‹ Contribution à l'étude de l'hybridation et de l'intersexualité chez les oiseuaxChapitre 7 sur 18 · AU P · texte numérisé non relu

AU P

OEul moyen — - —

Ee rapport yy varie entre — - — et ■ — — avec une valeur

moyenne — qui se rapproche beaucoup de celle fournie

par l’œuf le plus large — — •

(Les femelles hybrides m’ont également donné deux œufs nains :

1° Longueur : 13.80 ; diamètre : 9.80 ;

2° id. 9.75; id. 8.00.)

HYBRIDATION ET INTERSEXUALITÉ CHEZ LES OISEAUX

8) Comparaison des trois groupes.

Les rapports extrêmes, pour hybrides, sont :

les espèces parentes et les Minimum Maximum

Chardonneret Serin .

Hybrides .

Entre ces niaxinia et minima, on trouve les différences suivantes ;

Chardonneret : 1.109 — 1.289 =. 0.120.

Serin . . : 1 .504— 1.241 = 0.263.

Hybrides . : 1 .544 — 1 .232 = 0.312.

On voit que la limite de variabilité de forme est beaucoup plus étendue pour le Serin et les hybrides que pour le Chardonneret. Les hybrides présentent une irrégularité plus grande encore que le Serin dont ils se rapprocheraient un peu par cette donnée.

Après la variabilité de forme, prenons comme autre point de comparaison la variabilité dans les dimensions, en relevant les différences qui existent entre les maxima et les minima pour la longueur et le diamètre.

Maximum Minimum

Les différences dans les longueurs, classées par ordre croissant, donnent :

1° Chardonneret : 3.05.

2° Hybrides . : 4.45.

3° Serin. . . : 5.90.

( Chardonneret

Serin

Hybrides

\ Longueur : 18.85

j Diamètre Longueur Diamètre

Longueur

Diamètre

A. CHAPPELT.IER

Les différences dans les diamètres, classées par ordre croissant, donnent :

1° Hybrides . : 2.05.

2° Chardonneret : 2.45.

3° Serin . . :2.90.

La variabilité dans les diamètres est, on peut dire, de même ordre pour les espèces parentes et les hybrides. La variabilité dans les longueurs va presque du simple au double en passant du Chardonneret au Serin, et les hybrides occupent une situation exactement intermédiaire entre les espèces parentes.

Si maintenant nous comparons les maxima et minima des longueurs puis des diamètres, nous avons ce tableau :

Longueur Diamètre

Maximum Minimum Maximum Minimum

Hybrides

Chardonneret .

Serin

et nous voyons que les hybrides se rapprocheraient un peu plus du Chardonneret que du Serin.

— De cet examen comparatif de la forme et des dimensions des Oeufs de Fringillidés hybrides (Chardonneret (fx Serin $), il ne se détache rien de bien net, et il apparaît qu’une telle étude, à moins peut être d’être reprise sur un matériel considérable, ne fournirait aucun résultat caractéristique.

3° Coloration de la coquille

y.) Généralités. — Code des Couleurs.

Vouloir définir une couleur par des mots conduit à des dénominations purement subjectives qui rendent à peu près illusoire toute recherche, toute comparaison ultérieure. L'industrie de la teinture a, depuis lontemps, cherché à tourner la difficulté en établissant des « cartes d’échantillons » qui

HYBRIDATION ET INTER^EXU ALITÉ CHEZ LES OISEAUX

renferment lés teintes les plus usuelles, accompagnées d^un nom conventionnel ou mieux encore d’un numéro. La question prend une plus grande importance en histoire naturelle ; là, il faudrait réunir une suite ininterrompue et graduée de teintes, indispensablement désignées par des nombres pour éviter les confusions, les pertes de temps, et faciliter aussi l’usage international de cette base de comparaison. C’est ce qu’ont essayé de faire MM. Klincksieck et Valette avec leur « Code des couleurs ».

Ce code établi théoriquement, d’après la méthode de Chevreul, présente des lacunes pratiques : il y manque bien des teintes correspondant d’une façon exacte à celles que l’on trouve chez les animaux. Tel qu’il est, le code permet au moins de situer une couleur dans l’échelle du prisme, en un point que l’on trouve par tâtonnement avec assez de rapidité. La méthode n’élimine évidemment pas les erreurs dues aux imperfections de la vue, à l’interprétation personnelle, aux conditions d’éclairement, de luminosité ; elle fournit, malgré tout, un point de départ commun à tous les observateurs et concise les descriptions en les rendant par là même plus claires et plus utilisables.

Les indications de teintes que je donnerai se rapporteront donc au « Code des couleurs » de Klincksieck et Valette. Afin de permettre une certaine approximation, sans qu’il soit besoin de se reporter au code lui* même, j’indique, pour chaque teinte, à quelle grande division elle appartient ; par exemple : 1ers rouge-orangé (pages 46 et 47 du C. C.), 1ers bleus (pages 68 et 69 du C. C.).

Dans l’œuf de Fringillidé, il faut distinguer deux sortes de colorations :

1° La coloration de fond qui est répartie uniformément sur toute la surface de l’œuf ; les œufs de quelques espèces n’ont pas d’autre teinte que celle-ci.

