mieux appropriés à ses besoins et mieux tenus à proportion de ce quil est plus rassemblé, plus humain, plus instruit. » Et, comme le fait remarquer Mile Hamilton, dans sa thèse inaugurale : « Si la France a progressé, d£puis vingt-deux ans, dans les constructions hospitalières, le service des malades n'a pas progressé à proportion ».

Dans le personnel d’un hôpital il faut distinguer trois catégories : le personnel médical, le personnel secondaire et le personnel administratif. Du personnel médical et du personnel administratif nous n’esquisserons que quelques mots pour insister davantage sur le personnel secondaire, qui laisse tant à désirer dans les hôpitaux actuels !

Personnel médical. — Le personnel médical devra être nommé au concours, avec toutes les

garanties de justice et d’impartialité qui devront présider au choix de toutes les fonctions médicales hospitalières. Pour assurer son recrutement, pour avoir un personnel instruit, respecté et honoré, Îa nécessité du concours s'impose. Les épreuves et les difficultés du concours varieront avec l'importance des villes.

À Paris, les chefs de service reçoivent 1000 francs d’indemnité pour déplacement et sont assistés d'internes et d’externes également nommés au concours.

Les internes seuls. doivent être logés à l'hôpital et dans un pavillon spécial.

Au nouvel hôpital Trousseau, un pavillon à droite de la cour d’honneur, au voisinage des pavillons de chirurgie, est réservé aux internes. C’est un pavillon à étages, dont le rez-de-chaussée comprend : cuisine, salle à manger, salle de bains et bibliothèque, et dont chaque étage renferme trois chambres, chacune munie d’un cabinet de toilette.

Enfir, M. Letulle, à l'hôpital Boucicaut, a édicté les instructions suivantes pour le personnel médical : « Le personnel médicai doit donner au personnel hospitalier l'exemple de l'observation rigoureuse des règlements. Tout médecin, étudiant ou docteur, qui entre dans les pavillons doit revêtir la blouse hygiénique.

«Sises fonctions l’appellent dans le service, il doit : 19 Relever ses manches bien au-dessus des poignets afin d'éviter toute contamination de ses vêtements (chemise ou jaquette); 20 Se laver les mains soigneusement aux lavabos, qui se trouvent en grand

nombre dans le service. La même précaution est indispensable en quittant le pavillon. Il lui est instamment recommandé de ne jamais mettre à la bouche un objet quelconque pendant son séjour dans la salle des malades. Il lui est recommandé de ne pas fumer à ‘intérieur de l'hôpital. L’exactitude dans le service est une qualité professionnelle de premier ordre que l'on doit acquérir dès les premiers jours des études médicales ».

Ces instructions sont de la plus haute importance et devront être mises sous les yeux du personnel médical de l'hôpital modèle.

Personnel secondaire. — La question du personnel secondaire est une question brülante à l'heure actuelle. Toujours elle a été mal posée et toujours discutée avec ignoran

Le personnel secondaire di se diviser en Re classes :

° Celle chargée de tous les travaux manuels, du pansement des malades et des blessés, des pansements simples ;

2° Celle chargée de la surveillance des salles et des différents services annexes.

De nombreux points laissent à désirer dans le fonctionnement et le choix du personnel secondaire des hôpitaux actuels.

Dernièrement, à la Commission des Réformes hospitalières à Paris, M. Barth a présenté un rapport sur le fonctionnement et lasituation de ce personnel dans les hôpitaux. Et il conclut que le nombre des infir-

miers est insuffisant. Ils sont mal recrutés ; ils ne connaissent pas leur service ; les directeurs les déplacent sans consulter le médecin qui les a dressés. Ils sont mal payés, mal logés, mal nourris. Il faut enfin trouver le moyen d'intéresser et, par là, de retenir ceux d’entre eux qui sont capables et méritants.

Ces desiderata, constatés à Paris par M. Barth, existent sur la même échelle à Lyon. M. Courmont, à son arrivée à Saint Pothin,a constaté des faits de ce genre. Il y avait deux cheftaines pour quatre salles. Les sœurs placées sous leurs ordres changeaient alternativement de service tous les huit jours. Etaient-elles au courant d'une salle, vite on les faisait passer dans une autre. C'est ainsi que Îes cheftaines assuraient leur autorité. Toujours on avait des figures nouvelles en fait desœurs et d'infirmiers. Trois infirmiers laïques faisaient « tous à la fois la même besogne dans les deux services ». « Tous deux faisaient les charrois, les lits, les escaliers, le service de la pharmacie, celui des typhiques, etc. Aucun d'eux n'était responsable d’un service défini. On les changeait, d’ailleurs, fréquemment. Toujours des figures nouvelles et irresponsables. Toujours des incompétents ». Pendant ce temps, une jeune sœur sortie première de l'École d'Infirmières,en 1900, était subalterne dans un autre service ; une autre, possédant son brevet de sage-femme, avait été employée deux ans à la cuisine et dix-huit mois dans une salle d'hommes!

Quand M. Courmont voulut changer l'état des choses, il fut traité de révolutionnaire.

IT exigea, en effet, un personnel jeune, instruit et intelligent.

Comment recruter ce personnel?

