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Le 23 juin, il y a deux œufs dans le nid ; le 25, l'un d'eux est mangé ; Le 27, le dernier a disparu. Le couple reste ensuite constitué Jusqu'au 18 août, date à laquelle le nid est retiré, contenant du mouron desséché signe d'un abandon déjà ancien. La Serine meurt au mois de septembre.
(En 1911). 206 est apparié, le 22 février 1911 avec une seconde Serine (N° 233) qui est probablement née en 1909 et à fait deux couvées fécondes en 1910, avec un mâle de son espèce.
Le 22 avril, la Serine pond un premier œuf. Le lendemain, ce premier œuf est trouvé mangé à côté d’un deuxième fraiche-
ment pondu ; le deuxième œuf est retiré et remplacé par un œuf artificiel. Troisième œuf le 24, qui complète la ponte ; on enlève alors le mâle pour laisser couver la femelle. Les deux derniers œufs sont clairs.
Le couple est reconstitué et la Serine pond le 12 juin un œuf qui est remplacé par un œuf artificiel. Quatre jours après, Le 16 juin, la femelle n'ayant pas pondu d'autre œuf, on lui donne à couver celui du 12 qui disparait quelques jours après; Je le note comme ayant été mangé. Le 25, ponte d’un nouvel œuf, immédiatement enlevé et remplacé par un œuf artificiel. Celui-ci ayant été trouvé à terre le 28, on le remet à la Serine en y ajoutant l'œuf du 25 ; ils disparaissent le lendemain sans laisser plus de traces que celui du 12. En recherchant l'œuf artificiel, je constate que la peau de mouton qui double Ia carcasse du nid est déchirée et, sous le double fond ainsi formé, je retrouve les deux œufs de la Serine et l'œuf artticiel. Les œufs de la Serine sont replacés dans un nid neuf, la femelle continue l'incubation ; le 12 juillet, on lui retire les œufs qui ne sont pas fécondés.
Hybride N° 336. — Cet oisèau est né en 1910 avant le 14 août, date où je l’ai acquis « grisard », c’est-à-dire portant encore son premier plumage.
Le 25 février 1911, il est apparié avec une Serine excellente couveuse mais qui à toujours abandonné ses œufs peu d'heures avant l’éclosion. Le 27 mars, elle pond un premier œuf que je lui laisse, et le lendemain, un second que je fixe le jour même. La Serine continue à couver son œuf du 27 et l'œuf artificiel qui a remplacé celui du 28; le 4 avril, on retire
22 A. CHAPPELLIER
l'œuf qui n'est pas fécondé et la Serine continue à couver l'œuf artificiel.
Le 22 avril, ponte d'un œuf isolé qui n’est pas fécondé.
La Serine reste ensuite si longtemps sans même s'occuper de son nid qu'on le lui avait retiré, croyant la ponte terminée ; mais le 25 juin, on trouve un œuf sur le sol de la cage. Un nouveau nid est installé, un œuf artificiel remplacant celui du 25, et la femelle se met à couver, soignée par le mâle que, dans la matinée du 27, je vois lui donnant la becquée. Deux jours après, le 29 juin, un deuxième est pondu, il est trouvé cassé et je le fixe. La ponte n'ayant pas continué, on remet le 1% juillet, sous la Serine, son œuf du 25 juin ; je le vérifie le 12 juillet et constate qu'il n'est pas fécondé.
Hybride G N° 350. — Je l'ai acheté en même temps que le précédent, et j'ai tout lieu de croire que ces deux oiseaux sont de même couvée.
Il est apparié le 22 février 1911 avec la Serine N° 292 achetée depuis un mois. Elle ne pond que deux œufs isolés, l'un à la date du 7 avril, le second le 3 juin ; aucun de ces œufs n’est fécondé.
Hybrides Cini >< Serin.
Hybride G N° 339. — Acheté Le 10 avril 1910, cet oiseau se:
distingue d'un serin par sa taille plus faible, sa tête et son bec plus courts et assez semblables à ceux du Cini. Son chant, surtout était caractéristique ; on y reconnaissait les modulations les plus courantes du Serin, entremèlées de notes aigrelettes rappelant la ritournelle du Cini. Le chant du mâle hybride commençait en sourdine pour s'élever vers la fin en des phases où le petit oiseau se dépensait beaucoup, sans Jamais atteindre la sonorité et lenveloppé du chant pur de Serin.
Le mâle hybride N° 339 est placé, lors de son arrivée, dans
une grande cage où se trouvent déjà plusieurs Serines et
femelles hybrides de Chardonneret ainsi qu'un Serin mâle,
Le 30 avril, une Serine étant au nid, le Serin se perche sur
le bord du nid, s'approche de la femelle et cherche à s'accoupler avec elle. Au moment où il va la cocher, un autre oiseau
saute rapidement sur la Serine en écartant le premier mâle et me parait cocher effectivement la femelle. La scène a été si rapide que je n'ai pu repérer exactement le dernier venu ; cependant, ce doit être sans aucun doute, le mâle hybride car il n'y à pas d'autre mâle que lui, en dehors du Serin, dans cette cage. Par la suite, le mâle hybride donne à plusieurs reprises la becquée à des femelles de Serin.
Pour préciser les relations du male hybride avec les femelles, je l'apparie le 25 mai avec la Serine N° 230 qui était avec lui dans la grande cage et que j'avais vue très souvent depuis plusieurs jours sur un nid contenant des œufs. En installant la Serine dans sa nouvelle cage je lui laisse deux œufs que Je marque de signes différents, elle ne retourne au nid que quelques jours après et j'y note sa présence très assidue depuis le 3 juin. |
Les deux œufs témoins disparaissent l’un après l'autre, le premier le 5 juin, Le second le 12 du même mois, et la Serine fut une très mauvaise pondeuse puisqu'elle ne donne qu’un œuf le 19 juillet.
Je n'ai cru remarquer qu'un accouplement le 19 juin; mais jai vu le mâle hybride donner la becquée, et il n’a pas cessé, pendant le temps quil a été apparié avec la Serine, de se montrer très ardent et très actif vis-à-vis d'elle. Là encore on retrouvait dans les allures du mâle traces évidentes de l’influence paternelle reconnaissable à la légèreté et la vivacité toute, particulière qu'il déployait chaque fois qu'il venait attaquer la femelle. Celle-ci, poursuivie rapidement d’un barreau à l'autre, se réfugiait au nid, posée sur le bord, le plumage gonflé, ramassée sur elle même, le bec ouvert et menaçant. Le mâle s'approchait alors, perché sur le barreau situé au-dessous du nid, et les deux oiseaux se regardaient face à face, bec contre bec, la femelle enflant Le dos et baissant la tête, Le mâle bec et cou tendus, allongeant sa petite taille et faisant la roue qu'il accompagnait d’un pii-pii-pii-pii précipité et parfois même d’une ébauche de chant véritable. Quand ceci avait duré quelques instants, le mâle, sautant de son perchoir, essayait d'atteindre le nid et la femelle qui lui en défendait l'accès. Arrêté dans son élan, et ne pouvant se poser à l'endroit qu'il avait choisi, le mâle prolongeait son attaque en se
maintenant en l'air, sur place, devant la femelle, par un battement précipité des ailes. La même scène se renouvelait fréquemment et lon peut y voir une tentative du mâle vers l’accouplement auquel se refusait la Serine.
En 1911, le mème couple fut reconstitué le 25 février. La Serine mourut d'accident le 22 juin et l’autopsie montra qu'elle n'aurait pastardé à pondre. Le mâle fut trouvé mort peu après.
L'expérience ne put pas être reprise car les jeunes hybrides de Cini, nés dans mes élevages, moururent avant d'attendre l’âge adulte.
6) Hybrides femelles.
(Hybrides : Chardonneret >< Serin).
sors @ n° 105. — (En 1909) Cette femelle a été achetée le 2 mai 1909. Elle est d'abord appariée avec le mâle hybride n° 113 et reste avec lui 23 jours sans donner d'œufs.
