‹ Contribution à l'étude de l'hypophyseChapitre 24 sur 30 · Elément de ran Elément volumineux. grande · texte numérisé non relu

Elément de ran Elément volumineux. grande

Liq. de Bouin|Cytoplasme alvéolaire, anse Elément de petite taille. “réfr SE l Cytoplasme fortement C | à al — réfractaire au colo-| oDhil ….1Cytoplasme rose pâle. éosinophile, granu-|Ÿ ñ Mann rant. ES Noyau bleu foncé.

Noyau clair. :

NE Noyau bleu ou rose vif.

Elément de grande Elément volumineux. taille.

Liq. de Bouin|Cytoplasme alvéolaire,|Cytoplasme fortement|Elément de petite taille. réfractaire au colo-| orangeophile, granu-|Cytoplasme bleu-gris.

Mallory rant. leux. Noyau orange.

Noyau clair. Noyau petit, orange ou bleu.

Liq. de Bouin Elément de grande

taille. ss a ; Fe EN toplasme aies Elément de petitetaille.

pate de bleu de N peree olet bI violet foncé ou rouge. C5 phn 9 finement

shine Noyau violet ou bleu Nosat tion es granuleux, violet clair.

(Crétin) pâle. clair.

Elément volumineux.

| Histopolyenst, Cytoplasme alvéolair

Quelle que soit la méthode employée, nous trouvons constamment :

1) La cellule claire caractérisée par sa taille, sa structure et sa chromophobie ; les auteurs ont toujours admis son existence.

2) La cellule sombre ou fortement colorée, caractérisée par son cytoplasme granuleux et sa chromophilie ; nous avons signalé, chemin faisant, l'identité des cellules sidérophile, éosinophile et orangeophile. L'élément granuleux, fortement coloré par la méthode de Crétin, rentre aussi dans cette variété puisque ses caractères et sa situation dans le cordon glandulaire sont identiques.

3) La cellule petite, homogène ou finement granuleuse présente elle aussi les mêmes caractères dans les diverses catégories. 3.

HisropaysioLociEe. — Les trois cellules décrites correspondent à trois phases secrétoïres d’un seul type cellulaire.

Nous pouvons maintenant établir la filiation qui existe entre les trois aspects cellulaires dont la concordance vient d'être exposée dans le tableau ci-dessus. Nous nous baserons, en outre, sur les conclusions éparses, formulées dans les pages précédentes.

La cellule rajeunie est le point de départ du cycle sécrétoire ; la méthode mitochondriale nous permet de laffirmer. Cette cellule rajeunie élabore un protoplasme neuf aux dépens des restes de la cellule qui vient d'évacuer son produit de sécrétion. Elle s'accroît peu à peu et, plus elle grandit, plus son protoplasme devient granuleux et chromophile. La cellule granuleuse (ou chromophile

des auteurs) est, selon les fixations et colorations, bourrée de mitochondries, ou sidérophile, ou orangeophile, etc.). Aux dépens des granulations protoplasmiques, va s'élaborer un produit de sécrétion, incolore, inclus dans des alvéoles. Ce produit de sécrétion, en s’accumulant dans la cellule, la distend et amincit de plus en plus les cloisons interalvéolaires. Finalement, on est en présence d'un élément clair et globuleux : la cellule granuleuse est devenue une cellule alvéolaire et distendue, une cellule chromophobe.

Par un mécanisme que nous n'envisagerons pas, rupture de sa membrane ou transsudation, la cellule chromophobe se débarrasse de son contenu soit directement dans le sang, soit dans un pseudo-acinus.

Cette excrétion terminée, l'élément redevenu petit, élabore un nouveau protoplasme, se régénère, devient en

somme une cellule rajeunie.

La filiation des cellules, basée sur le cycle sécrétoire,

peut donc être résumée ainsi :

1) Cellule rajeunie ;

2) Cellule granuleuse (ou chromophile) ; 3) Cellule chromophobe ;

4) Cellule rajeunie.

