INTRODUCTION
Le but principal de notre travail était de trouver un procédé de préparation des hydrocelluloses, susceptible de fournir d’une façon constante de bons résultats au cours de leur éthérification par les acides gras supérieurs, c’est-à-dire le minimum de produits insolubles dans les solvants normaux et, pour la pellicule correspondante, le maximum de résistance, d’élasticité et de transparence.
Les nombreuses recherches qui ont été faites sur la cellulose et les hydrocelluloses ne donnent que des indications assez peu précises, et lorsque l’on emploie comme matière première les hydrocelluloses décrites jusqu’à présent on rencontre en général de grandes difficultés pour obtenir d’une manière régulière des éthers-sels correspondants qui soient doués de propriétés physiques et mécaniques constantes.
Après avoir essayé plusieurs procédés qui nous ont donné des résultats variables, nous avons été conduit à faire une étude, plus méthodique que celles effectuées jusqu’à présent, des principaux facteurs qui influent sur la formation de la matière première, l’hydrocellulose sulfurique, c’est-à-dire : concentration du bain d’acide sulfurique, durée et température d’immersion, durée et température de séchage etc.
Nous avons fait varier successivement ces facteurs, en déterminant, par la mesure des indices de cuivre, le degré de dégradation correspondant de la cellulose; c’est, à notre avis, le seul procédé d'analyse qui puisse jusqu'à présent donner de bons résultats; cette méthode était déjà connue, nous l'avons modifiée et nous avons obtenu une plus grande précision par application du procédé micromanganimétrique au dosage du
cuivre réduit.
Nous nous sommes proposé, en particulier, de déterminer au cours de ce travail s’il existe:
I) une relation entre l'indice de cuivre de la cellulose et son pouvoir d’éthérification.
IT) si oui, quelle est cette relation.
Ce travail a été effectué au Laboratoire de Chimie organique de l’Institut de Chimie de l’Université de Strasbourg pendant les années 1923/24, 1924/25 sous la direction de M. H. Gault, Professeur de Chimie organique et Directeur de l'École Nationale du Pétrole. Nous prions notre cher maître d'accepter l’expression de notre respectueuse et profonde reconnaissance. Nous le remercions pour l'intérêt bienveillant et les conseils précieux qu’il nous a donnés.
La partie dynamétrique de ce travail et la proposition donnée par la Faculté ont été exécutées au Laboratoire de Physique biologique de la Faculté de Médecine de l'Université de Strasbourg. Nous tenons également à remercier M. Fred Vlès, Professeur de Physique biologique, de son bon accueil et de l’intérêt qu'il n’a cessé de nous témoigner.
Nous exprimons aussi notre vive reconnaissance à Monsieur P. Th. Muller, Directeur de l’Institut de Chimie, Doyen de la Faculté des Sciences, et au Conseil de l’Institut, pour l'appui bienveillant qu'ils nous ont témoigné au cours de notre travail. Nous désirons enfin exprimer nos remerciements à M. Robert Truffault, Préparateur à l’Institut de Chimie, pour l'aide précieuse qu'il a bien voulu nous apporter dans la rédaction de notre travail.
C’est un devoir agréable d'adresser tous nos remerciements à M. G. Courtillier, chargé de la Conférence de sanskrit à l'Institut Indo-Européen de la Faculté des Lettres, d’avoir bien voulu relire les épreuves de cette thèse.
CHABLPR ENT
Généralités et Bibliographie
Calvert !) observa, le premier, en 1855 que la cellulose se transforme sous l’action des acides organiques à chaud. Quelques années plus tard (1872), Terreil?) trouva que l'acide sulfurique concentré détermine une modification profonde de la cellulose. Dès 1875 Girard?) étudia d’une manière beaucoup plus approfondie l'action des acides minéraux et organiques sur la cellulose et découvrit au cours de ses recherches un nouveau produit très friable qu’il appelle ,hydrocellulose“.
La question de savoir si l’hydrocellulose à une composition chimique définie ou non, n’est pas encore élucidée; suivant un grand nombre d’expérimentateurs, c’est en réalité un composé d'absorption de composition variable. Hauser) et Herzfeld, par exemple, considèrent que l’hydrocellulose est une cellulose associée à un mélange de produits résultant de son hydrolyse progressive, y compris le glucose et probablement aussi la dextrine. Ils admettent que la nature friable de ce produit est dûe à l’interpénétration de la cellulose par les produits gélatineux de l’hydrocellulose. D'autre part Hess5) et Wittelsbach considèrent que l’hydrocellulose est un composé chimique défini le celluxose pour lequel ils proposent la formule de constitution suivante :
CHEF UX CH, - OH CHSIOX CH — OH CH dans laquelle X = 0 ———-CH