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Chaque cabine est meublée : d’une couchette à sommier, dont le dessous forme commode avec tiroirs ; d’une table de toilette, d'une seconde commode-bureau et d’une armoire. Le médecin du bord, possède en outre un coffre à médicaments.
Mais tous ces meubles, en acajou verni, fixés aux parois de la cabine, sont ornés de moulures multiples qui en rendent le nettoyage difficile. Vu l’exiguité des emplacements, on les a juxtaposés dans des conditions fâcheuses, l'intervalle existant entre eux est trop faible, pour permettre l’enlèvement des poussières et débris qui s’y accumulent sans cesse.
Enfin il existe des trous de sonde communiquant avec la sentine qui viennent s’ouvrir dans quelques cabines d'officiers de machine. |
$ V. — Charniers
Ce nom donné aux récipients placés sur le pont pour recevoir la ration d’eau journalière, vient de ce que, autrefois, ils étaient voisins d’une sorte de garde-manger, où les matelots déposaient le restant de leur ration. Ce sont aujourd’hui des vases en tôle rivetée, demi-cylindriques, ou tronconiques etrevêtus extérieurement d’une garniture en bois, pour les protéger contre la chaleur. Une ouverture supérieure, fermée par un couvercle, sert à les emplir ; tout autour on aperçoit l’extrémité de tubes en fer plongeant jusqu’au fond du vase. Cette extrémité, garnie en étain, simule grossièrement une tétine de biberon, c’est le siphon. Cest en 1830 que ces siphons ont été inaugurés.
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Chaque matin le charpentier du bord, emplit les charniers avec l’eau des caisses, situées à l’arrière, aspirée par une pompe à bras. Cette eau, qu’elle provienne d’aiguades ou du distillateur du bord, est saine, vu létanchéité presque absolue des caisses et leurisolement. Les charniers pleins, l'usage en est un peu différent pour l'équipage et les émigrants. Ces derniers vont se désaltérer en aspirant aux siphons, dont l’emploi est gros d’inconvénients tant au point de vue de la propreté que de la transmission de certaines maladies. Lorsque l’eau est basse la colonne aspirée reflue dans le récipient, entraînant avec elle les débris alimentaires, la salive du buveur. |
Les matelots et chauffeurs se servent rarement de ce système ; chaque poste possédant une clef du cadenas fermant le couvercle, ils viennent puiser l’eau directement par immersion au moyen de bidons, bouteilles tenues à la main, qui plonge fatalement aussi, récipients et mains qui, le plus souvent, sont loin d'être propres.
Dans les ports un charnier est mis à la disposition des ouvriers arrimeurs, pour qu'ils puissent puiser directement à l'instar de l'équipage ; alors se trouvent encore exagérés les inconvénients dus au manque de propreté. Je termine en disant que le charnier n’a pas de tampon de décharge pour pouvoir effectuer un nettoyage commode, au moins à chaque voyage.
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