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bles intellectuels et nerveux, mais sans pressentir la genèse des phénomènes.
2° Dans une seconde période, les accidents nerveux ont pris une place prépondérante, les auteurs s'accordent pour en reconnaître la nature. On ne voit pas encore l'hystérie qui se cache derrière ces manifestations, on les rapporte aux diverses maladies nerveuses et l'on crée de toutes pièces une entité morbide nouvelle : le pseudo-tabes sulfocarboné.
3° L'intoxication ainsi délimitée et rangée dans une classe à part, il n'y avait qu'un pas à faire pour dépister la vraie cause. Ce pas fut bientôt franchi: la doctrine hyslérique à conquis droit de cité. Quelques cas cependant ne sont pas aussi nets qu'on le désirerait, cela permet encore d'émettre des doutes sur l'authenticité de l'hystérie : nous pensons qu à cette intoxication spéciale, viennent s’ajouter d'autres phénomènes qui en modifient la marche et les symptômes.
Parallèlement se développe surtout en Allemagne une doctrine contraire. On veut rattacher les faits cliniques à des névrites périphériques. Nous citerons très rapidement ce qui a été dit en ce sens, nous réservant d'exposer tout au long la théorie française.
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Première période (1851-1863).
Paye, 1851. —. Boucnarpar, 1852. — Ducnexxe pe Bouroexs, 1856. — Drerrrcn, 1856-1863.
Dès 1851, Payen dans sa chimie industrielle énumère les propriétés du sulfure de carbone. Il s'occupe de ce corps seulement au point de vue chimique, mais en terminant, il reconnaît que le sulfure de carbone peut être dangereux pour les ouvriers qui le préparent. Il recommande de le manipuler dans un hangar ouvert et bien ventilé.
Un an après, Bouchardat fait à la Faculté de médecine, des lecons orales sur la maladie des ouvriers en caoutchouc. On y trouve notés des accidents d’insensibilité que l'on croit dus à l’action directe et réfrigérante du produit.
Duchenne de Boulogne, signale à son tour, en 1853, un accident nouveau : la paralysie due à la vulcanisation du caoutchouc.
Tous ces accidents se trouvent repris dans un premier travail de Delpech paru dans le Bulletin de l’Académie de médecine en 1856 ; et surtout dans un mémoire beaucoup plus complet publié en 1863 par le même auteur (Nouvelles recherches sur l’intoxication spéciale que détermine le sulfure de carbone). Nous nous arrêterons un instant à celle publication sans entreprendre la critique des ob-
servations. Elles sont en effet au nombre de vingt-quatre: MARTEL y
leur analyse complète nous entraînerait trop en dehors du cadre que nous avons assigné à cet ouvrage. Elles ont toutes trait à des accidents causés ou développés par l’inhalation du sulfure de carbone.
Parmi ces observations plusieurs nous paraissent relever de l’hystérie toxique, mais Delpech a passé rapidement sur les phénomènes sans voir leur véritable signification (Obs. IE, XIV, XVII, XIX).
On trouve signalés différents symptômes qui sont de suite rangés par l’auteur en deux grandes périodes : excitation et collapsus. Cette classification des accidents dus à l’intoxication sulfo-carbonée sera suivie, sauf quelques petites modifications, par la majorité de ceux qui écriront postérieurement.
Delpech insiste surtout sur les troubles d'ordre psychique, sur la manie, la perte de la mémoire, etc. Il remarque cependant des convulsions qu’il appelle épileptiformes. « Elles ont consisté en une perte complète de connaissance avec mouvements convulsifs peu étendus, saccadés, sans cris ; elles ont duré une heure au plus et le malade n’en a pas gardé le souvenir ».
Un autre cas se présente avec « vertige intense, sans perte tout à fait complète de connaissance. L’insomnie, une agitation fatigante, des rêves absurdes ou terribles, des réveils en sursaut complètent le tableau des troubles intellectuels ou cérébraux » (pages 13 et 14).
À côlé de ces accidents Delpech signale, des crampes douloureuses, un certain degré de roideur musculaire dans les mollets et dans les mains, mais ces diverses modifications sont attribuées par lui à l’action directe du mélange vulcanisant.
= A ET + D À = à a
Seconde période (1865-1885).
TaverA, 1865. — Gourpon, 1867. — Hueuix, 1874. — GuirLaumer, 1876. — Marcae, 1876. —- Arrico THomasiA, 1882. — BrgiLLor, 1885. — Sareuier, 1885. — N. E. Bonner, 1885.
Les différents travaux que nous venons de passer rapidement en revue, inspireront bientôt la thèse de Tuvera.
La prédominance du système nerveux dans les accidents d'intoxication commence à y être reconnue. Nous trouvons trois observations qui seront rapportées tout au long parce qu’elles nous paraissent avoir une importance capitale dans l’histoire du sulfure de carbone, ces trois observations semblent un peu se contredire. Dans la première, les accidents sont regardés comme une alaxie spéciale ; dans la seconde, cette ataxie paraît manquer. La confusion des diverses manifestations nerveuses n’est pas encore dissipée, mais les troubles se trouvent rattachés d’une façon formelle au groupe des névroses.
« Cet empoisonnement s’écarte peu au point de vue des modifications symptomatiques, des empoisonnements par le plomb, le mercure, les vapeurs de charbons, ete. Nous devons en outre ajouter que l’autopsie des animaux ayant succombé à l'inhalation des vapeurs de sulfure n’a donné que des résultats négatifs el insuffisants par leur nature
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pour expliquer les désordres qu’on observe dans cette maladie.