2° Les taches , de couleur bien différente de celle du fond ; nous aurons à considérer leur nombre, leur situation, leur groupement, leur répartition. Les taches peuvent se diviser en : taches de fond, plus claires, plus atténuées, et en mouchetures, plus foncées, de forme souvent très irrégulière

A. CHAPRELLIER

et qui paraissent comme surajoutées aux précédentes (*).

Une définition exacte de la couleur de ces différentes taches en comparaison avec les teintes du G. G., est rendue difficile par leur petite taille, et le résultat est influencé par les phénomènes de contraste qu’il est pratiquement impossible d’éliminer dans ce cas.

P) Serin ( Examen des 39 œufs mesurés).

La coloration de fond va de la 2e moitié des verts-bleus, à la première moitié des bleus : 0398, 3783, 403 A, 403 B.-

Les taches sont réparties sur toute la surface de la coquille dans la grande majorité des cas ; six œufs seulement ont le petit bout dépourvu de taches. Quatre de ces six œufs paraissent bien provenir de la même femelle : leur tacheture est identique et très peu abondante.

Sur tous les autres œufs de Serin que j’ai examinés, on trouve des taches de fond plus nombreuses au gros bout.

Ges taches de fond s'étendent sur une gamme de tons qui va des 1 rS violets-rouges jusqu’aux 2mes rouges-orangés. J’ai noté :

1er violet-rouge : 573 et éclaircis ;

2me violet- rouge : 598 ét éclaircis ;

1er rouge : 23 et éclaircis ;

2me rouge-orangé : 97.

Les mouchetures sont peu nombreuses, et quelques œufs en manquent complètement. On les trouve sous forme de points dont certains ont plus de 1 mm. 5 de diamètre, de taches allongées, de forme souvent irrégulière : en forme de 5, de W, en larme, en massue, en V, ou en filaments fins de grande taille, l’un d’eux atteint 27 mm. de longueur. La couleur de ces mouchetures tombe dans des teintes foncées des 1er et 2me rouge-orangé (53, 54, 58, 59, 78. 79, 83, 84) et certaines de ces taches sont si foncées qu’elles paraissent noires, et ont dû être décrites comme telles ; un léger grattage met en évidence leur véritable coloration.

(’) Cette sorle de classification des taches ne préjuge en rien de leur origine, mal connue du reste. J’ai adopté cette subdivision pour la commodité des descriptions.

H Y BRI DATION ET INTE&SEXU ALITÉ CHEZ LES OISEAUX

y) Chardonneret .

Rev en donne la définition suivante : « couleur de fond blanchâtre tirant sur le bleuâtre et qui pâlit rapidement après que les œufs ont été vidés; taches la plupart du temps rares, de couleur rougeâtre ou gris-violet, entre lesquelles on trouve des points brun-pourpre, des taches allongées et par-ci par-là des filaments et des griftonnages. Toute la tacheture s’accumule presque toujours au gros bout, et y forme souvent une couronne bien marquée ».

J’ai pu examiner 5 œufs, provenant de pontes différentes. La teinte de fond de l’un d eux doit être un des blanchâtres de Rey, elle se rapproche bien probablement de teintes très éclaircies de lor vert bleu (vers 353 A). Les quatre autres œufs ont des teintes de fond plus franchement indiquées, qui jouent dans les verts-bleus (1er vert-bleu, 371 ; 2 vert-bleu, voisin de 378 A).

Trois œufs ont des taches répandues sur toute la surface de la coquille, un n’en a pas au petit bout ; sur ce dernier, les taches sont accumulées surtout au gros bout où elles forment la couronne indiquée par Rey.

Les taches de fond tombent dans les 2e rouges-orangés (97) ou les 1ers orangés (122).

Les mouchetures, assez irrégulièrement réparties, bien que plus voisines du gros bout, sont en forme de points, de de larmes, de V, de stries allongées ; elles tombent dans les rougesorangés foncés 1er et 2° (54-59, éclairci de 58, éclairci de 83). Le noir qu’on a quelquefois indiqué est bien, comme je le disais tout à l'heure, un rouge-orangé très foncé.

o. Hybrides.

La couleur de fond tombe dans les2es verts-bleus et dans les lors bleus, ce sont des teintes éclaircies telles que 378 A : 2e vert bleu, 403 A : 1er bleu. Ces diverses teintes peuvent coexister dans une même ponte ; c’est ainsi que, sur trois œufs de la femelle n° 361, l’un correspond à 378 B, éclairci des 20S vertsbleus, tandis que les deux autres tombent dans les éclaircis du 1er bleu. Tout ceci n’indique pas une grande variabilité, et, dans

A. CHAPPELLIER

l’ensemble, la teinte de fond des œufs hybrides est assez uniforme .

J'ai cependant recueilli, les 31 mai et 2 4 juin 1910, dans une cage où se trouvaient ensemble plusieurs femelles hybrides, deux œufs à couleur de fond d’un blanc pur, et sans aucune tache. Ils mesurent respectivement 15.00 X 11.30 et 1(3.55 X 12.30 et sont, par conséquent, de taille un peu faible, mais encore très normale.

