LA DERMATITE PUSTULEUSE CHRONIQUE CENTRIFUGE DE HALLOPEAU
Extrêmement rare, elle se voit dans les deux sexes et chez la femme en dehors de la grossesse. L’éruption débute par des pustules s’accroissant excentriquement et s’unissant de manière à constituer des groupes dont le centre peut se séparer. Les lésions siègent surtout aux jambes, aux aisselles, sur le cuir chevelu, maïs il en existe aussi sur le tronc, les cuisses, les mains et la muqueuse buccale. Après l'ouverture des pustules le derme devient, au-dessous d’elles, le siège d’une prolifération végétante, ou, au moins, d’un soulèvement papuleux. Mais, point important, l’éruption coïncide avec un bon état de santé générale, et elle ne se généralise pas. Gaucher, à qui nous empruntons cette description, rapproche cette affection de la dermatite herpétiforme et du pemphigus végétant de Neumann. Avec Hallopeau, il lui attribue une origine pyogène (staphylocoque), tandis que le streptocoque serait responsable de la dermatose de Neumann.
6° LES BLASTOMYCOSES
Le diagnostic a été posé aussi exceptionnellement avec certaines mycoses profondes et, en particulier, avec les blastomycoses, dont une des variétés s’accompagne de lésions papillomateuses, mais dans ce cas, la lésion initiale n’est pas une pustule, mais un nodule. Le microscope et les inoculations faciliteront le diagnostic.
Traitement
Traiter une dermatose consiste avant tout à supprimer la cause; or, nous n’avons que des notions très imprécises et très discutées sur cette cause, aussi les différentes thérapeutiques tentées ont-elles échoué dans la plupart des cas. Il semble qu’à l’heure actuelle nous assistions impuissants à l’évolution de la maladie, les quelques succès pubiés étant, il faut le craindre, des coïncidences heureuses.
Nous essayerons cependant, avec Jadassohn, de tirer le bénéfice des succès partiels enregistrés.
L’impétigo herpétiforme est un exemple de dermatose où le traitement interne est au premier plan, ce qui ne signifie pas que le traitement externe doive être laissé de côté. La thérapeutique peut se diviser en :
Causale : interne; Symptomatique : externe.
Quand, sans aucun doute, on peut mettre en évidence une déficience parathyroïdienne par strumectomie ou tétanie sans ablation des parathyroïdes, on emploiera une thérapeutique de substitution.
On a tenté (Novak) l’implantation de parathyroïdes d’enfant mourant, sans succès. C’est d’ailleurs une intervention très délicate (comme celle des testicules), car ces organes représentent des formations finement organisées qui demandent un milieu adéquat. Aussi Scherber devait vérifier que les parathyroïdes implantées étaient complètement résorbées quand il pratiqua l’autopsie.
Dans ces circonstances on comprend que l’emploi d’injections d'extrait parathyroïdien, d’extrait testiculaire, id’extrait hypophysaire, d'extrait thymique aient peu de chances d’être efficaces.
Cependant il faut dire que Buschke et Curth ont constaté une amélioration manifeste chez une femme de 68 ans qui présentait des symptômes sévères par l’emploi de folliculine, « hormone semblant être une pure hormone sexuelle de la femme >», disent les auteurs.
L'emploi de substances telles que l’iodothyrine, la thyrade (thyraden), la transfusion de sang de basedewiens, paraît inactif.
On a tenté, en cas d’hypocalcémie, la transfusion du sang de femme enceinte saine, du sérum de cordon de fœtus sain, du sérum de cheval, avec de bons résultats parfois rapides. On en parle beau-
coup à l’occasion du pronostic de l’impétigo herpétiforme et la question est souvent en suspens, car les résultats sont contradictoires.
Jadassohn pense que de toutes façons, l'interruption de la grossesse est justifiée, chez les multipares, dans les premiers mois de la gestation, par un état général très bas; elle permet de parer d’un côté à la désintoxication insuffisante, au dysfonctionnement possible du système endocrinien, et épargne aux malades la cachexie consécutive à la continuation de la grossesse. En effet, peut-être n'est-ce pas tant le degré spécifique de la maladie que la débilité organique consécutive à l'accouchement et à l’occasion l'intervention opératoire, qui entraîne le pronostic fâcheux.
Jadassohn est en contradiction avec Winter qui ne reconnait pas la nécessité opératoire.
Le fait que la question se pose d’une intervention à une période aussi précoce que possible de la grossesse est justifiée aussi par l’altération purulente impétigineuse de la région des organes génitaux externes, où débutent souvent les premières lésions et où elles s’y montrent particulièrement intenses à un stade de la maladie plus avancé.
Quant à la thérapeutique symptomatique, on emploiera tout ce qui est émollient, résolutif, antiinflammatoire, calmant et surtout désinfectant.
On pratiquera, en premier lieu, l’ablation des croûtes et des enduits purulents douloureux. On utilisera le bain permanent additionné de permanganate de potasse à 1 pour 10.000 qui amène la chute des dépôts de toute sorte, la régression des symptômes inflammatoires, la disparition des douleurs; en même temps cette méthode influence favorablement l’état général, surtout en ce qui concerne l’excitabilité nerveuse. On surveillera le cœur chez les malades soumis au bain permanent. Scherber prétend que cette méthode est nocive les malades s’affaibliraient trop. I1 semble que ce point de vue ne peut être retenu. Il est possible de voir l’adynamie à un stade avancé de l'affection, mais elle touche surtout les malades considérés comme condamnés; cependant, chez eux aussi, l'emploi du bain procurera la sédation rendant leur état supportable. En remplacement du bain on pourra employer les enveloppements humides à la créoline (Dubreuilh), le thiopinol, le balnacid, qui peuvent être aussi adjoints aux bains, de même que l’eau boriquée, les solutions salicylées, résorcinées (Rost).
Klingmüller recommande, à la place du bain aqueux le bain huileux; il emploie l'huile d’arachide avec filtrages successifs, 150 litres dans une baignoire, tiède, pendant une ou plusieurs heures.
Maret badigeonne ses malades avec de l'huile d’amandes.
On emploie en badigeonnages la trypaflavine en solution aqueuse à 2 % (Bruhns, Jordan), des mélanges à base de sulfate de zinc, le