‹ Contribution a L'etude de L'Hydramnios Aigué: AU COURS DE LA GROSSESSE GÉMELLAIRE UNIVITELLINEChapitre 10 sur 18 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

Des pages qui précèdent il semble résulter que le diagnostic d’hydramnios aiguë est sinon facile, du moins faisable fréquemment chez une femme qui se sait enceinte et chez laquelle se montrent les différents .symptômes que nous avons étudiés ; en pratique, ce diagnostic est extrêmement délicat surtout lorsque la marche de l'affection est si rapide que les accidents éclatent avant que la femme ait eu le temps de consulter un médecin; ce diagnostic est au contraire singulièrement simplifié, lorsque le médecina assisté à l’évolution de l’hydropysie utérine, et dans ce cas, il s'attend aux accidents que nous avons mentionnés, essayant par un traitement approprié de pallier à ces accidents et d’arrêter si possible la marche de l’hydramnios; ce traitement palliatif est, nous le verrons, illusoire. Même lorsqu'il connaît l'hydramnios, le médecin hésite parfois; témoin le cas rapporté par Arzac (Thèse de Bordeaux) : qui cite l'observation d’une femme enceinte de 5 mois et demi chez laquelle on fit la laparotomie pour kyste de l'ovaire à la suite d'accidents aigus de la nature de

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ceux que nous avons signalés alors que l’on connaissait , chez cette malade la présence d'un excès de liquide amniotique. F4

On pourrait de même penser à tout autre kyste abdominal, kyste hydatique, hydronéphrose, coïncidant avec une grossesse plus ou moins avancée.

Nous ne ferons qu& citer pour l’éliminer : la môle hydatiforme que l'on rencontre exceptionnellement (1 fois sur 2.000 grossesses) el surtout au cours de la grossesse gémellaire. Elle peut revêtir une taille volumineuse, mais coexisle généralement à des hémorragies graves. L'utérus est mou et dépressible et rarement on rencontre des troubles de compression.

Le plus souvent, on pense à une vessie distendue par l'urine, hypothèse que le cathétérisme aura vite fait abandonner; cependant il nous faut insister sur le cas de rétention d'urine accompagnant la rétroversion d'un üiérus gravide et qui a été signalée comme source d'erreur. La malade, dans ce cas urine, par regorgement ; il ne faudra donc pas compter sur l'interrogatoire qui aiguillerait sur une fausse piste. Le toucher pourra déceler la rétroversion et ici encore le cathétérisme lèvera

les doutes. à

Nous nous trouvons donc en présence de ? cas possibles :

Ou bien l'état général de la malade et les signes fonctionnels sont au premier plan, ou bien ce sont ls signes physiques qui dominent la scène.

Dans le 1* cas, l’augmentation rapide du volume du ventre accompagnée d’intolérance gastrique, parfois de

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frissonnéments, facies figé, nez pincé, yeux excavés peu vent en imposer pour une péritonite; hypothèse facilitée encore le plus Souventpar la suppressiondes matières et des gaz et la diminution de tension du pouls petit et filiforme (observ. de Boissard); d'autant que l’on a vu pärfois la grossesse se compliquer d'accidents péritonéaux d’origine appendiculaire, où de grossesse extrautérine. Mais le début de ces affections est en général plus brusquement: dramatique; de même, l’élévation de la température et le point abdominal si violent font exceptionnellement défaut au début de ces affections.

Parfois on ne pourra trancher la question que sur la table d'opération après la laparotomie exploratrice.

Si, au contraire, les signes physiques sont au 1° plan, nous penserons à une ascile ou à une fumeur abdominale et plus spécialementà un kyste de l'ovaire.

Certains kystes de l'ovaire, et plus spécialement les kystes à pédicule tordw, ont eneffet un développement

rapide, s’'accompagnant même parfois d'aménorrhée et donnant à l'abdomen le même aspect que dans l’hydramnios ; la percussion ici peut être superposable à celle de l'hydramnios. Souvent l'erreur a été faite et cependant elle pourrait être évitée si le médecin se souvient que les malades sont des multipares et qu’elles se savent enceintes de par les phénomènes qu’elles ont éprouvés lors de leurs précédentes grossesses.

Enfin, la palpation pratiquée à différentes reprises permet d’un jour à l'autre de surprendre l'utérus dans un état de distension moins marquée; on peut alors percevoir plus ou moins nettement soit des contractions uté-

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rines, soit le ballottément fœtal, ce qui fait faire le dia-! gnostic. :

En présence d’une grossesse compliquée d'ascite, nous ne nous tromperons pas; l’aspect du ventre de batracien, le déplacement de la matité et, de la sonorité avec les diverses positions de la malade ainsi que le signe déjà mentionné qui consiste à faire coucher la malade sur le flanc nous permettra de reconnaître qu'il s’agit d’une ascitelibre et mobile dans la grande cavité péritonéale. \ Malgré tout, diagnostic difficile et qui doit toujours être précédé d’un interrogatoire serré de la femme sur la date de ses dernières règles, ainsi que de la recherche soigneuse de tous les signes de probabilité d'une gros-

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