Appariée ensuite le 25 mai avec le Serin n° 106, on la sépare peu après de ce nouveau male pour la mettre en observation et attendre le début de sa ponte. Des qu ‘elle a donné un prenier œuf, on la remet le 16 ou le 17 juin avec le Serin 106. Le 20 elle pond un second œuf, elle en à quatre le 29 jun. La femelle couve cette ponte qui lui est enlevée le 19 juillet : Les œufs ne sont pas fécondés.
Le 29 juillet, la femelle hybride recommençant à stationner au nid on met sous elle trois œufs étrangers, le lendemain un des œufs est mangé, ce qui décide à enlever les deux autres.
Le 3 août la femelle pond un autre œuf qui est retiré Le 18 : il n'était pas fécondé. Le mâle paraissait cependant bien accouplé avec la femelle : Le 5 août je l'avais trouvé installé au nid, ce que font souvent les serins mâles pour appeler la femelle. Pendant cette dernière incubation, le 16 juillet, j'avais mis sous la femelle n° 105 deux œufs cassés et contenant des jeunes en train d'éclore : la mulette termina l'éclosion etessaya de nourrir les jeunes qui ne purent survivre.
(En 1910) Elle est appariée le 8 mars 1910 avec le Serin n°329 qui a été acheté Le 23 février de la même année. Le couple reste constitué pendant loute la saison de reproduction, la femelle ne pond aucun œuf, jusqu'au 7 juillet, jour où je l'autopsie.
CY
Autopsie. — L'ovaire droit est bien indiqué, sous forme d'une légère surélévation visible à l'œil nu. L'ovaire gauche est essentiellement formé par un ovule de moins de 3 mm. de diamètre sous lequel sont cachés d’autres ovules dont la taille ne dépasse pas un demi-millimètre
Il parait évident, vu l’époque tardive, qu'en 1910, la Q aurait eu, tout au plus, une ponte réduite à un seul œuf.
Hybride ® n° 119. — Elle à été achetée le 2 mai 1909 et appariée avec le Serin n° 118 acheté le même jour. Au bout de 23 jours on change le mèle et on lui met le Serin n° 106. Comme
-elle ne pond pas on l'isole et elle donne plusieurs œufs. On l’ap-
parie alors à nouveau avec le Serin n° 106 et quelques jours après elle pond un dernier œuf qui provoque une évagination de l’oviducte : en visitant les cages, je trouve l'œuf sur le fond de la cage et la femelle allant et venant sans paraître aucunement souffrir de son accident; je me décide cependant à la chloroformer.
Hybride ® n° 915. — Cette femelle a été achetée le 7 décembre 1909, le vendeur me la garantit comme étant née cette même année. Elle est appariée le 22 février 1910 avec le Serin : no 229 acheté, lui aussi, en décembre 1909.
Le 31 mars 1910 la femelle pond son premier œuf qui est suivi de trois autres les 1°, 2 et 3 avril. Le 9 à la visite des cages à 9 heures on ramasse un œuf mangé L’après-midi, à 2 h.1/2, un deuxième est trouvé tout fraichement mangé, ce que voyant, je retire les deux autres.
Entre le 12 et le 21 avril, la femelle transporte du mouron. Pendant les premiers jours elle se promène en tous sens, la branche de mouron au bec, sautant et cabriolant sur les côtés et le plafond de la cage. Le 13, je change le nid de place, rien n'y faitet ce n'est que le 19 que la femelle commence à déposer ses branches de mouron dans le nid. Le surlendemain 21, il y à un œuf que l’on ramasse cassé sur le fond de la cage. Un deuxième œuf a le même sort deux jours après, le 23.
Pour voir si, comme je le pense, c’est la femelle qui casse les œufs, je lui retire son mâle le 23 avril. Le 1° mai on trouve par terre un œuf sans coquille ou à coquille très molle, les débris permettent mal de juger. Le 12 mai la femelle pond un œuf qu'elle mange.
26 A. CHAPPELLIER
Je l’apparie alors, le même jour avec un autre mâle, le Serin 342, qui, d'après le marchand, serait né en 1909. Le mâle est tres ardent et, dans l'après-midi, il essaye de cocher la femelle. Celle-ci étant perchée devant la mangeoire, le serin posé un peu plus haut sur un des barreaux chante, tourné vers elle. Continuant et accentuant encore son chant il descend près de la mulette puis tout à coup, saute sur elle pour s’accoupler. À ce moment la femelle se dérobe et s'éloigne, sans avoir accordé la moindre attention aux avances de son compagnon. Par la suite, la mulette a toujours agi sans tenir aucun compte des appels et des poursuites du mâle.
La femelle recommence ensuite son manège avec des branches de mouron mais il ne dure que quatre jours, du 18 au 22 juin, jour où elle se met à remplir Le nid. Le 25 ponte d'un œuf. La mulette couve par intermittence jusqu'au 26mai:.. On la trouve morte le lendemain, déjà froide à 10 heures du matin ; elle a très probablement succombé à la suite de la ponte de l'œuf qu'elle à donné le même Jour.
Fig. 4. — X 5. — Ovaires de femelles hybrides (Chardonneret X Serin). A, Femelle no 215 ; juin; B, Femelle n° 216 ; novembre.
Autopsie (fiqure 1, A). — Deux ovules présentent des signes de dégénérescence avancée ; Le plus gros a perdu sa forme normale, il est aplati et en pleine voie de disparition. On trouve, en outre, plusieurs ovules (le plus gros atteint à peine 1 mm.5 de diamètre) qui paraissent normaux, sans que l'on puisse affirmer qu'ils évolueront jusqu'à la ponte.
Hybride Q n° 216. — Achetée en mème temps que la précédente, elle est appariée Le 22 février 1910 avec le Serin n° 309. On les sépare Le 13 avril sans que la femelle ait pondu. La’ mulette est mise dans la cage commune où j'ai trouvé des œufs à plusieurs reprises, rien n'indiquant que l’on puisse les lui attribuer.
Autopsie (jig. 1, B). — Elle est autopsiée au mois de novembre. Son ovaire gauche a dans l’ensemble une forme triangulaire, il mesure 2 mm. 64 de hauteur sur { mm. 7 dans sa plus grande largeur. Son épaisseur est très faible et sa surface niamelonnée indique qu'il est composé d'une réunion de très petits ovules.
Hybride & n° 218. — Cette femelle à été achetée en plumage de jeune dans les premiers jours d'octobre 1909 ; le vendeur m'indique comme date de naissance le 12 septembre.
La mulette est appariée le 22 février 1910 avec le Serin n° 310 qui m'avait été vendu comme jeune mâle de 1909. La femelle hybride portant une branche de mouron le {0 mars, je mets un nid dans la cage, elle y travaille le jour même et continue les jours suivants. Pendant ce temps, je remarque à plusieurs reprises que Le Serin va lui-même au nid. Je l’y trouve encore le 18 avril avec un œuf sous lui, ce qui augmente mes doutes sur son véritable sexe. Pour trancher la question je l’isole et dès le lendemain il donne un œuf!
La femelle hybride est alors mise dans la cage 7 où se trouve le Serin 106 qui a déjà été apparié avec deux autres femelles hybrides en 1909 et qui est depuis Le 22 février avec une femelle hybride de Cini. À peine 218 est-elle introduite dans sa cage que le serin 106 se dresse de toute sa hauteur pour se rapprocher de la femelle, face à laquelle ïl chante pendant quelques secondes puis il saute sur elle et cherche à s’accoupler et s’accouple probablement car après Le départ de la femelle il reste un instant comme prostré sur le bord du nid, où l'acte s’est passé. Pendant les jours suivants, la femelle continue, par intermittences, son transport de mouron avec alternances de travail dans le nid. Le 10 mai elle pond un œuf, suivi d’un autre le lendemain {1, ce deuxième œuf est ramassé par terre non cassé et replacé dans le nid. Un troisième œuf pondu le 12 est trouvé mangé sur le plancher de la cage Le 13 il ne reste plus qu'un œuf qui est mangé le lendemain 14. Le 15 et le lendemain 16 ponte de deux œufs : à la visite des cages on trouve un œuf intact et un œuf mangé. Le même fait se renouvelle deux jours après le 18 : l'œuf intact est marqué et donné à couver à une Serine qui casse plusieurs œufs et rend tout contrôle impos-
sible,
28 A. CHAPPELLIER
L'œuf qui a été enlevé le 18 mai avait été remplacé par un vieil œuf non fécondé de Serine : il reste au nid pendant plusieurs jours, tandis que la femelle porte des morceaux de mouron et travaille au nid sans couver régulièrement. Le 26 mai le vieil œuf est encore dans le nid et l’on trouve sur le sol de la cage des débris très fins de coquille, ce qui indique qu'un œuf nouvellement pondu à été mangé. Le vieil œuf disparait à son tour bien qu'il date de plus d'un mois et ait subi une incubation complète.
