‹ Contribution à l'étude de l'hybridation et de l'intersexualité chez les oiseuaxChapitre 11 sur 18 · A. CH APPEL LIER · texte numérisé non relu

A. CH APPEL LIER

les autres ont, avant leur départ, donné plusieurs œufs qui ont été recueillis et que j’ai eus en main.

1912. — Les canards sont envoyés au Laboratoire dès le Il février pour avoir la certitude d’observer la ponte entière.

La femelle Anas X Cairina n° 527 arrive malade et ne donne aucun œuf. Lorsque je l’ai saôrifiée le 9 juin, elle avait des organes génitaux, oviducte et ovaires très réduits sans trace de fonctionnement.

Au Laboratoire, les œufs étaient récoltés cbaque matin, -mais, à de très rares exceptions près, je n’ai pu savoir l’heure exacte à laquelle ils avaient été pondus. La cane pond généralement entre le lever du soleil et 5 ou 6 heures du matin : un œuf avait été ramassé, déjà froid, à 5 heures du matin, et les canes commençaient souvent leur bavardage à la pointe du jour.

Désireux d’étudier une cicatricule immédiatement après la ponte, je me rendis au Laboratoire le 23 juin avant le jour. Il me fallut attendre plus de trois heures et demie avant de recueillir le premier œuf, et, ce jour- là, les deux femelles hybrides seules pondirent. Je dois avouer que peu encouragé par cette tentative je ne la renouvelai point, d’autant moins qu elle demande une surveillance non interrompue car la ponte n’est accompagnée d'aucune manifestation bruyante, et ne se traduit que par un abattement passager de la femelle.

Pour la pesée, l’œuf est placé dans la balance sur un anneau métallique taré qui l’empêche de rouler quand on soulève les plateaux. La pesée est faite au 1 2 décigramme ; une précision plus grande serait illusoire avec un matériel dont le poids change si rapidement.

Un « pied-à-coulisse » donnant le 1/10 de millimètre servait à prendre les mesures. On trouve facilement le grand axe de l’œuf; le petit axe demande plus de tâtonnements et, comme les œufs ne sont jamais parfaitement circulaires, il est indispensable de faire jouer entre les branches du pied-à-coulisse celui que l’on mesure et de noter le minimum et le maximum trouvés.

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2^ Femelle Anas X Cairina n" 52*7

En 1911, d’après le nombre d’œufs recueillis à la campagne, la ponte a du commencer vers le 18 mars. Arrivé à Paris le 25, la cane pond encore un œuf le jour suivant, s’arrête deux jours, donne un œuf isolé le 29 et ne reprend sa ponte régulière que le 4 avril, pour la continuer sans interruption jusqu’au 27 ; ce jour-là l’œuf renferme deux jaunes. À la suite de cet incident, il n'y a pas d’œufs pendant deux jours ; puis, du 30 avril jusqu'au 17 juillet, c’est-à-dire en 77 jours, la cane pond 44 œufs.

La ponte est à peu près journalière jusqu’au 29 mai, avec seulement trois manques les 9, 11 et 24. A partir du 29, les irrégularités se multiplient. Il y a trois grandes lacunes dont la plus importante existe entre le 11 et le 23 juin. Dans le mois de juillet, les œufs sont moins espacés et viennent à peu près régulièrement tous les deux jours jusqu’au 15, puis, après trois œufs consécutifs, la ponte s’arrête le 17.

— La cane reste ensuite au Laboratoire jusqu’au 29 juillet et, comme elle n’a plus donné aucun œuf, je la renvoie à la campagne où je la mets dans la même volière que l'autre femelle Anas X Cairina. Le 8 août, en visitant l’arrière chambre de cette volière, on trouve trois œufs et quelques autres à quatre reprises différentes dans le même mois. Le 1er septembre, un nid renferme trois œufs soigneusement cachés et appartenant, avec toute vraisemblance, à 527, car 526 couve dans un compartiment voisin. D’autres œufs sont recueillis en septembre, et le 30, 527, qui a été isolée depuis quelques jours, donne un dernier œuf, tout petit, puisqu’il ne pèse que 28 gr. 65.

