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PREMIÈRE PARTIE

Anatomie, Organogénie et Histologie normales de la Glande Pituitaire

Esquisse anatomique

L'hypophyse ou glande piluilaire est une petite masse ellipsoïde, médiane, à grand axe transversal, placée entre le cerveau et la base du crâne dont elle occupe l'étage moyen. Sa face inférieure repose directement sur le fond de la selle turcique ; sa face supérieure est séparée des centres nerveux par un repli dure-mérien ou lente de l'hypophyse s'ouvrant seulement en son point le plus élevé pour laisser passer la {ige piluilaire. Cette tige assure la continuité entre la masse cérébrale et l'hypophyse. La glande, qui répond en avant et en arrière à la paroi osseuse, entre en contact, sur les côtés, avec les sinus caverneux et les nerfs de l'œil.

Anatomiquement, lhypophyse est formée de deux lobes intimement soudés : le lobe antérieur ou glandulaire, assez volumineux, jaune-rougeàtre, et le lobe postérieur ou nerveux, encore appelé neurhypophyse, beaucoup plus petit, d'aspect grisätre.

Tandis que le lobe glandulaire affecte la forme d'un rein, embrassant dans sa concavité le lobe nerveux,

celui-ci est sphérique, et prolongé en haut par la tige pituitaire, pleine dans la plus grande partie de sa longueur, creusée dans sa portion supérieure d'une lumière qui n'est qu'un prolongement infundibuliforme du ventricule moyen.

On appelle zone hilaire où interlobaire, la région où les deux lobes précédents s'accolent intimement.

À l'œil nu, le lobe antérieur n'a avec la tige pituitaire que des rapports de contiguïté. Une petite portion de ce lobe antérieur s'applique en avant de la tige sous la forme d'une languette fort mince correspondant au lobule de Joris. Récemment d’autres auteurs, tels que STADERINI et PErxa, ont observé que ce prolongement ascendant peut même atteindre la face postérieure de la tige (TESrUT).

Dans son ensemble, la glande est recouverte d’une coque épaisse, de nature fibreuse, dont la face interne donne naissance à une multitude de tractus que nous retrouverons lors de l’étude microscopique.

VASCULARISATION., — Les artères proviennent de la carotide interne. D'après GENTÈS, celle-ci émet un petit tronc qui se divise presque aussitôt en trois branches :

Une branche externe qui se jette sur le nerf moteur oculaire externe ;

ni

Jne branche postérieure qui se rend à la dure-mère de

la gouttière basilaire ;

Une branche interne qui se porte sur le côté correspondant de l'hypophyse, c'est l'artère hypophysaire. L'artère hypophysaire se subdivise, à son tour, en deux rameaux extrèémement flexueux qui se distribuent respectivement, l’antérieur au lobe glandulaire, le postérieur au lobe nerveux. Celui-ci reçoit d'autre part quelques

artérioles qui descendent sur sa face supérieure en suivant la tige pituitaire, mais se capillarisent très vite.

Les veines se rendent aux sinus caverneux. Cependant quelques-unes, d'après Tao, se jettent dans le réseau pie-mérien de la base du cerveau par l'intermédiaire de la tige pituitaire.

Quant aux Iymphatiques, si leur présence est affirmée par Caserzi1, elle n'est pas admise en général par les autres auteurs. Taon surtout, qui a voulu élucider le problème, n'a jamais pu réussir à mettre en évidence un seul lymphatique, en utilisant tour à tour l'injection interstitielle de nitrate d'argent et l'injection de Gerota.

INNERVATION. — D'après TeSsrur, les nerfs, destinés exclusivement au lobe antérieur, proviennent de deux sources : d’une part, du plexus fibrillaire du lobe nerveux et d'autre part, de la pie-mère.

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Organogenèse

On sait que la glande pituitaire tire sa formation d’une double origine stomodaeale el nerveuse.

La première, appelée encore ébauche pharyngienne ou glandulaire, apparaît avant la seconde et dérive de la voûte du pharynx primitif.

Dès le cours de la quatrième semaine, chez l'embryon humain, l’ectoderme de la voûte buccale primitive se. déprime en un diverticule dont la profondeur s'accroît rapidement. Ce diverticule, situé en avant de la membrane pharyngienne, est appelé poche hypophysaire ou poche de Rathke. Les uns lattribuent à une prolifération réelle, active, de l’ectoderme pharyngien. D'autres auteurs tels que PRENANT, qui reprend à son compte l'opinion de Minarkovics et KRAUSHAAR, y voient le résultat de causes purement mécaniques, mises en jeu par l’accentuation de la courbure céphalique.

SAINT-REMY a décrit dans l’hypoblaste de la poche de Seessel, laquelle n’est autre chose que le dernier vestige de l'intestin préoral, de petites poussées prolifératives d'où sortaient des traînées cellulaires étroitement appliquées sur le cul-de-sac hypophysaire, Nombre d'auteurs ont confirmé cette observation et admis que la poche de Sessel intervenait dans la formation de l'hypophyse. Ainsi, l'ébauche glandulaire de l’hypophyse serait un complexe épi-hypoblastique (BRAacHET).

Nous n'insisterons pas sur ces origines supplémentaires ; nous retiendrons seulement que le stomodaeum, au niveau de sa voûte et immédiatement en avant de

no

l'extrémité antérieure de la corde ‘dorsale, donne un diverticule ectodermique, orienté vers la base du cerveau et inclus dans l'épaisseur du mésenchyme. D'autre part, l'extrémité ‘supérieure de ce diverticule se dilate en un sac placé de telle façon qu'on peut lui reconnaître une paroi antérieure et une paroi postérieure ; sa partie inférieure se rétrécit pour former un étroit canal faisant communiquer la cavité buccale avec la dilatation sacculaire. Par la suite, ce canal se transforme en un cordon plein qui s'étire de plus en plus et finalement disparaît au sein du tissu conjonctif embryonnaire de lébauche du sphénoïde.

A ce moment, le sac a perdu toute relation avec son point d'origine : la poche de Rathke est devenue une cavité close, une vésicule. |

La seconde ébauche, cérébrale ou nerveuse, apparaît après la précédente. Elle se forme, au niveau du plancher du cerveau intermédiaire ou diencéphale, par évagination de la paroi nerveuse. Cette évagination est représentée primitivement par un tube creux ou infundibulum dont la substance est en continuité avec la paroi encéphalique, formée d’une assise de cellules épendymaires, et dont la lumière est constituée par le prolongement du ventricule moyen. Elle est située immédiatement en arrière de la poche hypophysaire. Ce diverticule cérébral représente à la fois l’ébauche du lobe nerveux et celle de la tige pituitaire.

Le sac hypophysaire et le diverticule infundibulaire, qui donneront respectivement le lobe glandulaire et le lobe nerveux de l'hypophyse, se soudent alors intimement suivant une zone d’accolement que nous avons déjà désignée sous le nom de région interlobaire ou hilaire.

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