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CELLULES ÉPITHÉLIALES OU GLANDULAIRES

Nous avons vu que les cellules glandulaires étaient groupées dans les mailles de la charpente connective. Le groupement se fait sous trois aspects typiques et différents les uns des autres : le plus souvent, ce sont des cordons pleins, d’autres fois des pseudo-acini, parfois enfin des vésicules closes. Que les cordons soient pleins ou creusés, ils sont ramifiés et enchevêtrés en tous sens, si bien que sur une coupe, on voit les travées cellulaires en section, soit perpendiculaire, soit ‘longitudinale, soit plus ou moins oblique. |

Les cordons pleins sont formés par la juxtaposition étroite de cellules polyédriques, cubiques, cunéiformes ou allongées, selon des modes d'association variés à l’infini : entre les éléments, on peut suivre de fins tractus conjonctifs émanés de la trame péricordonnale, Les cellules lés plus périphériques reposent souvent sur celle-ci par une base élargie, mais on observe aussi la disposition inverse.

Les pseudo-acini rappellent assez exactement les acini vrais des glandes à sécrétion externe. Ils sont constitués par des éléments disposés en couronne autour d'un centre occupé par une cellule « centro-acineuse » plus ou moins dégénérée.

Quant aux vésicules closes, si l’on en rencontre parfois au sein du lobe antérieur, elles sont le propre de la région intermédiaire, Leur description sera donc mieux placée au paragraphe Il (zone intermédiaire, p. 29).

En général, quel que soit le mode de coloration employé, les cellules hypophysaires se montrent sous deux aspects bien différents : les unes prennent fortement les colorants, tandis que les autres restent pâles. Depuis les travaux de FLescua, LorarinGer, RoGowiTtsCn, BEN A, etc. il est devenu classique de dire que celles-ci sont des cellules chromophobes et celles-là des cellules chromophiles. Il est admis aussi, depuis les travaux de THaox et de Lau- NOIS, qu'il n'existe aucune régularité dans la répartition de ces deux sortes de cellules, contrairement aux assertions de Core et de Casezrr qui leur ont assigné des positions plus ou moins constantes (Tesrur). Nous décrirons successivement les cellules chromophobes et les cel-

lules chromophiles.

Ï — CELLULES CHROMOPHOBES

Elles sont encore appelées non granuleuses, où homogènes, ou principales. Ges éléments, nettement individualisés, sont reconnus par tous les auteurs. Ils se caractérisent essentiellement par leur peu d’affinité pour les colorants. Leur noyau, volumineux, clair, possède un réseau chromatinien très fin ; leur cytoplasma possède une

structure alvéolaire manifeste, « Ces éléments, dit SoYER, offrent ce caractère très particulier de se refuser à toute coloration artificielle et se présentent sur les préparations avec l'aspect relativement pâle d'un dessin ou d’un lavis discret. » Ce mème auteur, à propos d’une hypophyse de supplicié, admet que la zone périphérique du lobe antérieur est constituée par des cordons entièrement chromophobes. Bien que nous nous rangions à l'opinion de Tao et Launois relatée plus haut, nous avons rencontré dans plusieurs hypophyses embryonnaires une zone de cordons pales occupant le tiers ou le quart antérieur du

lobe glandulaire, mais non toute sa périphérie.

II — CELLULES CHROMOPHILES

Elles sont encore appelées granuleuses ou hétérogènes.

Les éléments de cette seconde variété se caractérisent par la facilité et l’avidité avec lesquelles ils prennent les colorants. Selon que le protoplasma retient l’éosine (colorant acide) ou l'hématéine (colorant basique), la cellule envisagée est dite, dans le premier cas, éosinophile ou acidophile, dans le second cas hémaléinophile ou basophile ou encoïre cyanophile. Telles sont les deux variétés

classiques de cellules granuleuses.

a) Groupe acidophile

Dans ce premier groupe, Launois a distingué de grandes et de petites cellules, différentes à la fois par le noyau el par le cyloplasme. « Le protoplasme fortement coloré et presque homogène quand la, cellule est petite, montre au fur et à mesure qu'elle est plus volumineuse, des gra-

nulations qui sont à la fois aurantiophile, fuchsinophile

et sidérophile selon le mot employé pour ce dernier aspect obtenu par la laque ferrique de Heidenhain. Le noyau, condensé dans les petits éléments, présente dans les grands un réticulum délié, Quand la cellule atteint de grandes dimensions, on voit ses limites s'effacer. Les éléments, qui étaient au contact réciproque, fusionnent alors leur. protoplasmes en une masse d'apparence plasmodiale. »

