ENCOMBREMENT
Je ne puis, après avoir analysé les installations, ne pas dire un mot de l'encombrement.
L’encombrement existe chaque fois que le nombre des individus, vivant dans un espace déterminé est en disproportion manifeste avec celui-ci.
« L’encombrement (1) a deux conséquences inévitables, « la disette d'air et le méphitisme, une asphyxie et un « empoisonnement. |
« L’encombrement à bord d’un navireest de deux sor- « tes : ou bien il dépend d’une disproportion avec sa gran- « deur et le chiffre de son équipage, ou bien de ce que l’es- « pace destiné à celui-ci est abusivement restreint par la « cargaison et les approvisionnements. »
C’est bien le cas de tous les cargo-boats dont les locaux destinés aux hommes d'équipage, et les salles d’infirmerie sont dans une disproportion manifeste avec le nombre de ceux appelés à les occuper. Ilen est de même des entreponts, où, pendant certains voyages les émigrants sont entassés comme des animaux.
Après avoir parlé de l’encombrement à bord des bâtiments de l’État, transportant les troupes en Crimée, Fons-
(4) FoxssaGrives. — Traité d'hygiène navale p. 202.
or
sagrives, ajoute : « Quant (1) aux navires de commerce af- « fectés au transport des émigrants, dans l'Amérique du « Nord, transports qui se sont opérés jusqu'ici, dans des « conditions d’hygièneet de moraleque l'humanité déplore, « il importe que la surveillance de Pautorité protège ces « malheureux contre les spéculations d’un mercantilisme « sans entrailles, et que lemaximum des passagers soit fixé « suivant la capacité intérieure des logements habitables. « Le chiffre de 5 mêtres cubes par homme, concilierait les « intérêts des émigrants et ceux de la spéculation com- « merciale. »
Je ne sais quel était le cubage contre lequel Fonssagrives s’élève avec tant de véhémence, mais de nos jours, on trouve communément des cargo-boats, dont les entre-ponts aménagés pour émigrants ne donnent pas à chacun plus de 2 mètres cubes et demi d'air respirable. :
L’encombrement est une des causes les plus puissantes de la viciation du milieu nautique, tant à cause de l’agglomération des individus que de la production du méphitisme qui en est la conséquence ; comment combattre ce dernier facteur, puisqu'il faut accepter forcément le premier ?
Par un moyen puissant : la ventilation qui est non seulement nécessaire aux locaux habités par l’homme, mais aussi aux cales, pour y faire pénétrer, si possible, Pair pur du large destiné à remplacer les miasmes qui s'y accumu-
lent. La ventilation va donc faire l’objet du chapitre suivant.
(1) FoxssaGrives, loc. cit. p. 206.