CONCLUSIONS
I. — L'intérêt d’atténuer, voire d'interrompre complètement pendant plusieurs jours, les accès du paludisme d’inoculation a été reconnu par tous les auteurs ayant la pratique de la malariathérapie.
Dans nombre de cas, le bénéfice éventuel de ce traitement a été retiré à des malades én raison du danger réel qu’il y avait à laisser évoluer un paludisme thé-
rapeutique en présence de certaines tares organiques.
II. — Des essais nombreux d’atténuation, d’interruption momentanée des accès ont été tentés avec des succès divers ; la quinine, médicament classique du paludisme, a surtout été essayée. Les échecs dans ces tentatives ont été essentiellement dus au fait que bien souvent on dépassait le but recherché en réalisant une interruption définitive et intempestive du paludisme conduisant à tenter une nouvelle impaludation.
Cette double impaludation requiert habituellement des délais importants en raison de la persistance souvent longue de l’immunité consécutive à la primo-
So
inoculation, l’effet thérapeutique peut être amoindri du fait d’une trop longue interruption, les échecs de la réinoculation enfin ne sont pas exceptionnels.
III. — Considérant ces différentes recherches, nous avons employé, dans le but d’obtenir une apyrexie de courte durée et relativement réglable avec reprise certaine des accès, un antipaludique de synthèse considéré généralement comme un gaméticide aux doses thérapeutiques habituelles, et obtenir ainsi dans tous les cas une interruption de l’évolution du paludisme.
La réapparition des accès est fonction de la date du traitement :
— En cas de traitement tardif (après le & accès), un arrêt apparemment définitif ou tout au moins très prolongé, est observé, mais la reprise pourra être provoquée à volonté en 24 à 48 heures par une autohémo-injection. |
— En cas de traitement précoce (vers le 4 ou 5° accès), on obtient un arrêt de courte durée 65 à 8 jours en moyenne, suivi d’une reprise spontanée des acces.
Dans ce dernier cas, malgré la brièveté de lPapy-
rexie, ce délai nous a paru suffisant pour remonter
l’état général des malades et leur permettre de supporter encore 5 à 6 accès.
Une complication intercurrente, une forte altération de l’état général qui aurait auparavant signifié
ne
TM
la cessation définitive du traitement ou tout au moins sa reprise à une date très éloignée, pourra donc dans un certain nombre de cas être atténuée et traitée pendant une apyrexie transitoire et de courte durée.
Cet arrêt pourra peut-être même être provoqué systématiquement vers le 4 ou 5° accès dans les cas où une complication sera à craindre, l’expérience prouvant que c’est habituellement au-delà de ce terme que surviennent les accidents dus au paludisme d’inoculation.
Ainsi pouvons-nous espérer voir étendre plus largement les indications du paludisme thérapeutique, de même que voir restreindre le taux de mortalité encore actuellement trop élevé au cours de la malariathérapie.
Vu : Le Doyen, A. BAUDOUN.
Vu : Le Président de la thèse, A. LEMIERRE.