‹ Contribution à l'étude de l'hybridation et de l'intersexualité chez les oiseauxChapitre 23 sur 31 · A. CHAPPELLIER · texte numérisé non relu

A. CHAPPELLIER

constatées sont dues uniquement à la différence d'aspect de la cicatricule fraiche, qui est ici en comète bien accentuée.

Cairina

L'œuf de la femelle n° 512, en date du 1° mai 1911,est mis sous glace et photographié presqu'immédiatement après ponte, au moment où la eane quitte le nid. La cicatricule est du type déjà décrit (pl. L, fig. 19); forme assez régulière, large surface compacte centrale, entourée de fines vacuoles. La dégénérescence marche vite, les vacuoles augmentent rapidement de taille et fusionnent pour donner de larges plages. Pendant ce temps la partie centrale diminue de taille, la toile d’araignée se dessine avec son point central (pl. 1, fig. 20). Quand l'expérience s'arrête, au %% jour, le processus a fait de nouveaux progrès, l'aspect général restant le même.

Anas

L'œuf de la femelle n° 535 du 18 mai 1911 est mis sous glace mobile ; au 5° jour (pl. 1, figure 10) il se différencie peu d'un œuf de 0 jour de la même femelle (pl. I, fig. 8) et même le centre de sa cicatricule parait moins vacuolisé.

L'œuf du 2 mai 1911, est ouvert et mis sous glace mobile à 7 heures. Sa cicatricule (pl. E fig. 11) a le type Anas parthénogénétique bien caractérisé : elle est circulaire et large avec vacuolisation très complète s'étendant jusqu'à la partie centrale.

Maintenu à la température du laboratoire, l'œuf ne présente pas de changement notable à 11 heures. À 16 h. 50, les vacuoles sont plus nombreuses dans la région périphérique, principalement sur une moitié de la cicatricule. Le processus s’accentue de jour en jour : les vacuoles augmentent de nombre et de lille et fusionnent partiellement entre elles. Au 8 mai (pl. E, lig. 12), septième jour, la cicatricule présente, en son centre, une partie profonde, compacte, paraissant entourée d'un réseau à larges mailles.

Cet aspect se retrouve sur des œufs ouverts à des âges différents, 1 paraît bien être le stade ultime de la dégénérescence de la cicatricule, dans le genre Anas.

Comparaison des trois groupes entre eux el avec

la Poule

La Poule est l'oiseau domestique par excellence, et nous sert de base pour comparer les faits obtenus chez les autres oiseaux: c'est pourquoi je me suis procuré des œufs parthénogénétiques de Poule, qui m'ont permis de revoir, pour moi, l'essentiel des résultats obtenus par Lecaizzox et d'éprouver ma technique sur un matériel bien connu.

Des œufs qu'on me garantissait provenir de Poules vierges et des œufs récoltés de Poules qui avaient été sans coqs pendant deux ans et se trouvaient isolées depuisun mois dans les volières du Laboratoire, m'ont donné des aspects très comparables entre eux et bien analogues aux figures et descriptions de LEcaILLoN. La figure 22 de la planche [| reproduit la cicatricule d’un œuf de Poule vierge fraichement pondu. On y retrouve la région compacte, non vacuolisée, centrale et entourée de petites vacuoles — elles sont ici moins nombreuses en deux points de la périphérie.

Mise sous glace mobile, à la température du Laboratoire, la cicatricule de l'œuf de Poule subit la dégénérescence suivant le mode décrit par LEcaILLoN et, au 8° jour, nous trouvons (pl. |, fig. 23), un aspect analogue à celui de la figure 8 de LecaiLLow, qui correspond à un œuf de même âge.

Parmi les canards, quelques cicatricules de Carina (pl I, fig. 19), se rapprocheraient de la Poule : on y retrouve le

même centre compact développé, entouré de petites vacuoles ;

mais nous avons vu que Carina (pl. 1, fig. 17) présente parfois des cicatricules irrégulières. L'œuf d'Anas de 0 jour (pl I, fig. 8), est sensiblement plus vacuolisé que œuf de Poule.

Quant à la dégénérescence, elle égalise assez les aspects (Canards : fig. 12 et 20, pl. [, et 6, pl. IT; Poule : fig. 23, pl. I, pour qu'une différence notable soit, à ce point de vue, impossible à spécifier entre Poule et Canard.