Mlle Hamilton, dans sa thèse sur les Infirmières des hôpitaux, concluait ainsi: « 10 Les progrès de la médecine et de la chirurgie demandent une réforme dans le service actuel des malades hospitalisés ; 2° La femme présente des aptitudes spéciales aux fonctions de garde malades; 30 Ces fonctions demandent de l'intelligence, des connaissances spéciales, du dévoüment; 4° L'expérience a prouvé quelesconnaissances techniques ne portent de bons résultats, que lorsqu’elles sont reçues après une instruction générale ; 50 Le rôle moral de la garde-malade ne peutèêtre bien rempli qu'avec tact, délicatesse, dignité et éducation; 60 Nous concluons donc que l'assistante hospitalière doit être recrutée dans la même classe que le médecin. » Ces conclusions sont certainement exagérées et il serait difhicile, impossible même, de recruter un tel personnel. Mais il n’en reste pas moins vrai, néanmoins que le personnel secondaire doit étrejeune,instruit et intelligent.

Comme le dit M. Courmont, les vieilles cheftaines de nos salles ne considèrent l'hôpital que comme un hospice «et le médecin que comme un personnage inutile et sans autorité ». Que de fois, ne les avonsnous pas vues incapables le matin à la visite de rendre compte de ce qui s'était passé pendant la nuit pour tel et ou tel malade ! Que de fois n’avons-nous pas vu des malades rester plusieurs jours, parfois une semaine, sans aller à la selle, sans que l’interne ou le

chef de service en fussent avertis, etc., etc.! Il faut donc un personnel jeune. C’est de 25 à 30 ans, selon Mlle Hamilton, que l'infirmière doit se recruter.

De plus, elle doit être intelligente et instruite. A Paris, les surveillantes doivent être désormais munies du diplôme d’infirmière ambulancière. Pour cela, des cours ont été institués à Bicètre, à la Salpêtrière et à la Pitié. Elles sortent de ces cours avec une instruction complète et comprennent toutes les nécessités de l'antisepsie. À Lyon, on confère au personnel semilaïque, semi-religieux des grades universitaires : certificat de grammaire, brevets élémentaires, herboristes de ireet 2° classe, sages-femmes de ire et 2e classe. A côté de cela, on a fondé une école professionnelle d'infirmières, dont les cours sont faits par des médecins et chirurgiens des hôpitaux, avec un programme spécial, qui serait peut-être à réformer, mais dans la considération duquel nous n'avons pas àentrer. Tout cela sera bien, à la condition que les infirmières quien sortent ne soient pas attribuées à des fonctions subalternes, telle que la cuisine, sous prétexte qu'elles ne sont que novices ou prétendantes. *

Le personnel ainsi choisi, les instructions de M. Letulle à l'hôpital Boucicaut, lui sera applicable : « Tout infirmier subit à son entrée un examen médical rigoureux. Sont refusés tous ceux atteints d’une affection organique quelconque. Chacun d'eux reçoit ensuite un carnet individuel mentionnant les notions d'hygiène hospitalière nécessaires, indiquant Îles moyens de prophylaxie contre les maladies conta-

gieuses (tuberculose en particulier), prescrivant les procédés d'hygiène individuelle requis et obligatoires.

« Tout infirmier ou infirmière doit être revêtu d'une blouse hygiénique dans les salles de malades. Il doit se laver les mains avant d'entrer, avant de sortir des salles, avant de manger au réfectoire. Il doit prendre trois ou quatre bains par mois et subir un examen médical suivant un roulement préétabli. Les sœurs elles-mêmes sont astreintes à observer les précautions hygiéniques. Elles revêtent des blouses, des tabliers, des manches, qu’elles quittent en sortant de la salle des malades.

« Quand les infirmiers ou les infirmières sont malades, ils reçoivent des soins dans une infirmerie du personnel, distincte des salles de malades. Le personnnel de jour et le personnel de la nuit sont distincts. Les salles communes sont supprimées et remplacées par de petites chambres individuelles. »

Les infirmiers et infirmières seront enfin en nombre suffisant. A l'hôpital Broca (annexe Pascal), le personnel comporte : une surveillante, une soussurveillante, une suppléante, une première fille, chargée dela propreté des instruments et des pansements, une première fille chargée de la consultation, neuf infirmières de jour, six veilleuses, un concierge, un premier infirmier, trois garçons de service, deux chauffeurs. En tout vingt-huit personnes qui coûtent 125 francs par jour, soit 2 francs par lit.

Ce nombre devra varier nécessairement avec l’importance de l'hôpital et l'importance des salles.

M. Courmont, dans son service de Saint-Pothin, comprenant deux salles, une salle d'hommes et une salle de femmes, a obtenu un personnel ainsi constitué : un homme de peine pour les deux salles, qui est chargé des charrois, un infirmier par salle, qui est toujours le même, habitué à ses méthodes, connaissant bien les malades, sachant baigner les typhiques, stériliser les crachoirs, s'intéressant à son métier, n'ayant rien à faire au dehors, ne quittant pas sa salle, suivant la visite et capable de le renseigner sur l'état d'un malade; un infirmier supplémentaire, toujours le même, chargé de donner les bains la nuit de 9 heures du soir à 5 heures du matin pendant les épidémies de fièvre typhoïde; une cheftaine par salle répondant aux conditions exigées plus haut, chargée de {a surveillance de la salle, suivant la visite du chef de service, le matin, et la contrevisite de l'interne, le soir; une veilleuse par salle, enfin, qui n'est pas une femme quelconque, sans aucune aptitude spéciale, ne connaissant pas les malades, n'ayant jamais vu le médecin et ne cherchant qu'à gagner quelques sous avec le moins de peine possible ; mais la veilleuse de nuit est une sœur du service, ayant de l'initiative et responsable de la salle pendant la nuit, où les conseils médicaux font défaut.