Le 28 mai ponte d'un nouvel œuf qui disparait peu de jours après : pendant la période qui va jusqu'au 8 juin, la femelle va souvent au nid mais sans y séjourner d’une façon continue. Le 8, ponte d'un œuf que je remplace par un vieil œuf de réserve qui disparait dès le lendemain. Le 11 1l y a eu encore ponte d'un œuf dont on ne trouve que la coquille par terre. Le 14 même incident : l'œuf est cassé dans le nid.
Devant la difficulté de récolter les œufs intacts, je découpe le fond du nid et y ajuste une sorte de petit sac pour essayer de capturer les œufs aussitôt après la ponte. Mon installation n’a aucun succès et la femelle à vite fait de déchirer le sac en le perçant à son extrémité.
La ponte continue par un œuf le 18 juin; Je Le remplace par un vieil œuf qui est mangé le 21.
Le 10 juillet ponte d'un œuf, remplacé lui aussi par un vieux qui est mangé deux jours après Le 12.
D'autres sont encore pondus les 22 et 23 juillet et 6 août. Pendant toute cette période, la femelle ne mange qu'un œuf et le 18 août, au moment de la séparation des couples, on trouve encore les deux autres au nid.
En résumé, la femelle hybride n° 218 à, entre le 10 mai et le 9 août, c’est-à-dire en 90 jours, pondu 16 œufs contrôlés. La ponte débute par deux petits groupes d'œufs, le premier de trois œufs, l'autre de deux œufs. La femelle donne ensuite, sauf les 22 et 23 juillet, des œufs séparés par des intervalles qui vont de un jour Jusqu'à 12, 17 et 22 jours.
Cette ponte irrégulière n'a été accompagnée d'aucune imeubation suivie, La femelle n'a pas cessé de transporter du mouron ef de travailler au nid. La période préparatoire de la ponte, celle de la confection du nid, qui dure quelques jours seulement
chez les femelles normales, s’est ici désagrégée et s’est étendue sur plus de quatre mois.
Pendant ce temps ont apparu, presque à l’état sporadique, des œufs dont la dispersion a encore accentué le caractère indéeis et mal délimité de la période de reproduction de la femelle hybride.
Presque tous les œufs laissés à La femelle ont été mangés, sauf les deux derniers, et encore faut-il tenir compte de ce que ces œufs ont été retirés au bout de 9 jours et qu'ils auraient pu avoir le sort des autres S'ils étaient restés plus longtemps dans la cage.
À quatre reprises différentes, j'ai remplacé l'œuf que la femelle hybride venait de pondre par un vieil œuf pris dans des pontes non fécondées mais déjà Imcubés. Le premier œuf ainsi donné à la femelle hybride a été mangé après être resté neuf jours dans le nid, les autres ont disparu après 1 jour, 3 jours et 2 jours. Tous les œufs pondus par la mulette elle-mênre n’ont pas duré plus longtemps que ces derniers et les neuf jours qu'a passés dans le nid Le premier œuf de substitution pourraient faire penser à une répugnance de la femelle en présence de l'odeur anormale de l'œuf qui lui était offert, répugnance qui aurait disparu après consommation du premier œuf de remplacement. Îl n’en est certainement rien, car les expériences faites jusqu'ici sur l’odorat des Oiseaux, des Vautours en particulier, ont montré que ce sens était trop peu développé pour permettre un choix de la nourriture. |
(En 1911) La femelle 218 est mise dans une grande cage avec d’autres femelles hybrides, sans mâle, pour obtenir des œufs parthénogénétiques : la cage est installée dans la serre. [ny a pas de ponte.
(En 1919) Elle est appariée le 26 février 1912 avec le Serim n° 272 acheté le 13 octobre 1910. Ce mâle est remplacé le 5 mars 1912 par le Serin n° 521 vendu comme étant de 1911.
Autopsie. — La femelle ne pondant pas, je l'autopsie Le 24 juin et ne trouve qu’un ovaire diffus, effacé, d'aspect rudimentaire et qu'on pourrait être amené à considérer comme non fonctionnel.
Hybride & n° 9259. — Née en 1910, elle a été en cage commune pendant l’été 1911 et elle est appariée Le 26 février 1912,
30 A. CHAPPELLIER
avec un mâle hybride de Chardonneret n° 254 qui est né en 1910 et serait un de ses frères de même couvée.
La femelle travaille au nid dès la fin du mois de mars et ne commence à pondre que le 27 avril ; l'œuf est trouvé par terre et cassé. Deux jours après, le 29, un second œuf est mangé aussitôt pondu. Il en est de même d’un troisième qui arrive le 5 mai, La femelle reste ensuite plus d'un mois sans donner d'œufs.
Autopsie.— Le 22 juin,la voyant au nid depuis le matin, je la sacrifie vers 14 heures et prélève dans son utérus un œuf que je fixe pour en étudier la cicatricule.
On trouve sur l'ovaire un gros ovule en pleine dégénérescence et d'autres ovules, d'apparence normale, dont la taille atteint environ Î mm.
Hybride Q® n° 953. — Elle est née en 1910, elle n’a pas pondu en 1911. Le 26 février 1912 elle est appariée avec un mâle hybride de Chardonneret n° 336 qui est, lui aussi, né en 1910. Les oiseaux restent ensemble jusqu'au 24 juin.
Autopsie. — La femelle n'ayant donné aucun œuf est alors sacrifiée et je trouve l'ovaire représenté par une masse de couleur jaunâtre dans laquelle on ne reconnait, à l'œil nu, que des ovules mal délimités, ayant un peu un aspect de chou-fleur, ce qui indiquerait une dégénérescence avancée. |
Hybride Q n° 296. — Cette femelle avait pondu en 1910 sous un autre numéro. Elle est restée en 1911 dans les élevages de Pierre Vincent, à Lille, dans une grande cage où elle n'aurait pas pondu. En 1912 elle est appariée le 26 février avec le mâle hybride de Chardonneret n° 350 qui est né en 1910.
Autopsie. — La femelle ne donne aucun œuf jusqu'au 24 juin, Jour où je la sacrilie. L'ovaire est représenté par deux petites masses, à peine visibles à l'œil nu et de contours assez irréguliers. Elles reposent sur la partie terminale du Delta, et leur aspect, joint à leur forme, indique des ovules en dégénérescence.
Hybride Q n° 328. — Elle à été achetée le 23 février 1910. Le 1% Jjum, en vérifiant le numéro de sa bague, je la laisse échapper et elle va, en plein vol, s'assommer contre une vitre. La croyant tuée sur le coup je la raye déjà, mais elle revient à elle et, quelques jours après, je la vois travailler un nid dans
la cage commune où je l’ai replacée. Le 21 juin, je la trouve sur ce nid avec un œuf tout chaud sous elle.
Elle est alors appariée avec le Chardonneret n° 115 et, dès le lendemain, pond un œuf qui est trouvé cassé sur le sol de la cage. Un vieil œuf mis à sa place disparait par la suite.