De {ous ces faits, nous concluons que cette affection est sous la prédominance d’une modification du système nerveux produite par la pénétration du sulfure au sein de l’organisme el que son rang dans le cadre nosologique est marqué parmi Îles névroses ».
£n 1867, Gourdon présente une thèse sur l’intoxication sulfocarbonée. Les conclusions de Tavera sont adoptées. Trois nouvelles observations, dont on trouvera plus loin le résumé, viennent s'ajouter aux anciennes. Les malades qui en font le sujet présentent surtout des troubles de la sensibilité et de la motilité.
Huguin confirme ce qui est acquis, à savoir : la nature nerveuse des accidents ; et reprenant les idées de Delpech, il divise les phénomènes de l’intoxication en deux grands groupes :
1° Forme aiguë. — Céphalalgie violente, troubles de la vue et de l’ouie, vertiges, faiblesse générale et vomissements.
2° Forme lente. — Céphalalgie commençant l'après-midi pour disparaître puis devenir persistante. Douleurs musculaires vagues, fourmillements, crampes et démangeaisons. Troubles intellectuels ; en particulier, surexeitation. — Troubles de la sensibilité et des fonctions génératrices. — Ensuite dépression, le malade devient triste et rêveur. Sensibilité cutanée diminuée, pesanteur des jambes ; maladresse et faiblesse des mains.
Ce sont bien là, les formes de surexcitation et de collapsus de Delpech ; en y ajoutant que le sulfure de carbone
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agit en imprégnant l'organisme et se localise dans le système nerveux.
Guillaumel en 1876 s'occupe aussi du sulfure de carbone mais à un point de vue tout à fait spécial. Il considère son action sur les plaies ; en constatant son action bienfaisante sur celles qui sont douloureuses ou rebelles à la guérison : « Anesthésie explicable par l’action refrigérante de ce corps, agissant en faisant affluer vers la plaie, par suite du froid momentané, une quantité de sang plus considérable qui amènerait une réaction sur les tissus sans vitalité ».
La même année Marche publie un travail intitulé : contribution à l’étude de l’intoxication chez les ouvriers en caoutchouc soufflé.
Sept observations que nous avons remarquées nous paraissent dignes d'attention et nous croyons qu'il s’agit là d'accidents hystériques.
Marche divise également les accidents dus au sulfure de carbone en deux périodes: aiguë et chronique. Il reconnait l’action sur Les centres nerveux et au diagnostic 1l rapproche ces désordres de ceux que provoquent l’intoxication mercurielle et saturnine ; l'atrophie musculaire progressive et surtout la paralysie générale des aliénés.
Quant à Arrigo Thomassia, ses recherches portent sur l'intoxication suraiguë par le sulfure de carbone, et sur la dose mortelle du produit. Il avoue ne connaître aucun cas de cette nature, sauf celui de Davidson, concernant un homme qui en avait absorbé environ 57 grammes. Il eut de la pâleur de la face, de la lenteur du pouls ; l’haleine sentait la substance ingérée on nota de l’abaissement de la température, des crampes musculaires, des douleurs de
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lête. Maïs les jours suivants, ces symptômes disparurent : le mal de tête persista seul. Nous rapportons plus loin un cas où les accidents furent beaucoup plus graves bien que la dose ingérée fut plus minime.
Breillot traitant des divers tremblements nerveux décrit ainsi le tremblement spécial au sulfure de carbone.
«Parfois limité ‘aux lèvres, c’est un tremblement qui gêne la parole. D'autres fois, il est plus étendu et peut envahir les bras, les jambes qui sont le siège d’une grande faiblesse. Il rend alors la marche incertaine : souvent il ya coexistence de crampes douloureuses (page 57) ».
D'après Sapelier, tous les accidents que l'on observe dans l'intoxicalion sulfo-carbonée ne seraient pas dus au sulfure de carbone mais à l'hydrogène sulfuré contenu dans le sulfure de carbone du commerce « Le sulfure de carbone pur est irrespirable et s’il est absorbé il ne produit pas les ac- - cidents signalés par les auteurs ».
Il rapporte cinq cas d'intoxication aiguë et dans aucun il ne signale les accidents nerveux qui étaient admis avant lui. De nombreuses expériences faites sur les animaux l'amènent au même résultat.
Un travail beaucoup plus complet est celui de N. E. Bonnet: « Des troubles nerveux dans l’intoxication par le sulfure de carbone ». — Après avoir passé en revue tout ce qui à été fait avant lui, il admet la division en deux périodes, de Delpech. Nous citerons ici ses conclusions :
€ 1° On observe dans le cours de l’intoxication sulfocarbonée des troubles nerveux divers qui peuvent atteindre la sensibilité, la motilité et les organes des sens.
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2° Les accidents affectent une marche caractérisée par deux périodes : excitation et dépression.
3° L’intoxication peut altérer la coordination des mouvements et prendre les allures du tabes dorsal (pseudotabes sulfo-carboné) ».
Le mot d'hystérie n’est pas encore prononcé mais déjà on fait des accidents de l’intoxication sulfo-carbonée une maladie nerveuse spéciale ayantses symptômes et sa marche bien caractérisés. « Ce pseudo-tabes se caractérise par une marche non progressive et il peut être suivi de guérison ».
Nous avons recueilli dans cette thèse quatre observations très intéressantes que nous reproduisons en résumé. Toutes présentent des symptômes hystériformes : la dernière malade a été en partie guérie par l'application de l’aimant, l’électrisation et les pointes de feu le long de la colonne vertébrale. Traitement éminemment psychique !
- C'est le signe avant-coureur de la doctrine hystérique des accidents sulfo-carbonés, doctrine que nous allons voir bientôt s'affirmer.