Revenant à l’œuf hybride, nous trouvons la forme toute spéciale « en comète » qui sépare complètement sa cicatricule de celle des espèces parentes. Cette comète est, sur l'œuf frais, vacuolisée jusque dans sa partie centrale et se rapprocherait

138 A. CHAPPELLIER

par là de Anas. La dégénérescence de la comète nous ramène à quelque chose de très voisin du type commun aux espèces Canard parentes et à la Poule.

— Signalons que, chez le Canard, la température élevée (couveuse), accélère la dégénérescence de la cicatricule, ce que LECAILLON avait déja montré pour la Poule.

Inversement, le processus de vacuolisation se ralentit à une température basse. Un œuf recueilli à 9h.30 est, aussitôt préparé, mis en glacière (+ 9). 11 y reste trois jours et, pendant ce temps, j'observe à peine une légère augmentation de taille des vacuoles primitives, sans qu'elles paraissent devenir plus nombreuses. L'œuf est alors porté à 10 heures à l’étuve d'incubation (+ 39), et, dès le même jour, à 17 heures, son aspect s’est profondément modifié : la cicatricule est semblable à celle d’un œuf conservé pendant plusieurs jours à la température du Laboratoire,

@ Etude microscopique de la cicatricule.

[] L'œuf frais pondu.

Hybrides.

Cinq œufs fournis par les femelles n% 526 et 527 m'ont donné une organisation presqu'identique. L'aspect extérieur moyen est fourni par la figure { de la planche I.

Sur les coupes, on trouve (fig. 51) un grand nombre de vacuoles, les unes profondes, les autres tout en surface. Plusieurs

- de ces vacuoles renferment des matériaux qui paraissent bien provenir de blastomères, tel (a). Ce qui est caractéristique de ces œufs hybrides frais pondus, c'est la plage centrale 4 que l'on rencontre chez toutes les cicatricules examinées. Il y à, en ce point, une agglomération dans laquelle on reconnait, avec

certitude, la présence de véritables blastomères, dans un état de désorganisation très avancée.

— Dans l'œuf du 19 mars 1912 de la femelle n° 526, la plage à blastomères occupe environ 1/5 de la surface de la cicatricule. Je n’y ai pas trouvé trace de noyaux, ni dans les blastomères ni en dehors d’eux,

RC CETET 60"3 50

Fig. 51. — X 52.5. — Hybrides Anas X Carina.

Coupe de la cicatricule d’un œuf parthénogénétique de 0 jour : &, débris

de blastomère (?) dans une vâcuole ; b, poche à blastomères.

Fig. 52 — X 855. — Hybrides Anas X Cairina.

Noyau dans la cicatricule parthénogénétique d’un œuf de 0 jour V, vacuoles.

440 A. CHAPPELLIER

— Dans l'œuf du 16 avril 1911 de la femelle n° 527, et dans l'œuf du 23 avril 1912 de 526, des blastomères montrent une « plage à noyau » bien nette, sans chromatine décelable.

— Plusieurs noyaux, enfin, sont visibles dans l'œuf du 21 mars

Figure 53 — X 855. — Hybrides Anas X Cairina.

Groupe de filaments chromaliques dans la cicaltricule parthénogénétique d'un œuf de 0 jour: F, vacuoles.

1912 de la femelle n° 526. L'un (fig. 52) est noyé dans le vitellus, entre trois vacuoles ; c'est une masse aréolée, spumeuse, qui parait avoir éclaté, laissant pénétrer à son intérieur des granulations vitellines. En un autre point de la même coupe, J'ai trouvé (fig. 53), tout près de la surface, une large plage sans granulations vitellines et parsemée, dans sa partie distale, de très fins filaments chromatiques.

Cairina.

C'est la femelle: n° 512 qui a donné les œufs étudiés dans ce paragraphe. J'en ai examiné quatre, parmi lesquels l'œuf du

Fig. 54. — X 52.5. — Cairina.

“ Coupe dans la cicatricule parthénogénétique d’un œuf de 0 jour.

23 avril 1912 (pl. I, fig. 19) et l'œuf du 26 mai 1912 (pl. Ï, fig. 17). ‘

On retrouve, dans les coupes (fig. 54) les petites vacuoles superficielles, visibles sur le vivant. La partie centrale com-

Fig. 55 x 855. — Carina.