Une deuxième ponte a lieu Les 10, 12 et 13 juillet. Le 25 l'un des œufs est mangé, les autres sont retirés Le 30 : ils n'étaient pas fécondés. La femelle reste avec son mâle jusqu'au 18 août sans pondre d’autres œufs. En 1911 elle partit à Lille, dans les élevages de Pierre Vincexr où elle est morte sans avoir pondu.
Hybride Q n° 349. — Cette femelle a été achetée le 13 mars 1910. Elle reste, jusqu’au 8 juin 1910 dans une cage où se trouvent d’autres femelles et deux mâles hybrides. A cette date, je la retire parce qu'elle travaille au nid depuis plusieurs jours et l’apparie avec Le Serin n° 227 acheté en décembre 1909.
La femelle continue de travailler et fait une ponte de trois œufs les {1,12 et 13 juin ; l'un des œufs est de très petite taille. Deux jours après, le 15, lestrois œufs disparaissent sans laisser de traces. La femelle reste ensuite appariée sans pondre d’autres œufs.
(En 1919) Elle est appariée Le 26 février 1912 avec le Serin n° 477 qui avait fécondé les couvées de la Serine 473 en 1910. Le 5 mars, le mâle est remplacé par le Serin n° 522.
La femelle est sur le nid le 28 mars, elle y a travaillé et l’a bien garni; mais trois jours après le nid ne contient plus de matériaux. Il n’y a pas de ponte.
Autopsie. — La femelle est sacrifiée le 24 juin : à la dissection je ne trouve pas trace macroscopique d’ovaire ; tout au plus, un développement exagéré du Delta gauche.
Hybride ® n° 301. — En me la vendant le 10 avril 1910, le marchand m’assure qu'elle travaille, en ce moment, au nid et qu'elle ferait des avances à un serin hollandais qui se trouve dans la même cage qu'elle.
La femelle est appariée le 13 avril avec le Serin n° 309 qui a été acheté le 20 février. Le 16 mai ponte d’un premier œuf qui est suivi de deux autres les 19 et 22. Dès ce jour, la femelle tient assidûment le nid et, à plusieurs reprises, Je dois l'en
32 À. CHAPPELLIER
chasser pour vérifier l’état de ses œufs qui sont retirés le 6 juin : ils n'étaient pas fécondés.
Le 14 juin, la ponte recommence et donne deux autres œufs le 16 et le 19. La femelle couve aussi bien que la première fois, les œufs ne sont pas fécondés.
Une troisième ponte de deux œufs a lieu les 11 et 13 juillet. Pour la première fois un œuf est mangé le 25. Celui qui reste n'est pas fécondé, la femelle couve bien au delà du délai normal d’éclosion et elle est encore dans le nid quand on sépare le couple le 18 août.
(En 1912) Cette femelle est appariée le 26 février 1912 avec le Serin n° 422 puis, le 5 mars, avec un jeune serin de 1911 le n° 543.
Le 23 mars la femelle a fortement garni son nid de la charpie qui a été déposée dans les cages la veille ou l’avant-veille. La femelle continue à accumuler des matériaux dans son nid et le 30 mars je note que le sien est le plus complet. Cependant les choses ne vont pas plus loin et la mulette ne donne pas d'œufs avant le 24 juin, jour où je la sacrifie. Le
Autopsie. — Je ne trouve, du côté gauche, pas trace identifiable d’cvaire. Sur lemplacement que devrait occuper cet organe, se déploient les ramifications du Delta. Par contre, à droite, une surélévation en forme de trone de cône émoussé indique les derniers restes d'un ovaire fonctionnel. Cette femelle. présente donc une disposition doublement anormale de la glande génitale puisque c'est un ovaire droit qui à été fonctionnel et seul fonctionnel.
Hybrides (Cini >< Serin).
Hybrides © n° 911, 919 et 913. — Ces.trois femelles ont été achetées le 7 décembre 1909, elles provenaient, m'a dit le vendeur, de la même couvée et seraient sœurs du mâle n° 339. Toutes trois ontété appariées le 22 février 1910 avec des Serins. Elles n'ont pas pondu et n’ont même jamais manifesté aucune tendance à s'occuper du nid placé dans leur cage.
Cette indifférence génitale a trouvé son explication au moment de l’autopsie qui montra, chez les trois femelles, un ovaire rudimentaire et non fonctionnel. C’est ainsi que l'ovaire gau-
che de la femelle n° 213, était représenté seulement par une sorte d’excroissance lamelleuse, de forme triangulaire et accompagnée à sa base, de trois petites masses arrondies, vestiges d’ovules non arrivés à maturité.
Une telle constatation est pour surprendre, faite chez.des femelles hybrides issues du croisement de deux espèces aussi voisines que le Serin de canarie et Le Cini. Les males hybrides. issus de ce croisement seraient, si lon en juge d’après celui dont il à été question, génitalement beaucoup plus développés que les femelles, au moins en ce qui touche les manifestations extérieures du sexe.
c) Oiseaux des cages de réserve.
En dehors des véritables couples isolés dont je viens de parler, j'installai, le 8 mars 1910, des grandes cages renfermant plusieurs oiseaux à la fois. Ces oiseaux, ainsi mis en réserve, étaient groupés dans chaque cage d telle sorte qu’ils pussent servir à des constatations venant s'ajouter à celles faites sur les couples séparés.
On ne saurait, bien entendu, dans ces conditions, tenir compte de tous les incidents pris en note, puisque le mélange des oiseaux ne permet pas d'attribuer, avec une absolue certitude, tel fait à l’un ou à l’autre d’entre eux. Dans une cage ainsi meublée de plusieurs oiseaux, la vivacité des occupants, leurs allées et venues continuelles et rapides rendent les observations très difficiles. Cependant, chaque oiseau portait aux pattes un signe distinctif qui permit de le reconnaitre dans la plupart des cas ; de plus, quelques faits valent d’être rapportés, même si leur auteur reste inconnu: je prendrai dans mes notes ce qui suit.
Cage 10 (1910). — Cette cage renfermait deux Serins mâles et quatre femelles hybrides (Chardonneret x Serin).
À plusieurs reprises, J'ai vu les Serins donner la becquée à des femelles hybrides, et le 12 mai, j'ai assisté à un accouplement, ou tout au moins, à une tentative d’accouplement. Les femelles ont peu travaillé au nid et deux œufs seulement ont été pondus, le 31 mai et le 24 juin. Ils sont de petite taille et d'un blane pur. L'un d’eux a été fixé et sa cicatricule n'indique
pas de fécondation.
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Cage 192 (1910). — Dans cette cage ont été réunis : trois Serins gt et quatre ® hybrides (Chardonneret >< Serin).
Pendant tout le temps que la cage 12 a été en observation, les femelles hybrides ont travaillé au nid, j'ai noté avec certitude la femelle n° 346. Malgré cette activité constructrice, Les femelles n'ont très probablement pas pondu. En effet, si j'ai trouvé trois œufs dans la cage 12 c’est avant le départ d'une Serine (n° 365) que j'avais d’abord cru être un mâle.
Cage 13 (1910). — Dans cette cage ont été placés : un Serin G', un Chardonneret , cinq hybrides & (Chardonneret >< Serin), cinq hybrides 9 (Chardonneret >< Serin), une hybride Q (Cimi Serin).
Pendant leur séjour dans cette cage, le Serin et le Chardonneret n'ont jamais attiré mon attention. Il n'en a pas été de même des hybrides, particulièrement des femelles. Concernant les mâles, je note seulement, le 22 mai, un accouplement qui m'a semblé être effectif. Aussitôt après un autre hybride à cherché longuement à s'accoupler, avec un hybride également, qui n'a pas accepté le coït, et qui m'a semblé être un mâle.
Femelle hybride n° 398. — Depuis l'installation de la cage jusqu'au 21 juin, quatre œufs seulement y ont été pondus ; l'un, presque certainement par la femelle hybride 328. Celle-ci, en effet, ayant été vue à plusieurs reprises au nid, et trouvée le 21 juin avec un œuf sous elle, à été appariée avec le Chardonneret 115 et a pondu d’autres œufs, dont un le lendemain du Jour où elle avait.été retirée de la cage 13.
