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Intestin : stase caecale prolongée

Après cette radiographie, on porte le diagnostic de dyspepsie secondaire d’origine colitique.

: Au mois de septembre, sans prodromes appréciables, éclate brusquement une crise douloureuse nocturne, la plus vive que la malade ait encore éprouvée : la douleur est très intense, diffuse à tout l'abdomen, sans irradiations. Il n’y a pas de nausées, quelques gaz sont émis. Examinée peu de temps après ce début dramatique, la malade ne paraît pas très fatiguée : le faciès est anxieux, légèrement vultueux, à cause des douleurs très vives. Les signes généraux sont excellents, le pouls est bien frappé, plein ; la température est normale, la langue propre, la respiration calme.

L'examen clinique se montre entièrement négatif. La malade ne présente aucun ballonnement abdominal, le ventre est très souple, la palpation profonde ne décèle aucun point douloureux précis. Les touchers rectal et vaginal sont sans résultat.

Dans la journée, les douleurs ne sont plus celles du début : elles s’arrêétent momentanément, laissant la malade dans un calme relatif, pour reprendre ensuite. Ces paroxysmes douloureux persistent

Dr Vote

tout le jour mais vont s’atténuant. Les vomissements sont toujours absents. Il y a eu quelques gaz, mais pas de selles. La malade accuse quelques irradiations douloureuses vers l’épaule gauche.

On procède à un nouvel examen. A la palpation, le ventre est toujours souple, aucune contraction intestinale n’est perceptible ; on remarque une hypersonorité de lhypocondre gauche. Les ‘signes généraux sont restés excellents. Aucun signe n’est là pour expliquer l'apparition et l’évolution de ce syndrome douloureux. Jusque là, on s’est borné à une thérapeutique symptomatique :

chaleur abdominale, antispasmodique (Surparine). Le diagnostic porté, basé sur le tympanisme gastro-colique et l’irradiation scapulaire, est « aérocolie bloquée ».

Dans la nuit se produit une sédation de tous les symptômes. Les crises douloureuses ne reparaissent plus, la malade se dit mieux, les signes généraux sont rassurants. Nuit calme.

Le lendemain matin, la situation, brusquement, s’aggrave. Des vomissements sont apparus, bilieux, verdâtres. Les signes généraux sont très alarmants : pas de température, mais pouls misérable, faciès péritonéal : les traits sont tirés, la langue et la bouche sont sèches, il n’y a pas de subictère ni de hoquet. Le ventre demeure souple, nullement rénittent, le palper appuyé ne décèle aucun signe de spasme intestinal, aucune présence insolite.

Malgré l’absence de signes occlusifs certains — si ce n’est l’aspect inquiétant des vomissements — on décide l’intervention en fin de matinée.

Anesthésie à l’éther. Laparatomie médiane.

Le péritoine ouvert, on voit sous le tablier épiploïque les anses grêles considérablement distendues dans leur moitié supérieure ; plus bas, l'intestin est normal, plutôt flasque. A point de jonction de ces deux segments, on découvre une masse dure, de la grosseur d’un œuf de poule. On extirpe assez vite le calcul après entérotomie. Les anses étant très distendues, on évacue les liquides en rétention ; la paroi est refermée après fistulisation du grêle à la Witzel.

La malade est choquée, le pronostic très réservé. On applique une thérapeutique énergique à base de sérum salé hypertonique par voie veineuse et de toni-cardiaques. Après un semblant de reprise en fin d’après-midi, le décès a lieu dans la nuit.

L'examen ultérieur montre une large communication entre la vésicule et le duodénum, au niveau de genu serperius.

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