‹ Contribution à l'Étude de l'Ictere Syphilitique PrimaireChapitre 9 sur 17 · SANTO TE · texte numérisé non relu

SANTO TE

d’ailleurs pas, mais dont ii souligne la disparition rapide sous l'influence du traitement.

Les trois observations €e LT, G. Milian, en 1920, rapportées ci-dessous, sont beaucoup plus complètes et attirent davantage l'attention sur cet ictère contemporain

du chancre.

Observation 11. — M... Marcelle, âgée de 21 ans, brodeuse, est entrée le 6 février à l’hôpital Sa'at-Louis dans un service de chirurgie, parce que s'étant trouvée mal chez elle dans l'escalier, elle avait fait une chute et s’était légèrement éraflé ja tête. Le chirurgien constata que le cuir chevelu était à peine touché et, comme la malade avait la jaunisse, il l’a passa en médecine dans notre service le 8 février 1920 (Obs. H3339)e

Ii existe une gale assez discrète et une phtiriase légère du cuir chevelu. L’ictère est marqué aux téguments et aux muqueuses.

Les urines sont hautes en couleur, acajou, et donnent les réactions de Gmelin et de Hay, ce qui indique la présence de pigments et de sels biliaires.

Elles ne renferment ni sucre ni albumine.

Les matières fécales sont décolorées, couleur miastic. 7] n'existe ni circulation coilatérale veineuse abdominale, ni ascite.

Le foie est peut-être légèrement augmenté de volume donnant 10 cm. de hauteur de matité sur la ligne mamelonnaire.

La rate est perceptible à la percussion.

La langue est un peu blanche. Il y a eu quelques vomissements bilieux la veille de l’entrée de la malade dans le service. Il n’y a ni diarrhée, ni constipation. La température est à 37°2,.

La malade, d’ailleurs très nerveuse, se plaint de douleurs

vagues un peu partout dans la région cœcale, aux jambes, le long des tibias. Elle aurait en outre un peu de céphalée le soir depuis six jours.

On ne retrouve à l’origine de cet ictère aucune intoxication, aucun excès alimentaire.

La sœur de la malade, qui vit de la même vie domestique, n’a pas présenté le moindre trouble de ce genre.

Les divers organes sont normaux. L’examen de la vulve,

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systématiquement pratiqué et sans que la malade aït attiré notre attention de ce côté, nous montre 5 érosions de la dimension d'une pièce de 0 fr. 20 aux lèvres et à la fourchette, ayant tous les caractères de chancres syphilitiques. On y retrouve le tréponème en abondance. Elles s’accompagnent de ganglions inguinaux bilatéraux du volume d’un haricot à une noisette.

La malade ignorait l'existence de ces érosions. On n’en peut donc connaître le début.

Il n'existe aucune manifestation spécifique cutanée ou muqueuse, Le col de l’utérus est indemne.

M... a été réglée à 18 ans seulement. Elle s’est mariée à 19 ans et n’a encore eu aucune grossesse.

Elle présente quelques stigmates de syphilis héréditaire. C’est une rousse qui a le nez en selle, dont les incisives médianes supérieures chevauchent les unes sur les autres, qui a Je lobule des creilles soudé et qui, surtout, présente, aux commissures labiales, des cicatrices radiées caractéristiques. Ajoutons-y le retour de la menstruation. Son père est mort de cause inconnue. Sa mère est vivante, bien portante et a eu deux grossesses : un fils bien portant et une fille, la malade.

Le 11 février, la malade est passée à la pommade au polysulfure comme traitement de sa gale.

Le 12 février, l’ictère est stationnaire. La réaction de Gmelin cst négative, celle de Hay positive. La séro-réaction de Wassermann est négative.

Le 16 février, la réaction de Wassermann est douteuse.

Le 17 février, l’ictère a presque disparu, les matières fécales sont recolorées, les réactions de Hay et de Gmelin sont négatives.