Femelle hybride n° 327. — Le second œuf de la cage 13, aurait pour auteur la femelle hybride n° 327 qui, le 31 mai, accumula beaucoup de mouron dans un nid autour d'un œuf pondu le matin même. À 10 heures la femelle est encore au nid et y travaille, Le fond du nid à été à moitié arraché, l'œuf a été basculé dans la partie dégarnie et la femelle continue son transport de mouron sans paraitre aucunements'en occuper, Quand je reviens à la cage 13, à 14 heures, l'œuf a été mangé.
Un troisième œuf est trouvé par terre le 3 juin : remis dans le nid il ne tarde pas à être mangé. Cependant la femelle 327 est revue au nid ; le 9 juin un autre hybride, non précisé, y vient lui donner la becquée. Le 12 juin, quatrième œuf pondu peutêtre encore par la femelle 327 qui meurt le lendemain.
HYBRIDATION ET INTERSEXUALITÉ-CHEZ LES OISEAUX Gh
Autopsie. — L'autopsie à montré qu'elle était en pleine période de ponte et qu'elle aurait donné, peu après, d'autres œufs encore (fig. 2).
La cavité abdominale est encombrée par l'ovaire. Deux ovules ont presque atteint leur taille maxima puisqu'ils mesurent respectivement 7 mm 6 et 7 mm. 2; trois autres S qui ont environ 3 millimètres de diamètre ont la et jaune caractéristique des ovules en voie normale d'accroissement., À côté d’ eux, on frouve de nombreux ovules 0 de couleur blanchâtre et qui paraissent en voie de résorption. Cet aspect maladif est accentué par la
Fig. 2, — X 5. — Ovaire de la femelle-hybride no 327 (Chardonneret X Serin) : juin.
? 0, 0!, ovules; /, cordons folliculaires.
présence de longs cordons jaunâtres /, dans lesquels on retrouve des masses de même couleur; ce sont des follicules à paroi hypertrophiée et dont les ovules o° sont en voie de décomposition.
Les ovulesles mieux développés reposent sur une masse blanchâtre, sorte de stroma lamellaire où à prolong ‘ements étroits et allongés, dans lequel on aperçoit par-ei par-là de petits points de vitellus, probablement restes d'ovules résorbés ou décomposés.
Un follicule vide et portant une large ouverture est le signe certain d’une ponte toute récente ; la femelle 327 est donc bien celle qui à donné l'œuf trouvé dans la cage 13 la veille de sa mort. La décomposition déjà avancée du cadavre ne m'a pas
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permis de reconnaitre la cause exacte de cette mort. Il semble qu'elle soit reliée à l'altération de la glande génitale dont la désorganisation, à l'autopsie, indique un état morbide d'origine déjà ancienne.
Femelle hybride n° 334. — La femelle hybride n° 334 ne figure pas, expressément nommée, dans mes notes. Est-ce elle que j'ai vue, à plusieurs reprises, sans pouvoir relever un numéro, échanger la becquée avec d'autres hybrides ou aller au nid et y travailler? Ceci me semble pouvoir être admis, étant donné l’état de ses organes génitaux au moment de l’autopsie qui a été faite le 21 juin 1910.
Aultopsie. — L'ovaire gauche est représenté macroscopiquenent par une masse bilobée jaunâtre de 2 mm. 25 environ de longueur. Un ovule de 1 mm. 30 de diamètre est accolé à un lambeau de taille moindre et de forme irrégulière qui est certainement un second ovule en voie de dégénérescence.
Femelles hybrides n° 332 et 333. — Ce sont les deux dernières femelles de la cage 13. Je Les avais achetées toutes deux le 23 février 1910 chez le même marchand: il m'avait cédé la femelle n° 332 à un prix très bas, tant elle était mal emplumée et d'aspect chétif. Elle paraissait très âgée, l'extrémité de ses mandibules éfait irrégulière et rejetée sur le côté ce qui me l'avait fait désigner, dans mes notes, sous le nom de « bee crochu ». J'ai souvent aperçu, dans la cage 13, des hybrides donner la becquée à d’autres hybrides, mais je n'ai pu que très rarement prendre les numéros des oiseaux, quis'interrompaient dès que l’on approchait trop près d'eux. Si des mâles ont dû nourrir des femelles, ce qui serait normal, il est certain aussi que des femelles se sont donné mutuellement la becquée. La femelle 332, que son faciès permettait de reconnaitre de loin avec certitude, s'est montrée particulièrement active dans ce sens.
Elle poursuivait les autres femelles de sa cage et je lui ai vu donner la becquée à plusieurs reprises à des femelles hybrides de Chardonneret et même une fois à la femelle hybride de Cini, Mais il semble qu'elle ait 6té spécialement attirée par la femelle hybride 333. Celle-ci, dans les longues scènes de gavage auquel j'ai assisté, ne jouait pas seulement le rôle de femelle, acceptant la nourriture.que 332 lui dégorgeait : bien des fois,
NOSEUE
les rôles changeaient au bout de quelques instants et la femelle 332 prenait, à son tour, l'attitude de la femelle nourrie par son mâle, aceroupie sur le barreau, les ailes légèrement écartées et battant à petits coups précipités ; 333 se redressait en même temps et redonnait à l’autre femelle la nourriture qu’elle venait d'en recevoir. Quelquefois les choses en restaient 1à, mais souvent les échanges entre les deux femelles se répétaient plusieurs fois de suite, sans interruption, et Les gavages revenaient à de si courts intervalles que,le 24 mal,j en ai compté 5 à 6 en moins d'un quart d'heure.
Ce qui frappait pendant ces échanges, c'était la façon, en quelque sorte mécanique, dont se comportaient les femelles. La femelle gaveuse paraissait accomplir automatiquement une besogne et ne s'occupait aucunementsoitavant soit après de l’autre femelle qui, de son côté, n'avait pas les mouvements fébriles, les petits cris pressants de la serine appelant son mâle ou en recevant la becquée. Il y avait quelques battements d'ailes pendant le gavage, puis les rôles changeaient avec la plus grande facilité, sans heurt, sans manifestations bruyantes.
La femelle 332 semblait rechercher toutes occasions de satisfaire son besoim de gavage : Le 31 mai, je la vois donner la becquée, à travers les barreaux, à une Serine de la cage 11, mitoyenne avec la sienne. Une autre Serine qui se trouvait au nid dans la cage 14, apercevant cette scène de gavage, saute du nid pour venir solliciter la femelle hybride. Celle-ci, sans paraitre s'apercevoir de la présence de cette nouvelle quémandeuse, achève son gavage interrompu en dégorgeant de la nourriture sur un des barreaux séparant les deux cages.
Autopsies. — La femelle hybride N° 332 à été sacrifiée le 12 août 1910. Dans la région ovarienne gauche on ne trouve pas d'ovaire proprement dit ; la glande génitale parait absente ou représentée seulement par un léger voile réticulé appliqué sur la base de la capsule surrénale. Rien n'indique, macroscopiquement, qu'il y ait trace d'ovules et le réticulum semble bien plutôt formé par des ramifications nombreuses et enchevêtrées des canalicules du Delta.
Sacrifiée le mème jour, la femelle N° 333 montre un réticulum identique au précédent ; il est mieux délimité, moins lacuneux et, précisément à cause de l'accentuation de ses carac-
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tères, on reconnait en lui, sans hésitation possible, une dépendance immédiate des canalicules wolffiens, sans que l'examen in loto puisse laisser supposer qu'il s'agisse d'une véritable glande ovarienne.
Ces deux dernièresfemelles hybrides de Chardonneretont donc un système génital des plus rudimentaires puisque la glande elle-même parait faire complètement défaut. Cette castration physiologique et l'étendue anormale des restes wolffiens dans la région ovarienne rapprocheraient les femelles hybrides 332 et 333 de l'hermaphrodisme rudimentaire glandulaire de Srepaax.