Et nous dirons que la cellule rajeunie correspond au stade d'élaboration, la cellule granuleuse, au stade de sécrétion, la cellule chromophobe, au stade d’excrétion. La plupart des auteurs admettent que la cellule chromophobe est la cellule au repos ; nous dirons plus justement qu'elle est une cellule dont les éléments élaborateurs ont terminé leur œuvre. C'est la cellule épuisée de THaox,

ne

CONFRONTATION AVEC LES RÉSULTATS DES AUTEURS. — Le récent travail de SrewarT, qui donne un tableau résumant les conclusions des auteurs, montre que les avis restent partagés quant à la classification des cellules glandulaires et l’on pourrait presque en conclure que chaque histologiste a une classification qui lui est personnelle.

Nos conclusions diffèrent peu cependant de celles de LoraRiNGEer et de Rocowrrscn, puisque aux cellules chromophiles et principales de celui-ci, aux cellules chromophiles et chromophobes de celui-là, nous ajoutons seulement un type intermédiaire, type de transition obligé dès que l'on admet que les différents aspects cellulaires correspondent à des phases sécrétoires différentes.

Nos conclusions se rapprochent aussi de celles de Taom ou de TRAUTMANN qui classent les éléments glandulaires en :

Cellules chromophobes ;

Cellules faiblement cyanophiles ; Cellules faiblement éosinophiles ; Cellules cyanophiles ;

Cellules éosinophiles.

Dans cette classification, si l’on néglige les deux types : celules faiblement cyanophiles et faiblement éosinophiles (types de transition), on ramène à trois principales les catégories cellulaires, à savoir les cellules chromophobes, les cellules cyanophiles et les cellules éosinophiles. La question est maintenant de savoir quelle valeur il faut altribuer au mot cyanophile qui, très souvent, et à tort selon nous, est employé par les auteurs comme synonyme de basophile. Le bleu de méthyle, couleur acide, colore

= di

en bleu, dans les hypophyses de l'adulte, certaines cellules tandis que d’autres fixent avec électivité l’éosine, autre couleur acide. Dirons-nous cependant que les premières, qui sont cyanophiles au sens étymologique du mot, sont des éléments basophiles ? Et pourtant, la confusion est fréquente. L'expression « basophile » n'est pas mieux définie dans l'esprit de certains histologistes. Correctement appliquée par quelques savants, c’est-à-dire dans le sens d'éléments histologiques avides de matières colorantes basiques (sels dant la base est colorée et l’acide incolore), elle est employée par d’autres dans un sens beaucoup trop large et c’est ainsi que de nombreux histologistes qualifient de basophiles des organes cellulaires qui se colorent en noir par le fer. Or, nous avons vu que les grandes cellules granuleuses éosinophiles sont en même temps sidérophiles. Tout cela nous engage à n'attribuer qu'une faible valeur aux classifications dont les auteurs n'ont pas défini soigneusement le vocabulaire et nous incline à n'accorder que peu de crédit, pour la classification, aux fixateurs qui, en détruisant plus ou moins le chondriome, modifient profondément Ja structure du cytoplasma. De tous les moyens techniques que nous avons employés, c'est la méthode de Regaud qui nous à donné les résultats les plus clairs. Nous pensons donc que toute tentative nouvelle de classification des cellules hypophysaires devra reposer sur l'emploi des fixateurs cytoplasmiques et que, dans la plupart des cas, les mots cyanophile et basophile appliqués aux cellules hypophysaires n’ont actuellement pas une grande valeur objective.

Si nos résultats paraissent concorder, dans une certaine mesure, avec ceux de TRAUTMANN, notre manière de voir

diffère de celle de STEwART, résumée, dans le Précis d'Histologie, de Poricarp, de la façon suivante : « Ces variétés de cellules représentent des stades sécrétoires différents d'une même espèce cellulaire. La succession de ces stades peut être fixée ainsi. La cellule ne renferme d'abord aucune inclusion, autre que ses mitochondries (cellules claires, chromophobes ou principales), puis elle élabore des granulations d’abord basophiles (cellules cyanophiles et sidérophiles) qui deviennent ensuite aciz dophiles (cellules chromophiles) ; ces grains semblent alors se dissoudre et imprégner diffusément le cytoplasma qui devient acidophile et vitreux. Cette substance est ensuite rejetée à l'extérieur par la surface de la cellule ; le protoplasma n'apparaît acidophile et vitreux qu’à la périphérie de la cellule ; au centre, le protoplasma a repris son caractère clair du début. La cellule repasse ainsi peu à peu au stade clair. » Ce que nous avons dit plus haut (page 73) montre que le début du cycle sécrétoire n’est pas la cellule chromophobe, comme le veut STEWART, Mais au contraire la cellule rajeunie. Ajoutons, aux arguments que nous avons donnés à l'appui de notre manière de voir, la considération suivante : au cours de l'ontogenèse, ce sont les petites cellules acidophiles qui apparaissent les premières parmi les cellules, jusque-là indifférentes, de l’'ébauche hypophysaire. Il en serait certainement autrement si la cellule chromophobe était le point de départ du cycle sécrétoire et nous devrions assister à la différenciation de ces cellules avant de voir apparaître les petites cellules éosinophiles.

