‹ Contribution à l'étude de l'Hydro-climatisme SocialChapitre 15 sur 47 · ROC ES · texte numérisé non relu

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années, devant l'espoir que fit naître la collapsothérapie, sous toutes ses formes, et même l'aurothérapie, élait que la cure bvgiéno-diététique pouvait ne plus représenter dans l'arsenal thérapeutique l'importance qu'elle avait auparavant, et même qu'elle devait céder la place aux thérapeutiques modernes. ;

M. le Professeur Sergent, dans sa déclaration à l'Académie de Médecine du 30 mai 1933, mit la question au point en déclarant que la cure sanatoriale doit rester la base fondamentale du traitement de la tuberculose pulmonaire. Aucun de mes collègues phlisiologues ne peut me contredire, a-t-1l dit, j'en suis certain, si j'affirme que nos malades aussi bien de la ville que de l'Hôpital, traités par le pneumothorax thérapeutique, lorsqu'ils en sont justiciables, nous fournissent des statistiques de guérison clinique d'autant plus satisfaisantes qu'ils ont été placés plus rapidement et plus longtemps dans des conditions dites sanatoriales.

La cure sanatoriale comporte pour le Professeur Sergent la cure d'air, de repos, la diététique, la surveillance médicale, et s’il est utile, le traitement approprié.

Le Prof. Sergent a déclaré en outre «si je défends le principe du sanatorium, je ne prétends pas qu'il soit suffisant, j'ai lintention de soutenir qu'il est nécessaire ».

M. le Professeur Bezançon s’est déclaré tout à fait d'accord

avec le Profésseur Sergent, et il a ajouté : «Il y a trois ans, .

à la tribune de l’Académie de Médecine, étudiant l’orientaion de la lutte antituberculeuse, je montrais toute l’imporlance des autres (hérapeutiques. J'avais bien soin d'ajouter que pour les malades justiciables de la’ collapsothérapie et à plus forte raison pour les autres, les vieilles notions d'autrefois restaient loujours vraies, et que devaient être instituées les cures d'air el de repos, si possible en .sanatorium. »

M. le Professeur Rist, à la séance du 20 juin 1933 à l'Académie de Médecine, déclare d'autre part :

« L’apyrexie, le mieux-êlre, le retour des forces, le tarissement de l’expecloration, qui suivent toujours avec une surprenante précocité l’inslilution d’un pneumothorax thérapeulique, ne sont que l’amorce d'une guérison, pour l’achè-

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vement de laquelle la cure de repos et d'aération sont aussi indispensables au tuberculeux que le il est indispensable aux maladies aiguës. »

Un rapport présenté à l'Académie de Médecine signé de MM. Marfan, Bezauçon, Léon Bernard, Risl, Sergent, en octobre 1934, émettait les conclusions suivantes

1° Il n'est pas fondé d'opposer les (traitements modernes, collapsothérapie, à la cure sanaloriale.

2° La cure sanatoriale garde toujours sa valeur, et est l'adjuvant le plus avantageux des autres traitements.

3° Il y aurait intérêt tant pour la prophylaxie que pour le traitement de la tuberculose pulmonaire à développer et à perfectionner les sanaloriums populaires.

Les cures d'aération et de repos ne sont pas supplantées par les traitements mécaniques, a dit M. le Prof. Rist, dans son livre sur la tuberculose. Si. jamais on découvrait une chimiothérapie ou une sérothérapie efficaces de la tuberculose, ces moyens ne seraient nulle part appliqués dans des conditions plus favorables que dans les sanaloriums. Le triomphe du sérum antidiphtérique ne nous à pas délié de l'obligation de lenir nos malades au lit.

L'utilité de la cure d'air, surtout en sanalorium, étant ainsi nettement définie, M. le Prof. Léon Bernard a cru bon de la compléter encore en disant ce qui suil : « Avec dés conditions climatiques favorables se contente-t-on de permettre au processus naturel de défense de l’organisme contre la tuberculose de se développer, ou bien exerce--on sur ce processus une réelle action (thérapeutique ? En faisant la part de ce que celte manière a d’un peu casuiste, on doit cependant reconnaître que l’on assiste parfois à de tels effets d’une simple exposition à un climat, nolamment le climat d'altitude pour tant de malades, qu'on ne peut se défendre d'attribuer à ce facteur une véritable action thérapeutique. »

La climatologie représente donc en tuberculose pulmonaire une arme thérapeutique fondamentale, dont lulilité reconnue depuis fort longlemps, est jugée primordiale par nos maîtres de la Médecine.

Cette thérapeutique, hors de ses effets curateurs aura un

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avantage : celui, qui est loin d’être négligeable, de soustraire au milieu urbain des malades contagieux et d'éviter ainsi la dissémination du mal.

L'armement antituberculeux comporte

des sanatoriums,

des sanaloriums du travail,

des colonies industrielles, visant à la rééducation des tuberculeux cicatrisés,

des villages sanatoriums.

Les cures hydro-climatiques dans les tuberculoses chirurgicales et extra-pulmonaires. — (Jue l'on veuille nous pardonner cette nosologie en bloc, il nous est impossible, dans le cadre étroit de ce travail, d'envisager chaque cas en détail, comme nous désirerions le faire.

