‹ Contribution à l'étude de l'impaludation thérapeutiqueChapitre 12 sur 24 · EU UE · texte numérisé non relu

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— Incubation très brève, réduite à une semaine; elle était de quinze jours à l’origine et s’est raccourcie régulièrement pour se fixer à sa valeur actuelle.

— Incubation non diminuée par l’'inoculation intraveineuse (contrairement à ce qui s’observait au début); aussi, par raison de commodité, l'injection est-elle toujours pratiquée par voie sous-cutanée ou

intra-musculaire.

— Disparition de toute fièvre d’invasion, sauf un faible et bref clocher (38°) susceptible d’apparaître dans certaines conditions et à une date spéciale, le troisième jour.

— Intervalle des accès réduits, au point de tomber aujourd’hui à quarante-deux heures et même légèrement au-dessous ; cet intervalle était de quarantehuit heures à l’origine et a subi également un raccourcissement progressif pendant les trois premières années.

— Brutalité extrême de l'ascension thermique, facteur tenu pour désirable au point de vue du bénéfice thérapeutique ultérieur.

— Possibilité d'atteindre, sans inconvénients, lors des derniers accès, une élévation thermique tres marquée, proche de 42° ; en pratique, les accès ne sont atténués que si deux accès consécutifs atteignent 41° 7.

— Densité d'infestation sanguine minime, avec raréfaction progressive dans la production des gamétocytes.

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— Sensibilité extrême à la quinine : une dose de 9 cg. suffit à réduire le niveau des accès; une dose de 10 à 15 cg. suffit parfois, mais non toujours, à les interrompre ; en pratique, la stérilisation finale du sujet est atteinte sûrement par une cure unique de 1 gr. par jour (en deux fois), pendant une semaine; dès la première prise, l'interruption de la fièvre est réalisée d’une façon qui ne comporte pratiquement pas d’exception. Ce dernier détail est d’une grande importance pour le thérapeute étant donné que le danger d’incidents ou d'accidents est réel au cours de la mise en œuvre d’une thérapeutique aussi énergique chez des sujets tarés à de multiples points de vue; la cessation quasi-immédiate des accès peut devenir subitement une question de vie ou de mort (témoin le cas d’un malade qui fit, au septième accès, un étranglement herniaire crural qu’il fallut opérer le jour même, avec un plein succès d’ailleurs).

Cette sensibilité parfaite au médicament héroïque du paludisme tient aux deux conditions suivantes : d’une part, les sujets sont neufs (aussi bien vis-à-vis du paludisme que vis-à-vis de la quinine) ; d’autre part, un soin extrême est toujours apporté à ce que le Plasmodium n’ait jamais subi un seul contact avec le médicament. La transmission, en effet, n’est pas réalisée à partir d’un sujet ayant reçu de la quinine, même à l’état de traces comme la dose de 5 cg. donnée une seule fois pour atténuer l’intensité des accès; un tel sujet est mis aussitôt hors circuit; il termine sa cure pour lui-même et le Plasmodium, dont il est

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porteur, ne rentre plus dans le cycle de transmission de la maladie artificielle.

Toutes ces conditions sont évidemment très spéciales, et le Plasmodium Vivax ainsi entretenu a

acquis la valeur d’un véritable virus fixe.

B. - LE MEDICAMENT

Nous avons dit que c’est au cours de recherches concernant l’action dysgonique d’un médicament gaméticide que nous avons abouti à ces résultats. Nous avons en effet employé un mélange à parties égales de deux corps synthétiques classiques dans la lutte anti-plasmodiale.

1° C’est à partir du noyau quinoléinique du bleu

. de méthylène que Schulleman et ses collaborateurs

ont découvert, en 1925, le 6-méthoxy-8-diéthylaminoiso-pentyl-amino-quinoléine, spécialisée sous le nom de Plasmochine et fabriquée en France sous le nom de Præquine.

2° Vers la même époque Fourneau et ses collaborateurs étudiaient une série de corps chimiques dont l’un, le 6-méthoxy-8-diéthyl-amino-propyl-amino-quinoléine fut spécialisé comme anti-paludique sous le nom de 710F ou de Rhodoquine.

Ces deux corps sont les premiers qui se soient réellement montrés actifs sur les formes sexuées du Plasmodium Falciparum et leur découverte marque une date importante dans la thérapeutique du palu-

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disme. Expérimentée d’abord sur le canari par Rhoel, puis par le même auteur en 1926 chez l’homme en Espagne, la Plasmochine est entrée, très tôt suivie de la Rhodoquine, dans l’arsenal des malariologues et ces découvertes qui ont amené une transformation considérable des méthodes thérapeutiques du paludisme ont provoqué dans le monde entier de multiples travaux dont l’énumération déborderaït le

cadre de ce travail.

Par ailleurs, étudiant le mode d’action de ces médicaments, Ph. Decourt affirmait leur possibilité d'interrompre la reproduction schizogonique sans pour cela détruire les schizontes, fait qu’il décrivait sous le nom d’action dysgonique, action obtenue avec des doses relativement faibles, voisines de la dose gaméticide qui, pour ces produits par ailleurs extrêmement toxiques, est cinq fois plus faible que leur

dose schizonticide.

C’est un mélange à parties égales de Plasmochine (Præquine) et de Rhodoquine (710F) : Rodopréquine, à la dose quotidienne de 0 gr. 03 pendant trois jours en injection sous-cutanée, que nous avons employé, reproduisant la posologie habituelle du traitement gaméticide pour Plasmodium falciparum.

La technique d’impaludation en deux temps a pu ainsi être fixée à la suite d’une série d’essais.

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