Les taches de fond sont, pour la plupart des œufs, groupées sur le gros bout, et parfois la pointe de l'œuf ne montre que quelques taches petites et très peu nombreuses. Dans plusieurs cas, les taches du gros bout sont serrées les unes contre les autres de façon à former sur ce pôle une sorte de calotte, sous laquelle la teinte de fond peut disparaître complètement par suite du fusionnement des taches.

Quelques œufs — ils proviennent tous de la même femelle n° 218 — sont d'un type différent. Les taches sont réparties sur toute la surface de la coquille, plus marquées au gros bout sur un seul œuf ; sur les autres elles sont à peine visibles à l’œil nu et forment un fin pointillé accompagné aussi de taches plus larges qui masquent la teinte de fond en donnant à l’œuf l’apparence d’un échantillon sali par un trop long séjour au nid.

Entre ces œufs à fine tacheture généralisée et ceux à calotte compacte, on en trouve d’autres chez lesquels le groupement des taches au gros bout est moins accentué. Dans ce cas, ces taches peuvent s’étendre sur toute la surface de l’œuf mais elles sont, en général, plus nombreuses, plus larges vers la plus grosse extrémité de l’œuf. Enfin, j'ai trouvé un œuf sur lequel les larges taches de fond étaient localisées au petit bout, le gros bout étant seulement piqueté de fins points clairs.

La coloration des taches de fond va des 1er* violets-rouges aux 2es orangés, les orangés étaient les moins fréquents.

J’ai noté :

1ers violets-rouges : 572 et 573.

2es violets-rouges : 598 ou éclairci de cette teinte, cette teinte est très fréquente.

1ers rouges: 23 ou éclairci de cette teinte. Je ne trouve rien de spécial aux 2es rouges.

HYBRIDATION ET ïNTERSEXUALITÉ CHEZ LES OISEAUX

1ers rouge s -orangé s : teinte approchant de 63 ou 68 et de 59 et 64.

2es rouges-orangés : 98 et des éclaircis de 88 et 93.

1ers orangés : quelques taches seulement.

2es orangés : éclaircis de 129 et 134.

Toutes les teintes à partir des 1ers rouges-orangés correspondent à des taches plus foncées, plus sombres que celles qui sont situées dans les violets-rouges et les rouges, et l'on peut ranger ces taches à côté ou même parmi les mouchetures proprement dites.

Celles-ci se retrouvent sous forme de points, de rectangles et de formations plus irrégulières : accents, virgules, traits fins et

allongés, en Z, Ces mouchetures sont localisées sur le gros

bout, ou réparties sur une plus grande surface de l’œuf sans atteindre le voisinage du petit bout. Elles suivent en cela la répartition des taches de fond qu’elles accompagnent assez régulièrement. Cependant, il faut noter que ces mouchetures forment, sur plusieurs de mes œufs hybrides, une véritable couronne, entourant le gros bout, et qui se rapproche de la disposition analogue signalée par Rey chez le Chardonneret.

Quant à leur teinte, les mouchetures se relient aux taches de fond les plus foncées, et sont presque limitées aux rougesorangés.

Je relève :

1ers rouges-orangés : 54, 55, 59, 60, 64 et des teintes très foncées tirant sur le noir : 69 et 7q.

2°* rouges-orangés : 79, 80 et 84 ; puis quelques teintes dans les 1ers orangés : au voisinage du n° 103.

s. Comparaison des trois groupes.

Teinte de fond, taches de fond et mouchetures, comparées chez les espèces parentes et les hybrides, nous donnent les résultats suivants :

La teinte de fond des œufs hybrides, située dans les 2es vertsbleus et les 1ers bleus, se rapproche plus de l'œuf Serin que de bœuf Chardonneret chez lequel on trouve fréquemment ces « blanchâtres» ou « blancs-verdâtres » des auteurs, teintes qui

A. CHAPPELLIER

tombent probablement dans des éclaircis très faibles des 1ers verts-bleus.

Les taches de fond de l’œuf hybride, par leur répartition en calotte située au gros bout de l’œuf, ou en couronne, nous rapprochent de l’œuf de Chardonneret. Nous avons vu pourtant des exemplaires à mouchetures fines généralisées, puis un œuf sur lequel les taches sont accumulées au petit bout, dispositions qui ne paraissent pas se trouver chez les espèces parentes. La gamme de coloration de ces taches de fond est plus étendue chez les hybrides que chez chacune des espèces parentes prise isolément : nous retrouvons sur l’œuf hybride, un mélange des teintes de taches de fond qui paraissent propres à chacune des espèces parentes.

Les mouchetures ont une forme assez analogue chez les espèces parentes et les hybrides ; elles sont moins fréquentes chez le Serin dont quelques œufs en manquent complètement, et les hybrides se rapprocheraient un peu du Chardonneret par la répartition de leurs mouchetures.

Leur couleur est assez homogène dans les trois groupes ; il parait seulement que la limite entre les taches de fond et les mouchetures, en ce qui concerne leur coloration, soit moins marquée chez les hybrides que chez les espèces parentes.

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