= 78 ré

Formations fibro-épithéliales du feuillet paranerveux

Dans les hypophyses de chat et de chien nouveau-nés que nous avons étudiées au cours de notre travail, nous avons été frappés par l'aspect spécial que présentait le feuillet paranerveux ou feuillet postérieur du sac hypophysaire. Il ne s’agit ni de son peu d'’affinité pour les colorants, ni des nombreuses figures de division cellulaire qu'on y rencontre, ni même de son individualisation si nette chez ces animaux. Il s’agit de l'existence d’un élément particulier, que nous croyons pouvoir ranger dans la catégorie des cellules à épithélio-fibrilles.

Sur une coupe d’hypophyse de chat, fixée au liquide de Bouin et colorée à l'hématoxyline au fer-éosine, le feuillet postérieur, au stade que nous envisageons, est un épithélium pluristratifié avec un minimum de trois étages de noyaux. Les cellules qui le constituent sont de gros éléments clairs, allongés en bordure de la fente épithéliale, polyédriques au contact du lobe nerveux. Elles sont groupées en amas légèrement arrondis, plus ou moins larges, séparés les uns des autres par d’étroites bandelettes foncées, allant d’une surface à l’autre, ou occupant une partie seulement de l’épaisseur du feuillet postérieur. Les coupes frontales sont celles qui se prêtent le mieux à cette étude.

Un grossissement convenable montre que la bandelette est en réalité composée d’une portion renflée, piriforme ou ovoïde, qui se prolonge par une ou deux expansions protoplasmiques.

Selon la situation du renflement, par rapport à la

trame conjonctivo-vasculaire sous-épithéliale, nous distinguerons les types suivants :

a) Type piriforme dont le renflement est en contact avec l’une ou l’autre des surfaces du feuillet.

Tantôt le renflement repose sur la trame conjonctivovasculaire et se prolonge vers la fente épithéliale, qu’elle atteint ou non, par une expansion protoplasm'ique. Si l'expansion est parfois unique, la plupart du temps elle se dédouble en rameaux plus fins qui divergent légèrement, ou elle se bifurque franchement à angle droit (fig. 18). Dans ce cas, après un court trajet parallèle à la surface du feuillet paranerveux, les expansions se courbent brusquement à angle droit pour atteindre, ou peu s'en faut, la fente épithéliale. On a l'impression que ces expansions cheminent le long des faces cellulaires.

Tantôt le renflement est en contact avec la limite postérieure du sac hypophysaire (fig. 19). On a affaire à un type semblable à celui que nous venons de décrire, mais il est renversé. |

b) Type bipolaire.

Dans ce second type, le renflement occupe l'étage moyen du feuillet juxta-nerveux. De forme généralement ovoïde, chacun de ses pôles s’effile en un prolongement qui se dirige, pour l'atteindre souvent, vers la surface épithéliale correspondante (fig. 20).

c) Un troisième type est fourni par les éléments unipolaires dont fe renflement est situé à des hauteurs diverses dans l'épaisseur du manteau, et dont l'expansion unique atteint l’une des surfaces épithéliales. Il est possible que cet aspect soit dû à l'obliquité de la coupe par rapport à l'élément (fig. 20, #). Aussi croyons-nous que

ious ces éléments se ramènent en définilive aux deux types principaux : piriforme et bipolaire.

Ces deux types sont répartis sans aucun ordre dans toute la longueur du feuillet postérieur. C'est ainsi qu'en certains points, ils sont rapprochés jusqu'à se placer côte à côte, en d’autres points, ils sont séparés par une ou plusieurs cellules.