M. Courmont se déclare satisfait de son personnel ainsi constitué. C'est ce personnel qui devra être attribué à chaque salle de l'hôpital modèle.

Enfin, les infirmiers et les infirmières seront bien logés, bien nourris, bien payés. Des pavillons spé-

ciaux leur seront attribués de chaque côté de l'hôpital, le long des murs de l'enceinte. Les dortoirs et les salles communes seront supprimés pour donner la préférence aux chambres individuelles, comme le désirait M. Barth à a Commission des Réformes hospitalières, devant la Société Médicale des Hôpitaux à Paris, au mois de juillet dernier.

Personnel administratif. — A Paris, le personnel administratif dépend de l’Assistance publique, à Lyon de la Commission des Hospices. En tous cas, comme le demande M. Bondet, les administrateurs des hôpitaux doivent être pris très près de l'hôpital, afin que leur présence permanente quotidienne, même soudaine et imprévue, soit pour eux, facile en tous temps. Chacun des administrateurs dirigera la branche de l’administration qu'il est le mieux apte à diriger. Un marchand de vins, par exemple, sera chargé de la cave centrale. Les administrateurs-directeurs auront la direction, la surveillance et la police de leur hôpital. Tout le personnel leur sera subordonné : personnel médical, personnel secondaire, aumôniers, malades. Ils sont responsables devant le Conseil d'administration. Un administrateur-directeur adjoint sera désigné pour les remplacer temporairement d'abord, puis définitivement à leur retrait de fonctions.

Chaque jour, l’administrateur-directeur passera dans l'hôpital pour voir si tout fonctionne bien, entendre les demandes, les réclamations, les plaintes des malades, des chefs de service, du personnel.

Un administrateur ne devra jamais déléguer son pouvoir, et sera toujours responsable des achats et des décisions.

A Lyon, cette règle est suivie et l'administration fonctionne de la façon que nous venons d'indiquer.

« Pour se conformer à la loi, le mandat d'un administrateur-directeur ne sera que de cinq ans, renouvelable une fois seulement, pour avoir une pépinière d'hommes jeunes, devenus pourtant expérimentés, préparés à leurs futures fonctions, afin qu'une vie toujours active soit imprimée à l’administration des hôpitaux » (Bondet).

Hygiène générale du personnel d’un hôpital. — Le Comité d'hygiène hospitalière fonctionnant depuis peu de temps à Paris s'est occupé de cette question, la plus grave peut-être des questions pendantes, en tous cas la plus urgente, en constatant que le personnel (aussi bien le médico-chirurgical et obstétrical que le bureaucratique et que le personnel secondaire) des hôpitaux ignore ou n'observe pas ou très mal les lois et règlements de l'hygiène hospitalière, au lieu qu’au contraire, il devrait donner l'exemple.

La Commission, se conformant aux demandes réitérées des hygiénistes, fera distribuer à tout le personnel de l’Assistance publique un « livret sanitaire individuel » où se trouvent résumées en quelques lignes les « instructions professionnelles », indispensables à chacun.

M. Letulle les résume ainsi: « Pour toute per-

sonne chargée, à un degré quelconque, d’une fonction dans les nombreux services de l'administration, il est un devoir obligatoire, au premier chef, celui de la préservation professionnelle : ne jamais contaminer et agir de facon à n'être pas contaminé, telle est la formule que l'hygiène professionnelle impose au personnel de l'Assistance publique. Le médecin, l'étudiant, l'employé de bureau, l'infirmière qui entre dans une salle de malades ne doit y apporter, comme il ne doit en emporter sur lui aucun germe d'une maladie contagieuse. Les mesures les plus rigoureuses de la prophylaxie seront dès aujourd'hui appliquées dans tous les services :

€ 19 On n'entrera dans une salle de malades (médecine, chirurgie, accouchements) que revêtu d’un vêtement spécial (la blouse d’hôpitai, longue, touchant les chevilles, à laquelle on devra ajouter d'amples thaussons d'hôpital, la semelle boueuse de nos chaussures introduisant à chaque pas des milliards de malpropretés morbigènes);

« 20 La toilette méticuleuse des mains (y compris les ongles) et de la face est obligatoire à l'entrée, comme à la sortie des salles ; un vestiaire existera, à cet effet, dans tous les services de médecine, de chirurgie et d'accouchement ;

« 30 Défense absolue au: personnel, quel qu'il soit, de manger ou boire dans les services des malades ;

« 40 Il est interdit à quiconque, entré dans un service, de plonger sa main dans une poche, d'en

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sortir un objet quelconque, en particulier un mouchoir de poche, et d'utiliser cet objet pour, ensuite, le remettre en poche. Undoit,pour se moucher, pour essuyer sa bouche ou ses yeux, avoir recours exclusivement aux compresses, morceaux de vieux linge propre d'un usage courant en médecine et en chirurgie ;

« 59 Interdiction à quiconque de fumer dans un service hospitalier ;

« 60 Tout le personnel, sans exception,est pourvu au moins d'une chambre individuelle, munie d’un lit, d'une armoire, d’une table de nuit, d’une table, d’une chaise et d'une table de toilette ;

« 70 Tout le personnel doit prendre, dans l'établissement, au moins un bain par semaine:

« 80 Tous les réfectoires du personnel sont précédés d’un vestiaire avec lavabo, où les infirmières quittent leur blouse et leurs chaussons ‘d'hôpital, et doivent se laver les mains, la bouche et les dents avant de manger;

« 9° Tout établissement hospitalier possède une salle de récréation-bibliothèque, destinée au personnel inférieur et secondaire.

