‹ Contribution à l'étude de l'impaludation thérapeutiqueChapitre 8 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis 1822, date à laquelle Bayle, dans sa thèse sur l « Arachnitis chronique » isolait pour la première fois la paralysie générale du groupe des folies paralytiques, nombreux ont été les traitements qu’on essaya d’opposer à cette affection.

De toutes les thérapeutiques, la première qui se révéla réellement efficace fut la malariathérapie.

C'est à Wagner-Jauregg que revient le mérite d’avoir le premier, dès 1887, pensé à la pyréthrothérapie, et si Legrain, en 1913, époque à laquelle Wagner-Jauregg essayait d’autres fièvres artificielles, exprimait que « l’inoculation de la fièvre intermittente, qui est toujours sans danger, periculi expers, mérite d’être érigée en méthode thérapeutique », c’est encore Wagner-Jauregg, dont le monde médical porte le deuil récent, qui, en juillet 1917, impaludait le premier 9 paralytiques généraux avec un succès tel que, depuis ce jour, plus de 2.000 malades ont été ainsi traités dans sa seule clinique de Vienne.

Depuis cette époque, l’impaludation thérapeutique a conquis droit de cité : A. Marie, Claude, Crouzon,

Ge

Guillain, F ribourg-Blanc, Mollaret, M. Pinard, Péron, pour ne citer que quelques auteurs français traitant des centaines de paralytiques généraux, publient des statistiques comportant un grand nombre d’améliorations et même de guérisons complètes. Dans le monde entier les neuro-psychiatres traitent ainsi des dizaines de milliers de paralytiques généraux et essayent d'étendre les indications de Ja malariathérapie à d’autres affections.

L'extension de cette thérapeutique allait permettre d'en préciser plus exactement les indications; en effet, nombre d’auteurs publiaient des accidents souvent mortels au cours du paludisme thérapeutique : troubles cardio-vasculaires avec parfois collapsus fatal, accidents liés à une insuffisance rénale, infections pulmonaires souvent mortelles, ictères graves, escarres rapidement évolutives, fréquents accidents hémorragiques frappant électivement le parenchyme rénal ou le tractus digestif, ou parfois associés, ictus apoplectique emportant souvent le malade; telles étaient les complications de ce traitement les plus fréquemment rapportées.

On s’apercevait en effet que, contrairement à l’opinion de Legrain, l’inoculation de la « fièvre intermittente » n’était pas toujours sans danger, et Sézary pouvait écrire récemment : « Les risques de la mala- « riathérapie sont incontestables, il n’y a pas de « statistique importante qui ne comporte une ru- « brique : mortalité au cours du traitement ou mor-

« talité par paludisme. » Il écrivait aussi: « Le « pourcentage des décès assez élevé à l’époque où « l’on reconñaissait peu de contre-indications est « tombé à environ 5 % depuis que l’on s’abstient de « traiter les malades atteints d’une méiopragie viscé- « rale importante ou que l’on fait des impaludations « abrégées. »

Le succès d’autres thérapeutiques, surtout les traitements par les arsenicaux pentavalents pour la paralysie générale, a permis certes de traiter avec de bons résultats des malades dont l’état paraissait contre-indiquer la malariathérapie, mais dans bien des cas léchec total ou partiel de la seule chimiothérapie devait amener à reconsidérer une tentative d’impaludation thérapeutique.

Sans entrer dans le aébat institué par les tenants de lune ou l’autre méthode, que la plupart des auteurs associent d’ailleurs le plus souvent, discussion qui sortirait du cadre de notre étude, il n’en reste pas moins certain que les excellents résultats obtenus par la malariathérapie amènent, dans le plus grand nombre possible des cas, à tenter d’en faire bénéficier des sujets dont le mauvais état général ou une tare viscérale pourrait faire craindre une complication fatale et de ce fait à tenter de réduire l'intensité des accès ou à fractionner l’évolution du paludisme d’ino-

culation.

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