‹ Contribution à l'étude de l'impaludation thérapeutiqueChapitre 16 sur 24 · JE · texte numérisé non relu

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Fi1G. 3. — Cas 3

20 cm*; le 5 novembre au soir, la malade fait un accès de fièvre à 39°, qui sera suivi d’un second accès à 40° dans la nuit du 6 au 7 novembre, d’un troisième accès à 39° 5 dans la matinée du 8 novembre et d’une dernière élévation de température plus discrète, à 38° 2, dans la soirée du 9 novembre. Parallèlement, les parasites ont fait leur réapparition dans le sang.

Entre le second et le troisième accès du nouveau cycle, alors que le sang renfermait de nombreux schizentes (formes jeunes), on prélève 10 em$ de sang pour l’inoculer à un premier témoin (cas 4).

La reprise des accès ainsi déclenchée par l’autohémo-injection s'étant éteinte spontanément et de façon très nettement progressive, on continue à observer le malade sans lui appliquer la moindre médication. L’apyrexie persiste régulière, sauf une élévation de température à 38° le 21 novembre. Le sang est examiné quotidiennement et, à chaque examen, on retrouve un nombre encore appréciable de parasites (4 à 5 par 100 champs microscopiques sur les étalements). Pendant les dix premiers jours, tout se réduisait à des formes asexuées, et les schizontes, quelle que fût l’heure des prélèvements, revêtaient le même aspect, toujours de grande taille; ils ne paraissaient avoir aucune tendance à se segmenter, comme le prouvait l'absence constante de formes jeunes. (Il fut impossible de découvrir un seul schizonte annulaire.) Tardivement, à côté de ces schizontes semblant figés dans leur évolution, apparurent quelques gamétocytes (fig. 4).

Dans ces conditions, on pratique le 25 novembre une injection intramusculaire de 1 mg. d’adrénaline; elle détermine tout au plus une élévation de température à 37° 8 le lendemain et le surlendemain, mais

Fic. 4 — (Cliché du Service de Microphotographie de l’Institut

Pasteur, M. Jeantet.) Cas n° 8 : Lame de sang du 9 décembre (50 jours

après la rodopréquine). Persistance de schizontes âgés et réapparition de rares gamétocytes jeunes.

n’entraîne aucune ‘modification dans l'aspect du parasite sur les lames de sang.

ee Comme ïl importait de se demander ce qu'était devenu le potentiel évolutif d’un tel parasite, du sang

est prélevé le 28 novembre et réinjecté HempAre nément à un second témoin (cas 6).

Le 1* décembre, une auto-hémo-injection de 20 cm* est pratiquée; elle ne détermine qu’une élévation de température à 38° le lendemain et à 37°8 le surlendemain. On renouvelle cette manœuvre le 5 décembre; celle-ci n’influence pas, même de façon discrète, la température. Dans les deux cas, les lames de sang ne présentent, par rapport à celles des jours précédents, aucune modification des parasites.

Dans les semaines suivantes, l’apyrexie persiste, immuable. Vers la fin du mois de décembre les para-

sites se raréfient dans le sang.

Une troisième auto-hémo-injection est faite le 2 janvier 1939; son influence est nulle sur la température, mais l’examen des lames de sang montre d'assez nombreux parasites, tous de formes âgées (corps amiboïdes). Cette malade, chez laquelle on a pu réaliser une véritable forme chronique de paludisme, a été ensuite traitée par la quinine et Îles

parasites ont disparu depuis.

Cas 4 — M"° R.… Pauline, salle Claude-Bernard, âgée de 51 ans, paralytique générale grabataire, avait recu, le 7 novembre, 10 cm de sang de la malade n° 3 traitée par la rodopréquine, sang prélevé au milieu de la reprise des accès paludéens. Cette malade sert ainsi de témoin pour apprécier le potentiel évolutif du Plasmodium vivax ayant subi, 15 jours aupara-

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vant, l’action de ce médicament. Pendant 11 jours

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(fig. 5) la malade ne présente aucun signe permettant d'espérer l'apparition du paludisme d’inoculation. Aussi, le 17 novembre, pratique-t-on une auto-hémoinjection de 20 cm, le surlendemain la température

s'élève à 39°, puis des accès typiques se succèdent, un

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peu plus espacés qu’habituellement pendant la première moitié de la courbe, un peu trop rapprochés

pendant la seconde moitié.

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Fire. 5. — Cas 4

Le 7 décembre, les accès sont interrompus de façon banale par la quinine. Puis cette malade reçut une série d’injections de stovarsol sodique.

Ainsi se trouve démontré le pouvoir infestant (avec léger retard) du sang d’un sujet dont les accès ont été arrétés par la rodopréquine, puis réveillés par une auto-hémo-injection et devant s’éteindre spontanément 48 heures plus tard.

Afin de vérifier l’état de ce second passage du dHONPAN ayant subi l’action de la rodopréquine,

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un troisième passage fut pratiqué; le 28 novembre, au lendemain du cinquième accès, le sang de la malade n° 4 avait été prélevé et inoculé au sujet suivant.

Cas 5. — M. D... Jules, salle Charpentier, âgé de 29 ans, vendeur ambulant, atteint de syphilis cérébrale, recoit, le 28 novembre, 5 cm du sang de la

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malade précédente. Après une incubatior d’une semaine, le 4 décembre au soir, éclate un premier accès typique à 40° 4 (fig. 6). Malheureusement, ce premier accès est l’occasion d’un ictus avec hémiplégie droite et aphasie, éventualité classique précisément chez les sujets atteints d’artérite cérébrale syphilitique. L’arrêt des accès s’imposait sur le champ; à sa suite, le

malade vit disparaître, en 15 jours, tous les troubles hémiplégiques et aphasiques. .

Ainsi se trouvait démontré, néanmoins, qu’au trotsième passage, le Plasmodium vivax ayant subi l'action de la rodopréquine, avait retrouvé définitivement ses propriétés d’'infestation typique.

Cas 6. — M. B... Louis, salle Charpentier, âgé de 51 ans, employé des Chemins de Fer de l'Etat, et paralytique général banal, sert enfin de témoin pour apprécier la qualité des parasites prélevés chez la

F1G:. 7. — Cas 6

malade n° 3, après une apyrexie de 20 jours, et alors qu’ils présentaient, chez le donneur, une inhibition de leur pouvoir schizogonique.

Ce sujet ayant reçu, le 28 novembre, 15 cm3 d’un tel sang, fait le 7 jour (fig. 7) un premier accès à

395, suivi de 8 nouveaux accès aussi typiques que réguliers; on les arrête, le 17 décembre, par la quinine et le malade, sort très amélioré le 31 décembre.

Ainsi se trouvait démontré le pouvoir infestant du sang d'un sujet qpyrétique depuis 20 jours et dont les parasiles ne présentaient plus aucune tendance à la schizogonie dans le sang même du donneur.

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