III. — Essais de reproduction des hybrides
1° Faits antérieurs.
L'examen macroscopique où histologique des glandes génitales des Fringillidés hybrides peut conduire à admettre la possibilité, théorique, d'une fertilité complète chez ces oiseaux : ponte d'œufs paraissant fécondables, pour les femelles ; pour les mâles, la formation, dans les canalicules spermatiques, de spermatozoïdes d'apparence normale et capables de féconder, mais c'est par l'expérience seule que l’on pourrait obtenir des données précises.
Si l'on sen tient aux renseignements fournis par les éleveurs, la fécondité des Fringillidées hybrides serait un fait acquis depuis longtemps, et sa vérification anrait été obtenue à plusieurs reprises et s’obtiendrait facilement, Après avoir essayé de contrôler, par une enquête personnelle, les cas de fécondité d'hybrides Chardonneret >< Serin, qui m'avaient été rapportés, J'ai pu me convaincre aisément qu'il n'y avait là que des récits d'éleveurs amateurs, récits dénaturés et grossis avec Le temps et l'éloignement.
29 Expériences personnelles.
Ces expériences concernant la fécondité des Fringillidés hybrides se sont étendues sur quatre années consécutives, de 1909 à 1912. Elles mont fourni l’occasion de faire quelques observations sur le comportement des hybrides.
a) Expériences de 1911. — Cette série a été absolument négative car, en vue d'éloigner des mâles de leur espèce les nombreuses serines appariées pour l'obtention d'hybrides, toutes les cages renfermant des serins accouplés à des femelles hybrides avaient été installées dans la serre du Laboratoire. J'avais placé là également une grande cage avec plusieurs femelles hybrides sans mâle pour l'étude d'œufs parthénogénétiques.
Au cours de l’été, la température de la serre s'est maintenue, pendant très longtemps, au-dessus de 30°, ce que je considère
comme tout à fait anormal. Je ne tiendrai donc pas compte des résultats négatifs fournis par les couples placés dans ce local.
b) Expériences de 1909, 1910, 1912.
4) Hybrides males.
Hybrides : Chardonneret >< Serin).
Hybride G N° 113. À été acheté adulte, le 2 mai 1909. 1] est apparié avec l'hybride N° 105 achetée le même jour. Le couple reste constitué vingt jours sans aucun résultat,
Hybride g N° 206. — (En 1910). C'est un des jeunes élevés en 1909 par le couple : Chardonneret 138 >< Serime 224, il a été hiverné dans la grande cage réservée aux mâles. Le 6 juin 1910, on l’apparie avec la serine N° 228 qui, depuis deux jours, travaillait dans un des nids de la cage d'hivernage des femelles où elle avait été mise dès son achat, en décembre 1909.
La femelle continue à travailler au nid dans sa nouvelle cage. Le mâle est bien accouplé avec elle, car le 11 juin je le vois la gaver longuement ; ce même jour la femelle pond un premier œuf et un autre le lendemain. Le 14, il n'y a plus qu'un œuf qui est sur le fond de la cage ; le 19, le dernier œuf à disparu.
La serine garde encore le nid d’où le mäle la chasse à coups de bec. Chaque fois, la serine retourne au nid et le mulet revient à la charge sans aucune manifestation bruyante, expulsant la femelle d'une façon presque automatique et sans que je puisse attribuer aucune signification à son acte. Ceci se passe dans la matinée, vers 10 heures. Quand je reviens, à 11 heures moins un quart, J'aperçois le mâle sautillant de barreau en barreau avec une petite branche de mouron dans le bec ; il va se percher sur le bord du nid, vide en ce moment, et abandonne peu après le mouron qu'il à continué de transporter en tous sens. La femelle étant retournée aû nid, le mulet la chasse à nouveau. Il recommence peu après son manège avec du mouron, retourne encore au nid, mais cette fois, il s'y installe et s'y vautre, imitant un peu les mouvements de la femelle qui met en place Les matériaux qu'elle vient d'apporter, mais ilne fait qu'esquisser le geste, sans s'occuper autrement de son morceau de mouron qu'il délaisse aussitôt:
no néiité