DANSE
noyau, 215 u; longueur du groupe chromatique, 65 u; rapport 31/.3.
Le groupe est composé presqu'exelusivement de nucléoles de tailles très diverses et il est bien difficile d'y reconnaitre des formations chromosomales. C'est à peine si l’on distingue parmi les nucléoles quelques petites granulations de forme
Fig. 37. — X 855. — Cairina.
A, ovules de 4 mm. à 5 mm.5; un chromosome avec nucléole en partie vide ; Z, ovule de 6 min. 7; toute la plage chromatique d’une coupe.
assez irrégulière, groupées sur un reticulum un peu plus compact que le reste du karyoplasma.
— Ovule de 7 mm.5. Le groupement chromatique est rejeté vers une des extrémités de la vésicule. On y trouve encore (fig.38) de très nombreux nucléoles, quelques-uns paraissant soudés entre eux ; à côté d’eux, plusieurs formations très tenues appartiendraient aux chromosomes.
— Vient ensuite une série de cinq ovules de taille rapidement croissante : 12 mm. 5, 17 mm., 20 mim. 75, 29 mm. 5. Dans tous ces ovules, la vésicule, toujours en forme de quartier d'orange, est plaquée presque immédiatement sous la granulosa ; cependant, sur chaque vésicule, on retrouve une ou deux
120 A. CHAPPELLIER
poches vitellines, analogues à celles de la figure 21 (femelle hybride).
Les formations chromatiques, toujours groupées comme dans
e % °,° + “À æ %.. ee ® -e ie “e ds: 5% - A .* e $EE AS és Me e. . $ . à Sr e Le 2.::508:79 e < . 2 e
Fig. 38. — X 855. — Cairina.
Ovule de 7 mm. 5. Totalité de la chromatine (superposition de plusieurs ; coupes).
les figures 37 B et 38, n'en diffèrent pas beaucoup comme aspect
sa ® ©: : STE:
= tie L ne Fi ®: Ve ve à ù Fig. 39, — 855. — Cairina.
Ovule de 32 mm. Une grande parlie de la chromatine : superposition par-
tielle de deux coupes. Poche à vitellus entre Ja membrane de la vésieule germinalive el la membrane vitelline.
général. Seuls, les formations fines de la ligure 38 et Le reticu-
AT
lum central de la figure 37, B ont disparu. Sur toutesles coupes on ne voitque des agglomérations de nueléoles dont plusieurs sont soudés 2 à 2 ou plus, comme sur la figure 38.
— Un dernier ovule de 32 mm. nous offre (fig. 39) une différence très sensible avec les 5 ovules précédents. Le groupement chromatique, transporté très près de la surface de la vésicule, figure seulement sur trois coupes; on y trouve une douzaine de
nucléoles, dont un clair, et quelques granulations de plus petite taille.
Anas s
J'ai cherché à revoir chez les canes domestiques dont je me servais dans mes expériences quelques uns des stades décrits
Fig. 40, — X 859. — Anas.
À, ovule de 70 u, vésicule germinative — B, ovule de 95 » ; vésicule germinative.
par Marie Loyez. Dans leur aspect général les Jeunes ovules ne se différencient pas d’une manière très appréciable de ceux des Hybrides (fig. 15) ou des Cairina (fig. 30). Le peloton chromatique de l’ovule de 70 x (fig. 40, A) présente déjà quelques traces de fragmentation ; on trouve sur lui des nucléoles très peu nombreux, mais atteignant une forte taille, plusieurs de ces
nucléoles sont pâles et accusent la forme en « peau de ballon
dégonflée ».
— Dans un ovule un peu plus gros, 95 y (fig. 40, B), la fragmentation du peloton s’est accentuée, on trouve les « chromo-
122 A. CHAPPELLIER
somes à doubles filaments » décrits par Loyez; ces chromosomes présentent déjà des traces de barbelures. Les nucléoles n'ont pas beaucoup changé d'aspect.
— Les barbelures sont bien développées dans un ovule de 175 u (fig: 4f, A).
