Peau
If. Plan musculo-aponévrotique III. Paroi du rumen.
A - B- GC - D. Sutures
Pour opérer cette extraction, nous plaçons préalablement dans la lèvre inférieure de l'ouverture un Hacc fin trempé dans de l'alcool. Puis, à l’aide des
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doigts disposés en crochet, nous extrayons les matières en surcharge, dont le poids est variable et peut aller jusqu’à 20 kilogrammes.
Tout danger immédiat étant écarté, nous passons au quatrième temps de l'opération : suture des lèvres de la plaie.
A l’aide de l’aiguille à bourdonnet nous traversons les différents plans : peau, muscles, panse, en quatre points de suture ; le premier au niveau de la lèvre inférieure de la plaie; ce point de suture nous permet de maintenir en place une gaze ou un linge fin qui nous servira de drain; le deuxième au niveau de la lèvre supérieure de la plaie ; les deux autres points sont faits au milieu des deux bords de l'ouverture.
Donc, au total quatre points de suture seulement, et voici pourquoi nous donnons la préférence à cette méthode.
Dans son « Manuel opératoire pour l’espèce bovine », GUITTARD écrit :
« Dans l'indigestion spumeuse, les matières peuvent s'échapper par une ouverture du rumen qui ne dépasse pas 5 centimètres. Dans ce cas, nous sommes certain d'obtenir une cicatrisation adhésive de cette ouverture dans un bref délai en la fermant à l’aide d'une suture en surjet à points rapprochés et avec du fil de catgut n° 3.
« Pour faire cette suture, nous attirons le rumen au dehors à travers l’ouverture abdominale, puis nous le repoussons dans l’abdomen dès que la suture est terminée, après avoir vérifié si les muqueuses ne s’adossent pas.
( Si l'ouverture abdominale est trop étroite pour
de
laisser passer le rumen, nous l’agrandissons jusqu’au point strictement nécessaire.
« La suture abdominale est plus difficile à pratiquer et exige beaucoup d'attention. Cette ouverture présente une disposition toute particulière. La partie profonde est formée par le muscle lombo-abdominal (transverse de l’abdomen) et par conséquent elle est faite dans le sens des fibres de ce muscle qui sont séparées et non sectionnées.
« Les lèvres profondes de l’ouverture sont ainsi en contact à peu de chose près.
« Dans la partie moyenne, au contraire, on trouve un certain vide qui résulte de l’écartement ou du retrait des fibres musculaires appartenant aux grand et petit oblique qui ont été sectionnées
« La partie externe de la plaie est composée de la tunique abdominale et de la peau, dont les bords se rapprochent presque complètement. Nous comprenons ces trois parties de l'ouverture dans une seule suture, ce qui est difficile à pratiquer parce qu'il faut obtenir le rapprochement complet des deux lèvres de la plaie dans toute leur épaisseur et puis parce qu’il y a une grande difficulté à faire revenir l'aiguille de dedans en dehors une fois qu’elle a été introduite de dehors en dedans. »
Que l’on nous permette, non pas de mettre en doute, mais de discuter cette façon de voir. |
Pour nous, une ouverture de 5 centimètres est insuffisante, non pas pour laisser passage aux matières en ébullition, mais lorsqu'il s’agit d’extirper la masse en surcharge, les difficultés sont déjà grandes avec
une ouverture de dimensions doubles.
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Si les lèvres de la plaie n'étaient pas souillées au moment du flux des matières, la cicatrisation adhésive serait possible et préférable sur une plaie de petite étendue; mais l'expérience nous a montré qu'à chaque fois que nous avons voulu opérer des sutures à points rapprochés, la suppuration s’est établie et les essais de cicatrisation devenus inutiles.
Suivant à la lettre les instructions de GUITTARD, nous avons essayé maintes fois d'obtenir cette adhésion précoce des lèvres de la plaie; nous n’y sommes jamais parvenu et nous avons vu la suppuration s’établir entre les différents plans sectionnés, d’où décollements importants nécessitant l’enlèvement des points de suture.
Peu de temps après les sutures, la lèvre inférieure de la plaie s’œdématie, son épaisseur double, pouvant atteindre jusqu'à 7-8 centimètres et, si à ce moment on examine cette région, on s'aperçoit que la peau, le plan musculo-aponévrotique, la paroi de la panse sont confondus, formant un bourrelet qui empêche les parcelles alimentaires de pénétrer plus avant dans la cavité abdominale.
En quatre ou cinq jours cet œdèm= diminue, l’adhésion se continue sur le pourtour de la plaie et il ne
reste qu'une fistule faisant communiquer la cavité de la panse avec l'extérieur.
Par ce procédé, la cicatrisation complète est moins rapide que lors d’une cicatrisation par première intention, mais il nous semble que les risques sont moins grands. On peut activer l’occlusion de la fistule par une friction vésicante des lèvres de la plaie.
or
Nous rejetons le procédé par LAFORE qui conseille, « après avoir fixé l’animal, de pratiquer une incision parallèle au corps à la partie moyenne du flanc ».
L'incision est donc faite horizontalement. Cette façon d'opérer présente le grave inconvénient de favoriser la formation de culs-de-sac entretenant la suppu-
ration.
Soins consécutifs
Les soins consécutifs se rapportent au maintien du bon état général de l’animal et au traitement local de la plaie opératoire.
Au point de vue état général, le plus important est de chercher à ramener la rumination. Dans les jours qui suivent, le rumen et l'intestin, irrités, ne fonctionnent plus normalement et l’on observe de la constipation.