Cage 14 (1910). — Dans cette réserve furent mstallées plusieurs femelles Serin et Hybrides de C hardonneret, un Serin et le mâle Hybride de Cini N° 339.
Malgré le grand nombre de femelles réunies dans la cage 14, je n'y ai trouvé que cinq œufs les 14 avril, 5, 24 et 25 mai. Ils sont tous attribuables aux femelles de Serin qui, toutes, ont fréquenté assidèment les nids pendus dans la cage 14, et avaient des ovaires bien développés.
Les deux femelles hybrides de Chardonneret ont travaillé au nid ; elles ont transporté à plusieurs reprises des matériaux, mais n’y ont jamais fait de longs séjours comme c’est l'habitude des femelles pondeuses.
Femelle hybride N° 315. — Autopsie. — La femelle N° 315, le # août, c'est-à-dire après la période de ponte, montre un ovaire Ici très reconnaissable, mais qui mesure seulement 2 mm. 4 sur { mm. 6 : c'est une grappe serrée de petits ovules dont les plus gros ont 108 de diamètre
Ce n'est plus l'aspect qu'offrent à la mème époque, des femelles non hybrides, des Serines par exemple. Chez les Serines, l'ovaire, beaucoup plus volumineux (5 mm, { >< 2 mm. { et 5 mm, 6 ><3 mm. 2) a presque repris son aspect lisse et uniforme de la période de repos; c'est à peine si on y retrouve, bien détachés, un ou deux ovules faisant une saillie prononcée à sa surface.
Si l'on compare avec les organes génitaux de la femelle hybride 315, il semble que celle-ci ne soit pas en voie de retour au repos automnal, mais bien plutôt qu'elle ait évolué lentement et imparfaitement vers une maturité sexuelle qu’elle n'a pas atteinte, Nous aurions ici un stade intermédiaire entre les
femelles hybrides, pondeuses et celles qui, comme les N° 332, 333, 147, ont un ovaire macroscopiquement invisible ou ‘même totalement inexistant.
Cage 16 (1910). — Cette cage ne renfermait que des hybrides de Chardonneret, mâles et femelles.
Les males n’ont pas fourni sujet à remarques.
Les femelles ont pondu einq œufs, les 11 et 15 juin, les 11, 14 et 20 juillet ; celui du 15 est de taille petite et anormale. Pendant tout leurséjour dans la cage, les femelles hybrides ont transporté du matériel, travaillé et séjourné au nid.
Autopsies. — La femelle 3S9 est morte le 10 septembre à Paris, le N° 340 à Lille dans les élevages de Pierre Vince. Je n'ai de renseignements d'autopsie que sur les deux autres. Elles sont toutes deux du type demi-fertile, avec des particularités qui les distinguent l’une de l’autre et les différencient également de la femelle hybride 315 de la cage 14.
Femelle hybride N° 391. — Celle-ci n’a été autopsiée que le 19 février de l’année suivante. Son ovaire (fig. 3) mesure
Fig. 3. — X5. — Ovaire de la femelle hybride no 391 (Chardonneret X Serin) ; février.
2 min. 90 sur 2 mm., et l’on voit à sa surface, en dehors äe nombreux petits ovules, deux plus gros qui ont 0 mm.9 et 1 mm. 25 de diamètre. Cet aspect se rapproche un peu plus de ce que l’on trouve chez des Serines à la même époque, mais la trompe de la femelle hybride est restée bien en arrière dans son développement.
Grande cage (1919). — Cette réserve renfermait des hybrides de Chardonneret mâles et femelles et deux femelles hybrides de Tarin. L'installation avait eu lieu Le 1* mars et les oiseaux restés dans cette cage ont tous été sacrifiés le 22 juin. A cette date, les deux mâles étaient en parfait état et toutes les femelles, sans exception, avaient le dessus de la tête largement
dégarni de plumes. Cette différence de tenue entre les oiseaux des deux sexes peut-elle s'expliquer par les attaques des mâles vis-à-vis des femelles ? Je n'ai pas observé qu'il y eut des batailles dans la cage et, tout au contraire, j'ai vu un mâle donner la becquée à une des femelles hybrides de Chardonneret, alors que celle-ci se tenait au nid.
Autopsies. — Les deux femelles hybrides de Tarim, ont montré à l’autopsie des organes génitaux rudimentaires ; ces femelles n’ont pas pu pondre.
IL faut done attribuer aux femelles hybrides de Chardonneret les sept œufs qui ontété pondus dans la grande cage de 1912. La femelle N° 322 est du type à organes génitaux atrophiés, elle n’est pas pondeuse.
La femelle N° 255 à été retirée de la grande cage et isolée car son comportement donnait à penser qu'elle était la femelle pondeuse de cette grande cage. Elle n'a pas donné d'œuf après son isolement ; à l'autopsie elle montre tous les caractères des femelles demi-fertiles et non pondeuses.
Il reste les deux femelles N° 295 et N° 248 qui ont été toutes deux pondeuses puisque la première a donné des œufs après avoir été isolée et que toutes deux étaient encore en pleim fonctionnement ovarien lorsque je les ai sacrifiées les 22 et 24 juin; j'ai trouvé dans leur utérus un œuf à coquille encore transparente.
IV. — Résumé des résultats fournis par les essais d'obtention d’hybrides et les essais de reproduction des hybrides.
[me parait plus rationnel de réunir dans ce chapitre les deux groupes précédents d'expériences puisque, dans ces deux groupes, les Serins jouent un rôle prépondérant et vont pouvoir nous servir d'élément de comparaison et d'appréciation.
1° Chardonnerets.
Jai eu, en 1909 et 1910, six Chardonnerets mâles appariés avec des Serines. Tous ont été achetés adultes, sans aucune donnée certaine sur leur âge véritable.
De ces six oiseaux, trois se sont montrés inféconds, mais il faut, tout de suite, en éliminer deux, Les N° 112 et 367 qui sont morts de maladie, l'un deux jours, l’autre neuf jours après la ponte des œufs qu'ils auraient dû féconder. Il ne reste à considérer que le Chardonneret N° 109 qui, âgé d’au moins deux ans, à été apparié avec trois femelles différentes qui ont chacune fait une ponte inféconde. L'une des femelles, la Serine N° 110 à donné trois œufs qu'elle n'a pas incubés régulièrement. De plus, cette femelle à été malade pendant assez longtemps avant son appariement avec le Chardonneret ; on peut mettre à son compte la non fécondation des œufs qu'elle à pondus. Ce n'est plus le cas pour les autres femelles N° 114 et 22% qui avaient, peu avant leur appariement avec le Chardonneret N° 109, donné des couvées fécondées par un autre Chardonneret ; 1l faudrait donc incriminer le mâle 109. Mais, si l'on se reporte aux dates de son appariement avec les Serines précitées, l’on trouve pour la première Le 22 août, pour la seconde le 27 août; c'est là une époque très tardive et à laquelle les Chardonnerets sauvages ont terminé leur reproduction, car si, à cette date, l'on rencontre encore de rares nids occupés, ils le sont par des jeunes très avancés et prêts à prendre leur essor.
Les Serines 114 et 224 avaient donc été appariées avec un Chardonneret arrivé à la fin de sa période normale de reproduction, dont deux ans à peine de captivité n’ont pu modifier l'allure. Dans les expériences d'hybridation où intervient ainsi une espèce prise à l’état sauvage il faut, lorsque l’on constitue les couples, tenir compte de l'époque habituelle de reproduction du reproducteur non domestiqué. Le Chardonneret, à l’état de liberté, entre en reproduction bien plus tardivement que nos Serins de cage, et les éleveurs savent parfaitement qu'il est inutile d'apparier de très bonne heure un Chardonneret et une Serine. La première ponte, pour le moins, n'est pas fécondée. C'estce que montre très nettement le Chardonneret N° 115 qui a été apparié avec trois femelles successivement :
1° femelle, N° 223 appariée le 22 février, ponte de quatreœufs terminée Le 25 mars, aucun œuf n’est fécondé (Cette femelle donne des produits avec un Cini au mois de mai et de juin de la même année).