Au point de vue cytologique, l'élément décrit sous l’une ou l’autre de ces modalités n’est autre qu'une cellule dont le noyau occupe la portion renflée. I est entouré d’une couche cytoplasmique, à peine visible, dont les expansions décrites plus haut ne sont que les prolongements. Ce cytoplasma est de nature fibrillaire ; c'est ce qu'on observe nettement, dans les endroits les plus favorables, en faisant varier le point. C'est dire que, si certaines expansions s’effilent de plus en plus en s’insinuant entre les faces cellulaires et n'arrivent pas toujours jusqu'à la surface épithéliale, d’autres, au contraire, viennent s'implanter sur elle par un pied élargi dans lequel les fibrilles s’étalent, en divergeant, au lieu d’être tassées comme dans les portions plus rétrécies. Ajoutons que parmi les expansions fines, il en est certaines qui se terminent au contact de la limitante connective par une sorte de petit bouton prolongé ou non par une pointe.

L'aspect fibrillaire est des plus nets dans quelques cas du type piriforme lorsque le renflement n'est pas immédiatement au contact de l’une des surfaces épithéliales, Le noyau est alors inclus dans une sorté de cône protoplasmique, qui se continue jusqu'à la limitante conjonctive et montre, d'une façon typique, sa structure fibril- Jaire dans la petite zone infranucléaire (fig. 20, eæ. f.).

Comme la plupart des amas épithéliaux, délimités par

ces éléments, sont le siège de nombreuses divisions cellulaires directes ou indirectes, nous pensons que cette prolifération active contribue pour beaucoup à tasser ces éléments intermédiaires et à leur donner cet aspect effilé qui les caractérise. Nous pensons aussi qu'il y a lieu de faire un rapprochement entre les cellules du second type et les cellules bipolaires épithéliales particulières signalées dans cette région par quelques histologistes, en particulier par Rerzius, CaJaL, GEMELLI, GENTÈS, TELLO, etc.

Quelle est donc la nature de ces éléments qui rappellent les spongioblastes du tube nerveux primitif ou certains éléments névrogliques ? Se trouve-t-on en présence d’un élément conjonctif ? Une coloration élective du tissu conjonctif, en bleu par le procédé de Mallory employé dans le cas particulier, nous fait d'emblée éliminer cette hypothèse. S'agit-il alors d'un élément névroglique ? Pareil fait n'a jamais été signalé et d’ailleurs on se demande comment des cellules névrogliques auraient pu passer du lobe nerveux, à travers la trame econnective, pour venir se loger entre les cellules chromophobes du manteau. Cette seconde hypothèse, en outre, à contre elle ce fait, que nous avons rencontré les mêmes éléments, non seulement dans le feuillet postérieur, mais aussi dans les parties non encore proliférées du feuillet antérieur qui avoisinent la zone de réflexion de ces deux feuillets.

‘Enfin, peut-on penser à des cellules nerveuses qui seraient alors des cellules sensorielles ou esthésioneures ? Nous n'avons jamais vu les expansions ou les fibrilles qui entrent dans leur constitution franchir le tissu conjonctif sous-jacent. Or, il serait inadmissible d'identifier nos

éléments à des cellules nerveuses, et de ne les voir nulle, part en communication avec. le lobe postérieur. |

Une autre hypothèse s'offre à l'esprit, qui à été soute-. nue par GExrès, CAyaL, TELLO, etc. : les cellules en question seraient des cellules pseudo-sensorielles. GENTÈs, en, effet, a noté, dans le feuillet postérieur, la présence d’éléments bipolaires à aspect si spécial, que ce feuillet lui à semblé avoir la structure d' un véritable épithélium sensoriel. De leur côté, CAsAL et TELLo ont penché vers la nature sensorielle du lobe nerveux grâce à la présence de ces mêmes cellules bilopaires. |