« Cette excellente mesure, préconisée déjà par le regretté Napias, représente le meilleur moyen de lutte anti-alcoolique et anti-syphilitique qu'il soit possible de trouver. La création d'uhe sorte de « club des infirmières » rentre dans l'excellente réforme générale qui nous amènera à une sélection de plus en plus méthodique du personnel destiné

à soigner nos malades. L'organisation des gardesmalades des hôpitaux anglais (nurses et matrones) nous servira de guide et d'exemple décisif;

« 100 Les infirmières et infirmiers verront leur trousseau s’augmenter de serviettes de toilette, mouchoirs, brosses à dents, verre à dents.

« Il était extraordinaire, en effet, de penser que les serviettes de toilette et que les mouchoirs ne font pas partie du linge obligatoirement attribué au personnel. »

« 11° Desconférences d'hygiène générale et professionnelle seront faites, une fois par mois,au personnel dans ‘chaque établissement par le médecin, le directeur de l'établissement etla directrice du personnel. »

« Importante mesure,dit en terminant M. Letulle, qui fera comprendre aux infirmières et aux employés l'importance de leur rôle en matière d'assistance. »

CHAPEFRES VII

Services généraux

Sous ce titre, nous comprendrons l'administration, les bains généraux ou le service d’hydrothérapie, la chapelle, la pharmacie, la lingerie, la cuisine, la buanderie et le service de désinfection.

Nous dirons deux mots de chacun de ces services, en indiquant la place qu'ils doivent occuper dans l'hôpital, et en insistant surtout sur le service de la désinfection.

Administration. — L'administration et ses annexes occuperont un pavillon spécial, le pavillon d'entrée qui, celui-là, pourra être à un étage. Il contiendra les bureaux des entrées, l’économat, le logement du directeur ou son cabinet, le logement de l'aumônier, la bibliothèque, les archives, la salle de réunion de la Commission administrative, etc. Dans ce pavillon, comme nous l'avons vu, se trouvera le service de la consultation,

Bains généraux. — Les bains généraux occuperont le pavillon de l’hydrothérapie qui sera constitué, comme nous avons déjà eu l’occasionde Île voir à propos du servicz de la consultation. Ce pavillon sera situé à l'entrée, près de la consultation et de l'administration. Les bains généraux à l'hôpital Saint-Louis comprennent deux salles d'attente ; deux grandes salles de 30 baignoires, deux petites salles de 10 baignoires; deux salles de 10 pour la gale ; deux salles de frotte pour la même maladie ; une étuve à chauffer le linge ; une salle de bains de vapeur ; une salle de douches de vapeur; une salle de sudation; une salle de bains hydrofères; une piscine avec pièce pour déshabilloir; un déshabilloir p >urles salles d'hydrothérapie et diverses salles où sont installés les appareils variés de l'hydrothérapie(douches enlance, en pluie, ascendantes, écossaises, bains de cercle, de siège, etc.). Mais un service aussi compliqué ne pourrait subsister à l'hôpital modèle, où les bains, surtout dans les services de chirurgie, annexés aux salles, viendront réduire singulièrement l'importance des bains généraux.

Chapelle.— S'il entre dans les plans de l'Administration d'avoir une chapelle, il ne faut pas que ce soit un monument. Du reste, elle sera située tout au fond de l’hôpital, tout près du service des morts etne servira qu'aux convalescents; aucune personne du dehors ne devra y entrer.

Pharmacie. — Lingerie. — La pharmacie

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avec son laboratoire et sa tisanerie sera située dansun point central. Par des guichets, ouverts sur cette tisanerie, partiront les tisanes et toutes les préparations pharmaceutiques, qui seront descendues au sous-sol par un monte-charge et de [à seront distribuées à tout l'hôpital.

La pharmacie et la lingerie occuperont le même pavillon central qui pourra avoir un étage, suivant l'importance de l'hôpital. Au nouvel hôpital Trousseau, la pharmacie et la lingerie sont ainsi réunies dans le même bâtiment. Au rez-de-chaussée, est un vestibule. À gauche de ce vestibule, se trouvent : la pharmacie avec tisanerie à vapeur, herboristerie et laboratoire, le cabinet du pharmacien et la chambre de l’interne en pharmacie ; à droite, se voient le vestiaire, la lingerie et ses dépendances.

La loi du 7 août 1851 est muette, relativement à la nomination des pharmaciens des établissements hospitaliers. A Paris, un pharmacien est attaché à chaque établissement hospitalier important.

Les pharmaciens des hôpitaux sont recrutés à l’aide d'un concours, auquel prennent part les élèves en pharmacie qui ont exercé pendant trois ans dans les hôpitaux et hospices et les pharmaciens de 1re classe que le directeur de l’Assistance publique juge présenter les garanties convenables.

