‹ Contribution à l'étude de l'hypnotisme et de la suggestionChapitre 2 sur 9 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le sujet que nous avons choisi pour notre Thèse inaugurale paraîtra peut-être sortir un peu des préoccupations habituelles du corps médical. Nous croyons qu'il n’en est rien.

À côté de l’art médical, qui comprend surtout et avant tout la connaissance de la maladie et des moyens de la combattre, il y a la science médicale, dont l’empire, beaucoup plus vaste, s'étend sur tout ce qui intéresse l’être vivant, cet être vivant fût-1l même autre que l’homme. En d’autres termes, tout ce qui touche à la biologie appartient au domaine de la médecine, puisque la médecine peut en faire son profit. C’est par là seulement que son avenir s’est ouvert et agrandi, puisque c’est par là seulement qu’elle a pu quitter les sentiers étroits et tortueux de l’empirisme pour se lancer sur la voie large et

sûre de la science.

La biologie, son nom l'indique, est la science de la vie.

Tout phéromène observé chez un être vivaut peut et doit donc fixer l’attention du biologiste, du médecin, puisque pour nous ces deux mots sont synonymes, tout médecin devant être doublé d’un biologiste.

A ce titre, les phénomènes d’hypaotisme, de sommeil provoqué, de suggestion, doivent préoccuper tous ceux qui s’intéressent aux études qui ont pour objet l'être vivant. quelle que soit l'étiquette dont ils se plaisent à s’orner, philosophes, médecins, physiologistes, voire même les simples curieux. Du moment qu'il est question de phénomènes observés sur l’homme, aucun d’eux n’a le droit de s’en désintéresser. Quand bien même le médecin n'aurait à retirer de ces observations aucun résultat pratique pour son art, son devoir serait encore de ne laisser en friche aucun recoin du domaine qu’il a mission d'explorer. À plus forte raison, doit-il le faire s’il a le plus petit soupçon que son travail ne sera pas absolument stérile au point de vue de sa préoccupation la plus chère, l’art de guérir.

D'ailleurs, la question qui fait le fond de ce travail est loin d’être nouvelle. Depuis longtemps déjà, elle préoccupe les esprits ; sielle n’est pas plus avancée, cela tient aux difficultés sans nombre dont elle est entourée. Peut-être cela tient-il aussi à un certain sentiment de réserve, exagéré sans doute, de la part des observateurs qui nous ont précédé. Cependant, depuis quelques années, cette étude a été résolûment attaquée, et des savants plus autorisés que nous ont publié

le résultat de leurs recherches.

Parmi les fais que nous consignerons dans cette étude, beaucoup ont été signalés, sinon observés, avant nous, mais il en est cependant que nous n’avons vus relatés nulle part. Nous avons observé, nous raconterons ce que nous avons vu, heureux si nous pouvons ouvrir une voie nouvelle.

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