Une diète absolue de deux jours est nécessaire et c'est cette mesure qui est peut-être la plus difficile à obtenir des propriétaires qui ne peuvent voir leurs animaux jeûner ; elle est pourtant le facteur essentiel de la guérison.
La constipation cède facilement aux purgatifs doux donnés sous forme de sulfate de soude, qui est en même temps un excellent antiseptique intestinal, et d'huile d'olive donnée pure ou mélangée à un peu d'huile de ricin par exemple (1/4 d’huile de ricin pour 3/4 de litre d'huile d'olive).
Les excitants diffusibles favorisent le retour et la force des contractions du rumen; on les donne sous forme d'injection hypodermique de caféine ou de café alcoolisé par voie buccale: ce dernier mode a d’ailleurs toujours de sérieux inconvénients.
L'acétate d’ammoniaque donne aussi de bons résultats.
La rumination rétablie, on donnera, dans les premiers jours, des aliments cuits fbetteraves, lisettes) ; éviter l'administration de pommes de terre pendant quelque temps.
Peu à peu l’on reviendra à l’alimentation normale, en ayant soin d’abreuver souvent le malade; au bout de huit à dix jours, ce résultat doit être atteint.
L'’appétit est excité par l'administration de noix vomique sous forme de poudre mélangée à du miel en électuaire : les breuvages à base d’arséniate de strychnine sont aussi très indiqués.
LAFORE conseillait, « quand les matières alimentaires sont extraites, d'introduire dans le rumen, par l'ouverture de la plaie opératoire, un ou deux litres d’une infusion de plantes aromatiques ou de décoction de gentiane, de camomille ou de toute autre plante amère ».
Si l'introduction de ces liquides par la plaie est relativement facile, elle nous semble dangereuse et à déconseiller, car les liquides se mélangent aux matières alimentaires restées dans la panse et lorsque l’animal se couche, ces liquides passent facilement entre la paroi de la planse et les autres plans, d’où risques plus nombreux de péritonite.
Quant à la plaie, elle ne doit, d’après CRUZEL, « inspirer aucune crainte; elle se cicatrise toujours sans accidents: on la tient propre, à sec ou à l’humidité, au vin ou au cidre ou à l’aide d’une infusion a-omatique en s’abstenant d'employer aucun onguent
ou corps gras ).
Il ne faut pas être si optimiste, car les soins de cette plaie sont confiés aux cultivateurs, qui ne suivent pas toujours les prescriptions du vétérinaire.
Il faut à tout prix que la gaze placée dans la lèvre inférieure de la plaie reste en place au moins deux ou trois jours : on la maintient, comme nous l’avons dit, à l’aide d’un point de suture à la peau.
La plaie laisse écouler, quand l’animal se couche, des liquides qui viennent la souiller ; les lèvres en sont nettoyées à l’eau salée bouillie, à l’aide d’une solution antiseptique légère (hypochlorite de soude) ou, mieux encore, à l’aide d’alcool.
Lorsque la soudure des différents plans est réalisée, ces soins deviennent uniquement des soins de propreté et seront donnés moins fréquemment.
Accidents consécutifs
Une opération de l’ordre de la gastrotomie n'est pas sans risques pour la santé de l’animal et si, dans la plupart des cas, l’évolution se poursuit d’une façon heureuse, un accident est cependant toujours possible et à redouter.
Nous analyserons par ordre de gravité ces complications ; elles sont d’ordre local, intéressant la plaie, ou d'ordre général.
L’emphysème sous-cutané est bénin, malgré l’ampleur qu'il acquiert souvent ; il est dû à des différences d'’élasticité entre les différents plans qui composent le creux du flanc. La peau est en effet épaisse et résistante, le conjonctif qui l’unit aux muscles de la paroi abdominale est souple et facilement délacérable. Si les gazs se frayent un chemin autour de la cavité, ils ne peuvent s'échapper au dehors, le tégument étant appliqué et formant clapet. D'ailleurs, cet emphysème est plus fréquent dans le cas d’une ponction simple au trocart que lors d’une gastrotomie, la plaie étant trop ouverte.
Cet emphysème est localisé au pourtour de la plaie ou généralisé et il peut alors s’étendre jusqu'à l’encolure et même la tête. Il cède aux massages répétés et n’a d'influence que sur la rapidité de cicatrisation de la plaie, ne se compliquant qu’exceptionnellement de
gangrène avec nécrose de la peau.
La suppuration n’aggrave pas non plus le pronostic; elle se manifeste soit sous forme de petits abcès autour de la plaie ou de suppuration diffuse, très rare, sous-cutanée ou interstitielle, pouvant amener de la nécrose.
Les abcès formés sont débridés largement; au besoin l’on peut drainer à l’aide d’une mèche de gaze cu, mieux, de quelques crins, grâce à une contreouverture: quelques lotions antiseptiques tarissent la suppuration en peu de temps.
La péritonite est à coup sûr la complication la plus redoutable puisqu'elle évolue vers la mort de l’animal.
Si elle est localisée au pourtour de la plaie, elle est d’un pronostic bénin et même un élément nécessaire de guérison, puisqu'elle amène une confusion des différents plans empêchant la progression plus avant des gaz et des liquides.
Mais la péritonite généralisée ne pardonne pas; elle s’établit en trois ou quatre jours et se termine par la mort de l’animal en des délais variables. Tout traitement est illusoire et c’est la perte sèche puisque la viande est impropre à la consommation.
Lorsque la quantité de tubercules ingérés est un peu trop forte, il peut y avoir commencement d’empoisonnement par la solanine, aui cède aux injections de caféine et à l'administration d’un purgatif.
Observations