COLORATION PAR LA MÉTHODE MITOCHONDRIALE
DE REGAUD
Nous avons opéré de la façon suivante :
a) Mordançage pendant 24 heures dans une solution d’alun de fer à 5 % ; | b) Coloration à l’hématoxyline pendant 24 heures ; c) Différenciation dans l’alun ferrique à D % ;
d) Immersion rapide dans l’éosine à 1 %.
Cette technique nous a donné les résultats suivants : les
cellules se présentent sous trois aspects nettement distincts à un faible grossissement : elles sont ou claires, ou sombres, ou de teinte intermédiaire (variant avec le colorant protoplasmique employé), rose dans le cas particulier.
La cellule claire ou chromophobe est un élément volumineux qui donne l'impression d'être gonflé, distendu. Son cytoplasme, réfractaire au colorant, est d'apparence alvéolaire, spongieuse. L'examen à l'immersion permet de voir que les alvéoles incolores sont séparés les uns des autres par des travées protoplasmiques teintées en gris
58 64 en
très pâle, sur lesquelles sont disséminées, en quantité minime, des mitochondries colorées en noir intense par la laque ferrique. Le noyau, légèrement éosinophile, possède un volumineux nucléole noir ou deux ou plusieurs petits. Ces cellules, qui se rencontrent généralement à la périphérie des cordons, sont le plus souvent mononucléées, mais parfois aussi polynucléées (fig. 16). Le cordon cellulaire mixte, représenté par la figure A7, contient lui aussi une cellule à 3 noyaux.
La cellule sombre est plus petite que la précédente, et comme contractée. Un faible grossissement montre un protoplasme franchement noir, un noyau rosé, assez souvent accompagné d’un corpuscule para-nucélaire (fig. 13).
L'objectif à immersion permet de se rendre compte que le cytoplasme est en réalité bourré de très fins granules sphériques qui sont des mitochondries. Les éléments de ce chondriome abondant paraissent disséminés sur un fond acidophile. Le corpuscule para-nucléaire, sorte de sphère attractive, renferme un ou deux centrioles très noirs et très petits.
On trouve tous les intermédiaires entre ces deux premiers aspects cellulaires typiques. Ainsi les mitochondries peuvent n’occuper qu'une partie du cytoplasma et, dans ce cas, on les voit habituellement groupées suivant une zone périnucléaire dense, tandis que la périphérie de la cellule apparaît réfractaire à toute coloration (fig. 15). D'autres dispositions se recontrent aussi : ou bien une moitié de la cellule est claire, creusée de vacuoles, tandis que l’autre moitié est encore bourrée de mitochondries ; ou bien, une plage claire apparaît à l'un quelconque des pôles de la cellule ; mais en règle générale, il semble que les mitochondries disparaissent ordinairement de la péri-
phérie au centre. Il est à remarquer aussi que, dès le début de la disparition des mitochondries, le cytoplasme devient neltement incolore.
Ces deux variétés principales de cellules décelées par la méthode de Regaud, et leurs intermédiaires, nous indiquent, à n'en point douter, le sens du cycle sécrétoire des éléments hypophysaires. Le point de départ de ce cycle est certainement, conformément à tout ce que l’on sait à présent du rôle joué par les mitochondries dans l’élaboration des produits de sécrétion, la cellule sombre, bourrée de mitochondries, et le point d'arrivée, la cellule claire ou chromophobe des auteurs, pauvre en mitochondries, et à cytoplasme alvéolaire. En d’autres termes, la cellule sombre devient peu à peu cellule claire. Au fur et à mesure que les mitochondries disparaissent, elles donnent naissance aux goultelettes de sécrétion incolores, qui remplissent les alvéoles de la cellule chromophobe, et lui donnent peu à peu cet aspect gonflé que nous avons décrit plus haut.
Quand le produit de sécrétion s’évacue, la cellule revient à des dimensions normales tandis que son cytoplasme redevient éosinophile : c’est le troisième aspect typique que nôus avons observé. Il est représenté par des éléments de petite taille, à noyau arrondi, à cytoplasme homogène, teinté électivement par les colorants acides. Ce cytoplasme n'estpas complètement dépourvu de mitochondries, et peu à peu, celles-ci réapparaissent jusqu'à remplir tout le corps cellulaire, le protoplasme gardant son caractère éosinophile. La plus ou moins grande abondance des mitochondries nous fournit tous les intermédiaires entre la petite cellule éosinophile et la cellule sombre décrite plus haut.