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Jours, soit douze jours après le début du chancre, sans autres phénomènes que de la fatigue et un peu d’anorexie, sans troubles digestifs, était apparu un ictère léger avec selles un peu décolorées.
Le 19 juin, l’ictère était devenu très foncé, les urines tachaient la chemise en jaune et donnaient la réaction de Gmelin, mais ne renfermaient pas d’albumine.
Les matières fécales étaient partiellement décolorées.
Le foie mesure 15 cms de matité sur la ligne mamelonnaire, la rate trois travers de doigt.
Le Bordet-Wassermann était encore négatif le 19 juin.
Malgré notre idée qu’il s’agissait d’un accident primitif et quitte à ne pas en avoir la preuve par l’apparition de la roséole, le malade fut mis au traitement par l'huile grise.
Le 24 juin, l'érosion chancriforme a grandi et dépasse le diamètre d’une pièce de 2 francs.
Les matières sont un peu jaunes. L’ictère est plus foncé. Une deuxième injection à l’huile grise est faite.
Le 30, l'érosion prépuciale est stationnaire. L’ictère diminue d'intensité; troisième injection d'huile grise.
Le 3 juillet, l’état général est satisfaisant. « Je commence à me sentir tout à fait solide », dit le malade : c’est-à-dire que le traitement mercuriel a tout de suite influencé la guérison de l’état hépatique.
Le 7 juillet, l’érosion de la verge est franchement de couleur chair musculaire avec une induration typique; il est apparu malgré l'huile grise une cinquantaine de taches de roséole très marquées, rose vif, un peu œdémateuses, de la dimension d’une pièce de 0 fr. 20, siégeant sur l’abdomen, les flancs et le bas du dos. Le Bordet-Wassermann est positif. Une quatrième injection d'huile grise est faite.
Cette roséole est ainsi apparue trente-quatre jours après le début du chancre, c’est-à-dire un peu en avance sur les délais usuels. Elle confirme le diagnostic de chancre.
Le 10 juillet, cette roséole pâlit un peu. Il ne semble pas y avoir d'éléments nouveaux. L’induration du chancre est très marquée et donne le ressaut caractéristique quand le malade décalotte.
Il n'existe plus qu’un peu de subictère.
Le 12 juillet, la cicatrisation du chancre marche à grands pas. La roséole persiste. Les éléments sont toujours un peu urticairiens, et ont un peu grandi.
Le 19 juillet, la roséole est presque effacée. Le chancre est
cicatrisé. Une sixième et dernière piqûre d'huile grise est faite et, le 25 juillet, une série intraveineuse de novarsénobenzol est poursuivie aux doses de 30, 45, 50, 75, 90, 100 cgrs, suivie ellemême d’une nouvelle cure d’arsénobenzol.
Depuis le 10 avril 1920, le malade est en observation. Il ne présente pas d’accident et sa séro-réaction est négative.
Il est à noter que ce sujet est dépourvu de tout passé hépatique et que ses antécédents personnels pathologiques sont nuls.
(Milian, L’ictère syphilitique primaire, 17 août 1920.)
Ces trois observations démontrent incontestablement l'existence d’un icière contemporain du chancre, antérieur à la roséole, donc primaire.
Elles donnent en même iemps l'aspect général de cet ictère, avec son début insidieux progressif, sans troubles généraux; ictère à type catarrhal simple, avec cholurie, décoloration des matières, augmentation souvent très légère et inconstante du volume de la rate; ictère souvent dissocié, au moins passagèrement, et qui s’accompagne de rétention biliaire parfois accentuée.
On note encore ses caractères négatifs si particuliers : absence de fièvre, de prurit, de bradycardie vraie, de troubles gastro-intestinaux.
Enfin, son évolution est habituellement rapide, « en feu de paille ».
Les observations de Milian ont eu le grand mérite d'attirer l'attention sur cette jaunisse de la période primaire; cependant, dans les observations F et IÜL, il s’agit, pour la première, d’une malade qui porte les stigmates de l’hérédo-syphilis; pour la troisième, d’un sujet surinfecté et antérieurement traité.
MM: Chatelier et Bonneterre, un an après ces publications, rapportent un cas analogue :
Observation V.— Ph... V.., 22 ans, lingère, entre à l’hôpital le 2 juillet.
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Sa mère est morte à 52 ans d’un cancer du sein; son père est mort d'affection cardiaque.
Elle a deux frères et trois sœurs en bonne santé.
Rien à signaler dans les antécédents de la malade.
Au début du mois de mai, coït suspect, troubles généraux vagues coïncidant avec la suppression des règles. |
Vers le début de juin, peu à peu, la malade a senti ses for.es diminuer. Lassitude générale, œdème malléolaire, troubles digestifs, inappétence, vomissements, obligeant la malade à quitter l'atelier.
Elle s'aperçoit, vers le 20 juin, d’une jaunisse qui, dit-elle, était très accentuée. La malade se met spontanément au régime lacté. L’ictère diminue peu à peu.
Apparaïssent des douleurs au niveau de la grande lèvre qui conduisent la malade à l'hôpital vers la fin du mois de juin,
On constate sur l'extrémité postérieure deux érosions, peu suintantes, presque complètement cicatrisées, accompagnées d’un œdème assez considérable de la grande lèvre gauche. Induration lamelleuse difficile à percevoir. Adénopathie dure de l’aine gauche.