Pour d’autres auteurs, parmi les grandes cellules à. gros noyau vésiculeux, il faut distinguer une variété à cytoplasma, plus condensé et à noyau très chromatique.

b) Groupe basophile

Dans ce deuxième groupe, on est en présence d'éléments volumineux, plus ou moins arrondis, et contenant un noyau petit, vésiculeux. Les cellules sont bourrées de granulations avides des colorants basiques (BENDA, LaAu- Nos, ete.) : « la cellule cyanophile doit sa réaction tinctoriale à de nombreuses granulations basophiles semées sur un fin réseau protoplasmique dont le fond reste toujours légèrement acidophile »

Des travaux plus récents (LUCIEN) distinguent trois types de cellules basophiles : les unes petites, à protoplasme sombre, sont bourrées de granulations peu distinctes et possèdent un noyau pyenotique ; les autres, moyennes, à protoplasme fortement granuleux, possèdent des granulations bien distinctes ; d’autres enfin, de grande taille mais à granulations plus petites, présentent un noyau vésiculeux,

se 23 Les NOYAUX LIBRES

A côté des deux variélés types (chromophobes et chromophiles, Rocowrrsou, lé premier, a observé et décrit des noyaux libres qu'il a considérés soit comme des formes embryonnaires, soit, au contraire, comme le terme final de l’évolution des cellules hypophysaires (PRExANT et Bouin).

RÉTICULUM INTRAPROTOPLASMIQUE, : ERGASTOPLASME

ET MITOCHONDRIES

Certains auteurs, et en particulier TELLO, ont décrit, dans les cellules épithéliales du lobe antérieur, un réticulum intra-proloplasmique, mis en évidence par la méthode d'Acnucarro. Ce réticulum aurait une forte ressemblance avec le réticulum neurofibrillaire de la cel lule nerveuse, mais on ne l'observerail pas constamment, sa présence semblant dépendre et de l'alcalinité de l'argent amamoniacal, et de la durée de la fixation.

D'autre part, CELeësrINo pA Cosra a observé, soit dans les cellules chromophobes, soit dans les cellules chromo-' philes, des formations filamenteuses homologues à celles découvertes par Garner (de Nancy) dans les cellules séreuses et dénomimées ergasloplasme. |

Enfin, on à signalé, plutôt que décrit, des formations milochondriales faciles à mettre en évidence par fixation dans le liquide de Regaud et par coloration à la laque ferrique. On les a rapprochées des mitochondries exis-

tant au niveau d’autres organes.

Propurrs be sÉcRÉroN : Graisse el substance colloïde, — Nous ne ferons que mentionner la présence ‘constante

CR

de graisse, au moins chez les mammifères. Elle est mise en évidence par l'acide osmique ou par le Sudan IE sous forme de grains plus où moins volumineux. Ces grains se rencontrent dans tous les éléments constitutifs de l'hypophyse ; contrairement à l'opinion de Benra, la sécrétion de graisse n’est done pas le privilège de certaines cellules. ;

Les corps müriformes de LoëPer doivent être considérés comme un amas de cellules graisseuses ; celles-ci se montrent sous l'aspect de vacuoles, sur toutes les coupes traitées par un dissolvant de la graisse, comme le toluène habituellement employé.

Comme la substance colloïde, produit de sécrétion spé- “cifique, est surtout l'apanage de la région intermédiaire ou zone cystiforme, nous. en ferons la description au paragraphe correspondant.

CYTOPHYSIOLOGIE

À l'heure actuelle, il semble admis qu'il existe bien deux sortes de cellules glandulaires : les cellules chromophobes et les cellules chromophiles. Leurs différences morphologiques et tinctoriales correspondent à des stades fonctionnels différents : période de repos quand l'élément est pâle, période d'activité quand l'élément est avide de colorant. Dans ce cas, le cytoplasma cellulaire est bourré de granulations qui ont fixé le colorant et qui doivent être considérées comme le produit de sécrétion.

D'autre part, on doit penser que les diverses cellules ne sont que les expressions physiologiques successives d'un même élément, en d’autres termes, que chaque élément évolue suivant un cycle déterminé et toujours le même que nous résumerons ainsi : la cellule chromo-

CPR “RUE

phile correspond au stade d'activité élaboratrice. Au fur et à mesure que son produit s'évacue, le noyau se gonfle, son réticulum est plus net, plus fin. Le protoplasme pâlit, la cellule devient chromophobe, c'est-à-dire élément épuisé ayant achevé son travail sécrétoire. Peu à peu, les limites cellulaires s'estompent et alors le noyau très clair, entouré d'un protoplasme mal délimité, représente le terme ultime des transformations cellulaires (THAoN). Et un nouveau cycle sécréloire recommence semblable au précédent.

