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À un degré de plus dans l'intensité, il existe un ictère chronique peu foncé, d'intensité moyenne, sans fièvre, avec forte anémie, où seule la jaunisse devient plus prononcée que dans ces formes subictériques, mais où les caractères des urines et des selles ne subissent pas encore non plus de modifications de coloration (leucémies lymphoïdes de MM. MARCHAL et MONGES). Dans l’un des cas, seul un prurit généralisé intermittent est venu se surajouter aux caractéristiques des types précédemment décrits qui demeurent les mêmes.
Dans une autre forme, l’observation de leucémie aiguë de M. DUPÉRIÉ, l'aspect initial de la leucémie est celui d’un ictère cutanéo-muqueux franc d’allure infectieuse, sans encore décoloration des selles, mais avec urines foncées, brun acajou, très nettement ictériques.
Enfin, le dernier tableau d’ictère que l’on peut rencontrer dans les leucémies se présente avec des signes rétentionnels. Tel est l’ictère apparu avec l'épisode terminal de leucose aiguë dans le cas de lymphadénie cutanée : il est bien franc et géné-
ralisé, avec urines de couleur acajou, selles mastic, prurit, cho-
lurie et cholalurie même. Puis les selles redeviennent normales, la région hépatique est sensible, le foie augmente de volume, la bilirubinémie est élevée à 85 mg et l’ictère prend une teinte de plus en plus foncée jusqu’à la mort. Ictère franc précoce, mais passager, avec signes rétentionnels également et atteinte sévère de l’état général, sans signes physiques cependant portant sur les organes hématopoiétiques, dans notre observation n° 2, où le malade présentera en plus des poussées fébriles. Même tableau d’ictère dans l'observation de M. DUTHOIT, qui apporte le type d'ictère aigu primitif d’allure catarrhale bénigne, premier diagnastic d’ailleurs posé, mais bientôt infirmé par l’évolution; cet ictère — maladie du début — n’est alors plus qu’un symptôme dans le tableau clinique manifeste de leucose aiguë.
Nous avons ainsi relevé dans les travaux publiés sur les formes ictériques de leucémie :
— un groupe d'’ictères légers, mobilinuriques passagers ou
continus ;
— des types intermédiaires de transition, où le syndrome devient plus net et même franc, mais sans décoloration des matières;
— enfin, des formes avec signes rétentionnels où l’ictère est intense, total, continu, avec cholémie élevée, cholurie,
- cholalurie.
Après avoir vu dans le chapitre précédent que l'apparition de l’ictère est fréquemment précoce, parfois tardive, nous déduisons de cette étude, comme première remarque, que les aspects cliniques de ce syndrome sont nombreux dans les formes ictériques de ‘leucémie, où nous allons de la variété subictérique, la plus fréquente, à l’ictère par rétention le plus typique, en passant par les différents types intermédiaires, de transition.
Nous remarquons aussi que l'intensité de l’ictère ne dépend pas de la variété de leucémie, puisque des types différents ont été observés dans les états leucémiques ou aigus ou chroniques. Signalons cependant que le syndrome a été le plus prononcé dans les leucoses aiguës, mis à part l'épisode ictérique franc de la leucémie lymphoïde de notre observation n° 2.