CHAPITRE V
HYGIENE DU BAIÏGNEUR
Au cours de l’étude précédente, nous avons constaté que l’un des agents de contamination de l’eau des piscines est le baigneur lui-même. Il est donc très important d'éliminer ce facteur de contamination par une surveillance sévère de l’hygiène du baïigneur.
D’une façon générale, les auteurs s'accordent pour considérer le baigneur comme un enfant qu’il faut astreindre de force à prendre des précautions de propreté indispensables pour sa sauvegarde et celle de son prochain.
Nous avons vu que les germes que l’on rencontre dans l’eau des piscines proviennent du nez et de la bouche, de la peau et enfin des matières fécales et de l’urine. Voyons quels sont les procédés efficaces pour éliminer ces souil-
lures.
Tout d’abord le baigneur ne doit pas considérer le bain en piscine comme un bain de propreté, mais au contraire s’assurer avant de pénétrer dans le bassin qu’il est parfaitement propre. De plus, il doit débarrasser sa vessie et son rectum de leur contenu et prendre soin de
se laver soigneusement. Les souillures par lurine sont très fréquentes, car beaucoup de personnes prétendent que l'entrée dans l’eau fraîche provoque un réflexe involontaire; mais si le baiïgneur a pris la précaution de vider sa vessie, les quelques gouttes d’urine qu’il peut expulser dans ces conditions sont peu dangereuses puisque la miction précédente a débarrassé les voies urinaires des germes qu’elles contenaient. En Allemagne, on utilise, paraît-il, un procédé consistant à imprégner le fond des maillots d’une substance qui les colore au contact de l’urine et dénonce ainsi infailliblement ceux qui négligent les préceptes d’hygiène élémentaire que chacun devrait connaître et observer.
La pollution de l’eau par les crachats est également facile à éviter par l'installation des crachoirs dont nous avons parlé plus haut, avec obligation pour les baigneurs de s’en servir, et sanctions contre ceux qui enfreindraient les prescriptions.
Les dermatoses bénignes, et pourtant très répandues, peuvent être évitées en prenant la précaution de ne pas jeter n'importe où les maillots et peignoirs; de plus, il devrait être interdit aux établissements de bains de louer des maillots qui ne sont aucunement stérilisés après avoir été portés.
Kermorgant insiste aussi sur le fait que certaines femmes se baignent même pendant la période menstruelle, et que cette pratique est très dangereuse pour les autres,
du fait que c’est pendant cette période que la contagiosité est maxima au point de vue des microbes vulvaires.
Aïnsi, en prenant quelques précautions élémentaires, il serait possible d’éliminer presque complètement la contagion par les piscines et de supprimer l’un des plus graves inconvénients de la balnéation en commun.