‹ Contribution à l'étude de l'hygiène dans la marine marchandeChapitre 17 sur 35 · UN . VOYAGE AU BRÉSIL · texte numérisé non relu

UN . VOYAGE AU BRÉSIL

Maintenant que le navire est connu, au point de vue de ses défauts et de ses qualités hygiéniques, je puis aborder le compte-rendu d’un de mes voyages pour montrer la manière dont l'hygiène est pratiquée à bord.

Au recu de ma lettre de service je me rendis au Havre, et me présentai à M. l’Agent Général de la Compagnie des Chargeurs-Réunis, espérant être mis au courant de la situation nouvelle qui m'était faite, ignorant alors comme je l’étais de tout ce qui avait rapport en général à la marine, et il faut bien le dire, en particulier à l'hygiène navale. Je ne fus ‘pas peu désapointé quand M. PAgent Général, après un accueiltrès bienveillant d’ailleurs, me renvoya tout aussiignorant que je l’étais. Le zèle de ce fonctionnaire s'était borné à quelques instructions fort brèves, et surtout fort vagues sur l'hygiène générale du navire, sur la responsabilité

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que le médecin du bord assumait. Il m'avait assuré que l'administration ne s'éparg nait aucun sacrifice pour le bienêtre des passagers et de l’équipage, et qu'il y avait une étuve de désinfection à bord.

Mais quand à me donner des indications précises sur l'hygiène à observer, les désinfections, les précautions à prendre en pays contaminé, rien, absolument rien ! A ce moment cependant la fièvre jaune atteignait son maximum de violence, dans les ports que nous devions toucher ; aussi pour ne pas rester désarmé, je me procurai le traité de la fièvre jaune de M. Bérenger-Féraud, pensant ainsi pouvoir combler à l'aide de cet ouvrage, la lacune qui existait dans mes connaissances médicales.

C’est ainsi que prémuni contre l'épidémie, je partis pour le Brésil avec quarante hommes d’équipages et 20 émigrants que la Compagnie, si bien précautionnée, avait confiés à mes soins. M. l’Agent Général avait eu raison de me parler de la lourde responsabilité que je prenais de la sorte ; j’en faisais la pénible expérience; j'aurais préféré à ses instructions générales quelques recommandations plus pratiques et moins banales.

Le Cordoba était le cargo-boat qui m'était destiné ; il se trouvait dans le bassin Bellot et partait le lendemain, 28 janvier 1893. Je m'y rendis aussitôt et me fis indiquer ma cabine, encore dans tout le désordre du déménagement de mon prédécesseur. Ce n’était pas le inoment de demander des renseignements aux officiers du bord, tous affairés par le chargement; le pont était encombré, les écoutilles béantes.

Ce fut au milieu du chaos étourdissant des treuils que je procédais à mon installation ; je dus moi-même nettoyer

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