Nous avons plusieurs aspects de la disparition des chromo-
Fig. 41. — X 855. — Anas.
A, ovule de 175 u, un chromosome, un nucléole ; B, ovule de 440u; €,
ovule de 665 u; D,ovule de { mm. 16, chromosomes en dissociation ; Æ ovule de 4 min.7, nucléole à vacuoles claires.
; somes sur les figures 41, B, Get D. Les nucléoles restent très peu nombreux, # à 5 par coupe au maximun ; ils atteignent la taille indiquée par Loyez (Tu 5 sur la figure 41, D). Les granulations chromatiques contenues dans le karyoplasma sont toujours nombreuses et de taille très variable d'un ovule à l'autre.
— L'aspect de la figure 41 E se retrouve chez d'autres ovules
allant jusqu'à la taille de 1 mm. 700; là, très nettement, les nucléoles montrent 2 où même 3 vacuoles plus claires.
— Deux ovules mesurant 2 mm.20 et 2 mm. 45 ont été prélevés chez une femelle d’une variété bien distinete du Canard de ferme ordinaire ; le « mignon blane », de taille très réduite et à plumage blanc pur. Les barbelures des chromosomes (fig. 42, À) sont fortement développées, les nueléoles, moins volumineux, sont plus nombreux que chez la variété Rouen. Le karyoplasma renferme une grande quantité de fines granulations identiques de forme et*de taille à celles qui constituent les barbelures et il est bien difficile de dire où ces barbelures
Fig. 42. — X 855. — Anas (variété mignon blanc). A, chromosome dans un ovule de 2 mm. 20 ; B, chromosome du même ovule. fortement décoloré à l’acide chlorhydrique.
se terminent et si les granulations qui paraissent libres sont d’origine distincte ou ont même ‘signification. En poussant très loin la décoloration de plusieurs coupes du même ovule et en les traitant à l’acide chlorhydrique, on voit (fig. 42, B), que quelques parties seulement du chromosome proprement dit ont résisté, tandis qu'aucune granulation ne subsiste sur les barbelures. Dans le karyoplasma, quelques granulations très dispersées ont gardé la coloration.
— Une cane variété Rouen, m'a donné deux ovules de 16 mm. 25 et 21 mm. 25, taille voisine du maximum étudié par Loyez. La vésicule germinative qui, dès l’ovule de 2 mm. 45 était appliquée sous la granulosa, a ici complètement la forme en quar-
124 A. CHAPPELLIER
tier d'orange (fig. 43, A). Le karyoplasma renferme de très nombreuses granulations et, en son centre, on trouve (fig. 43, À et B) un petit groupe de nueléoles qui se distinguent par leur
taille plus grande et par leur mode d'agglomération. On ne voit
Fig. 43. — Anas.
A, X 210. — Vésicule germinative d’un ovule de 16 min. 25; B, X 855. — Groupement chromatique du même ovule.
dans leur région, rien que l’on puisse attribuer à des formations chromosomales, et la figure 43, B montre que des granulations nucléolaires de taille assez voisine sont répandues dans tout le karyoplasma.
Comparaison des trois groupes.
Un examen d'ensemble des résultats fournis par les trois paragraphes précédents parait autoriser la conclusion que, en ce qui concerne la chromatine de la vésicule germinative, les femelles hybrides Anas >< Cairina se rapprocheraient plus des Carina que des Anas.
Chez ces derniers, nous avons retrouvé les chromosomes longuement et finement barbelés déjà décrits par Marie Loyez fig. 41), tandis que les chromosomes de Cairina sont constitués fig. 33, 34, 35) par une agglomération, plus ou moins com-
né #4
dd \.h) lé
pacte, de granulations chromatiques sphériques et de taille très appréciable. IL n’y à pas chez cette espèce de barbules proprement dites.
C'est un aspect très voisin que l’on voit dans les ovules des hybrides, (fig. 17, 20, 23) avec cependant, une légère tendance à la soudure des granulations er rameaux secondaires.