Pendant la seconde période de ponte qui s’étend entre le retour à la campagne et le dernier œuf pondu, la surveillance n’a pas été journalière et, sur 34 œufs, 4 seulement peuvent, avec certitude, être attribués à 527. Si nous les joignons aux premiers œufs pondus par cette femelle, nous arrivons à un total de 83 œufs pour l’année 1911.

Considérée sur l’ensemble de la ponte, la taille des œufs augmente progressivement jusqu’au voisinage d’un maximum autour duquel elle se maintient pour 45 œufs, puis, après la

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période de repos comprise entre le 2 et le 10 juin, la ponte reprend avec des œufs beaucoup plus petits et continue ainsi jusqu’à la fin avec une seule exception le 24 juin.

L’œuf le plus lourd (je laisse de côté celui à deux jaunes) pesait 49 gr. 60, le moins lourd 24 gr. 50. Les longueurs maxima et minima étaient respectivement 54 mm. 6 et 40 mm. 3, les diamètres 40 mm. 6 et 32 mm. 8.

3° Femelle A nas X Cairïna no 536

Entrée, ainsi que sa sœur, le 25 mars 1911 dans la volière du Laboratoire, elle donne son premier œuf de l’année le 11 avril et la ponte continue, avec une régularité remarquable, jusqu’au départ de Paris : du 1 1 avril au 29 juillet, en 108 jours par conséquent, la cane pond 106 œufs. Les manques, tombent le 12 juin et le 16 juillet.

Gomme nous l’avons vu à propos de la femelle Anas X Cairïna n° 527, les premiers œufs trouvés à la campagne après le retour des deux Ç hybrides sont du 8 août. Si on les applique à 526, il y aurait entre le dernier œuf pondu par elle à Paris et la reprise de la ponte, un intervalle minimum de 10 jours. Ce nouvel arrêt brusque dans la ponte, causé par déplacement de l’animal, vient encore à l’appui de ce que je disais plus bas. J’attribuerais également volontiers l’homogénéité dans la ponte de 526, pendant son séjour à Paris, à ce que cette femelle, arrivée au Laboratoire plus de quinze jours avant l’apparition de son premier œuf, était parfaitement acclimatée et n’a subi aucun à-coup dans le fonctionnement de sa glande génitale.

Kelevons à l’actif de 526, parmi les œufs pondus à la campagne, d’abord 7 œufs trouvés sous elle le 1 1 septembre, puis d’autres pondus après son isolement en volière séparée, les 28, 29, 30 du même mois et le 1er octobre.

Enfin, le 8 octobre, 526 pond un dernier œuf à coquille parcheminée. La coquille est mince, souple, cède sous le doigt, elle est, en outre, perméable au point que l’œuf se dessèche sur ma table avec une grande rapidité ; il reprend de l'eau avec une égale facilité : plongé dans le formol, il revient en très peu de temps, à son volume initial.

La taille des œufs va d’abord en augmentant, comme pour

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527, mais avec des sauts brusques et un fort minimum 25 jours après le premier œuf. Il s’en produira encore deux autres à Paris. Les œufs trouvés sous la femelle le 11 septembre rentrent dans la moyenne, tandis que les derniers qu’elle a donnés ont des dimensions réduites, voisines de celles des œufs pondus par l’autre femelle .1 nas X C air in a vers la même époque.

Le poids maximum a été de 55 gr. 57, le minimum 24 gr. 20 et les longueurs extrêmes 54 mm. 3 et il mm., les diamètres 44 mm. 5 et 32 mm. 3.

Ponte de 191$. — La femelle hybride n° 526 arrive au Laboratoire le 21 février 1912. Elle commence à pondre le 10 mars, et jusqu’au 22 mai, jour où elle a été sacrifiée, elle donne 66 œufs. Une première irrégularité de ponte se traduit par une absence d’œuf les 15 et 16 avril, et le 21 la femelle donné, très probablement, un œuf à coquille très molle dont on ne trouve que des débris douteux. La ponte reprend jusqu’au 15 mai, puis cà partir de cette date, il y a 5 jours de suite sans œufs. Enfin la cane recommence à pondre le 20 mai, et quand je la sacrifie le 22, elle a, en outre del’œuf du lendemain que je prélève dans l’utérus, une grappe ovarienne très fournie qui fait préjuger de la ponte d’au moins 8 à 10 œufs.