La température atteint 38°. La malade se plaint toujours de souffrir des jambes, la pression des tibias est douloureuse, les lésions vulvaires se sont élargies et ont de plus en plus l’aspect de chancres.

Le 20 février, la séro-réaction de Wassermann est positive.

Le 27 février, l’ictère a complètement disparu. Les urines restent hautes en couleur, mais les réactions de Hay et de Gmelin sont toujours négatives. Elles ont toujours oscillé autour d’un litre par vingt-quatre heures.

Le foie a 11 cms sur la ligne mamelonnaire et la rate mesure trois travers de doigt.

Le 28 février, cinq taches érythémateuses apparaissent sur l'abdomen.

Le 6 mars, roséole très abondante.

Le traitement antisyphilitique est commencé sous forme de quatre injections intraveineuses de cyanure de mercure, suivies d’une série de novarsénobenzol. Une réaction d’Herxheimer notable accompagne le cyanure, et la roséole, le lendemain de la première injection de novarsénobenzol, a subi une recrudescence passagère mais très accusée. D’abondantes crêtes de coq se sont ultérieurement développées à la vulve.

Observation III. — D... Victor, 27 ans, entre à l'hôpital Saint- Louis, salle Bichat, n° 5 (obs. H. 334), le 29 janvier 1920, pour deux plaies de la verge, datant de trois semaines et survenant après un coït suspect.

Il s’agit d’un chancre du frein, de la surface d'une pièce de 0 fr. 50, et d’un autre chanere de mîme dimersien à peu près, siégeant à la face interne du prépuce, à droite. Il s’agit de deux lésions érosives avec induration parcheminée typique. Elles s’accompagnent d’un certain degré de phimosis avec inflammation jambonnée du prépuce.

Il existe des ganglions inguinaux bilatéraux multiples, durs, caractéristiques.

Au moment de l’apparition du chancre, trois jours avant, aux dires du malade, s'était déclarée une jaunisse qui existe encore aujourd’hui et pour laquelle il fut hospitalisé à l’h6piial Saint-Antoine, dans le service de M. Siredey. IL y fut considéré comme atteint d’ictère catarrhal et mis au régime lacto-végétarien, ainsi qu’au calomel à 0,05 egrs renouvelé deux ou trois fois à cinq jours d'intervalle (renseignements fournis à ma demande par le docteur Siredey). Bien que presque disparu en sortant de l’hôpital Saint-Antoine, cet ictère a repris et se présentait très accentué à l’entrée du patient à Saint-Louis. Conjonctives, muqueuse buccale, téguments étaient de coloration foncée, les matières fécales étaient décolorées, couleur mastic.

Les urines, acajou, donnaient la réaction de Gmelin et celle de Hay. Les urines étaient de 2 litres par jour et ne renfermaient ni sucre ni albumine.

Le foie était un peu gros, débordant légèrement les fausses côtes.

La rate de volume normal.

Le pouls était à 68, les autres organes étaient normaux.

Cet homme n’avait pas d’antécédents pathologiques notables, mais il était alcoolique. Il avouait sans honte qu’il buvait énor-

lo

mément et énumérait comme ration journalière : 3 litres de vin, une dizaine d’apéritifs et un petit verre de rhum chaque matin.

Le 2 février, la réaction de Wassermann était négative.

Le 3 février, apparaissait un début de roséole.

Sous l'influence du régime lacté, l’ictère rétrocéda rapidement.

Le 5 février, les réactions de Gmelin et de Hay étaient négatives. Même constatation le 10 février.

En même temps que la roséole, s'établit une polyurie constante qui oscilla entre 3.000 grammes et 4.000 grammes par jour.

Le 9 février, la séro-réaction était positive.

Le traitement fut immédiatement commencé sous forme de quatre injections intraveineuses de cyanure de mercure, immédiatement suivies d’une cure de novarsénobenzol.

