LAON
« ble maladie ». Heureusement pour tout le monde l’état sanitaire ne varia pas un seul instant.
Nous arrivames au Havre le 20 avril. La libre pratique fut accordée et je me rendis le lendemain à la direction pour demander un congé.
M. l’Agent général avait déjà pris conuaissance de mon rapport, qui était l’abrégé de ce qui précède.
Il me félicita du résultat, ainsi que des mesures prises, sauf pour une, la condamnation des manches à air. Les marchandises non aérées pouvant fermenter, je fus prié de ne plus conseiller cette pratique.
Je ne sache pas cependant que la cargaison. ai souffert en quoi que ce soil.
Mon second voyage accompli sur le C'armpana ne présenta rien de saillant. Je veux seulement en dégager un fait qui au point de vue hygiénique a une importance capitale.
Au terme des réglements, avant le chargement, chaque bateau doit subir un nettoyage et une désinfection sévères; cela se conçoit d’ailleurs, lorsque, comme pour le C'ampana, la cargaison se compose de cuirs verts, de débris de toute sorte, d'os, de cornes, etc.
Dans ce cas, la désinfection est non seulement nécessaire pour détruire les micro-germes, mais encore pour faire disparaître l’odeur infecte qui se dégage des cales et même des entreponts. C’est dans ce cas que les fumigations intences d'acide sulfureux sont indispensables.
Les Compagnies procèdent à ce nettoyage et à cette désinfection elles-mêmes, et un de leurs agents vient ensuite réclamer un certificat à l’un des médecins présents à terre.
Cest au moins ce qui m'est arrivé. Un agent supérieur de la Compagnie me pria d'établir pour le C'ampana un certificat conforme à un modèle type.
Je devais au terme de cet original, certifier que le navire en question avait eu tous ses locaux, cales, entre-ponts water-closets, hôpital, fumigés à l'acide sulfureux à raison de 20 grammes par mêtre cube, tous les orifices étant hermétiquement clos ; Que lentrepont et les postes avaient été repeints à neuf.
Je me rendis au Campana et constatai qu’il s’en dégageait bien une vague odeur d'acide sulfureux, mais ce qui dominait surtout, et cela dans le spardek avant, c'était l’odeur particulièrement repoussante des matières animales en puütréfaction. La poussière et les débris de rouille abondaient dans les interstices du vaigrage, entre-ponts et postes présentaient de grands placards où la rouille avait remplacé la peinture.
Dans ces conditions, je rendis le modèle du certificat que je refusai d'établir, attendu surtout que de nombreux émigrants devaient habiter l’entrepont, 300 environ.
Dès le lendemain le chargement commença sans désinfection nouvelle et le départ eut lieu, sans qu'on me demanda autre chose.
En cours de route je fus obligé de faire fumiger le spardek avant, à cause de l’odeur nauséabonde dont j'ai déjà parlé, cela suffit à peine pour rendre ce compartiment habitable, les malheureux émigrants profitèrent heureusement du temps très doux pour rester sur le pont le plus possible, même la nuit. Commele premier voyage, celui-ci s’accomplit sans maladies graves sauf quelques cas de rougeole parmi les enfants. L’équipage revint sain et saufet en entier.