Dans les premiers stades de l'ovule hybride, nous n’avons pas ces nucléoles clairs, complètement « vidés » ou €en peau de ballon crevé » qui sont visibles chez Anas (fig. 40) çt surtout fréquents chez Cairina (fig. 31 et 32).
En avancant dans la série des ovules de taille croissante, on suit, aussi bien pour les hybrides que chez les espèces parentes, la désorganisation des chromosomes ; l'allure de ce processus rapprocherait encore les Hybrides des Cairina.
Il en est de même quand nous arrivons aux ovules de grande taille. Là, chez Hybrides et chez espèces parentes, on assiste à une concentration des nucléoles (Anas : fig. 43; Cairina : fig. 37 à 39: Hybrides ; fig. 25 à 29°; mais finalement le groupement est plus nombreux et plus homogène chez les Hybrides et Les Cairina.
C'est chez les Hybrides ; que j'ai eu les plus gros ovules 28 mm., 28 mm. 5 et 30 mm. On y voit (fig. 29), à côté des nucléoles, des formations d'aspect tout spécial. Se trouve-t-on en présence d'une anomalie, d’un processus particulier aux œufs hybrides? Serait-ce le premier début de Ia formation des globules polaires ? Autant de points d'interrogation auxquels nous ne pouvons répondre, tant par manque de documentation antérieure que par lacune dans mes propres matériaux.
Les seules recherches faites jusqu'ici sur la maturation de l’œuf de l'oiseau sont celles de Harper chez le Pigeon. D'après ses résultats, l'émission des globules polaires a lieu dans le haut de la trompe, c’est-à-dire chez l'ovule détaché de la grappe ovarienne : or, les plus gros ovules que j'ai examinés étaient encore enfermés dans leur ovisac. Nous étudierons plus loin des œufs prélevés dans l'utérus, peu d'heures avant la ponte.
Il reste, par conséquent, à rechercher, chez les hybrides, et aussi, pour comparaison, chez les espèces parentes, les phénomènes qui accompagnent, précèdent et suivent la maturation.
Peut-être trouverions-nous là réponse à la question que nous
196 A. CHAPPELLIER
nous étions posée : « existe-t-il dans l’ovule des hybrides une organisation spéciale qui permit d'expliquer pourquoi les œufs de ces hybrides ne sont pas fécondables » ?
Aucune indication dans ce sens ne ressort de mes recherches. Si elles donnent quelques précisions nouvelles, elles montrent surtout combien il reste à faire pour éclairer complètement les phénomènes de croissance et de maturation de l’ovule des oiseaux. Ayant plus spécialement en vue un examen topographique de la vésicule germinative, j'ai employé la coloration à la laque ferrique qui donne aux plus forts grossissements des images d’une netteté et d’une précision remarquables. Par contre, avec elle, tout vient en noir : granulations vitellines, granulations chromatiques, nucléoles, chromosomes. Dans la vésicule germinative il devient, surtout dès que s'annonce la désorganisation des chromosomes, matériellement impossible de reconnaitre ce qui appartient en propre à ces chromosomes, ce qui est nucléole; ce qui est « granulations nucléolaires » ou granulations chromosomales, ou granulations chromatiques : ces termes ne sont pas plus précis que les objets auxquels on les applique. Des fixations spéciales et des colorants variés ont permis à Marie Loyez de donner des indications intéressantes, mais il reste beaucoup à faire pour atteindre ici la précision désirable.
3°) Cicatricule de l'œuf.
2) L'œuf pris dans l'utérus.
Hybrides.
Le seul œuf de cane hybride, pris dans l'utérus, que j'aie eu à ma disposition est celui de la femelle n° 526.
