‹ Contribution à l'étude de l'hypophyseChapitre 22 sur 30 · OÙ · texte numérisé non relu

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Nous ne pouvons nous empècher, dès maintenant, dè faire un rapprochement entre cette petite cellule éosinophile et les cellules colorées, à cytoplasme homogène, décrites chez le fœtus de veau. De même que celles-ci nous sont apparues comme des éléments jeunes, n'ayant pas encore sécrété, de mème, la cellule de notre troisième type nous apparait comme un élément redevenu jeune, qui va commencer un nouveau cyele sécrétoire.

En résumé, la petite cellule éosinophile est, pour nous, un élément rajeuni qui s'est régénéré au dépens des restes de la cellule chromophobe. Cette régénération commence par la multiplication active des mitochondries qui subsistaient le long des travées protoplasmiques interalvéolaires ; si bien que, peu à peu, la cellule redevient sombre. Celle-ci, arrivée à son complet développement, fabrique un produit spécifique, élaboré par les mitochondries, et ce produit, incolore, gonfle peu à peu la cellule qui poursuit son évolution jusqu'au stade de la cellule claire. Le même cycle recommence sans cesse, à moins que l’activité de la glande ne se traduise par d’autres manifestations morphologiques que nous étudierons le moment venu.

Maintenant que nous connaissons les trois aspects cellulaires, nous dirons qu'en réalité, le point de départ du cycle sécrétoire est la cellule rajeunie et que le point d'arrivée est encore cette cellule rajeunie.

II) FIxATION PAR LES MÉTHODES NON MITOCHONDRIALES

a) Coloration à l'hématoxyline de Heindenhain-éosine

Cette méthode, ainsi que les suivantes, ne donne pas d'aspects cellulaires aussi typiques que ceux obtenus par la méthode de Regaud. Cependant, déjà à l’aide d'un

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faible grossissement, on remarque des cellules sidérophiles disséminées sans ordre sur le fond plus où moins rose des cordons, dont les cellules constituantes varient comme teinte de la transparence complète au rose plus ou moins vif. Nous voici donc, dès le premier abord, er présence de trois aspects distincts : cellule sombre ou sidérophile, cellule claire ou chromophobe et cellule plus ou moins teintée par l’éosine.

A l’aide d'un objectif à immersion, la cellule chromophobe nous apparaît de la façon suivante : c’est un élément de grande taille, dont le cytoplasme présente une structure alvéolaire, plus ou moins grossière, parfois granuleuse aux environs du noyau. Celui-ci, de forme ovoïde ou arrondie, est clair, faiblement éosinophile, et présente généralement un gros et unique nucléole. Beaucoup de ces éléments sont en mitose : ils possèdent alors un noyau plus foncé, bourré de chromosomes teintés en noir par le fer. Ces éléments clairs constituent à eux seuls le feuillet paranerveux. Dans le feuillet antérieur, ils se trouvent généralement situés à la périphérie des cordons glandulaires.

La cellule sombre, sidérophile, est aussi un élément d'assez grande taille, de forme plus ou moins triangulaire. Elle est caractérisée surtout par son cytoplasme imprégné de noir par le fer.

Enfin, à côté de ces deux types, on trouve une foule de cellules plus petites, moins typiques : leur noyau rosé possède un fin réseau chromatinien, leur cytoplasme, abondant où non, finement granuleux, prend l'éosine avec plus ou moins d'avidité.

Nous avons pensé que cette cellule acidophile évoluait vers le type sidérophile, car on rencontre toute une

gamme d’intermédiaires représentés par des cellules roses avec des plages granuleuses grises, gris-noir, ou noires plus ou moins étendues ; dans tous les cas, le fond reste éosinophile. C’est pourquoi nous avons cherché à vérifier expérimentalement ce fait, déjà signalé par LAUNOIïS, que la cellule sidérophile n'est qu'une cellule très fortement éosinophile.

Une coupe d’hypophyse fut colorée par l’éosine seule, puis dessinée à la chambre claire. Dans un second temps, la même coupe fut traitée par la laque ferrique après mordançage à l’alun de fer: le nouveau dessin, à la chambre claire, superposé au premier, nous a donné les résultats suivants : les cellules faiblement éosinophiles gardent leur caractère primitif, les cellules fortement éosinophiles deviennent sidérophiles et cette sidérophilie est d'autant plus accentuée que l'acidophilie était plus accusée auparavant.

Pour nous résumer, sans entrer pour le moment dans une discussion plus longue, nous dirons que la coloration fer-éosine révèle trois aspects cellulaires : cellules chromophobes, cellules sidérophiles, cellules légèrement éosinophiles.

b) Emploi du colorant de Mann

La cellule claire est à nouveau parfaitement individualisée. C’est un gros élément, plus ou moins arrondi, à noyau -clair, à cytoplasme, pâle, alvéolaire, dont les tra-. vées se colorent en bleu pâle.