Noyau dans la cicatricule parthénogénétique d'un œuf de 0 jour.

pacte du cliché photographique correspond à une poche-de

blastomères. Le Les blastomères sont nombreux, on peut en compter Jusqu à

cinq couches dans la région médiane. Près de la surface, ils sont plus étroitement serrés les uns contre les autres. Des phénomènes de dégénérescence apparaissent surtout dans la profondeur ; on voit là des blastomères encore intacts isolés dans une masse commune. ÿ

L’œuf du 26 mai ne m'a pas montré de chromatine ; j'ai trouvé plusieurs places à noyaux dans des blastomères de celui du 23 avril.

— Un œuf du 18 avril m'a fourni un aspect général analogue. La désorganisation des blastomères y est toutefois beaucoup plus avancée, bien que la fixation ait eu lieu un peu plus tôt que pour les deux œufs précédents : 9 h. 15 ici, contre 9 h. 50 et 10 heures. Dans cet œuf du 18 pas trace de chromatine.

— Seul, Pœuf du 30 avril m'a montré des noyaux. J'en ai vu dans deux blastomères, mais le plus net (fig.55) se trouvait en bordure de la cicatricule, dans la partie non segmentée, à côté du premier blastomère apparu sur les coupes. Sa chromatine est très compacte et forme un bloc de constitution si homogène que le plus fort grossissement laisse à peine deviner un réticulum à mailles d'une finesse extrême.

Anas

Parmi les œufs de la femelle n° 535 examinés ici se trouve celui du 16mars 1911 (pl. |, fig. 9). J'ai eu, en outre, trois œufs, deux de la femelle n° 515, cane domestique vierge née en 1911, et un autre donné par la cane mignon blane n° 518.

Sur toutes les cicatricules, on trouve un groupe de blastomères, moins important que celui de la figure 54 mais d'aspect très analogue. Les vacuoles qui entourent la partie segmentée varient en nombre et en grandeur d'un œuf à l'autre. Cependant trois œufs de 535 ont, sous ce rapport, un aspect bien homogène; chez tous, les vacuoles sont très petites et très nombreuses et il semble qu'il y ait ici une influence individuelle assez nette.

la région segmentée ne renferme pas de noyau typique.

, , pe si A , 3 1 ; Dans l'œuf de la cane 515, j'ai rencontré (fig. 56, A) autour et entre quelques blastomères des granulations, des tractus quel-

quelois, qui, sous coloration à l'hématoxyline, prennent une

Fig. 56. — X 855. — Anas.

Chromatine dans la cicatricule parthénogénétique d’un œuf de 0 jour : A, granulations chromatiques entourant un blastomère ; À, noyau compact. (Région très vacuolisée).

Fig. 57. — X 855. — Anas.

A et B, deux groupes chromatiques dans la cicatricule parthénogénétique 4 , deu L + d'un œuf de 0 jour : V, vacuoles.

144 A. CHAPPELLIER

teinte bien différente de celle des formations vitellines, sans que cette couleur atteigne au bleu france de la chromatine typique : ce serait la dernière trace des noyaux en voie de désorganisation. Excessivement rares sont les noyaux (fig. 56, B) qui se présentent sous une masse unique et de texture encore homogène. Presque toujours, on rencontre (fig. 57, A et B) une sorte de poussière chromatique qui occupe un emplacement relativement considérable : j'en ai vu une qui s'étendait sur 25 coupes consécutives.

Comparaison des trois groupes

Une segmentation parthénogénétique existe chez les deux espèces parentes (Anas boschas, var. domestica et Cairina moschata). On la retrouve dans l’œuf des Hybrides, et l'on peut, vraisemblablement, ajouter tous les Anatidés aux oiseaux chez qui l’œuf non fécondé subit un début de développement parthénogénétique. |

Le groupe des blastomères, étudié sur l'œuf frais pondu, varie en étendue d’une espèce à l’autre, paraissant décroitre si l’on passe de Carina à Anas puis de celui-ci aux Hybrides. Tandis que la région segmentée atteint près de la moitié du diamètre de la cicatricule chez Cairina (fig. 5%) elle couvre au plus 1/5 chez les Hybrides (fig, 51). Le nombre des blastomères varie en proportion, leur désorganisation parait sensiblement plus avancée dans l'œuf hybride.

Aucun blastomère, pas plus chez les espèces parentes que chezles Hybrides, ne m'a fourniun noyau caractérisé. On trouve très rarement, et je ne les ai bien vus que chez Anas, dans la région segmentée, des résidus nucléaires entourant quelques blastomères (fig. 56, A). Toutes les autres formations chromatiques rencontrées (fig. 52, 53, 55, 56, B, 57, A et B) sont situées en dehors et en bordure de la région segmentée. Un noyau compact est une exception (fig. 55 et 56, B) et les plages de poussière chromatiques sont les plus fréquentes (fig. 53, 57, À et B).

