PREMIÈRE SÉRIE
Nous avons cherché à apprécier, chez un premier malade, l’état des schizontes de notre Plasmodium vivax, après action de la dose gaméticide classique de rodopréquine (0 gr. 03 pendant trois jours consécutifs), administrés à la fin d’un cycle typique de malariathérapie. |
Cas 1. — M°"° P... salle Falret, âgée de 50 ans, était atteinte de paralysie générale typique, avec démence, dysarthrie, tremblement et réactions humorales syphilitiques fortement positives. Elle avait été impaludée le 16 septembre 1938 avec notre souche normale et avait présenté une incubation prolongée (fig. 1). (L'inoculation avait été faite à partir d’un sujet faisant son neuvième accès.) Les accès se déroulèrent ultérieurement d’une façon banale, les intervalles séparant ceux-ci étant de 42 heures en moyenne. Le 7 septembre, au lendemain du sixième accès, on prélève 10 cm$ de sang pour assurer la transmission à un second sujet ( cas 2), destiné à servir de témoin de la parfaite vitalité des schizontes qui allaient être soumis à l’action du médicament gaméticide. Une heure après, M" P.. reçoit 0 gr. 03 de rodopréquine et cette dose est renouvelée 24 heures, puis 48 heures plus tard. Le 9 octobre, jour de la troisième injec-
tion, la malade fait un dernier accès sensiblement aussi intense que les précédents, mais retardé de plusieurs heures (intervalle de 49 heures).
L'arrêt des accès se produit alors et cet arrêt appa-
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raît très franc parallèlement, les parasites: schizontes et gamétocytes ont complètement disparu du sang. Il en sera ainsi du 10 au 20 octobre, tous les examens
(étalements et gouttes épaisses) restant négatifs.
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Le 12 octobre, avait été pratiquée une injection intramusculaire de 1 mg. d’adrénaline; celle-ci ne modifia en rien la courbe thermique et ne fit réapparaître aucune forme parasitaire dans le sang.
Le 16 octobre, on fait une auto-hémo-injection de 20 em* ; pendant 4 jours, celle-ci n’entraîne aucun résultat apparent, mais le 21 octobre se produit un accès typique à 40° et les parasites réapparaissent dans le sang. Un second accès à 40° se manifeste le 23 octobre.
Du 23 octobre au 1” novembre, sans aucune nouvelle thérapeutique, l’apyrexie persiste, la température ayant tout au plus atteint 37° 6 le 24 et 37° 7 le 29 octobre. Pendant la même période, l'examen du sang décèle constamment la présence de quelques : parasites, revêtant uniquement l’aspect de schizontes de grande taille et de corps amiboïdes, mais jamais l’aspect de formes jeunes. | |
Cette première expérience est arrêtée le 2 novembre par l’administration de 1 gr. de quinine par jour, pendant 7 jours; dès l’application de ce traitement, tous les parasites disparaissent du sang. Le 19 novembre on commence le traitement par le stovarsol sodique et la malade quitte le service le 2 décembre très améliorée.
Cas 2. — M” B.. Christiane, salle Falret, âgée de 27 ans, est une paralytique générale avec déficit pSychique accentué, mauvais état général et infection urinaire (celle-ci entraîne une fébricule à 38° qui pré-
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sentera la particularité curieuse de disparaître par l’impaludation).
Elle recoit, le 7 octobre, 19 cm° de sang prélevé sur
la malade précédente, une heure avant la première
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H1G. 2. — Cas2
injection de rodopréquine. M" B.. présente alors notre forme typique de paludisme d’inoculation, avec incubation d’une semaine, suivie de dix accès francs et très régulièrement espacés (fig. 2). Le 30 octobre,