EMA
des foies de chiens exclus de l’organisme et perfusés avec du sang homologue.
Les quantités de sang utilisées pour perfuser le foie d’un chien d’une dizaine de kilogrammes sont de 1.000 à 1.500 centimètres cubes.
Cette masse est fournie par deux chiens donneurs de 15 à 20 kilogrammes saignés par la fémorale après anesthésie à la chloralose.
Le sang est recueilli dans des ballons contenant des perles de verre, agité jusqu’à défibrination et filtré sur quatre épaisseurs de gaze à pansement.
Afin d’éviter toute coagulation du sang provenant du foie au moment de la mise en route de l’expérience, le liquide de perfusion a toujours été citraté à 5 90 par mesure de précaution.
Enfin, nous n’avons pas cherché à augmenter la récolte du sang par des injections intra-veineuses d’eau chlorurée faites aux « donneurs » pendant la saignée, car cette pratique a l’inconvénient de diluer le sang et de provoquer ainsi à la longue un œdème de l’organe irrigué.
Il va sans dire qu'avant chaque expérience, l’appareil à perfusion a été soigneusement nettoyé et les tuyaux de caoutchouc stérilisés.
Avant l’installation de la perfusion, le sang aura été placé dans l’appareil et circulera à blanc pendant une demi-heure environ jusqu’à ce que sa température ait atteint 38°.
Le chien, qui fournira le foie à perfuser, « chien hépatique », est un animal jeune, d’une dizaine de kilos, qui a reçu, en plus de sa nourriture habituelle, 40 grammes de sucre par vingt-quatre heures pendant les quatre jours précédant l’expérience.
Nos perfusions ont été faites exclusivement par la veine porte ; comme nous avons pu le vérifier, la double circulation par la veine porte et l'artère hépatique ne présente en effet aucun avantage si l’on prend soin d’assurer au sang portal une oxygénalion suffisante.
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Le prélèvement du foie comporte deux temps : un temps abdominal et un temps thoracique.
Le chien étant anesthésié à la chloralose, on sectionne après ligature le canal cholédoque. Puis la veine porte est soigneusement disséquée depuis l’abouchement de la veine splénique jusqu’au hile du foie ; on lie et sectionne les veines pancréatico-duodénales.
On place alors un fil d'attente sur la veine porte, on lie l'artère hépatique, les vaisseaux pyloriques et cystiques et on termine le temps abdominal en plaçant un autre fil d’attente sur la veine cave inférieure.
On ouvre ensuite la cage thoracique et l’on place un troisième fil d’attente sur la veine cave supérieure.
La fin de l’opération doit être très rapidement menée afin de réduire au minimum l'arrêt de la circulation portale.
On lie successivement la veine porte et les veines caves, en commençant toujours par la veine porte afin d'éviter toute congestion stasique du foie par arrêt de la circulation de retour.
On découpe le centre phrénique autour de la veine cave inférieure et on sectionne les ligaments suspenseurs et le mésohépato-réno-cave.
Le foie, ainsi libéré de ses attaches, est porté dans l’entonnoir du bain-marie, préalablement garni de sang citraté à 38°.
La canule portale est mise en place et la circulation immédiatement reprise après ouverture des veines sushépatiques.
Les premières portions de sang qui s’écoulent du foie se mélangent au sang citraté renfermé dans l’entonnoir et toute coagulation fâcheuse est ainsi évitée.
On rétablit alors la libre communication entre l’entonnoir et l’oxygénateur, et l’on règle les pinces à vis ainsi que la vitesse de la pompe pour assurer une marche convenable à la perfusion.