I ne semble pas y avoir de différence marquée dans les aspects chromaliques, entre les espèces parentes et les hybrides.

C1 Cicatricule en dégénérescence Hybrides

— L'œuf âgé de 1 jour (OEuf du 15 avril 1911, fixé Le 16 à 13 heures 30) montre déjà des changements notables dans la constitution de la cicatricule ; les vacuoles y sont nombreuses et occupent toute la surface, on en trouve également en profondeur. Superficiellement, les vacuoles sont, en certains points, très denses et séparées seulement les unes des autres par des cloisons extrêmement minces ; il y a même commencement de

Fig. 58. — X 855. — Hybrides Anas X Cairina.

Coupe dans la cicatricule parthénogénétique en dégénérescence au 6e jour : n, granulations chromatiques dispersées en surface de la cicatricule; V, vacuole.

fusion entre des vacuoles voisines. On voit encore quelques bastomères caractérisés, ils sont noyés dans une masse en désorganisation avancée. Les places à noyaux sont en nombre élevé ; aucune d'elles n'a montré trace de chromatine.

— Au Eroisième jour (œuf du 7 mai 1911, fixé le 9 à 14 heures 30) les progrès sont sensibles et bien visibles sur la cicatricule vivante (pl. Il, fig. #et 5) On voit sur coupes que les vacuoles augmentent en nombre et en dimension, les fusionnements entre vacuoles voisines se font plus fréquents. La zone segmentée est difficile à identifier, elle est peut-être représentée par de grands tractus entourés d'une masse réticulée; on ne

146 A. CHAPPELLIER

trouve pas de blastomères bien individualisés. Plusieurs places à noyau montrent des restes chromatiques fins et rares qui proviendraient d’un stade de désorganisation avancé.

— La cicatricule au sixième jour (œuf du 11 avril 1911, fixé le 16, à 11 heures), n'a pas de grandes vacuoles en surface dans sa partie médiane, là où se trouve la zone de segmentation qui est complètement bouleversée par la dégénérescence des blastomères. Dans cette cicatricule on voit plusieurs places à noyau et aussi des résidus chromatiques, toujours situés,en surface, sous la membrane vitelline et en dehors de la zone à blastomères. Ces résidus chromatiques affectent des formes très irrégulières etils sont dispersés (fig. 58) sur une grande surface au milieu des vacuoles.

— Au bout de huit jours (œuf du 1**mai1911, fixé le 8 à 15 heu-

Fig. 59. — X 52.5. — Hybrides Anas X Cairina.

Coupe de la cicatricule parthénogénétique en dégénérescence au $e jour.

res), la cicatricule a subi un profond changement d'aspect que montrent Les deux figures 2 et 6, pl. IE. En coupe (fig. 59), on voit que la vacuolisation est généralisée, mais plus profonde vers Le centre de la cicatricule où, sur le vivant, elle est masquée par la zone de segmentation. Cette zone renferme encore des débris de blastomères ef même quelques blastomères qui ont gardé Leur forme, mais sont très altérés quant à leur contenu. Une’seule formation chromatique s’est révélée, assez compacte, mais très irrégulière.

HYŸBRIDATION ET INTERSEXUALITÉ OHEZ LES ANIMAUX 147

IL'est à noter que toute la chromatine trouvée dans ces cicatricules en dégénérescence prend, avec le glychemalun une teinte nettement différente de celle des noyaux que l’on trouve dans les œufs parthénogénétiques frais, ou dans les œufs fécondés.

Ces derniers noyaux, examinés en lumière naturelle, tombent

Fig. 60. — X 855, — Cairina.

Noyau dans la cicatricule parthénogénétique en dégénérescence, au 2 jour.

dans les bleus ou les premiers bleus-violets du Code des couleurs, vers 437 et 461, tandis que les débris chromatiques de la figure 58 tombent vers 491, dans les derniers bleusviolets.

Les grosses vacuoles des œufs de plusieurs jours apparaissent (fig. 59) disposées radialement autour de la zone à blasto-

148 A, CHAPPELLIER

mères, comme si les modifications dont cette zone est le siège commandaient le remaniement de la latebra toute entière.

Cairina

Deux œufs du deuxième jour (13 mai 1911, fixé le 14, et

Fig. 61. — KX 855, — Cairina.