Or, nous savons que les fibres nerveuses + la neur-. hypophyse forment un riche plexus sous-jacent au revêtement épithélial, et que, de ce plexus, partent des rameaux qui entrent en contact avec ce revêtement en s'insinuant entre les éléments cellulaires. Les méthodes cmployées par nous, dans le cas particulier, n’ont pas coloré électivement le plexus nerveux, mais il se peut que de ce plexus partent des rameaux qui se terminent en arborisations tout autour de nos éléments piriformes ou bipolaires. Notons en tous cas que, s'il existe au. niveau du feuillet postérieur des cellules pseudo-senso- . rielles, elles y jouent un rôle que nous ne connaissons pas, mais qui est certainement transitoire puisque ces éléments disparaissent tôt ou tard au cours de l’évolution,

Nous concluerons qu’il s’agit certainement de cellules épithéliales, différant de leurs, voisines par leur aspect effilé et par la constitution fibrillaire de leur cytoplasme. Tassées mécaniquement, grâce à l’exubérance proligère des groupes de ‘cellulés environnantes, elles ‘ont perdu . leur fonction glandulaire et se sont adaptées à un nouveau rôle, Comme elles présentent des analogies avec les

cellules de soutien de certains organes sensoriels, en particulier avec les piliers externes de l'organe de Corti et les cellules de Deiters, nous croyons, ainsi que GEMELLI, que nos cellules épithéliales transformées jouent un rôle de soutien.

Il nous a semblé, en outre, qu'à la surface du lobe nerveux, les pieds élargis soit des corps cellulaires, soit de leurs expansions, se trouvaient fréquemment en contiguïté avec les vaisseaux de la trame conjonctive. Ce fait nous permet de penser qu'avant linvasion du feuillet postérieur par les vaisseaux sanguins (et ils sont des plus rares au stade envisagé), ces cellules sont peut-être adaptées à un rôle nutritif.

Formations des vésicules colloïdes ou des pseudo-acini par dégénérescence centrale

Ce mode de formation est décrit au long dans le travail de SOoyERr ; aussi serons-nous bref. Nous avons écrit ce paragraphe afin d'être plus complet sur la genès: des vésicules colloïdes dont nous avons antérieurement signalé un autre mode de formation.

Une coupe d’hypophyse de chat nouveau-né, fixée au formol-picrique, montre ses trois parties constitutives lobe nerveux, lobe glandulaire, feuillet paranerveux. C’est au niveau de celui-ci que nous avons vu se former des vésicules colloïdes par dégénérescence centrale.

Le feuillet paranerveux est un épithélium pluristratifié avec 3, À ou D élages de noyaux. Les cellules sont de gros éléments clairs, sauf en quelques points, dont l’un a particulièrement attiré notre attention et que nous avons

reproduit à la figure r1.

« Lorsqu'on pénètre le mécanisme intime de leur genèse, a dit Soyer en parlant de l'homme adulte, on voit que toutes les cavités de l’hypophyse reconnaissent comme point de départ un processus unique et uniforme, à savoir la dégénérescence d'une ou de plusieurs cellules, autour desquelles s'ordonnent leurs voisines demeurées intactes. Celles-ci d’ailleurs ne tardent pas à dégénérer à leur tour pour former d’abord de petites vésicules, puis de petits lacs... Ces processus relèvent done d’un fonctionnement tout actuel, sans filiation apparente avec n'importe quelle cavité embryonnaire ou simplement préexistante. » L'auteur ajoute : « Chez les carnassiers (chien, chat) le schéma est bien différent, Le revêtement épithélial du lobe nerveux est bien creusé lui aussi d’un nombre souvent considérable de vésicules. Mais, en outre de l’exiguïté relative de celles-ci, aucune d’entre elles ne se présente sous celte forme de cavités anfractueuses et allongées que nous trouvons dans la région juxta-nerveuse de l’hypophyse humaine. Ce sont de petits cystes, d'aspect thyroïdien, formés tantôt par un processus semblable à celui qui préside à la genèse de toutes les cavités de l’hypophyse de l’homme, tantôt par enclavement au sein du manteau de corps énigmatiques, etc. »

Nous n'avons pas observé ce dernier processus, mais en ce qui concerne le premier, la figure 11 est assez suggestive. Le lobe glandulaire 1g, bordé par un épithélium cubique cp, est séparé du lobe nerveux par le feuillet ou épithélium pluristratifié ep. Les cellules chromophobes c. chr sont disposées en une demi-couronne autour d'un groupe de cellules plus petites, plus sombres, à noyau plus ou moins pycnotique, à cytoplasme granuleux. Le tout est limité, en arrière, par le lobe ner-

veux, sur les côtés par des cellules de soutien c. s décrites au paragraphe précédent, et en avant par la fente hypophysaire qui se comble peu à peu de cellules issues de l'épithélium postérieur, pour souder localement, sans doute, la fente hypophysaire. Un élément n. €. est en train de se dégager d’un interstice cellulaire pour tomber à son tour dans la lumière de la fente épithéliale.