L'œuf a 6t6 prélevé à 9 heures; sa coquille est déjà rigide, quoique mince ; l'albumine est encore épaisse et forme une sorte d'enveloppe qu'il faut déchirer pour en extraire le vitellus. La cicatricule (pl. I, fig. 7) de forme irrégulière, est entourée directement par une zone jaune-foncé, et, extérieurement, par une bande de tete beaucoup plus claire ; elle n’a pas un con-
HYBRIDATION ET INTERSEXUALITÉ CHEZ LES OÏSEAUX 197
tour bien tranché, mais semble de structure très homogène. L'aspect laiteux et flou, qu’elle a quand on la regarde à l'œil nu, s'augmente encore si l'on cherche à l’examiner à la loupe : il ma alors été impossible de voir le détail de la partie centrale, et la photographie a dù être faite en mettant au point sur les repères : le cliché rend bien l'impression que l'on avait à l'œil nu.
Sur les coupes, on trouve, directement sous la membrane vitelline, la zone segmentée qui contient des granulations vitellines peu nombreuses et très fines, puis au-dessous d'elle
Fig. 44. — X 52.5. — Hybride Anas X Carina.
Segmentation parthénogénétique de l'œuf prélevé dans l'utérus : #0, membrane vitelline ; px, emplacement de noyau (?) disparu ; V, vacuole avec débris de blastomère.
la latebra avec, dans sa partie toute profonde, une plage de coagulum dépourvue de granulations vitellines, plage qui paraît normale et qui avait déjà été signalée chez le Pigeon par Harper.
La première cloison apparait excentriquement sur la cicatricule, puis (fig. 44) 5 blastomères principaux se précisent avec des cloisons plus ou moins complètes ; ils délimitent une sorte de cavité de segmentation.
Aucun noyau n’a pu être mis en évidence, la formation chromatique douteuse que j'avais signalée dans une note préliminaire (1912, Soc. Biol.) ne s’est pas confirmée sous recoloration à l’'hématoxyline ferrique. À deux reprises seulement, j'ai trouvé (pn) dans des blastomères, une petite plage irrégulière, sans granulations vitellines, plage qui pourrait être l'emplacement d’un noyau disparu. Une autre trace de désorganisation serait la vacuole (»\ qui renferme, en son centre, probablement les débris d'un blastomère.
128 A. CHAPPELLIER
Cairina.
Trois femelles-m’ont donné des œufs utérins.
— Cane n° 519; qui reste toujours isolée des mâles, au Laboratoire ; elle est sacrifiée le 26 mai 1912 à 13 h. 30. La coquille de l’œuf est absolument molle et sans consistance. La cicatricule (pl. I, fig. 18) est circulaire, régulière et compacte. Elle parait floue à l'examen direct ou sous la loupe, aspect qu'a rendu la photographie; plusieurs cercles concentriques l'entourent, alternativement clairs et foncés.
L'étude des coupes n'a montré ni blastomère, nicloisonnement, ni rien qui puisse être rapporté à des noyaux.
— Canes n° 517 et n° 590 ; nées en 1912, ces femelles sont, depuis le 12 novembre de la même année, restées sans mâle. Je n'ai pas retrouvé dans mes notes de renseignements, sur l'aspect extérieur des cicatricules.
— Femelle n° 517 ; sacrifiée le 21 mai 1913, à 14 heures. La coquille de cet œuf est assez maniable pour que je puisse en mesurer des fragments au palmer, je trouve qu'ils ont 0 mm. 17 d'épaisseur.
Dans la partie profonde de la cicatricule, la plage de Harper sans granulations vitellines est visible à l'œil nu et mesure près de 1/2 millimètre de diamètre. En surface, on trouve deux zones de segmentation, la première située au centre de la cicatricule, la seconde placée plus près de son bord. Chacune des zones comprend, essentiellement, un gros blastomère de forme irrégulière et situé si superficiellement (fig. 45, A) que la « cavité de segmentation » communique librement avec l’extérieur. À sa partie distale, la « cavité de segmentation » de la zone centrale montre quelques blastomères où plutôt fragments de blastomères de taille très inégale et qui donnent l'impression d'une désorganisation avancée.
En aucun point, ni dans les blastomères, ni autour d'eux, je n'ai pu mettre en évidence de formations nucléaires.
