‹ Contribution à l'étude de l'impaludation thérapeutiqueChapitre 17 sur 24 · TROISIÈME SÉRIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME SÉRIE

Cette série fut simplement destinée à acquérir une troisième démonstration de l’action d’arrêt des accès paludéens à Plasmodium vivax. par la rodopréquine ainsi que du caractère temporaire de cette action.

Cas 7. — M. B.…. Joseph, salle Bouttier, âgé de 35 ans, tueur de porcs, paralytique général typique, est inoculé, le 17 novembre, avec la souche normale de Plasmodium vivax (5 cm° de sang). Après une semaine d’incubation (fig. 8), il fait un premier accès à 39°8 et déroule ensuite un cycle d’accès typiques, à l'exception du second. Le 7 décembre, jour du neuvième accès, le malade recoit 0 gr. 03 de rodopréquine, dose renouvelée pendant les deux jours suivants. Après un intervalle de 52 heures, il fait encore un accès à 39° 4, puis redevient strictement apyrétique. Là encore, l'examen hématologique montre la disparition totale des parasites du sang et cette disparition se maintient du 9 au 27 décembre.

À cette date, est pratiquée une auto-hémo-injection de 20 cm, qui entraîne, moins de À heures plus tard,

un accès à 40° 4. L'examen du sang, pratiqué le len-

à F1G. 8. — Cas 7 se

demain, montre la réapparition de nombreux paras sites. Comme le malade paraît très fatigué, on décide de commencer de suite Padministration de la qui-

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nine; le malade fait encore un petit accès à 39e, puis devient apyrétique; il se rétablit rapidement.

Ainsi se trouve démontrée, pour la troisième fois, l’action d'arrêt des accès et la disparition des schizontes du sang, entraînées par la rodopréquine, ainsi que le caractère temporaire de cette double action.

Il. - DEUXIEME GROUPE : INJECTIONS PRECOCES.

Dans une seconde série d’essais, nous avons injecté le médicament précocement et nous avons constaté que, si le médicament est injecté aux mêmes doses, mais à une date plus précoce (vers le cinquième accès), les choses se passent un peu différemment; les différences s'expliquent, très simplement à nos yeux, par le fait qu’à cette date, l’immunité, qui tend à s'établir spontanément pendant le déroulement du paludisme de primo-inoculation, n’est encore qu’ébauchée.

La différence essentielle réside dans le fait que, dans la règle, les accès réapparaîtront sans qu’on ait à recourir à un procédé de provocation artificielle. Après une apyrexie brève (cinq à huit jours le plus souvent), on voit spontanément les accès reprendre et les parasites réapparaître. Mais là encore, dans la règle, les accès s’arrêteront d'eux-mêmes et les parasites persisteront sous la même forme de corps amiboïdes proches de la segmentation.

Voici un exemple typique de cette modalité évolu-

tive :

Cas 8. — M" Dzid.…., salle Cruveilhier, paralytique générale évidente, reçoit le 19 juin 1929, par voie intra-musculaire, 5 cm® de sang virulent. Le 25 juin, en fin d’après-midi, apparaît un premier accès à 39° 6. Quatre accès ultérieurs se succéderont à un intervalle constant (quarante heures); le maximum de la température croît régulièrement, les deux derniers accès atteignant 40°8. Le 2 juillet, à la suite du cinquième accès, on pratique une première injection de 3 cg. de rodopréquine; cette même dose sera renouvelée les deux jours suivants. Un nouvel accès se produit dans la nuit du 3 au 4 juillet, donc cinquante heures après l’accès précédent; ik est nettement moins intense, le maximum de la température ne s’élevant qu’à 39 2.

L’apyrexie s’installe aussitôt, en même temps que les parasites disparaissent du sang circulant. Le 9 juillet, on note un petit crochet de température à 37° 9, mais le 11 juillet, un accès typique à 39° 8 fait sa réapparition; il sera suivi de trois accès également typiques, le 12 juillet, le 14 juillet et dans la nuit du 15 au 16. Une nouvelle apyrexie se constitue spontanément; à noter simplement un crochet discret à 37° 8 dans la nuit du 17 au 18 juillet. Depuis la reprise des accès, les parasites ont réapparu dans le sang, puis persisteront lors de la seconde apyrexie sous forme de corps amiboïdes âgés.

Aïnsi donc, l’administration de rodopréquine, à raison de 3 cg. par jour, pendant trois jours consécutifs, à partir du cinquième accès de primo-inocu-

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lation, entraîne bien, comme après une injection tardive, une suspension des accès et une disparition des parasites du sang, mais ces deux phénomènes ne sont que transitoires; la reprise des accès et la réapparition des parasites dans ie sang se produisent

spontanément au bout d’une semaine.

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