‹ Contribution a L'etude de L'Hydramnios Aigué: AU COURS DE LA GROSSESSE GÉMELLAIRE UNIVITELLINEChapitre 11 sur 18 · ÉTIOLOGIE. PATHOGÉNIE. ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ÉTIOLOGIE. PATHOGÉNIE. ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Quelles sont les causes de l’hydramnios aiguë, quel-est le mécanisme de sa formation? Autant de questions qui ne sont pas encore absolument solutionnées, et le nombre des hypothèses émises à ce sujet(bien que reposant sur des faits ou s'appuyant sur des données anatomiques) nous montre qu'aucune d'elles ne satisfait pleinement l'esprit.

Un point bien établi à l'heure actuelle est l’origine du liquide amniotique; il est d'origine fœtale, fourni pour laplus large part par les urines du fœtus; mais il est hors de doute que des œdèmes considérables survenus chez la mère peuvent entraîner une surproduction de ce liquide. Ce dernier cas a été étudié plus spécialement par Dieulafé et Gilles qui attribuent un rôle à la chlorurémie chez la mère. On a alors essayé des cures de déchloruration, régime lacté (cas de Pinard rapporté par Le Page), mais leur seule action est d'augmenter le taux des urines. On a de même incriminé la syphilis; cette cause est à

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considérer ; son rôle semble, en effet, à l'heure actuelle, très important, au moins dans la grossesse gémellaire univitelline; on s’en rend compte assez facilement en relisant nos observations et plus spécialement notre observation XXI; il est vrai que les statistiques de 1911 ne relèvent que huit cas de spécificité chez la mère sur . 48 cas d'hydramnios aiguë mais nous avons pu nous rendre comple que la proportion est beaucoup plus grande en relisant toutes les observations de grossesse gémellaire univitelline suivies d'avortement qui ont été publiées; de plus, dans la statistique quenous rapportons, la réaction de Wassermann n'a pas été faite chez le père pour diverses raisons et il se peut que dans ces cas elle ait été positive.

Eu ces dernières années, on a émis une hypothèse nouvelle qui repose sur l'assimilation de la séreuse amniotique à une autre séreuse quelconque de l'organisme : plèvre ou péritoine; sous une influence quelconque, l’amnios réagit et il se produit alors une véritable amniolite comparable à la pleurite ou à la péritonite, et qui amène une hypersécrétion de liquide ; cette explication est plausible, mais ne montre pas pourquoi on rencontre plus fréquemment l'hydramnios aiguë au cours de la grossesse gémellaire univitelline, et d'autre part, on se demandesi une séreuse peut réagir si rapidement et si intensément pour produire en si peu de temps un tel excès de liquide. ?

D'autres explications ont été données qui semblent plus satisfaisantes et reposentsur des faits, mais auparavant il nous faut étudier rapidement la disposition et la

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constitution du placenta et de ses vaisseaux telles que nous la retrouvons décrite dans Schatz, Sallinger, Kustner, dans la thèse de Eleuterescu et dans le travail de M. Bar.

Nous donnérons d'abord un aperçu du mécanisme de la grossesse gémellaire univitelline telle que nous l'expliquentces auteurs, et Schatz en particulier.

La grossesse gémellaire univitelline provient de la pénétration d’un seul ovule par un ou plusieurs spermatozoïdes; c’est Fol qui découvrit ce fait en 1879, en étudiant lé mécanisme intime de la fécondation ; mais dès 1865, Dareste avait énoncé la théorie suivante : La monstruosité double n'est que la conséquence de la grossesse gémellaire univitelline; dans tous les cas, le résultat de la pénétration d'un seul ovule par ? spermatozoïdes était une segmentation anormale de l’ovule donnant naissance à la formation d’une larve monstrueuse. En conclusion : la gémelléite univitelline procède d'un ovule pathologiquement fécondé; les deux produits développés sur le:même vitellus sont solidaires l'un de l'autre comme les deux moitiés d'un méme organisme eteonstituent par conséquent toujours un ensemble monstrueux (Eleuterescu), ét ceci nous est expliqué par la circulation placentaire : dans la grossesse gémellaire univitelline le placenta est toujours unique, mais il présente presque toujours des anastomoses entre les deux circulations ; ces anastomoses sont superficielles ou profondes: les anastomoses superficielles visibles sur la face fœtale du placenta se font entre de grosses branches vasculaires, d'artère à artère ou de veine à veine (elles

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manquèrent une fois sur 27 cas d’après Schatz), ce sont les plus fréquentse. .

Il existe encore des anastomoses profondes, mais ce sont ici des anastomoses capillaires se faisant d'artère à veine ou inversement et Schatz, se basant sur les placentas injectés les décrit de la façon suivante :

Certains cotylédons placentaires reçoivent des vais-. seaux artériels et veineux, venant des 2 fœtus si bien qu'au niveau des villosités, on verrait le sang venant d’un artère appartenant au fœtus A, par exemple, passer dans une veine appartenant au fœtus B; ou inversement, le sang d’un artère de B passer dans une veine de À; ainsi se trouverait constituée une 3° circulation. Les ? premières circulations ayant leur origine à et leur terminaison au même cœur, la 3° formant un cercle constitué de ? moitiés :

La 1l'° moitié allant du cœur gauche de À au cœur droit de B. { è

La 2 moitié allant du cœur gauche de B au cœur droit de A.

Elle aboulirait donc aux deux cœurs à la fois.

Telle est la circulation dans le placenta. Pour ce qui est des membranes, nous ne rencontrons bien entendu ici

qu'un seul chorion, mais nous trouvons le plus souvent deux poches rarement juxtaposées, fréquemment superposées pouvant ou non communiquer entre elles plus ou moins largement; la cloison qui sépare les deux cavités amniotiques ne sera donc formée dans ce’cas que de deux membranes amniotiques.

Beaucoup plus rarement encore on rencontre une

seule cavité contenant 2 fœtus (Obs. XI). La proportion de ces cas les uns par rapport aux autres est de 5 grossesses monoamniotiques pour 29 grossesses gémellaires univitellines-(Jais 1911). |

L'insertion des cordons sur le placenta peut se faire

en n'importe quel point; très fréquemment, elle est vélamenteuse dans la cavité hydroamniotique; très rarement, en effet, l’'hydramnios se développe dans les deux cavités.

Le poids des fœtus, toujours du même sexe, est assez dissemblable, pouvant varier de 100 à 300 grammes et plus; il semble que le fœtus contenu dans la cavité hydramniotique soit plus volumineux que l’autre et présente en général des altérations organiques : état œdémateux, ascite, hypertrophie cardiaque, etc., ou des malformations : bec de lièvre, un seul rein, etc.

- La mort et la macération d’un des fœtus est ici trois fois plus fréquente que dans les grossesses bivitel- ‘ lines.

Nous pourrons maintenant suivre facilement les théories pathogéniques émises sur la production de l’hydramnios en général, d’où l’on peut faire découler celle de l’hydramnios aiguë. 5

Sallinger attribue l'hydramnios à la compression de la veine ombilicale au niveau de l'anneau.

Niederbing à un rétrécissement du trou de Botal.

D’autres ont incriminé la transsudation du sérum fœtal au travers des vaisseaux du cordon et du placenta recou-

vert par l’amnios, transsudation possible d’après les

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