Les cellules chromophobes disposées en demi-couronne forment la paroi primitive de la vésicule. Les cellules plus petites, qui en occupent le centre, sont des cellules « centro-acineuses » ; elles ne tarderont pas, l’une d’abord, d'autres ensuite, à subir le phénomène de la dégénérescence, de la même façon que cela se passe dans le lobe glandulaire : « Çà et là, dit Soyer, une cellule qui, si l'on en juge par son aspect, ne paraît pas autrement prédestinée, se met à présenter des signes de dégénérescence hyaline. Son protoplasme perd l'aspect granuleux et prend l'apparence d'une grosse goutte de sécrétion. En même temps qu'apparaît, aux dépens du protoplasme de cette cellule dégénérée, la goutte de sécrétion des auteurs, nous constatons que les contours du noyau s’estompent ; la sphère disparaît à son tour, et bientôt l’on n’a plus qu'une substance amorphe... »

$ V. — Erythropoièse

L'idée première d'une fonction érythropoïètique possible de l’hypophyse doit, à notre avis, être attribuée à Soyer (Etudes sur l'hypophyse. Arch. d'anat. microsc., 1912-1913). Dans l'important travail de cet auteur, on

trouve, en effet, un long passage relatif à cette question. Soyer se demande d'abord si le sort ultime de certaines cellules hypophysaires n'est pas de devenir des globules rouges. Il se base sur ce fait, qu'au niveau des pseudoacini ou des lacs colloïdes, il arrive constamment « que quelques-unes des cellules riveraines tombent dans le courant sanguin avec une apparence, au moins fugace, de normoblastes, mais le plus souvent après avoir subi une série de métamorphoses.

Ces métamorphoses sont les suivantes : « On voit, dit-il, ces éléments se ramasser de plus en plus sur euxmêmes, prendre, par l'extrême réduction de leur protoplasme, un aspect nucléaire, et finalement se débarrasser de leur chromatine, soit par une sorte de décortication, soit par une évacuation plus massive, soit enfin par une fonte générale de toute la partie achromatique de la cellule, Déjà nous avons vu, dans la région glandulaire proprement dite, une multitude de cellules disparaître en ne laissant d'autre trace de leur existence qu’un noyau punctiforme, qui n’est souvent qu'un nucléole nucléinien, dernier vestige de l'élément dégénéré. Ici, la dégénérescence se traduit par une libération beaucoup plus abondante de grains noirs, et cette sorte de production chromidiale y atteint à son summum. D'autres fois, ces grains demeurent agrégés en blocs chromatiques, qui ne se déliteront que peu à peu.

De là, sans aucun doute, la présence d'une multitude prodigieuse de grains sidérophiles, libres dans les vaisseaux de cette partie de la glande, ainsi que dans un grand nombre de ceux qui appartiennent à la région chromophile

Ainsi la cellule hypophysaire, quelles qu'en soient les

transformations successives, semble, en fin de compte, destinée à aller se perdre dans le sang, soit par une sorte de fonte holocrine plus ou moins précoce, soit par une dégénérescence plus tardive qui en laisserait subsister quelques parties figurées.