42 A. CHAPPELLIER
2e femelle, N° 114 appariée le 6 avril : première ponte du 8 au 14 avril, œufs non fécondés.
Même femelle, deuxième ponte du 9 au 13 mat, un œuf fécondé.
3° femelle, N° 224 appariée le 18 mai; cinq œufs pondus du 19 au 26 mai, 3 œufs fécondés.
On voit que ce Chardonneret a commencé à féconder les œufs pondus dans les premiers jours de mai seulement. On pourrait objecter que, si la première ponte de la Serine N° 114 n'est pas fécondée, c'est que le mâle n'est pas depuis assez longtemps avec elle. À ceci, il est facile de répondre puisque le même mâle a fécondé les œufs de la Serine N° 224 six Jours au plus après avoir été apparié avec elle.
Cette rapidité d’accoutumance entre deux espèces si différentes que le Serin et le Chardonneret est très grande. Si l’on relève, dans mes élevages, les pontes qui ont donné des jeunes, on trouve des œufs fécondés 7 jours, 6 Jours, 4 jours et même 3 jours au maximum après la constitution des couples. La Serine N° 150 qui a fourni le chiffre le moins faible était, dans mes élevages, appariée pour la première fois avec un Chardonneret,
Sur les 57 œufs pondus par des Serines appariées avec des Chardonnerets, six seulement ont été cassés où mangés bien que, dans la majorité des cas, je n'aie pas séparé le mâle de la femelle. C'est cependant une opinion très courante chez les éleveurs que les Chardonnerets mangent les œufs des Serines. On recommande parfois d'enlever le Chardonneret dès le premier œuf, car la présence du mâle ne serait plus indispensable pour assurer la fécondation des autres œufs de la même ponte. On ajoute, et beaucoup d'amateurs répètent ceci avec le plus grand sérieux, que le Chardonneret pourrait, en gavant les petits, leur crever le gosier avec son bec long et pointu. Il est seulement arrivé dans mes élevages que des jeunes hybrides soient maltraités et meurent après avoir été, sans aucun doute, jetés à bas du nid et tués par les parents ; je serais assez disposé à attribuer ces méfaits aux Chardonnerets, ardents à s'accoupler à nouveau avec leurs femelles, $
2) Hybrides : Chardonnerel >< Serin.
2) Males.
Cinq hybrides mâles provenant du croisement: Chardonneret>x< Serin ont été appariés avec des femelles en 1910, 1911 et 1912. Deux de ces mâles, les N° 954 et 336, ayant été mis avec des femelles de même origine je ne m'en occuperai pas ici. Les trois autres ont été appariés avec des Serines qui ont pondu seize œufs tous inféconds. Tel est le résultat brutal.
Si l’on compare entre elles la ponte des Serines appariées avec des oiseaux féconds et la ponte des Serines appariées avec des mâles hybrides, on remarque immédiatement le petit nombre d'œufs pondus par les dernières Serines et l’irrégularité de leurs pontes et des intervalles qui les séparent.
Les neuf Serines appariées avec des Chardonnerets et avec le Cini ont fait 22 pontes dont 18 sont des groupes de 3, 4 et même » œufs. Sur les 69 œufs pondus par ces neuf Serines, il n'y en a eu que six pondus isolément ; l'un par la Serine N° 107 qui n'a donné que cet œuf unique, ce qui me la ferait considérer comme femelle trop vieille, un second par la Serine N° 110, qui, nous l'avons déjà vu, a été maladive. Seule, en fait, la Serine N° 323, qui a pondu 10 œufs, en a donné trois isolément ; toutes les autres femelles out fait des pontes régulières.
Il est à noter que parmi les six œufs pondus isolément, il s’en trouve un donné le 1% mai 1910 par la Serine N° 223 appariée avec le Cini, et qui, par la suite, à fait trois pontes régulières de quatre œufs. Cette Serine, étant née l'année précédente, l'œuf pondu par elle le 1% mai 1910 était son premier œuf, et ceci est connu des éleveurs que les jeunes Serines pondent souvent un premier œuf isolé avant de commencer leur ponte normale. Cet œuf est séparé de la première ponte véritable par un intervalle moins grand que ceux qui séparent entre elles les pontes consécutives. Dans le cas de la Serine 223, nous trouvons 15 jours seulement entre l'œuf du {2 mai et le début de la première ponte, tandis que 31 jours séparent entre elles les trois pontes normales, Puis
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vient le 9 août, après un intervalle de 2 jours, un dernier œuf isolé : c’est la fin de la ponte de cette femelle dont l'ovaire, arrivé au terme de son activité annuelle, donne, comme à ses débuts, un produit isolé ; cette dernière ponte qui ne s'achève pas est séparée de celle qui la précède immédiatement par un intervalle de 25 jours et, en réunissant les résultats fournis par les autres serines, nous trouvons que l'intervalle entre les pontes à varié entre 25 et 32 jours.
Si nous nous reportons maintenant aux Serines appariées avec des mâles hybrides, nous ne trouvons plus rien de cette régularité : onze pontes ont eu lieu, une seule atteint 3 œufs et six autres se composent d'un seul œuf. Les intervalles entre ces pontes varient de 13 et 20 jours à 57 et 64 jours.
On peut se demander, en présence de résultats si peu nombreux, s’il ne faut pas simplement voir là un fait de hasard, les mâles hybrides n'ayant reçu que des femelles mauvaises pondeuses. Cependant le contraste est tel entre les deux groupes de femelles que je serais tenté d'admettre une répercussion de la constitution génitale anormale des mâles hybrides sur le fonctionnement génital desfemelles non hybrides avec qui on les avait appariés.
8) Femelles.
Parmi les femelles hybrides de Chardonneret qui ont donné des œufs, neuf ont été appariées avec des Serins et suivies de plus près. (J’élimine la femelle n° 216 qui jusqu'au 13 avril n'a pas pondu eta été, à cette date, versée dans une cage commune où elle échappait à une surveillance précise).
Les neuf autres femelles hybrides de Chardonneret ont donné 53 œufs, que l’on peut répartir entre 31 pontes différentes : ceci montre immédiatement quelle à été l’irrégularité de la ponte chez ces femelles. Sur les 53 œufs, nous trouvons seulement deux pontes de # œufs, viennent ensuite 5 pontes de 3 œufs, puis six groupes de deux œufs et enfin {8 œufs isolés. Et encore ce rangementest-il assez précaire car la surveillance des femelles a été rendue difficile par leur comportement capricieux. Ise pourrait même que des œufs aient complètement échappé au recensement puisque, dans certains cas, ce sont de très
rues
ESS Ge
minimes débris de coquille qui ont permis d'en relever la trace.
En ne tenant compte que des faits acquis, nous pouvons mettre dans un premier groupe trois femelles qui ont incuhé régulièrement leurs œufs. Ce sont les hybrides n° 105, 328 et 361. Cette dernière a été la plus régulière de toutes puisqu'elle à fait trois pontes qu’elle a couvées jusqu'au delà du délai normal d'éclosion. Sa dernière ponte ne comporte que deux œufs dont un à été mangé pendant l'incubation.
La femelle n° 105 à donné un premier œuf en cage d'observation puis, appariée avec Le Serin n° 106, une ponte de 4 œufs qu'elle à parfaitement couvés et enfin un œuf isolé dont l’ineubation a été aussi régulière.
La femelle n° 328 a d’abord pondu en cage commune puis a terminé par une ponte de trois œufs qu'elle à incubés très régulièrement.
Aucun des 15 œufs incubés jusqu'à terme par les trois femelles hybrides de Chardonneret n’était fécondé.
Les autres femelles n'ont pas couvé leurs œufs, et Les ont ou
. cassés, ou mangés.
