INTRODUCTION
L’ictère syphilitique primaire a été décrit pour la première fois par M. G. Milian en 1920, description basée sur trois observations typiques d’ictère syphilitique contemporain du chancre et antérieur à la roséole.
Jusqu'à cette publication, les auteurs décrivaient seulement un ictère syphilitique secondaire dans sa forme bénigne et dans sa forme grave; Fournier en avait donné les caractères classiques.
Depuis, et comme l'avait prévu Milian, de nombreuses observations ont été publiées à ce sujet. Elles nous permettent actuellement d’individualiser l'atteinte hépatique précoce chez le syphilitique non encore traité.
Nous éliminons donc d’emblée la question discutée des ictères thérapeutiques.
Au cours de la septicémie tréponémique, l'atteinte précoce du parenchyme hépatique par le tréponème n’est pas une rareté. Elle s’observe au même titre que bien d’autres manifestations syphilitiques primaires,
telles 14 céphalée, l’asthénie, la paralysie faciale, les douleurs ostéo-articulaires que note Boiïdin,
telles l’inégalité pupillaire et la lymphocytose rachidienne décrite par Nicolau,
telles surtout les albuminuries précoces contemporaines du chancre, décrites par Audry. De même que ces albuminuries témoignent de l’affinité du tréponème pour le rein, avec dans l’avenir le risque d’une atteinte rénale plus sévère et plus tenace, de même l’atteinte hépatique avant toute manifestation secondaire de syphilis peutelle laisser prévoir ultérieurement l’apparition des hépalites tardives très difficilement curables.
Il est donc intéressant de savoir reconnaître l'hépatite diffuse du début; ce diagnostic permet, sans attendre les