Ceci donne un total de 75 œufs que cette femelle aurait produits en 1912. Ce nombre est certainement un grand minimum puisque la cane a été sacrifiée le 22 mai et que, l’année précédente, les femelles hybrides avaient pondu jusque dans les premiers jours du mois d’octobre.

Deux des œufs pondus par la cane 526 en 1912 renfermaient deux jaunes. Le premier de ces œufs anormaux est du 27 mars, on le distingue aussitôt à sa taille : il a 59 mm. 6 de longueur et 44 mm. 5 de diamètre, il pèse 66 gr. 95. L’autre, ne se distinguait pas à première vue d’une manière frappante des œufs à un jaune ; sa longueur, 54 mm. 6, est moindre que celle de l’œuf normal maximum pondu 11 jours après (55 mm. 1). Ceci s’explique par la forme des deux masses vitellines contenues dans cet œuf : les deux vitellus sont soudés intimement sur une assez grande surface, et de plus l'un d’eux atteint à peine la moitié du volume d’un vitellus normal.

En calculant la moyenne des poids, j'ai éliminé un œuf, celui du 29 avril, qui avait une coque extrêmement mince et

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ne pouvait par conséquent figurer parmi les œufs normaux.

L’impression qui se dégage des données d’ensemble pour la ponte de la cane hybride 526, pendant les trois années 1910, 1911, 1912, est que la femelle semble avoir atteint son activité génitale maxima en 1911, c’est-à-dire à l’àge de 3 ans. Nous pouvons difficilement nous baser sur le nombre des œufs, puisque la femelle a été sacrifiée en 1912 au mois de mai, c’est-àdire bien avant d’avoir achevé sa ponte. Les autres données (poids et dimensions) des œufs parlent en faveur d’une activité génitale décroissante. Seul le minimum de poids est légèrement plus élevé en 1912 qu’en 1911, mais il ne faut pas 'oublier que la cane aurait en 1912 pondu encore de nombreux œufs, et que les derniers auraient été, vraisemblablement, beaucoup plus petits que la moyenne, ainsi que cela s’était déjà produit l’année précédente. Ceci aurait agi sur toutes les données de 1912 pour les rendre plus petites et accentuer encore la situation prédominante de la ponte de 1911.

4’ Comparaison de la ponte des femelles hybrides avec celle des espèces parentes.

a) Nombre des œufs. — Je n’entrerai pas dans le détail de la ponte des femelles non hybrides témoins et préfère résumer tous les documents qui s’y rapportent dans un tableau général, renfermant aussi ce qui a trait aux femelles Arias X Cairina.

A la colonne « nombre d’œufs pondus », on trouvera, pour plusieurs femelles, deux nombres ditférents. Le premier correspond à un minimun certain ; le maximun n’est qu’approximatif, bien que je ne l’ai donné qu’ après une révision très attentive de mes notes journalières.

Nous voyons que la ponte des femelles hybrides augmente très sensiblement d’une année à l’autre. L’activité génitale de ces femelles irait en croissant avec l’âge jusqu’à un maximum qui parait atteint en 1911, c’est-à-dire à 3 ans, ce qu'indique la série de petits œufs par lesquels se termine la ponte : le poids et la longueur maximun des œufs sont plus forts en 1911 qu’en 1910, et, pour 1911, on trouve comme minimum un chiffre très sensiblement plus petit que celui de l’année précédente.

J’aurais voulu pouvoir suivre toutes les années de ponte des

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canes hybrides, comparativement avec celles des femelles A. Cairina et A. domestica ; les nécessités des recherches histologiques m’ont amené à sacrifier la cane hybride 526, la seule qui ait pondu en 1912, bien avant la fin de sa ponte. Gomme, d'autre part, je n'ai pu trouver de renseignements précis sur le nombre d’années pendant lesquelles pondent ordinairement les canes non hybrides, j’en suis réduit sur ce point à des hypothèses.