C'est vers 1857 qu'un modeste Médecin de Montreuil-sur- Mer, persuadé que l’air marin devait agir efficacement sur les lésions que l’on appelait alors « serofuleuses », confia quelques enfants de lAssistance publique de Paris, dont il avait la surveillance, à une brave femme, la veuve Duhamel; de Groffliers. Grôffliers n’est pas situé immédiatement sur la côte, et c’est dans sa brouette, raconte la chronique locale, que deux fois par jour, la veuve Duhamel lransportait les enfants sur la plage, aidée dans son lravail par une autre pauvre femme, qui vivail isolée et que l’on avait surnommée « Antoinelte toute seule ». |

Les résullats que constala le Docteur Perrochaud furent si satisfaisants, que sur leur rapport, lAssistance publique de Paris fit construire en 1861 un petit hôpital de 100 lits.

Les observalions de Perrochaud furent confirmées par les médecins et les chirurgiens des Hôpitaux de Paris, et en parüculier par Bergeron, Marjolin. L'impératrice Eugénie, ellemême, apprenant la chose, voulut se rendre compte ; elle vint à Berck et décida la création d'un grand Hôpital de 700 lits, qui fut inauguré en 1869. Il a été agrandi et modernisé depuis, et est un des hôpilaux les mieux aménagés qu'il soit possible de voir. Le Baron James de Rotschild fit construire

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un Hôpital qui porte son nom, et dont lui el sa famille assumèrent les frais d'entretien, De petits hôpitaux privés, des maisons de santé se multiplièrent autour de ces formations faisant de Berck une ville unique en son genre, s’il n'existait aux Etats-Unis, la ville de Rochester, dans le Minesota, bâtie autour des cliniques Mayo. Le Docteur Perrochaud dirigea l'hôpital jusqu'en 1891, le Docteur Victor Ménard de 1891 à 1919, époque à laquelle le Docteur Sorrel, chirurgien des Hôpitaux de Paris, en prit la direction, qui est actuellement assumée par le Docteur Richard.

Cet exposé historique de Berck nous montre aussi bien que des statistiques l’essort grandissant qu'a pris la eure hélio-marine dans la thérapeutique des bacilloses extrapulmonaires. L'aggrandissement continu de l'Hôpital de Berck pourvu essentiellement de malades de l'Assistance publique de Paris, envoyés par des Médecins des Hôpitaux de Paris, indique l'importance donnée à ce traitement.

Le VIe Congrès de Thalassothérapie de Berck en 1931, auquel de nombreuses nations étaient représentées, prouve par ailleurs l’importance de la cure hélio-marine.

M. le Professeur Lenormant, délégué de la Société de Chirurgie de Paris, a dit à ce Congrès : « La Société de Chirurgie connaît toute l’aide qu'elle peut lrouver dans les forces de.la nature, dans la question de la tuberculose ostéo-articu- lairé ; je crois que l'avenir est à l'union intime de la chirurgie et de climatologie.

La climatologie guérit beaucoup de tuberculoses, mais ne les guérit pas toutes, en outre elle mel beaucoup de temps. ‘ La chirurgie s'oriente avec elle vers une aclion conservatrice qui, sans toucher au foyer, le mel dans de meilleures conditions.

Ne pensez-vous pas que les résullats seraient beaucoup plus beaux si la chirurgie était faite en sanaloriums, au grand air tout au moins, si tous les malades pouvaient après opération, être rapidement envoyés en sanalorium. Cest une chose réalisable, qui va ressortir, je l’espère, de vos travaux... »

Messieurs Sorrel et Mozer paraissent, en traitant de la tuberculose ostéo-articulaire dans le Traité de Chirurgie ortho-

pédique paru sous la direction des Professeurs Ombrédanne et Mathieu, parfaitement siluer la question : « A lire certains auteurs on pourrait croire qu'il suffit de faire passer quelques mois à un tuberculeux osseux au bord de la mer et au soleil pour assurer sa guérison. Il n’en est malheureusemént pas ainsi. La mer et le soleil sont des facteurs théapeutiques de grande valeur — en améliorant l’état général, en augmentant la résistance de l'organisme, ils mettent mieux que tout autre procédé le malade en état de défense contre la tuberculose. Maïs ce (railement général ne saurait en aucune façon dispenser soit du traitement orthopédique, soit du traitement chirurgical, qui sont nécessaires lun ou l'autre, ou plutôt l’un et l'autre, et pour assurer la guérison de la maladie. »

Traitement climatique d'une part, traitement orthopédique et chirurgical d'autre part, ne s’opposant nullement, il serait tout aussi néfasté de traiter par des résections, des arthrites tuberculeuses sans se préoceuper de l’état général du malade, que de s'attacher au (railement général sans se préoccuper de la lésion articulaire.

Tous les tuberculeux osseux doivent être soignés dans des Hôpitaux bien installés, où tous les (traitements orthopédiques peuvent être assurés el où toutes les opérations chirurgicales peuvent être pratiquées. Ces Hôpitaux doivent être situés au bord de la mer ou à défaut en montagne. »

Done lhéliothérapie et la climatologie sont dans bon nombre de cas le seul traitement et la vraie thérapeutique des lésions ostéoarticulaires bacillaires. Poncet, Rollier, Vignard et d'autres, ont montré qu'elles pouvaient agir par leurs actions propres, en dehors de tout autre traitement. Mais dans bon nombre de cas l’orthopédie et la chirurgie demeurent les {traitements de base, ou sont les adjuvants de l’héliothérapie et de la climatologie.

Il en est exactement de même pour les tuberculoses ganglionnaires.

En résumé, nous pouvons dire que dans les tuberculoses ostéoarticulaires et ganglionnaires les cures climatique ét solaire ont une place de premier ordre, : |

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