La plus régulière de toutes les pontes des neuf femelles a été faite par l'hybride n° 215 qui, en quatre jours, du 31 mars au 3 avril 1909, a donné 4 œufs. Ce début n'a pas tenu ses promesses car deux œufs avaient disparu 6 jours après la fin de la ponte et je retirai les deux autres pour leur éviter le même sort. La femelle donna ensuite 6 autres œufs mais en quatre groupes : 2, {, 1, 2et mourut le jour de son dernier œuf, visir blement des suites de ponte.
Avec la femelle 218 nous trouvons une pondeuse si irrégulière qu'il devient bien difficile, sauf pour ses cinq premiers œufs, de grouper ses produits en pontes nettement délimitées. C'est une suite d'œufs arrivant sans que la femelle ait jamais cherché à les incuber, et avec des intervalles qui varient entre 2, 3, 4 et 11, 12, 14 et 22 jours.
D'un examen d'ensemble des femelles hybrides de Chardonneret ayant donné des œufs, il ressort que ces pondeuses s'échelonnent sur la voie du perfectionnement génital, sans en atteindre le stade ultime : c’est-à-dire la ponte d’œufs fécondables.
L'irrégularité génitale des femelles hybrides de Chardonneret se manifeste encore par la complète indifférence dont elles
46 A. CHAPPELLIER
font preuve vis-à-vis des mâles féconds qui sont apparliés avec elles et par cette sorte d'égrainement de la nidification qui, nous l'avons vu, peut s'étendre sur toute la période de reproduction sans aboutir à la confection d'un nid véritable. Et si, en nous limitant aux femelles ayant pondu, nous reprenons toutes les données fournies par l'examen anatomique des glandes génitales de ces femelles, nous pouvons admettre, ainsi que Je l'avais fait en 1911, qu'il existe chez les femelles hybrides de Chardonneret une gamme de développements ovariens, allant depuis l'ovaire formant des ovules qui restent indifférenciés jusqu'à l'ovaire donnant des œufs qui sont pondus par la femelle.
Tous les degrés possibles de développement ovarien rentrent dans le schéma suivant :
À. — Ovairesne produisant pas d'ovules.
B, — Ovaires produisant des ovules.
a) Femelle ne pondant pas.
; 2) œufs non fécondables.
5) œufs fécondables.
Les femelles hybrides de Chardonneret n'appartiennent pas toutes à une seule des catégories précédentes ; on trouverait, parmi elles, aussi bien des individus de groupe À que des représentants des groupes a et 4.
C'est à ces conclusions que conduit l'examen d’une série de
b) Femelle pondant
femelles hybrides prises toutes pendant la période de reproduction. Est ce bien là l'exacte réalité dans tous les cas”? J'ai maintenant un fait précis qui laisse place au doute : la femelle hybride n° 349 à donné 3 œufs en 1910. Elle ne pond pas en 1911 et n'a pas encore donné d’œufs le 24 juin 1912, jour où Je l'autopsie. Or, bien que je sois certain de la ponte de cette femelle en 1910, je ne trouve à l’autopsie aucune trace macroscopique d'ovaire et l'aspect de la région de la glande génitale est tel que, si j'avais eu en main cette femelle seulement au moment de l’autopsie et sans connaitre sa ponte de 1910, je leus immédiatement, et sans aucune hésitation, classée parmi les femelles à ovaire atrophié, non pondeuses et rentrant dans la catégorie À.
I résulte de ce fait, isolé mais bien positif, qu'une femelle hybride de Chardonneret ayant pondu peut, deux ans après, avoir-un ovaire réduit à tel point qu'elle semble n'avoir jamais
pondu et n’avoir jamais pu pondre. Et l’on est conduit à interpréter certaines femelles, d'origine inconnue, sacrifices à l'époque de la ponte et montrant un ovaire rudimentaire, non plus comme des oiseaux rentrant dans la catégorie À, mais comme. des femelles âgées ayant cessé de pondre depuis deux années au plus.
Le délai minimum ainsi fixé pour l'achèvement du processus de régression de l'ovaire peut être considéré comme exact si l'on s'en rapporte au cas de la femelle n°349. Que cetté régression de la glande génitale soit d'ordre plus général chez les femelles hybrides de Chardonneret, mais qu’elle demande aussi un nombre d'années différent pour se parfaire, ceci me parait ressortir de l'examen des femelles n° 105, 218 et 361. Toutes les trois ont pondu une première année puis sont restées un ou deux ans sans pondre. Elles ont été autopsiées au mois de juin, etavaient, toutes trois, des ovaires à peine développés ou même presque rudimentaires. L'ovaire le plus atrophié se trouvait chez la femelle n° 218, venait ensuite l'hybride n° 361 (qui présente en outre cette anomalie d'avoir l'ovaire droit fonctionnel) puis la femelle n° 105.
Cette dernière n’en était qu'à sa première année de non-ponte et a été autopsiée le 7 juin. On pourrait donc objecter que les ovules extrêmement petits quoique très reconnaissables à la surface de son ovaire auraient eu le temps d’év oluer (ce qui me parait, du reste, impossible, étant donnée la date de l’autopsie) mais l'aspect de l'oviducte montre bien que cette femelle était en plein repos génital. La trompe gauche, en effet, ne présente aucune trace d'activité, elle a la forme et les dimensions qui caractérisent la période hivernale ; à la voir seule on pourrait dire que la femelle est un jeune oiseau de l’année qui n'a pas encore pondu.
Dans ce cas, la trompe n’a pas suivi la petite poussée génitale qui, cette année-là encore, a déterminé chez la femelle n° 105 un commencement de différenciation des ovules, où bien, peut-être, la trompe est-elle revenue plus vite que l'ovaire à l'état de repos précurseur de la régression progressive de la
-glande génitale. Toujours est-il qu'il parait y avoir une certaine indépendance entre la différenciation saisonnière de la trompe et celle de l'ovaire : la femelle n° 218 qui a un ovaire
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presque rudimentaire, a une trompe légèrement turgescente et à replis aussi bien accentués que chez la femelle 361 dont l'ovaire est cependant plus volumineux et en réduction moins avancée.
Nous avons vu plusieurs femelles hybrides de Chardonneret dont l'ovaire est entré en régression après avoir été fonctionnel. Ine faut pas, en généralisant, abandonner l'hypothèse première de femelles naissant avec un ovaire atrophié et ne pondant jamais. Nous en avons, il me semble, un exemple assez frappant dans la femelle n° 253. Je l'avais achetée en plumage de jeune dans les derniers jours du mois d'août 1910 en même temps que la femelle 252. La femelle 253 ne pond ni en 1911 ni en 1912, et à l’autopsie le 24 juin elle présente des organes génitaux à un stade voisin de celui de la femelle n° 361.
Les femelles n° 253, 361, 349 et 218 étaient en 1911 dans les cages de la serre où, ainsi que je l'ai dit, aucune d'elles n’a pondu à cause de la température trop élevée. J'aurais incliné à mettre sur le compte de cette température anormale le non réveil en 1912 de l’activité génitale chez ces femelles, mais nous voyons que la femelle 252 qui a été parmi elles pond quatre œufs en 1912.
Je verrais contre l'hypothèse de femelles hybrides à ovaire atrophié dès la naissance une objection à laquelle je reconnais, toute sa valeur; c'est la suivante : 11 est possible que les femelles hybrides n'atteignent leur maturité génitale qu'après plusieurs années. Boxnore a observé le fait pour des Canards hybrides et rien dans mes élevages ne me permet d'infirmer ou de confirmer cette hypothèse, en ce qui regarde les femelles hybrides de Chardonneret.
La régression est-elle due à l'hybridation ? C'est un point qui demanderait un nouvel examen, si l'on s'en reporte à ce que dit Lancner : « n'est pas très rare, en effet, surtout chez les oiseaux domestiques, qu'une exagération de cette tendance normale '— {la réduction de l'ovaire pendant la période de repos) — entraine une disparition définitive de la glande ovigère dont il devient dès lors impossible de retrouver la moindre trace. » Guner avait fait la même remarque en 1850 : « La destruction de l'ovaire n'est pas rare, et quelquefois elle est portée à un tel degré qu'il n'en reste plus de traces... »,
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