Tréponème à l’ultra-microscope.
A l'examen général, on trouve encore un ictère assez intense avec coloration des téguments et des muqueuses. Pas iracc de roséole, pas de prurit.
Foie gros, douloureux.
Rate perceptible à la percussion et, à la palpation, très douloureuse.
Les fèces sont un peu recolorées.
L'examen des urines donne la réaction de Gmelin, albuminurie notable, Volume total de 900 cc. Grossesse de deux mois environ.
L'examen du sang montre une formule leucocytaire normale,
Résistance globulaire augmentée notablement. Réaction de Wassermann positive.
Régime lacté. Injection de 45 cgrs de néosalvarsan.
A la deuxième injection, faite neuf jours après, l’albuminurie a presque disparu.
Les urines recueillies sont analysées par M. Waldigmer, pharmacien en chef des hôpitaux, qui trouve des traces d’albumine, de l’urobiline en quantité notable.
L’ictère rétrocède rapidement.
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L'état général s’amende; à cause de l’état de grossesse, le traitement est otre avec énergie. La malade avorte au troisième mois et demi de sa grossesse, mais l’ictère et l’albumine avaient disparu complètement.
{Chatelier et Bonneterre, Annales de Dermatologie et de Syphiligraphie, 1921.)
Ici encore, apparition d’un ictère franc avant toute manifestation secondaire, dont les auteurs ne font d’ailleurs pas mention.
Ils insistent sur l’albuminurie concomitante qui, comme l’ictère, a cédé au traitement. Il faut noter cependant que la réaction de Wassermann était positive au moment où l’ictère a été constaté, à l’encontre des cas publiés par Milian.
Il nous a paru intéressant de rapprocher de cette observation celles, plus récentes, que publient M. Delore,
en 1928, et M. Luigi Ciarrocchi, en 1932.
Observation VI. — Une jeune fille de 20 ans entre à la c'inique du professeur Pie pour jaunisse.
Elle s'est toujours bien portée. Son ictère est survenu douze jours auparavant, sans troubles digestifs, sans fièvre. Il s’agit d’un icière généralisé assez intense avec décoloration des selles, urines foncées, avec pigments et sels biliaires. Pas de prurit, légère bradycardie à 64, pas de troubles digestifs, sauf un peu dé cor-tipation. Anyrexie. L'examen viscér a ne montre rien d’ancrmal.
Foie et rate sont sensibles.
On porte le diagnostic d’ictère infectieux bénin. Outre le -égime, on prescrit du ealomel à la dose de 0,03 egrs, chaque matin, et des lavements froide.
Cependant, Pictère se prolonge d’une facen un peu anormale pour un ictère catarrhal.
Au auinzième jour, son intensité n’a pas varié. Il paraît fort bien toléré, mais la température s'élève progressivement.
Au vingtième jour de l’ictère, le thermomètre maraue 3826. À ce moment, l'attention est attiére par l’apparition toute récen'e d'éléments éruptifs sur le visage.
'&’aait de trois plaques circinées, de la dimension d’une mère de 0 fr. 50, siégeant près de la commiesure iabiale et
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sur le sillon naso-jugal à droite. Elles rappellent les syphilides papuleuses élégantes.
L'examen des téguments montre également quelques taches rosées au niveau des flancs et des lombes. Ces taches sont encore très discrètes et se distinguent à peine sur le fond ictérique.
La malade est montrée au professeur Fabre qui trouve l'éruption faciale très typique et conclut à son origine spéciique. Quani aux taches abdominales, elles sont encore trop discrètes et encore trop localisées pour qu’on puisse se prononcer sur leur nature.
Mais le lendemain, l’éruption s’est généralisée à tout le tronc; elle a vraiment l’aspect d’une roséole et ce diagnostic est confirmé par M. Favre.
Ur traitement bismuthique est aussitôt institué.
Les syphilides faciales disparaissent en six jours, ainsi que la roséole; la fièvre tombe parallèlement.
Quant à l’ictère, il persiste un peu plus et ne disparaît qu'une douzaine de jours après le début du traitement.
La réaction &e Wassermann, demandée après la première injection de bismuth, s’est montrée très positive.
La malade a quitté le service, il y a quinze jours, en bonne santé apparente; les muqueuses n’ont montré ni chancre ni plaques. Il n’y avait pas d’adénopathie.
(P. De'lore, Lyon Médical, juillet 1928.)
Observation VII. — Giovanni, âgé de 26 ans.
Antécédents familiaux : néant.
Antécédents personnels : né à terme, allaitement maternel.
Pas de maladies d’enfance;
À 13 ans, grippe;
À 23 ans, b'ennorragie mal soignée.
Buveur moyen; fumeur ++.
Le malade attend quinze jours avant de venir à la clinique, se sentant bien. Il ressentait seulement du prurit de la région pubienne, lequel prurit attira son attention sur une petite pustule siégeant sur le pénis. En même temps, il s’aperçut de l'existence d’une coloration jaunâtre de sa sclérotique qui. le jour suivant, s’étendit aux muqueuses et aux téguments, s’accompagnant d’un prurit assez important, généralisé.
Actuellement, poids : 64 kgs 200. Température : 36°9. Pouls : rythmé; légère bradycardie à 60. Développement normal.