Le directeur de la Pharmacie centrale porte le titre de Pharmacien en chef des hôpitaux, et est en outre chargé de l'inspection des pharmacies de ces établissements.

La Pharmacie centrale des hôpitaux de Paris est

installée depuis 1812, quai de la Tournelle, dans l'ancienne abbaye des Muramionnes. Organisée par un premier arrêté de 1802, modifié en 1836, elle comprend essentiellement :

10 Des laboratoires, où sont fabriqués certains médicaments et composés pharmaceutiques, et où sont faites les expertises des produits livrés et des denrées, provenant des magasins généraux ;

20 Des magasins, car la Pharmacie centrale est , surtout un entrepôt, d'où les médicaments et objets de pansements, une fois livrés, sont envoyés et répartis dans les divers établissements de la capitale (hôpitaux et hospices, dispensaires, fondations, etc.).

Cela est rationnel, mais ce qui est loin de l'être, c'est que la Pharmacie centrale fournisse encore à des établissements départementaux, nationaux, comme la Légion d'honneur, à nombre de fondations particulières, et même à des Sociétés comme la Compagnie de Paris-Lyon-Méditerranée.

Il résulte, en effet, de cet état de choses, des complications de comptabilité, des surplus de frais généraux pour les bureaucrates, etc.

Aussi, dans sa séance du 26 novembre dernier, le Conseil municipal de Paris a-t-1l nommé une Commission spéciale de dix membres, afin d'examiner dans leurs détails les comptes de l'Assistance.

M. Houdé a fait un rapport remarquable sur le fonctionnement de la Pharmacie centrale des hôpitaux, et signalé les fuites nombreuses qui s'y produisent. M. Ranson a été chargé du rapport sur les Magasins généraux. M. Mourier, directeur de

l'Assistance, a donné un ferme appui au rapport de M. Ranson sur «le Magasin central de l’Assistance publique, et la literie dans les hôpitaux parisiens », rapport qui conclut à une économie de 600.000 francs.

M. E. de Lavarenne, dans la Presse Médicale du 21 décembre dernier, attire l'attention sur ces rapports, et nous prometune série d'articles intéressants sur les vices administratifs signalés par les rapporteurs et les moyens qu'ils ont indiqués pour y porter remède, ce qui réalisera pour la Pharmacie centrale une économie de 250.000 francs en 1902, et, comme nous l'avons vu, une économie de 600.000 francs pour la même année, pour les Magasins généraux.

Au:moment où nous mettons sous presseè,ces articles n'ont pas encore paru et nous ne pouvons, à notre grand regret, les signaler 1ci.

Cuisine. — La cuisine sera située aussi le plus possible au centre de f'établissement.

J. Rochard établit ainsi les bases d'une installation de cuisine à l'hôpital : « La cuisine doit être vaste. Il faut que l’on puisse circuler facilement autour du fourneau central. Eïle doit avoir une cheminée pour la préparation de certains mets, les rôtis, par exemple. Les fenêtres doivent être grandes avec des vasistas et une lanterne, pour faire échapper la fumée et les vapeurs. Indépendamment des fenêtres, il yaura des guichets, pour la distribution des aliments, les infirmières ne devant pas mettre les pieds à la cuisine.

« Les dépendances doivent être grandes, très

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claires, très accessibles. Elles comprendront: 1° une pièce dans laquelle se fera le lavage de la vaisselle et dont le sol dallé ou cimenté sera incliné de façon à rendre l'écoulement des eaux et le nettoyage faciles ; 20 un office avec des armoires pour le matériel et Îles provisions de petit volume; 30 la panneterie. Dans le sous-sol, se trouvera la cave proprement dite, ainsi qu’une pièce destinée à renfermer les provisions qu'il faudra tenir au frais pendant l'été. Le soupirail en sera fermé par une toile métallique. »

Ces conseils sont excellents, mais demandent à être complétés. Indépendamment des combles en lanterneau, il faudra que la ventilation soit assurée en faisant passer des conduits de fumée au centre ‘d’une cheminée ventilatrice. Le sol devra être absolument imperméable et les parois garnies de carreaux de faïence ou de poteries vernissées, qui permettront un lavage à la lance et au balai. Les éviers avec écoulements siphonnés devront avoir au-dessus d'eux des robinets permettant d'établir de gros courants d’eau. La cuisson des aliments se fera à la vapeur pour les ragoûts et la soupe. Cela ne dispensera pas d’avoir un fourneau pour ce qui ne peut être cuit à la vapeur, telles que les côtelettes, omelettes, etc.

A l'hôpital de Berne, la cuisine se fait à la vapeur avec fourneau pour les rôtis et grilloir. À proximité, sont des banquettes pour les aliments. Pour qu’ils ne se refroidissent pas, on a installé des surfaces de chaufle sur lesquelles on les dépose en attendant leur distribution. Le sol de la cuisine est dallé. A côté de la cuisine, sont des salles pour les provisions,

salles qui ont le défaut de s'ouvrir directement dans la cuisine et de présenter une aération et une ventilation insuflisantes. Dans le sous-sol, se trouvent des compartiments pour loger le vin, les fruits, les salaisons et les légumes divers. Un monte-charge descend dans le sous-sol.