La cellule sombre est ici représentée par de grands éléments fortement teintés par l’éosine. Leur cytoplasme, abondant, est de structure granuleuse ; leur noyau est coloré tantôt en bleu, tantôt en rose.

Enfin, les autres éléments sont représentés par des cellules plus petites, à cytoplasme rose pâle, peu abondant, possédant un noyau bleu assez foncé.

c) Coloration au liquide de Mallory

L'aspect le plus frappant est fourni par de grosses cellules, plus où moins triangulaires, prenant l'orange avec avidité ; cette teinte varie en réalité de l'orange vif à l'orange sombre. Le cytoplasme, très granuleux, entoure le noyau, assez petit, clair, taché çà et là de jaune-brun. Ges cellules orangeophiles occupent surtout la périphérie des cordons. Leur situation, leur forme, leur structure, leur caractère chimique, permettent de les identifier aux cellules éosinophiles ou sidérophiles décrites précédemruent.

D'autres cellules se caractérisent par leur pâleur et leur grosseur ; elles sont des plus nettes au niveau du feuillet postérieur. Elles possèdent un noyau arrondi, clair, taché aussi de points jaune-brun ; leur protoplasme est réduit à quelques minces travées teintées en bleu ou gris ; ces travées délimitent des alvéoles plus ou moins grossiers.

Tous les autres éléments qui ne sont ni chromophobe ni orangeophile rentrent dans une troisième variété assez difficile à préciser : en général, on a affaire à un élément petit, c'est le caractère le plus net, dont le cytoplasme, souvent peu abondant, teinté en bleu-gris,

entoure le noyau, coloré par l'orange.

d) Coloration à l'histopolyéosinate de bleu de méthylène

Cette coloration montre, d'une manière générale, que les cellules glandulaires de lhypophyse — du moins à la naissance — possèdent une basophilie accentuée,

L'analyse histologique permet toutefois de reconnaître les variétés cellulaires suivantes

«) Cellules chromophobes à cytoplasme alvéolaire : la membrane plasmatique et les travées interalvéolaires sont colorées en violet ; le noyau granuleux est violet, quelquefois bleu pâle. Il existe souvent, auprès du noyau, un petit amas granuleux de cytoplasma coloré en violet. Les alvéoles sont transparents.

8) Cellules violet foncé qui ressemblent aux cellules éosinophiles et sidérophiles des autres méthodes. Elles ont une apparence granuleuse, mais comme elles ont retenu énergiquement la couleur, il est difficile de se prononcer sur leur structure fine. Dans certaines préparations, la teinte violet foncé est moins prononcée et tire sur le rouge. Certaines cellules à protoplasme violet possèdent un noyau bleu clair, de petite taille.

y) Cellules de petite taille avec noyau violet clair et cytoplasme granuleux violet clair. Quelques-unes montrent une tendance à la vacuolisation.

Les préparations effectuées par la méthode de Crétin montrent d'autres détails importants

«) Les hématies sont colorées en rouge ou, plus souvent, en bleu ciel légèrement sale.

6) La substance colloïde des pseudo-acini est colorée de la même manière.

y) Les cellules à couloir également. Il y a des plages bleues (de substance colloïde) dans certaines cellules.

à) Certains noyaux libres, inclus dans des vacuoles claires, sont teintés en bleu.

Nous nous sommes placé dans Ja description ci-dessus au point de vue purement morphologique. Voici la note

qui nous à été remise par M. Créri et qui donne un commencement d'explication chimique des images obser-

vées : L, #!|

La substance chimique active, contenue dans l’hypophyse, paraît bien être de la catégorie des combinaisons /midazol. Or, l'étude des coupes montre, avec un colorant neutre, qu'il y a :

1) Fixation in silu de la matière colorante basique primitive (bleu de méthylène) ;

2) Basophilie accentuée ;

3) Décomposition de la combinaison éosine + bleu et dérivés du bleu, au profit du bleu ;

h) Les noyaux des cellules glandulaires

a) Se colorent difficilement ;

b) Prennent plus volontiers l’éosinate d'azur et de violet dans lesquels certaines valences du bleu sont libres ;

5) Le protoplasme cellulaire se colore plus facilement et plus intensément que le noyau ;

6) Certaines substances se colorent en bleu et forment, avec le colorant bleu, un composé coloré, insoluble dans l'alcool, ou non décoloré par l'alcool.

Ces constatations contrastent avec

1) La décoloration facile de ces mêmes éléments ;

>) L’électivité normale des cellules conjonctives pour les

colorants,

et paraissent témoigner de l'existence d’une fonction amine très active dans les cellules glandulaires.

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