‹ Contribution À L'Étude De L'Iléus AlimentaireChapitre 32 sur 42 · LXXI. — DELANNOY et CHARVET · texte numérisé non relu

LXXI. — DELANNOY et CHARVET

1. — Dans un cas, un fragment végétal est venu oblitérer un rétrécissement tuberculeux., Guérison par la résection.

2. — Dans un second cas, des pépins de raisin avaient obstrué la fin du grêle. La guérison a été obtenue par expression et refoulement dans le caecum.

FACTEURS ETIOLOGIQUES

Nous avons donc pu rassembler quatre-vingt dixhuit observations de 1910 à 1945. Elles vont nous permettre d'envisager quelques points étiologiques.

Le sexe ne paraît pas intervenir dans la production des iléus alimentaires. Sur les soixante-quatorze observations où celui-ci était spécifié, nous trouvons trenteet-une femmes et quarante-trois hommes.

L'âge semble, par contre, plus intéressant. Plusieurs cas concernaient des enfants, deux de cinq ans, un de sept ans, deux de huit ans, un de onze ans et un de treize ans, enfin une jeune fille de seize ans. Sur soixante-sept malades pour lesquels l’âge était spécifié, trente-et-un, soit près de la moïtié, avaient plus de cinquante ans. On trouve une assez grande proportion de vieïllards, soixante-cinq, soixante-sept, soixante-quinze et même quatre-vingt-six ans. Enfin, l’iléus rencontre chez les sujets âgés des facteurs favorisants, puisque l’iléus paralytique du vieillard est un fait souvent constaté. Il n’est donc pas surprenant qu’un obstacle alimentaire ait plus de chances de déclencher chez eux un syndrome occlusif. De plus, nous allons le voir, un certain nombre de malades étaient des édentés. Enfin, le passé chirurgical du malade est également de grosse importance étiologique. Chez un sujet âgé, les chances d’avoir subi une intervention antérieure sont naturellement accrues.

Enfin les aliments responsables de l’iléus ont été très divers, Il existe cependant une grande fréquence de fruits séchés, poires. vommes, figues sèches. On signale également un certain nombre d'accidents occlusifs à la suite de l’ingestion de groseilles et surtout de raisin, dont les peaux et les graines ou pépins s’accumulent en un point de l'intestin. Des champignons ont été responsables des iléus dans un certain nombre de cas. Des haricots verts, avec leurs fibres, des pommes de terre ingérées en grande quantité, des cerises avalées avec leurs noyaux, des oranges et leurs pépins, de la choucroute, des morceaux de viande mal mastiqués, des céréales, du son, enfin du pain de guerre (observation allemande de 1919), tels sont les principaux éléments du bol alimentaire responsable de l’occlusion.

Mais le nombre des iléus alimentaires reste néanmoins infime en regard des repas copieux effectués. Il y a donc lieu d’envisager un certain nombre de facteurs prédisposants, que nous nous proposons d'étudier dans les pages qui suivent.

PATHOGENIE

Dans un certain nombre d’iléus alimentaires, on trouve des facteurs prédisposants qu’il est intéressant de relever. Il s’agit essentiellement :

— d’une mauvaise mastication chez des sujets édentés ;

— de la présence d'une lésion digestive;

— d'interventions abdominales dans les anamnétiques.

EDENTÉS.

Sur quatre-vingt dix-huit observations, nous trouvons sept fois la mention édenté. Il est bien évident qu’une mauvaise mastication, en faisant parvenir dans les voies digestives des fragments plus ou moins importants d'aliments, une figue entière, une demi-pomme, va favoriser l'accumulation dans une anse grêle d’un bol alimentaire amarré généralement à une coudure, et qui va bientôt se grossir des repas ultérieurs. Fait curieux, les aliments responsables de l’occlusion chez des édentés ne sont pas nécessairement durs ou fibreux. Si, chez un malade de LEISINGER, les accidents occlusifs avaient été dus à des poires séchées, dont une, en particulier, avait été retrouvée entière, du volume d’un œuf de poule, au niveau du jéjunum, et si chez le malade

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