Au nouvel hôpital Trousseau, la cuisine occupe un bâtiment spécial, situé en arrière de celui de la pharmacie et de la lingerie, et séparé de lui par une cour de service, au-dessous de laquelle se trouve la salle des machines. Ce bâtiment comprend un vestibule de distribution, la Cuisine proprement dite, où sont des fourneaux à vapeur, le réfectoire du personnel, la laverie, la panneterie, la salle d’épluchage. A l'entrée, estlecabinet de la surveillante. Au rer étage, se trouvent les magasins et ledépôt de légumes secs. Au sous-sol, sont les caves, la boucherie et la laiterie, le tout parfaitement aéré et ventilé.

A l'hôpital militaire de Bourges, enfin, qui est cité comme un modèle, en particulier pour l'installation de sa cuisine , les préparations culinaires se font à la vapeur dans seize marmites à double fond, disposées sur quatre rangs. Les grandes marmites contiennent cent cinquantelitres: les petites six litres. Des robinets d’eau chaude sont disposés entre chaque série de quatre marmites. Ces dernières sont suspendues sur des pivots et on peut lesincliner, sans le moindre eflort, pour les vider ou les nettoyer. Un vaste chauffe-plat, chauffé à la vapeur, permet de conserver à unetempérature convenable les aliments cuits, prêts à être distribués. Un réservoir d’eau

chaude surmonte le générateur de vapeur, ses conduits aboutissent aux robinets des marmites et aux pierres à laver la vaisselle. Ajoutez à cela des hachoirs, des presses mécaniques, des coupe-légumes, des coupe-pain, É es coupe-soupe pour ÉCOnomiser la main-d œuvre

Buanderie et désinfection. — Ces deux services seront réunis dans le mème pavillon.

La buanderie doit être munie de tous les appareils et procédés de désinfection les plus perfectionnés. Elle comportera la réception du linge sale, la salle pour le linge, la salle des lessiveuses, les séchoirs soit à air libre, soit à air chaud. Le linge sale, après avoir quitté les services, sera amené par les sous-sols au moyen de wagonnets hermétiquement clos au dépôt où ce linge sera d'abord reçu et désinfecté.

M. le Dr E. Vallin, a, en effet, attiré l'attention sur les dangers du linge sale et a conclu au passage au préalable à l'étuve des linges souillés par les malades Il a demandé: 1° le transport du linge dans des sacs fermés, en toile serrée, qui seraient ensuite lessivés ; 20 le triage du linge sale, dans un local aïfecté spécialement à cet usage, toujours précédé d'une humectation à l'aide d'aspersion üu de pulvérisation des pièces par l'eau simple ou additionnée d'un désinfectant; 30 l'emploi d'appareils laveurs permettant l'essangeage à l'eau tiède alcaline, avant le triage

L'hôpital de Berne a une buanderie à la vapeur et possède des appareils pour le lavage, le battage du

hnge, une essoreuse, des appareils à fessiver. L'eau chaude, nécessaire à chaque laveuse, résulte du mélange de la vapeur à l’eau froide.

Au nouvel hôpital Trousseau, le service de la désinfection se fait dans un petit pavillon situé à droite de celui de la diphtérie. Là, se trouvent : la salle de désinfection, la buanderie à vapeur, l’étuve, le séchoir, la remise, l'écurie et le logement du charretier.

La buanderie doit, en effet, occuper un bâtiment spécial bien isolé. La machine à vapeur servira à échauffer l'eau nécessaire et à faire fonctionner les étuves. Actuellement, le complément indispensable d'une buanderie est une étuve à désinfection.

Il nous reste donc à étudier le service de la désinfection à l'hôpital et nous comprendrons sous ce titre l'étuve à désinfection et la désinfection des locaux.

Etuve à désinfection. — La chaleur est le seul agent capable detuer lesvibrions etles microbes. tout en n'altérant pas les tissus qui les contiennent. Toutes lesétuves employées sont des étuves àvapeur. Le but que l'on se propose est de faire pénétrer ls vapeur rapidement, à une température d'au moins 110°, dans l'intimité des objets à désinfecter, de manière à ytuer sûrement,même dans la profondeur des tissus, toutes les bactéries pathogènes et leurs germes. On y arrive par :

1° La vapeur surchauflée;

2° La vapeur saturée, circulante, sans pression ;

3o La vapeur saturée circulante sous faible pression ; 4° La vapeur saturée dormante sous pression.

Malheureusement, la vapeur surchauffée devient un gaz sec et n’agit plus comme la vapeur humide sur les agents pathogènes ; c’est ce qui l’a fait abandonner. À la vapeur saturée sans pression plusieurs saprophytes résistent. La vapeur seule sous pression satisfait à tous les desiderata.En employant la vapeur saturée dormante sous pression, on décomprime plusieurs fois pendant chaque désinfection, en laislant brusquement la vapeur s'échapper de l’étuve. En somme, on réalise un courant de vapeur intermittent qui permet d’expulser toute trace d’air. Richard recommande de multiplier les dépressions,quand on emploie la vapeur sous pression. J. Straus, du reste, pose les principes suivants : la vapeur doit être saturée, sous pression, et purgée d’air. Cestrois conditions sont indispensables. L'interruption intermittente de la pression par le dégagement de vapeur, qui entraîne l'air contenu dans l’appareil et dansles pores des objets à Aésinfecter est donc d’une nécessité absolue ; cette recommandation est nettement formulée par MM. Geneste et Herscher pourl'emploi de leurs étuves. Les appareïls sous pression donnent une stérilisation rapide et certaine en 15 à 30 minutes au lieu de deux heures.