Le 13 février, il persista un peu de subictère, mais, sous l'influence de quatre injections de cyanure de mercure, les réactions de Gmelin et de Hay reparurent deux jours de suite, les 13 et 14 février.

Le 15 février, on voyait encore des taches de roséole. Elles disparaissaient totalement le 18. En peu de temps, tout phénomène de rétentios biliaire avait rétrocédé. Le chancre s’épidermisait seulement le 20 février.

La troisième observation de M. Milian n’est pas moins intéressante, encore qu'elle décrive le cas assez particulier d’un ictère primaire survenant chez un sujet antérieurement traité et au cours d’une surinfection.

Observation IV. — Le 21 octobre 1913, m'est envoyé, par un médecin, M. C.., avocat à la Cour de Paris, âgé de 39 ans, qui avait présenté en août, à la verge, deux petites plaies caractéristiques du chancre syphilitique et qui avaient été accompagnées de roséole. Le malade avait reçu cinq injections intramusculaires d’olarsol; la dernière, le 10 octobre. Malgré cela, il persistait encore le 21 octobre des ganglions inguinaux assez volumineux, durs et mobiles, caractéristiques de l’adénopathie syphilitique primaire, et, en outre, les amygdales, volumineuses et rouges, présentaient à droite des érosions muqueuses typiques. Je continuai le traitement commencé sous forme d’injections intraveineuses de novarsénobenzol.

De22 0010 RL emo 30 cgrs.

Le 29 octobre ....... 3236 SONT Le 4 novembre ...:...::2.% 60 cgrs.

Le 10 novembre ........-:.: 75 cgrs.

Le 17: novembre... 90 cgrs.

Il prit ensuite, en décembre, 30 cachets de calomel de 0 gr. 01, autant au 17 janvier, au 11 février, et il prit ensuite 60 pilules de Dupuytren du 24 février au 24 mars et du 8 avril au 6 mai.

Il reprit du calomel du 21 mai au 18 juin.

Le 26 juin et le 31 juillet 1914, la réaction de Wassermann était négative.

Pendant la guerre, le malade prit en 1915 2 cgrs par jour de calomel en janvier, autant du 1° au 30 mars, du 1° au 30 mai, du 1” au 31 juillet, du 1” au 30 septembre et du 1% au 30 novembre. Une réaction de Wassermana faite le 12 juin fut négative.

En 1916-17-18, aucun traitement ne fut institué.

Je rencontrai à deux ou trois reprises le malade aux armées pendant la guerre et ne lui constatai aucun accident.

Pendant ses permissions, il put faire à Paris diverses réactions de Wassermann, elles furent toutes négatives.

Le malade revint me voir dès notre démobilisation commune. Je ne lui trouvai, le 11 février 1919, aucun signe de syphilis active.

Le système nerveux était intact. Je proposai de faire une réactivation pour juger de l’état de sa syphilis. Je lui fis, le 17 février, une injection intraveineuse de 45 cgrs de 914.

Du sang fut pris le 3 mars, c’est-à-dire quatorze jours après l'injection, et le 13 mars, soit vingt-quatre jours après l’injection. Les deux analyses furent négatives.

Or, trois mois après cette épreuve, le 7 juin 1919, il venait me montrer une érosion de la dimension d’une lentille siégeant à la face interne du prépuce, à gauche, apparue depuis quatre jours, quinze jours après un coït suspect, et ayant tous les caractères d’un chancre syphilitique; une adénopathie croisée inguinale droite accompagnait cette érosion.

Je songeai tout d’abord à une lésion chancriforme, malgré l’adénopathie concomitante, car je n’y trouvais pas de tréponème à l’ultra-microscope à un examen rapide.

Le 10 juin 1919, soit au dixième jour du chancre, le Bordet- Wassermann était négatif.

Le 17 juin, l'érosion s'était agrandie à la dimension d’une pièce de 1 franc. L’adénopathie s’accentuait; depuis deux

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