— Femelle n° 590 ; sacrifiée le 6 mai 1913 à 13 h. 30. La coquille de son œuf est encore parcheminée et molle.
On trouve (fig. 45, B) dans la partie centrale de la cicatrieule, un groupe de blastomères de grande taille ; ils sont peu nom-
breux, 3 ou 4 peut-être. Leurs limites sont indiquées par une trainée claire exempte de granulations vitellines ; une cloison véritable et continue n’est pas évidente sur les préparations. Sur le pourtour de la région segmentée, des cloisons s’enfon-
Figure 45. — X 52.5. - Cairina.
Segmentation de l'œuf parthénogénétique prélevé dans l'utérus :° À, femelle n° 517, blastomère superficiel et « eavité de segmentation » (?) communiquant avec l'extérieur : Z, femelle n° 520, pn, blastomère avec plage nucléaire.
cent dans le vitellus, et restent isolées, sans délimiter de véritables blastomères. Sous le blastomère central, on trouve 2 ou 3 sortes de bourgeons non isolés.
Aucune trace de chromatine n’est visible, seule une plage de constitution et de coloration particulière indiquerait un noyau
disparu.
ANGS.N
Trois femelles m'ont fourni des œufs utérins; je n'ai pas retrouvé dans mes notes de renseignements sur l'aspect extérieur de leurs cicatricules.
— Cane n° 513 ; probablement née en 1912. Elle s’accouple
fs
an
Anas.
Fig. 46. — X 52.5.
Segmentation de l'œuf fécondé, prélevé dans l'utérus; #, noyaux.
le 17 mai 1913 avec un mâle de même variété et est isolée aussi-
tôt après; elle est sacrifiée le 20 mai à 13 h. 30, La coquille
130 A. CHAPPELLIER
de l'œuf à déjà une teinte assez prononcée pour que je puisse l'apprécier au « Code des couleurs ».
La cicatricule, prélevée le quatrième jour après le dernier accouplement peut être fécondée, C'est ce que confirme son aspect extérieur : centre segmenté d'où se détachent des cloisons rayonnantes, encore libres à leurs extrémités distales.
Sur les coupes (fig.46) on trouve, dans la région médiane, deux et même trois couches de blastomères bien individualisés ; ilstrenferment des noyaux bien visibles au milieu d'une plage
Fig. 47. — X S55. — Anas.
A, noyau d'un blastomère de la cicatricule fécondée de la figure 46; 2, noyau d'une cicatricule parthénogénétique, prélevée dans l'utérus (x, fig. 48).
dépourvue de granulations vitellines. Ces noyaux (fig. 47, A) sont tous au repos, vésiculeux et ne montrent que trois ou quatre granulations colorées par la laque ferrique.
— Cane n° 5114; femelle née en 1911, descend d'une variété noire du canard domestique. Elle à été sacrifiée le 29 avril 1913 à 14 h: 10.
Vers le milieu de la cicatricule, on trouve (fig. 48) une agglomération de blastomères, les uns (4) de forme et d'apparence normales, les autres (4°) situés sous la membrane vitelline, alongés, et paraissant en voie de désorganisation. ÿ
Quelques plages plus claires, au milieu des granulations vitellines, correspondraient, peut-être, à des noyaux déjà disparus; un seul noyau (n) est indiscutable, Son identité de forme (fig. 47, B) avec la figure 34 de Lecaillon est remarqua-
ble. C’est un noyau bourgeonnant avec prolongement digitiforme et bourgeon détaché ; seul, le réseau nucléaire est ici moins accentué que ne l'indique Lectillon. Le noyau qu'il a dessiné est pris dans la partie non segmentée du germe d’un œuf pondu par une poule qui ne s’est jamais accouplée, tandis
Fig. #8. — X 52 5. — Anas.
Segmentation d'une cicalricule parthénogénélique, prelevée dans l'utérus : b, blastomère à aspect normal: 4, blastomères allongés: n, noyau (voir: fig. 47, B.).
que le noyau trouvé chez la cane 514 parait appartenir à un blastomère en partie délimité.