« En résumé, pour la pratique des désinfections, la même solution s'impose que pourlastérilisation dans les recherches de labora toire : l'emploi de la vapeur

saturée. Cette vapeur peut être utilisée à l’état de courant à la pression atmosphérique ou de préférence sous pression à la température de + 1100 ou 1200.» Telles sont les conclusions de M. J. Straus.

M..le D' Guermonprez a publié une brochure sur les étuves en chirurgie et y résume toutes les connaissances classiques. Il donne la préférence à la vapeur sous pression ou au bain liquide à + rroo C., au moins, maintenue pendant dix minutes.

M. le docteur Vinay, dans son Manuel d'asepsie, traite surtout de l'emploi de la chaleur comme moyen. de destruction des germes. Il a fait, en 1887, avec M. le Professeur Arloing, des expériences sur la valeur pratique des diverses étuves, sur la destruction de la virulence, sur les altérations des tissus, passés à l’étuve. Il conclut à la supériorité des étuves à la vapeur sous pression.

Les diverses étuves à désinfection ont été bien étudiées en France,dans ces dernières années, spécialement par MM. E. Vallin et Herscher.

M. Herscher reccommande : 10 [a séparation complète entre les objets à désinfecter et ceux déjà épurés ; 20 l'emploi de l’étuve à deux portes: l’une antérieure, l'autre postérieure pour l'entrée et la sortie des objets ; 30 l'emploi des matériaux mauvais conducteurs pour les parois de l’étuve, avec double revêtement en bois intérieur, de manière à assurer une température uniforme dans toutes les parties de la chambre à désinfection; 4° un agencement d’appareil tel que l'air de chauffage pénètre dans l'étuve à la région supérieure et traverse la chambre en

couches isothermes, se déplaçant de haut en bas; 50 un régulateur automatique de température.

Les étuves à vapeur sous pression de MM.Geneste et Herscher obtiendront la préférence ; après un quart d'heure, les thermomètres placés dans les matelas marquent 100 à 1150.

L'étuve Geneste-Herscher est formée d’un cylindre métallique épais, de 1 m. 30 de diamètre, avec enveloppe isclante en bois. À chacune de ses extrémités, le cylindre présente une porte. Par l’une, entre,sur des rails, le chariot qui contient les objets à désinfecter; par l’autre, le même chariot sort après l'opération terminé. A l'intérieur du cylindre se trouvent deux batteries de tuyaux de chauffe, l’une en haut, au-dessus d'un écran, pour prévenir des condensations ; l'autre en bas, qui doit sécher rapidement les objets après la désinfection.

La vapeur, produite par un générateur isolé, pénètre dans le cylindre par un tuyau spécial. Ce dernier, avant son entrée dans l'étuve, présente une branche de gros calibre fermée par un robinet-valve qui permet de faire les décompressions. Enfin, l'étuve s5t munie d’un robinet purgeur d'air et d'un système de tuyautage, purgeur de l’eau de condensation de l’étuveelle-mème,des batteries de chauffe,etc.

On envoie d’abord la vapeur dans les batteries de chauffe pour élever la température de l’intérieur de l’étuve et y prévenir les condensations autant que possible. Les objets à désinfecter sont introduits et les portes hermétiquement fermées. On introduit alors la vapeur dans l'étuve mème, en ayant soin

d'ouvrir le robinet purgeur d'air, jusqu'à ce que la vapeur vienne s y échapper. On le ferme alors et la pression monte. Quand on a atteint 108° environ, on ouvre brusquement le gros robinet extérieur pour lâcher brusquemment la vapeur, faire une décompression qui détermine l'éclatement des vésicules d'air restées dans l'épaisseur des objets à désinfecter. On ramène ensuite la pression de façon à atteindre 110-112°, pendant environ dix minutes. Pendant ce temps, on fait encore une ou deux autres décompressions. Enfin, on laisse la vapeur s'échapper définitivement ; on ouvre les portes et on laisse sécher pendant quelques minutes. Aucun germe n'a résisté. L'opération a duré un quart d'heure.

Le docteur Linon s’est servi de l'étuve Geneste- Herscher à la fois comme désinfectant et comme stérilisateur. Les vêtements, les objets de literie, de linge de toute sorte, n’entrent dans les salles de malades que stérilisés et sont désinfectés à leur sortie. 11 applique’encore la stérilisation aux bougies des filtres Chamberland, au matériel chirurgical, etc.