Noyaux dans un blastomère de Ja cicatricule P

‘pepn à 4 )E ! ». re Pr . 9e à l'escence au 26 jour : a, 1re coupe; b, 3° coupe; ce, 6e coupe; d, 8° coupe,

arthénogénétique en dégéné-

Je avr] , 7 na +)° [Ve NS 22 avril 1919, fixé le 23), montrent tous deux une poche à blastomères qui diffère à peine comme aspect général de ce que l’on trouve chez l'œuf frais (fig. 54). Les vacuoles sont seulement un peu plus abondantes autour de la zone segmentée. — Dans l'œuf du 13 mai 1911, j'ai trouvé de la chromatine indiscutable en deux endroits, l'un près de la surface de la cica- L L è LD r . , tricule, l'autre (fig. 60), plus caractérisé encore, en profondeur,

Fig. 62. — X 855. — Cairina.

Noyaux dans la zone à blastoméres de la cicatricule parthénogénétique en dégénérescence, au 9° jour : n, noyaux compacts; n', noyau très léger.

auprès d'une grande vacuole : c'est un véritable noyau à chromatine très compacte ; une petite vésicule plus claire lui est accolée.

— Chez l'œuf au 22 avril 1912, un seul noyau, ou plutôt un seul groupe de noyaux s'étendant sur huit coupes consécutives (fig. 61). Les noyaux paraissent appartenir à un unique blastomère superficiel, assez vague dans ses limites. Plusieurs noyaux

150 A. CHAPPELLIER

du groupe sont très près de la périphérie (fig. 61, c) ou même en dehors du blastomère (fig. 61, a). Celui-ci est mieux délimité avec un noyau central sur la 3° coupe (fig. 61, 4). La dernière coupe, enfin, renferme 6 noyaux, serrés les uns contre les autres (fig. 61, d).

— Si nous passons à un œuf du neuvième jour (œuf du 1* mai 1911, fixé le 9 à 10 h. 30) nous ne voyons pas une différence bien sensible dans la poche à blastomères où une grande partie des cellules gardent leurs limites, bien que la désorganisation ait fait

Fig. 63. — X 855. — Cairina.

Blastomères superficiels de la cicatricule parthénogénétiqué en dégénérescence, au 9% jour : x, quelques-unes des granulations chromatiques de ces blastomères.

quelques progrès. J'ai trouvé des formations chromatiques en pleine zone à blastomères : dans une région assez disloquée (fig. 62), 5 noyaux vésiculeux sont très près les uns des autres, deux (a) fortement colorés ; sur les 3 autres, l'un (x°) est à peine visible. Au bord de la région segmentée, là où il n'y a plus qu'une couche de blastomères, deux de ceux-ci (fig. 63) renferment un assez grand nombre de débris chromatiques (x) colorés en violet-bleu et qui tranchent sur les granulations vitellines voisines, juste assez pour être reconnaissables.

Anas

Un œuf au troisième jour (œuf du 25 avril 1916, fixé Le 27 à 15 heures) montre une dégénérescence et un remaniement déjà très avancés. La vacuolisation de la cicatricule est presque générale ; sur les bords, les vacuoles sont en majorité petites mais plus nombreuses, elles se superposent en profondeur et j en ai compté Jusqu'à 6 ou 7 couches sur certains points. Vers le centre de la cicatricule, les vacuoles sont moins abondantes, mais, par contre, de taille plus grande.

La zone segmentée à été très affectée par le remaniement de

Fig. 64. — X 855. — Anas.

Blastonmères nucléés dans la cicatricule parthénogénétique en dégénérescence au 3e jour ; A, n!, noyaux.

l’ensemble et l'on ne trouve qu'un tout petit groupe un peu compact de blastomères, 1ls sont 4 à 5 par coupes, 2 ou 3 seulement ayant des limites encore nettes. Plusieurs vacuoles centrales, même éloignées du groupe de segmentation, renferment un nombre variable de blastomères encore reconnaissables et de nombreux débris disséminés dans un coagulum. Un coagulum s'étend sur toute la surface de la cicatricule, entre la membrane vitelline et la masse vitelline; dans ce coagulum - on voit quelques: fragments de blastomères et mêmé 2 ou 3 blastomères bien individualisés.