Quant au mode d’évacualion, il doit se faire indistinctement par les deux pôles de la cellule : soit par le pôle apical dans le pseudo-acinus, soit par le pôle basal, directement dans les interstices conjonctifs ou dans les capillaires.

Y at-il une relation entre la quantité de colloïde et l’âge de l'animal sacrifié ? Il est reconnu que la glande vieille contient plus de colloïde que la glande jeune. A ce sujet, THaon fait remarquer « que lhypophyse des enfants et des animaux jeunes, malgré une activité dont témoignent des aspects cellulaires très divers, contient peu de colloïde éosinophile homogène, tandis que la glande des sujets âgés en contient relativement beaucoup et sous un aspect encore plus homogène que celle de l'adulte ».

$ II — Zone intermédiaire

De par son origine embryologique, la zone intermédiaire appartient au lobe glandulaire, mais on la rattache fréquemment à la neurhypophyse (Soyer).

Cette région est encore appelée zone hilaire, cystogène

Gr,

où cystiforme; manteau ‘ou: porlion médullaire; couche des cordons palléaux, portion interlobulaire, portion: pos: lérieure du lobe épithélial (LAuNoiïs), lobule paranerveux (Joris), feuillel juæla-nerveuxæ (GENTÈS); enfin zone chromophobe (STER2).

Cette région mérite une description toute différente selon qu'on s'adresse, chez les ‘animaux, à des espèces différentes, et, chez l'homme, à l'embryon ou à l'adulte.

Un résumé d’un passage de Soyer montre bien ces différences morphologiques : chez les carnassiers, la région intermédiaire est constituée, dans sa plus grande partie, par la paroï postérieure de la fente hypophysaire :et se soude intimement au lobe nerveux dont:elle semble n'être ainsi qu'un revêtement :épithélial ‘plus ou moins épais. Toutefois, cette formation épithéliale n’est pas du tout partie intégrante du lobe nerveux, car elle:se continue sur toute la face antérieure de la fissure pituitaire où elle y’ est représentée par ‘une couche très mince. La fente hypophysaire est donc bien: enfermée tout entière dans lé manteau. Ses: éléments sont relativement petits et tranchent nettement: par leur peu de colorabilité avec: le reste du lobe glandulaire.' D'où le nom donné à cette formation de région :chromophobe du: lobe antérieur: (Stern), Chez l’homme, elle. n'existe pas.

Très développée en bas de l'échelle, elle perd:peu à peu de son importance à mesure que l’on remonte dans la série animale, pour devenir, presque insignifiante comparée à la région chromophile, surtout chez l'homme où celle-ci n'est autre que le lobe antérieur tout entier. Chez l'homme donc, la région du hilé ne se délimite que: du côté du lobe nerveux et elle ne doit son individualité qu'à la présence de ses grandes vésicules ou lacs colloïdes

qu'on a considérés souvent comme représentant les restes de la fente hypophysaire où comme résultant d'un cloisonnement de cette cavité résiduelle de la poche de Rathke.

Chez l'embryon huimain, chez le nouveau-né et dans les premières années de la vie, le lobule intermédiaire se réduit à une fente tapissée d'un épithélium cylindrique. Au cours du développement, le cloisonnement s'opère grâce à des soudures isolées s'établissant çà et là entre les deux feuillets.

Aussi, chez l'embryon humain comme chez les carnassiers, pendant toute la vie, la zone intermédiaire offret-elle à étudier, d'une part le feuillet postérieur ou lobule juxla-nerveur, d'autre part la fente elle-même, avec son revêtement antérieur. Nous décrirons ensuite les vésicules colloïdes, contenant et contenu, qui caractérisent cette région chez l'homme adulte.

FENTE HYPOPHYSAIRE

La fente hypophysaire n'est autre que la cavité de la poche de Rathke, Elle est done limitée, primitivement, par le feuillet antérieur et le feuillet postérieur de l’ébauche pharyngienne. Au cours du développement, tandis que le feuillet antérieur augmente considérablement de volume, sa zone postérieure conserve son caractère primitif en ce sens qu'elle subsiste sous la forme d’un épithélium cubique unistratifié, séparé de la région vraiment glandulaire par un interstice cellulo-vasculaire. Il n'est pas rare d'observer des cils sur le pourtour de la fente... Le feuillet postérieur qui la limite en arrière mérite, d'être étudié à part,

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