— Cane nr 510 ; née en 1912, elle est sacrifiée Le 14 mai 1913.
La coquille de l'œuf est parcheminée et malléable, son épaisseur approche de 2/10 de millimètre et, examinée au code des couleurs, elle donne déjà une légère teinte vert-bleu.
La segmentation intéresse presque toute la, cicatricule. En grande majorité, les blastomères (fig. 49) restent incomplètement délimités, leur partie profonde est en relations avec ou touche à des bourgeonnements qui forment parfois (fig. 50, A) de véritables agglomérations qu'il est permis d'attribuer à des blastomères en voie de désorganisation avancée.
Un seul noyau (fig. 50, B) sphérique avec deux grains chromatiques se trouvait dans le blastomère (4) de la figure 49.
Comparaison des trois groupes.
La cicatricule d'un œuf utérin fécondé de Canard domestique nous à montré (fig. 46) une segmentation à gros blastomères déjà nombreux et contenant tous un noyau (fig. 47, À) entouré d’une large plage dépourvue de granulations vitellines.
Deux autres femelles de même variété, l'une probablement vierge (fig. 48 et 47, B) et l'autre isolée depuis quelque temps du mâle (fig. 49 et 50), donnent une segmentation très irrégulière ;
132 À, CHAPPELLIER LZ
les blastomères complètement délimités sont l'exception, et l'on voit déjà nombreuses traces de leur désorganisation. Dans chaeun de ces deux œufs je n'ai trouvé qu'un seul noyau ; il est d'apparence plus normale (fig. 50, B) dans l'œuf de la figure 49.
Fig. 49. — X 525, — Anas.
Segmentation d’une cicatricule parthénogénétique, prélevée dans l'utérus: b, blastomère nucléé. :
l'est à remarquer que ces deux noyaux sont pressés par les granulations vitellines et n'ont pas autour d'eux, comme les noyaux de l'œuf fécondé, une plage libre de toutes granulations (comparer fig. 47, À et 50, B).
Deux œufs de femelles Cairina séparées des mâles, peuvent
Ste
Fig. 50. - Anas.
Délails de la cicatricule de la figure 49 : 4, X 52.3. Agglomération de petits blastomères: 2, X 855. Noyau du blastomère D (fig. 49),
se ranger à côté des figures 48 et 49 pour l'aspect général de la segmentation ; Je n'y ai pas trouvé de noyau proprement dit. Dans l'un d'eux seulement un point d'aspect particulier, paraissant appartenir à un noyau disparu. Un troisième œuf,
de même espèce, pris dans les mêmes conditions, ne m'a donné aucune trace de segmentation : ni novau, ni blastomère.
L'œuf utérin hybride (fig. 44), ne se différencie pas spécialement de Cairina ou d'Anas, par son aspect général. La segmentation est assez voisine de l'œuf de cane domestique vierge (fig. 48). Au point de vue chromatique, il se rapprocherait plutôt de Cairina : on n'y trouve pas de noyau net comme dans Anas, mais seulement de petites plages achromatiques paraissant signifier noyau disparu, telles que j'en ai vu chez Cairina. ;
8) L'œuf pondu.
+ L'œuf parthénogénétique.
© Ze macroscopique de la cicatricule.
C] L'œuf frais pondu.
Hybrides
La femelle hybride 527 m'a fourni de nombreux œufs parthénogénétiques. Dans la grande majorité des cas, la cicatrieule (pl. I, fig. { et 4) présente un aspect en « comète » : à l'œil nu, c'est un ovale assez allongé dont une des extrémités, correspondant à la tête de la comète, ressort en blanc bien accentué, tandis qu'en allant vers l’autre extrémité, les bords s’estompent et la cicatricule s'achève en une trainée mal délimitée qui semble se perdre dans la zone environnante — queue de la « comète ». |
Examinant à la loupe une telle cicatricule, on voit que la « tête » est constituée par un groupe de très larges vacuoles, suivi d'une partie plus homogène : celle qui tranche en blanc sous l'œil nu. Une plage à vacuoles petites, fait suite : c’est elle qui, en s'étendant et en s’atténuant peu à peu, constitue la « queue » de la comète.
