‹ Contribution à l'étude de l'hygiène dans la marine marchandeChapitre 29 sur 35 · LS · texte numérisé non relu

LS

7 juillet 7 octobre Â1 juin 10 février ? février 9 VE

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2 mars 4 février

Rio-de-Janeiro Santos

- Santos

Rio-de-Janeiro Bahia

Santos

Santos

Rio-de-Janeiro Montévidéo Buenos-Ayres Santos

Rio-de-Janeiro Permanbuco

yo

No 140

D .., maître d’hôtel, PrAmCusse

B..., 2e mécanicien, Le F.., matelot, R..., matelot,

R.., matelot,

No 11

L..., 2e capitaine, J..., mécanicien, B..., mécanicien, L..., chauffeur,

No 42 T..., cuisinier, M..., 2e mécanicien, Le T..., chauffeur, Her Chatitieur, L..., chauffeur, B..., chauffeur, B..., matelot,

No 13

Le B..., imnécanicien,

H..., 3° mécanicien, Ve À

G..., matelot,

M..., chauffeur, H°., chaufreur, G..., mousse,

No 14

Le B..., chauffeur, G..., matelot,

18 février 1893

91 février

6 mars

29 décembre

? décembre

mars

avril

avril

mai

avril

Lolo Life és

Ce tableau se passe de commentaires et prouve surabondamment, ainsi que le dit M. le Dantec que la mortalité est effrayante pendant les mois de février, mars et avril qui correspondent à la saison chaude de ces régions, surtout à Santos où certains navires, le n° 9 par exemple, a perdu près du quart de son équipage en un mois.

Cest dans ces conditions que le Cordoba venait d’attérir à Santos, où jl était obligé de séjourner assez longtemps pour opérer son déchargement, toujours très compliqué, et ensuite son chargement, composé, à cette époque, de cafés 30,000 sacs au moins.

Arrivé en face du Warf oùil devait stationner, trois matelots descendirent dans un canot du bord, pour porter à la rive les amarres destinées à être fixées à de larges anneaux, scellés dans un petit mur où aboutissait le Warf.

La berge étant presque plate, les trois hommes durent abandonner le canot lorsqu'il eut touché, et descendre dans la vase jusqu’au genoux pour opérer leur travail. Ils en revinrent dans un état que je n’ai pas besoin de décrire, mais qui me fit réfléchir au règlement édicté par la compagnie.

Ce règlement enjoint au capitaine de ne laisser descendre personne à terre, surtout à Santos; or, la manœuvre cidessus est autrement périlleuse, qu’une promenade à terre, et elle pourrait être opérée par des ouvriers du port, acclimatés, et commandés par l’agent de la Compagnie qui est averti assez tôt. Beaucoup de compagnies d’ailleurs n'exposent pas ainsi la saaté de leurs matelots et usent du moyen que je viens d'indiquer.

Aussitôt accostés, le capitaine apprit que vu la gravité de la situation l'équipage monterait à Saô-Paulo ; devaient

Lee

seuls rester à Santos pour assurer le service du bord: le 2% capitaine, le 2°, mécanicien, le maitre d'équipage et un chauffeur pour la petite chaudière.

Le lendemain matin nous prenions le train pour Saô Paulo. La voie ferrée traverse sur un pont en fer le petit goulet et aboutit à la station de Raiz-da-Serra au pied de collines de 7 à 800 mètres de hauteur. Pendant ce trajet et même aux portes de la ville, on rencontre des. bandes d'uruburus, sorte de petits vautours, qui dévorent les cadavres de mules et autres animaux que l'incurie des habitants leur laissent le soin de faire disparaitre.

Sào-Paulo sur le Tieté, un des affluents du Parana est aujourd’hui peut-être la ville la plus florissante du Brésil.

Sa population de plus de cent mille âmes, s’est triplée en quelques années.

Son attitude de 800 m. la met à l’abri de la terrible febra amarella, et sauf quelques quartiers encore insalubres, où l’on constate quelques cas d’impaludisme, la cité peut rivaliser avec certaines villes européennes. Sous l’habile et puissante impulsion du Ministre de l’intérieur de l’État de Sào-Paulo, le docteur Cesario Motta, les terrains humides etmalsains, sont drainés peu à peu, une station d'hygiène calquée, sur celle de Paris vient d’êtreinaugurée,avec étuves, locaux indépendants, et voitures spéciales pour l’arrivée et la sortie des objets contaminés.

Depuis l’année dernière un hôpital d'isolement, avec pavillons séparés pour chaque maladie contagieuse, vient d’être édifié au centre d’un vaste terrain à deux kilomètres de la ville. Cet hôpital a son cimetière, son étuve à désinfection, ses voitures spéciales.

Une canalisation neuve, aboutissant à d'immenses

reservoirs, placés dans la Cantareira, (montagne couverte de forêts à 4 k. de la ville), fait de Sào-Paulo,une ville privilégiée au point de vue de l'abondance et de la qualité des eaux potables.