Gette destruction des cellules ainsi incorporées au sang nous à paru, dans un grand nombre de cas, beaucoup moins complète, et bien des fois s'est posée pour nous la question de savoir si, après cette mise en liberté de la chromatine, l'élément réduit à un corps rosé identique comme dimensions aux corpuscules sanguins, ne terminerait pas la série de ses transformations en devenant tout simplement un globule rouge, et si l'hypophyse ne posséderait pas, en outre de sa fonction endocrine, une fonction globulipare qui, pour être extrêmement réduite, n'en présenterait pas moins, au point de vue théorique, la plus grande importance, C’est là, toutefois, un point que nous avons cru devoir réserver, malgré les figures de transition que nous présentent de nombreuses figures à aspect d’érythrocytes, et de non moins nombreux | noyaux qui prennent des apparences d’hématies. Ces néoformations nous ont paru, en effet, le plus souvent fugaces et abortives et, d'autre part, les formes de passage ne sont pas très caractéristiques. »

Ultérieurement, W. Srewarr (Archives de Morphologie générale et expérimentale, 1922) reprend et discute l'hypothèse formulée par Soyer, à savoir « que les éléments épithéliaux de l'hypophyse peuvent devenir des cellules sanguines, en pénétrant dans le torrent circulatoire, avec l'apparence fugace de normoblastes ». Pour Sréwanr, les cellules rencontrées dans les sinusoïdes avec l'apparence de normoblastes sont bien en réalité des

HS Te

normoblastes. Et l’auteur ajoute : « On peut du reste noter l'existence d’autres cellules de la série hématopoïétique, spécialement des cellules avec granulations basophiles rares qui peuvent être une cause d'erreur par confusion avec les cellules épithéliales. Ces cellules ressemblent aux éléments épithéliaux en ce que leur cytoplasma prend les couleurs basiques. Il est facile de les identifier avec les hématoblastes lymphoïdes de Danr- SCHAKOFF. Ils sont très caractéristiques. Il n’y a pas de difficulté à reconnaître l’arrangement en rayons de roue de la chromatine nucléaire. Ces cellules doivent être mises en rapport avec les normoblastes, les éosinophiles, les lymphocytes ; ils ont, sans doute, la même origine. Leur extension dans les sinusoïdes hypophysaires est naturellement limitée. Leur apparition est sporadique. Il est rare par conséquent de pouvoir suivre leur évolution normale. Je n’ai pu l’observer que deux fois, le résultat de cette évolution étant la formation d’érythroblastes et de normoblastes en faible quantité. La distribution des hémoblastes lymphoïdes est généralement périphérique. Ils occupent habituellement des dilatations lacunaires, des sinusoïdes, à la périphérie de l'organe. Dans une de ces dilatations, j'ai été capable de compter environ cent cellules, Deux fois j'ai vu un hémoblaste lymphoïde avec deux noyaux.

IT faut noter que tous ces divers types de cellules, sanguines ou médullaires, sont trouvées également, et même en plus grande quantité, dans les vaisseaux situés dans le tissu conjonctif de la selle turcique. Souvent aussi, on les trouve en dehors des vaisseaux dans le tissu conjonctif. Cette situation étant peut-être due à la rupture inévitable des vaisseaux pendant l'enlèvement de l'organe,

on

Geci est en faveur de la nature vasculaire plutôt qu'hypophysaire.

En résumé, les éléments sanguins que l’on rencontre dans les sinusoïdes hypophysaires s'y trouvent par accident et n'ont aucune relation avec les cellules épithéliales. Contrairement à l'opinion de Soyer, ces dernières ne donnent pas naissance aux premières,

Nous voici donc en présence d'opinions franchement opposées : origine épithéliale d'une part, origine conjonctive ou vasculaire d'autre part des érythrocytes rencontrés au sein du lobe glandulaire de l’hypophyse ?

Cependant, faisons remarquer tout de suite que, malgré celte divergence d'opinions quant à l'origine des érythrocytes, le principe de la fonction érythropoïétique de l'hypophyse prend une réelle valeur du fait que l’hypothèse de SoyxEr est confirmée par STEWART.

Les choses en étaient là quand, au cours de nos recherches sur l’histogenèse, nous avons été surpris, M. CoLLiIN et moi (R. Biol., Nancy, 1922) de rencontrer dans des coupes d'hypophyse de cobaye embryonnaire, des figures d'érythropoïèse analogues à celles du foie fœtal et à celles décrites par AroN dans le pancréas embryonnaire.