Quelquefois, plus rarement (pl. Il, fig. 2 ou 3), la cicatricule est assez régulière bien qu'elle conserve encore une légère asymétrie qui la rapproche un peu de la comète.
134 A. CHAPPELLIER
Carina.
Les œufs proviennent de la femelle n° 512, séparée des mâles dans la volière du Laboratoire.
Les cicatricules de la plupart de ses œufs ont une forme sensiblement régulière (pl. L. fig. 19) avec une partie centrale blanche et compacte, entourée de vacuoles, généralement assez peu développées pour ne pas être distinguées à l'œil nu. Sans loupe, la cicatricule parait être petite et avoir des bords mal indiqués.
Parfois, la cicatricule a une forme tout à fait irrégulière (pl. I, fig. 17), ceci est rare.
Dans tous les cas, la cicatricule est entourée d'une zone circulaire, de teinte jaune clair assez uniforme et qui, sous ‘la loupe, se décompose en deux ou trois anneaux d'aspect légèrement différent.
Anas.
A'propos des expériences sur la durée du pouvoir fécondateur des spermatozoïdes, j'ai donné des figures d'œufs parthénogénétiques de femelle Anas (pl. 1, fig. 8, 9, 13 ). On voit que la cicatricule a une forme circulaire à peu près parfaite. La vacuolisation est presque générale sur toute la surface, réservant un ilot un peu plus compact, détendue très variable mais toujours placé excentriquement.
La zone circulaire qui environne immédiatement la cicatricule est parfois garnie de stries rayonnantes (pl. I, fig. 8) et toujours de cercles concentriques qui se décomposent souvent en une série d'ilots assez régulièrement disposés.
Comparaison des trois groupes.
Une caractéristique est commune aux œufs parthénogénétiques frais pondus des Hybrides et des espèces parentes, c'est celle que Lecaillon avait déjà trouvée chez la Poule : une vacuolisation plus ou moins complète de la surface de la cicatricule,
Cette vacuolisation est plus généralisée, plus uniformément répartie chez Anas que chez Cairina où une partie compacte centrale plus étendue donne, à la cicatricule, un aspect blanchatre assez caractéristique.
L'œuf parthénogénétique des Hybrides, par sa vacuolisation, se rapprocherait de Anas, il se différencie des deux parents par la forme «en comète » de sa cicatricule, forme que l’on retrouve toujours, même dans les eicatricules-hybrides qui, à première vue, paraissent presque parfaitement symétriques.
Cl Cicatricule en dégénérescence
Les œufs en expérience sont ouverts et leur cicatricule est placée sous glace mobile. La progression de la dégénérescence a été suivie et décrite d'après les photos stéréoscopiques prises à différents moments du processus.
Hybrides
— L'œuf du 1 mai 1911, de la femelle n° 527, a été ouvertet photographié une première fois environ 3 heures après la ponte. La cicatricule (pl. Il, fig. 2) est à peine en comète, la partie compacte présente une grande vacuole sombre en forme de virgule. Au huitième jour, dernier de l'observation (pl. I, fig. 6), la partie centrale est beaucoup réduite, les vacuoles ont augmenté en nombre : elles apparaissent en noir franc, ce que le stéréoscope montre provenir de leur accentuation en profondeur.
Si l’on suit la transformation sur la série des ‘photos, on assiste à un remaniement presque complet de la cicatricule. La vacuole centrale sombre du début, s'efface, diminue de taille, etse morcelle, au point de disparaitre complètement. Une marche analogue est suivie par presque toutes les vacuoles qui dominaient par leur taille au jour de la ponte. Pendantce temps, d'autres vacuoles gardent à peu près leur diamètre initial, tandis que des vacuoles profondes, à peine visibles au début, près du centre de là cicatricule, deviennent plus apparentes et grandissent.
L'œuf du 2mai se comporte semblablement et les différences