La chromatine est très abondante dans cette cicatricule, en

sa région médiane seule. J'ai vu là, Le plus nettement jusqu'ici, des blastomères renfermant des noyaux (fig. 64) : l’un d'eux à droite de la figure est libre dans une grande vacuole, l’autre à gauche de la figure se trouve accolé à la membrane vitelline et entouré du coagulum superficiel. Chacun de ces blastomères renferme 2 noyaux, l'un plus petit que l'autre, Le second noyau

Fig. 65. — X 829. — Anas.

Cicatricule parthénogénétique en dégénérescence, au 3e jour. Plage réticulée prenant la coloration de la chromaline ; elle renferme des noyaux individualisés, n.

(x) est à peine visible sur le blastomère libre et sur l’autre une masse chromatique diffuse sépare les deux noyaux.

On rencontre, en outre, parmi les blastomères ou dans la région non segmentée, de nombreux groupements chromatiques, les uns assez compacts, les autres plus diffus. Ces deruiers paraissent former transition entre les précédents et des plages réticulaires qui prennent la coloration caractéristique de la chromatine (fig. 65). On a l'impression, en examinant ces plages, d'être en présence du stade presque ultime de la dégénéreseence nucléaire : on partirait d'un noyau compact à

HYBRIDATION ET INTERSEXUALITÉ CHEZ LES OISBAUX 153

chromatine dense, pour aboutir à une sorte de liquéfaction de ce noyau, dont la substance imbiherait la masse environnante, qui prend alors la coloration caractéristique de la chromatine.

— La désorganisation marche très rapidement dans les œufs

d'Anas, et dès le cinquième jour (œuf du 18 juin 1941, fixé le

22 à 11 h, 30), la vacuolisation (fig. 66) a gagné toute l’étendue de la cicatricule, qui est complètement «en écumoire ». Les vacuoles petites sont, en grande majorité, superficielles :

Fig. 66 — X 52,5. — Anas.

Coupe de la cicatricule parthénogénétique en dégénérescence, au 5e jour.

leur fusionnement est surtout avancé en profondeur, où lon trouve de grandes poches, séparées seulement par de minces parois prêtes à se rompre.

Des blastomères existent encore à ce stade, répartis en tout petits groupes, isolés les uns des autres et très défigurés ; on les trouve surtout aux bords de la cicatricule dans les quelques points où la vacuolisation a laissé des petites parties à peu près intactes. Les formations nucléaires sont de même ordre que. chez l'œuf du troisième jour, elles sont beaucoup plus rares et logées dans la place qui reste libre entre les vacuoles,

Comparaison des trois groupes Nous avons vu que, dans l'œuf frais pondu, la segmentation

parthénogénétique, plus abondante chez Cairina, se réduit chez Anas et est minima dans l'œuf hybride. Cet ordre se maintient

si l’on examine la résistance des blastomères à la désorgani-

sation : l'œuf de Cairina, au neuvième jour, diffère à peine de

154 A. CHAPPELLIER

l'œuf frais pondu, l'œuf d'Anas, au cinquième jour, offre encore plusieurs petits groupes de blastomères reconnaissables, et chez les Hybrides, au deuxième jour, Ia poche à blastomères ne contient plus que quelques restes cellulaires très rares, inclus dans un coagulum.

La vacuolisation marche beaucoup plus rapidement chez Anas que chez les Hybrides et surtout que chez Cairina. Les Hybrides, considérés au point de vue de la désorganisation de leurs cicatricules parthénogénétiques, se rapprocheraient plus des Anas que des Catrinas.

+ Examen de la cicatricule dans les essais de fécondation des œufs hybrides.

++ Influence du & hybride frère.

@ Ezanen microscopique de la cicatricule de l'œuf frais.

C'est en 1910 que les deux femelles hybrides n°526 et n°527 ont été, dans les volières du Laboratoire, réunies d'une façon constante avec un de leurs frères.

Celui-ci, très ardent, s'accouplait fréquemment avec ses femelles; mais, malgré le développement considérable et en apparence normal de ses organes génitaux internes, il était absolument stérile et incapable de féconder les œufs d'une cane non hybride.

Son influence parait avoir été nulle également sur les œufs des femelles hybrides, et l'aspect extérieur de leurs cicatrieules ne diffère pas de ce que nous avons vu précédemment. Nous retrouvons encore, chez les deux femelles, Ia forme en comète avec, chez la femelle n° 526, une tendance plus grande à se rapprocher du type paternel.

++. Influence du G « Anas domestica ».

@ za macroscopique.

C) L'œuf frais.

Cest la femelle hybride n° 526 quia servi à cette expérience. en 1911. Elle avait été réunie jusqu'au 21 mai avec un mâle

Page 1