Je signalerai cependant encore la date tardive à laquelle les femelles Anas X Cairina ont donné leur dernier œuf, 30 septembre et même 8 octobre. Geci est tout à fait anormal, si l’on compare avec ce qui se passe pour les espèces parentes. Les deux canes A. domestica ont terminé leur ponte avant le 1er juillet ; seule la femelle Cairina 512 donne des œufs jusqu'au 15 juillet. Sa ponte, comme fractionnée en trois couvées régulièrement espacées, commence plus tard que celle des canes domestiques.

Une deuxième femelle Cairina , que j'avais mise à la campagne avec un mâle de mène espèce, n’ayant pas donné d’œufs le 8 juin, je me décide à la sacrifier pour examiner l’état de sa glande génitale et trouve une grappe ovarienne en pleine activité : le premier ovule n'aurait pas tardé à s’en détacher. Faut-il en conclure que la ponte des canes de Barbarie débute toujours plus tardivement que celle de la cane Domestique? S’il en était ainsi, les femelles Anas X Cairina montreraient plutôt une tendance vers la ponte précoce de leurs ascendants paternels.

(3) Dimension et poids des œufs. — Notons la petite taille des œufs hybrides. Les moyennes générales, calculées sur un nombre d’œufs assez considérable, montrent que les œufs pondus par les femelles hybrides Anas X Cairina sont d’une taille très sensiblement inférieure à celle des œufs pondus par les espèces parentes. «

La grande majorité des œufs de petite taille proviennent de la seconde période, après le retour des canes hybrides à la campagne. Faut-il considérer cette fm de ponte, survenant à la suite d'une interruption causée par le déplacement, comme influencée par celui-ci, ou plutôt comme normale et indiquant un épuisement graduel de l’activité ovarienne ?

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C'est peut-être le cas pour la femelle hybride n° 527 chez qui, dès le 52 juin, c’est-à-dire 15 jours avant le départ de Paris, les œufs, à une exception près, accusent une diminution très sensible de taille et de poids.

L'autre femelle Anas X Cairina , n° 526, ne présente rien de semblable : il faut se souvenir qu’elle a commencé à pondre près de un mois après l’autre et que la période critique pouvait fort bien ne pas avoir été atteinte au moment du retour à la campagne.

Si nous nous en tenons à la longueur des œufs, nous voyons que la moyenne de 292 œufs hybrides est 50 mm. 20, tandis que pour les femelles Anas (côté paternel) cette moyenne est de 55 mm. 64 et pour les canes de Barbarie (côté maternel) le chiffre atteint 60 mm. 02.

Si nous faisons intervenir les poids, les faits restent les mêmes : 234 œufs hybrides pèsent, en moyenne, 45 gr. 67 tandis que les œufs de Cairina atteignent en moyenne 67 gr. 41.

Par leurs dimensions et par leur poids, les œufs des femelles hybrides se placent bien en dessous des données fournies par les espèces parentes ; ils se rapprocheraient plutôt du côté paternel [Anas), bien que la différence reste encore très sensible.

y) Forme des œufs . — La forme des œufs pondus par les femelles A. domestica ou C. mosc/iata correspond, d’après ceux que j’ai pu examiner, à trois des six types admis par les Oologistes :

Forme ovale, forme d’œuf et forme cylindrique.

En grande majorité, les œufs des femelles hybridés se rapprochent beaucoup de la forme des œufs de leur mère A. Cairina dont ils ont le contour ovale.

Les œufs cylindriques des canes Domestiques, sœurs de leur père, sont plus allongés, moins arrondis à l'une de leurs extrémités.

Les œufs de mes canes Anas X Cairino. \ se rapprocheraient, quant à la forme, du côté maternel, qui semble caractérisé, quel que soit le contour de l’œuf, par une forme plus trapue que chez la femelle A. domestica.

On peut chercher à mettre ce fait en évidence en calculant le

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Limites entre lesquelles varie le rapport 5 diamètre cjiez ^es

L = longueur

œufs des Hybrides et des espèces parentes

Hy

A-l) — Anas domestica.

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