OBSERVATION I
Le 6 septembre 1931, alors en remplacement dans une clientèle de Normande, nous sommes appelés chez M. G... à Th.-B., pour soigner une vache « irès gonflée ».
À notre arrivée à la ferme, nous trouvons un animal en décubitus sterno-abdominal et respirant difficilement. Nous le faisons lever ; la panse est volumineuse et la tumeur apparaît aussi à droite. Le propriétaire nous fait savoir que la vache s’est détachée et a consommé quelques vieilles pommes de terre jetées sur un fumier et a été mise ensuite à pâturer dans un champ de vieux trèfle.
Devant la menace d’asphyxie, nous ponctionnons l’animal au trocard, mais à notre grand étonnement la canule ne laisse passer que très peu de gaz et une petite quantité de matière bulleuse verdâtre, dont l'écoulement se tarit très vite.
Nous prévenons le propriétaire de la gravité de l'état de son animal et proposons la gastrotomie, mais il refuse. Nous laissons le trocard en place, administrons un breuvage ammoniacal; la paroi abdominale est frictionnée énergiquement, et nous laissons l’animal à peine soulagé.
Une heure après, nouveau coup de téléphone nous rappelant d'urgence, mais à notre arrivée, la vache a succombé.
Sur la demande du propriétaire, nous pratiquons une autopsie sommaire. À l'ouverture de la cavité abdominale, la panse volumineuse sort, laissant voir le foie et la
Al
rate hyperhémiés. La ponction du rumen au bistouri laisse échapper un flot de matières bulleuses, confirmant notre diagnostic.