En juin dernier, j'ai assisté à l'inauguration d’un institut vaccinogène et d’une école normale.

Notre séjour à Säo-Paulo se prolongea jusqu’au 17 avril, sans accidents pour l’équipageet les officiers que je voyais tous les jours.

Par contre le docteur Albert Delansorne de la Ville de Buenos-Ayres. dontl'équipage avait quitté Santos 5 jours après nous, arriva à Saint-Paul le 12 mars avec les symptômes de la fièvre jaune.

Le lendemain la direction d'hygiène vintle prendre pour le conduire à ambucci, dans une maisonnette, louée par l'État, et qui alors servait d'hôpital d'isolement.

Le docteur le Dantec prévenu nous offrit spontanément son concours dévoué; mais, malgré notre empressement, notre malheureux compatriote succombaït le 18 mars, aux atteintes de la terrible maladie contractée à Santos.

La Ville de Buenos-Ayres, après son déchargement à Rio, était venue en effetse mouiller dans l’avant-port de Santos où l’équipage avait attendu 8 jours dans une inaction complète; ce navire est donc resté à ce mouillage pendant 8 jours, exposé à tous les dangers de linfection alors qu’il aurait eu de grandes chances d'échapper en demeurant à Rio, où la rade est relativement saine.

Enfin le 18 mars nous prenions pied sur le pont du Coi-doba.

Le second capitaine, prévenu, avait fait fumigé les postes, hôpital, cabines par l'acide sulfureux.

L’équipage était en parfaite santé, seul, la veille du départ, le chaufteur de la petite chaudière, était entré à l’hôpital, Je l'ai retrouvé le voyage suivant ; il m’apprit qu'il avait eu la fièvre jaune.

Aussitôt à bord, je priai le capitaine de faire condamner les charniers, et d'envoyer les hommes prendre de l’eau à la pompe ; pendant ce temps l’appareillage avait lieu, les feux étant allumés depuis le matin. Arrivés à 11 heures du matin, nous étions en pleine mer à 4 h. 1/2.

Cest alors que je fis prendre les mesures suivantes, grâce à cet état desprit dont j'ai déjà parlé et qui me permit d'obtenir l’avis favorable du commandant.

4° Les charniers furent vidés au moyen d'une gamelle, et un mousse qui y pénétra les assécha complètement au moyen d'un faubert. Je répandis alors un litre d'alcool dans chacun et les flambai. J'étais sûr ainsi de les aseptiser complètement.

2° Le pont lavé à grande eau fut ensuite imprégné de sublimé au 1/1000.

3° Restaient les manches à vent qui allaient répandre sur le pont les émanations puisées dans la cale, contenant 30.000 sacs de café, souillés par les poussières, les mouches de Santos. Qué faire? La ventilation était mauvaise, je la fis supprimer momentanément jusqu’après le passage de la ligne alors que la température tombe au-dessous de 18°. Des capots. en toile à voile furent donc coiffés, sur le pavillon de toutes les manches à vents.

Aussi l’état sanitaire se maintint-il excellent jusqu’au Havre. Le quinquina fut distribué jusqu’à l’Équateur, je visitai les posteschaque jour et surtout pendant les 6 à 8 premiers, temps à peu près certain de l’incubation de la fièvre jaune.

mt PAU

Jusqu'au dixième le capitaine se montra fort soucieux, ne pouvant croire que nous sortirions indemnes de notre expédition.

À ce propos il me raconta que dans un des voyages précédents, ils étaient partis de Santos pour Buenos-Ayres, comme nous, en parfaite santé. Le lendemain il y eut un cas, et l’homme mourut, et les 2 jours suivants le même fait se produisit, si bien qu’en arrivant dans La Plata 3 cadavres avaient déjà été jetés à la mer. En rade de Buenos-Ayres il mourut une autre victime qu'on dut placer dans un cercueil ne pouvant l’immerger. Ce cercueil fut descendu dans une embarcation et la Santé du port fut prévenue par signal.

Elle mit 24 heures à venir. et alors exigea que le cercueil fut remonté sur le pont et découvert. Puis on dut arroser le cadavre en putréfaction, de pétrole et de goudron ; des copeaux furent placés au-dessus et arrosés aussi, et Le tout fut replacé dans le canot. Une chaloupe de la Santé munie d’une longue remorque conduisit Le funèbre colis à 500 m. du bateau ; là on y mit le feu, et cadavre et canot furent consumés sous les yeux du restant de l'équipage épouvanté. Un homme avait accompli avec un courage peut-être inconscient, l'opération du déclouage de la bière, c'était le maitre de l'équipage. La compagnie le sut et l’en récompensa. Il reçut en effet 50 fr. de gratification ! Je retrouvai le récit de ce fait, consigné sur le journal médical du bord, par mon prédécesseur feu le docteur Malherbe. C'était vrai en tous points.

En me narrant ces faits, le vieux marin s'était ému malgré lui. « Croyez-vous me dit-il que lorsqu'on a vu de pareilles « choses, on ne redoute pas l'apparition de cette épouvanta-

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