L'étuve en question, que nous adopterons, sera placée dans une partie du pavillon de la désinfection, dans un local muni de fenêtres et divisé en deux compartiments par une cloison pleine. Ce local mesurera 9 m. de long sur 6 m. 50 de large. Dans la cloison, séparant le local en deux, on laissera une ouverture vitrée de quelques décimètres carrés, à 1m. 40 au-dessus du sol, pour la communication rapide des avertisseurs nécessaires au fonctionnement général de l'appareil. Dans la chambre d'entrée

ou chambre des objets à désinfecter, la porte de l’étuve sortira de la cloison d’au moins dix centimètres. Cette porte sera munie d’une voie extérieure nécessaire à la manœuvre du chariot qui montera du sous-sol où le linge sera apporté par le montecharge. La chambre de sortie ou chambre des objets ‘épurés renfermera la presque totalité du corps cylindrique de l’étuve, tous les appareils de distribution de vapeur, la chaudière et les accessoires, ainsi que la voie supportant le chariot à sa sortie de l’étuve pour le mener à un monte-charge qui le descendra au sous-sol, où le linge ou autre objet sera envoyé aux endroits désignés. Le sol du pavillon sera bien carrelé et bien cimenté.

Pour que l'opération se pratique suivant toutes les règles, 1l faut au désinfecteur une éducation préalable. Quiconque n’est pas capable de désinfecter comme cela se doit faire. M.Thoinot, à Paris, a dressé le programme de l’enseignement particulier qui est à donner au désinfecteur. Il a surtout insisté sur les enveloppes isolantes que doit revêtir celui qui manie l'étuve à désinfection: toile, toile cirée, caoutchouc en vêtements,casquette en toile cirée, blouse et pantalon en toile, blouse bien ajustée au cou et aux poignets.

Désinfection des locaux. — La désinfection des locaux devra se faire en surface et en profondeur. Pour cela. il ne faudra pas d’antiseptiques trop chers, ni trop dangereux, ni trop odoriférants.

Deux moyens peuvent être proposés: les gaz et les liquides.

Parmi les gaz, la vogue actuelle est au formol.

. L'acide sulfureux serait un bon antiseptique mais pour qu'il mérite ce titre, il faut employer 40 grammes par mètre cube pendant douze heures, ce qui rend son emploi très difficile et peu pratique.

Le formol, comme désinfectant des grands locaux, a été étudié par Pfuhl, qui a employé l’autoclave formogène de Trillat. Il conclut que la désinfection de tous les obiets qui ne peuvent être souillés qu’à la surface : murs, plafonds, planchers, etc., peut être: obtenue par ce procédé, à condition que l’on n’emploie qu’un formochlorol ne renfermant que des traces d'alcool méthylique. De toutes les bactéries qu'il s'agisse de détruire, les plus résistantes sont les staphylocoques. Donc, ces microbes serviront de moyen de contrôle en pareil cas. Pfuhl conclut, enfin, que. la désinfection à laldéhyde formique est 1llusoire, pour ce qui est des couvertures, matelas et vètements.

Le Docteur Alain Piton, médecin de la Marine, a déposé les conclusions suivantes sur la valeur du chloroformol pour la désinfection des Îocaux contaminés : « Le chloroformol est un désinfectant de surface qui ne semble pas pénétrer rapidement dans la profondeur des liquides et des objets à désinfecter. Dans la pratique, on ne doit demander à ce produit que la désinfection des objets de petite épaisseur. Il présente cependant des avantages : il ne détériore pas les objets ; la désinfection est pratiquement facile, l'opération est propre, d’un prix peu élevé ; l’odeur disparaît rapidement ».

Pour M. E. Vallin, l'odeur persiste et le prix du chloroformol diffère peu de celui de la solution commerciale d’aldéhyde formique.

En résumé, nous concluerons,avecM. le Professeur Courmont, que la désinfection au formol, par lampes ou autoclaves, est un procédé assez simple, mais que c'est un désinfectant de surface. Pour pénétrer 20 millimètres de poussière, il faut 4 grammes de formol en 24 heures et en tenant la pièce humide ; ce qui est impossible et oblige à reveair nécessairement à la désinfection par le lavage.

Le lavage avec des linges imbibés de certaines solutions sera éminemment pratique dans les nouveaux hôpitaux qui auront leurs murs stuqués et, en tous cas, lavables sans détérioration.

Mais quelle solution choisir ? La meilleure marché est le lait de chaux. On peut employer la solution de Chamberland :

Chlorupesde Chaux 100 gr.

AURAS EE EU 1209 or.

filtrer et diluer au dixième, l’eau de javelle à 1 pour 10, le formol en solution à 5 pour 1000, le grézyl Jeyes etautres à 5 pour 100, l'acide phénique. MM. Laveran et Vaillard préfèrent les lavages des murailles avec l'acide phénique à 5 pour 100 aux mêmes lavages avec le sublimé qui ne tue ni le bacille du choléra, ni celui dé la tuberculose.

Les pulvérisations de sublimé avec le pulvérisateur de Geneste et Herscher sont très employées en France.

Quoiqu'on en puisse dire, parmi les liquides le meilleur reste encore le sublimé salé, comme l'a montré Miquel. Si on ajoute, en effet, du sel à une solution de sublimé, on dissout les albuminates de mercure qui se forment, par exemple, avec les crachats et qui sont insolubles sans chlorure de sodium.

I! y aura avantage à employer des solutions chaudes et à toujours bien humecter auparavant les parois à désinfecter, pour ne pas avoir à faire à des germes secs.

Le lavage sera sérieux, se fera à grande eau et sera accompagné de frottage pour satisfaire à une bonne désinfection.

En résumé, nous concluerons qu'on n'est jamais sûr que des objets passés à l'étuve, mais qu'avec le sublimé, si on ne détruit pas tout, on détruit néamoins un très grand nombre de bacilles.

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