Comme pareïlles observations n'avaient pas à notre connaissance été faites sur des embryons, nous les avons relatées récemment à la Réunion biologique de Nancy. « La portion glandulaire se divise en deux parties assez distinctes : l’une beaucoup plus étendue, médiale et concentrique à la fente hypophysaire, renferme en majorité des cordons chromophiles séparés les uns des autres par des capillaires anfractueux à la lumière élargie, contenant d’ailleurs peu d'éléments figurés ; l'autre distale, extérieure à la précédente, moins étendue d’ailleurs,

nes: : Dome

est formée en majorité par des cordons pâles serrés -les uns contre les autres et formant par leur réunion une masse assez compacte. C’est dans cette masse que nous avons observé le plus grand nombre de figures érythropoïétiques. Il y a là, semble-t-il, érythropoïèse suivie de vasoformation sur place, par suite de la transformation des cellules épithéliales en éléments figurés du sang ; la cellule souche est un élément à cytoplasma peu colorable, de structure alvéolaire, renfermant un noyau possédant trois ou quatre corpuscules chromatiques assez régulièrement arrondis. De ces éléments on passe, par transitions insensibles, à des cellules un peu plus petites dont le cytoplasma, plus dense, se colore par l'éosine et dorit le noyau s’assombrit en même temps que les corpuscules de chromatine qui y sont inclus semblent augmenter de nombre. Ce phénomène se poursuit de telle manière que, à un moment donné, on se trouve en présence d'éléments formés d’un noyau sphérique uniformément coloré en noir foncé par la laque ferrique d'hématoxyline (noyau pycnotique) et d'un cytoplasma réfringent, homogène, coloré par l’éosine. Nous considérons ces derniers éléments comme des érythrocytes et ils sont généralement encore inclus dans l’épaisseur des cordons cellulaires dont ils occupent la périphérie au voisinage immédiat des vaisseaux embryonnaires, lesquels renferment déjà des hématies. Quant à ces dernières, elles offrent l'aspect qu’elles présentent d'habitude dans les organes hématopoïétiques : si la préparation a été colorée par la méthode d'Heidenhain, les unes sont noires et ont l’aspect d’un noyau pycnotique un peu rapetissé, tandis aùe les autres, dépouillées de la laque ferrique, sont colorées en rouge par l'éosine. Si la prépa-

ration a élé colorée par la méthode de Mallory, les unes sont orangées, les autres violettes ou bleues. Si la préparation à été traitée par la méthode de Mann, les unes prennent l'éosine et les autres présentent une teinte mauve plus ou moins foncée.

IL'est à remarquer que ces phénomènes d’érythropoïèse et de vaso-formation semblent précéder, dans le temps, la dégénérescence colloïde des cellules hypophysaires. En effet, dans les préparations examinées, nous n'avons rencontré que de très rares pseudo-acini dont la plupart étaient d'ailleurs entièrement vides. La fente hypophysaire, de son côté, ne renfermait aucun coagulum colloïde.

Plus récemment, à la suite de recherches sur des hypophyses de cobayes gravides, J. Warrix (R. Biol., Nancy, mai 1922) a retrouvé des faits identiques dans le lobe intermédiaire de l'hypophyse ou zone cystiforme. « Gette zone, dit-il, présente des plages très claires au niveau desquelles les cellules subissent une véritable plasmolyse, tandis que le noyau, qui ne refermait que quelques grains de chromatine, devient plus foncé et prend avec le fer une teinte uniformément noire ; il finit même par se libérer de Ja cellule qui le contenait et on le voit. à côté d’autres noyaux, libres eux aussi, dépouillés d’une partie de leur chromatine qui ne forme plus qu’un croissant, tandis que le reste du noyau est teinté par l'orange ou l’éosine ; enfin, à côté de ces formes intermédiaires, on voit des corpuscules plus petits, plus régulièrement arrondis, colorés sur toute leur surface par l’éosine et dont l'aspect extérieur rappelle tout à fait celui d’hématies contenues dans les capillaires d’autres régions du lobe paranerveux ou glandulaire. »

Depuis notre première publication, nous avons continué nos recherches et retrouvé des images histologiques d'érythropoïèse dans d’autres hypophyses embryonnaires, mais en particulier chez le cobaye où les images sont toujours plus nettes et plus concluantes, à notre avis, que chez les autres mammifères étudiés.

Nous pensons que la glande pituitaire fonctionne, tout au moins par moments, comme un organe hématopoïétique, à la fois globulipare et vaso-formateur.

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