ET SU
ordinairement sa pureté. Et pourtant, de par sa réaction, sa composition chimique, sa température, il repré- sente un excellent milieu de culture.
D'après Guzzoni il permettrait le développement du bacterium coli, du bacille d’Eberth, des bacilles paratyphiques, du diplobacille de Friedlænder, du gonoco-, que, du bacille de Leæffler. D’après Trovati, s’il n’augmente pas la virulence des microorganismes vaginaux, il n’atténue pas davantage celle des pathogènes communs. Pour ARaineri, au contraire, il aurait ën vitro une action bactéricide considérable sur le staphylocoque pyogène doré, le streptocoque pyogène et, plus limitée, sur le bacille de Lœæffler et le gonocoque. En revanche les saprophytes s’y développent vigoureusement surtout en présence du méconium dont M* Henry a montré l’action favorable sur le processus de putréfaction.
Les données du laboratoire concordent avec celles de la clinique qui montre la rareté relative, mais aussi la gravité, des infections pures strepto et staphylococciques et par contre, la fréquence des infections à coli-bacille età microbes anaérobies. Xrônig dans vingt et un cas de fièvre du travail trouve le streptocoque une fois, le staphylocoque une fois, tous les deux en culture pure; le bacterium coli quatre fois (seul ou associé avec un diplocoque anaérobie facultatif); enfin quinze fois des anaérobies © Gebhardt (Zeitsch. f. Éeb. u. Gyn, Bd. 26 1893) rencontre, dans tous les cas de tympanisme utérin, le coli
pur ou associé au streptocoque pyogène.
AB Lindenthal (Monatsch. f. Geb. u. Gyn.,Bd. VII 1898)
dans quatre cas d'infection avec tympanisme utérin, trouve constamment un anaérobie très proche du bacillus aerogenes capsulatus. Toujours ce bacille était associé: deux fois au streptocoque et austaphylocoque, une fois au bacterium coli, une fois au coli, à une sarcine et au staphylocoque blanc.
Dobbin et Wood trouvent le bacillus areogenes; Soli (Gazzetta medica di Torino, 1901), le streptocoque pyogène associé au coli-bacille ; enfin Cova, après Galtier, Winter, signale le gonocoque deux fois sur vingt-sept observations.
Jeannin (1905) faisant l'analyse bactériologique très complète de sept cas d'infection amniotique a ren-
coniré :
1° Espèces aérobies :
Streptococcus pyogenes . . . 3 fois Staphylococcus pyogenes. . . 4 —
Bactertim {col es ORNE AMOR 2° Espèces anaérobies :
Bacillus perfringens. 4 Micrococcus fœtidus + . …-: 2 — |
Bacillus ramosus
— tenuis , D — — caducus 2 — — nebulosus . 1 — — radiiformis 2 — — thetoïdes . :. . . 4, —
que Bacillus fragilis. . . . . L fois Staphylococcus parvulus. . . 41 — Diplococcus indéterminé. . . 2 — Coccus- indéterminé . : , . 14 —
Parmi ces anaérobies, il convient de relever la présence du Bacillus perfringens regardé commel’analogue du Bacillus aerogenes capsulatus (Welch et Nuttal)et du Bacillus phlegmonis emphysematosæ (Frænkel) et qui serait à l’origine des infections putrides graves rapportées autrefois au vibrion septique.
Un autre point intéressant est la rareté desinfections monomicrobiennes. Il s’agit presque toujours, comme Jeannin l’a bien démontré dans sa thèse, d'infections polymicrobiennes etmixtes,c’est-à-direaéro-anaérobies. C’est ainsi que des sept observations ci-dessus,une seule (obs. IV) est presque monomicrobienne (streptococcus tenuis),les six autres sont des associations d’anaérobies avec le streptocoque pyogène et surtout le coli-bacille (4 fois). Or le rôle de ces associations microbiennes est bien établi (Héricourt, Roger, Achalme, Du Bouchet); le plus souvent elles augmentent la virulence des germes en action.
Par quelles voies l'infection gagne-t-elle le liquide amaniotique ? La plus fréquemment utilisée est, sans doute,celle du vagin et du col utérin. Une fois expulsé le bouchon muqueux cervical, les membranes sont la seule barrière, plus ou moins fragile, contre l'invasion des germes. Même intacte, elle peut, comme nous le verrons, être insuffisante.
Des foyers d'infection, des organes situés au voisinage Véteau 2
de l'utérus, les germes, simples saprophytes ou pathogènes, peuvent migrer à travers le parenchyme utérin, les trompes et les membranes, jusqu'à l’intérieur de l'œuf. Ainsi se trouve constituée une deuxième voie d’infeclion.
Enfin par la voie placento-fœtale ou placentaire seule, les germes maternels peuvent atteindre la cavité ovulaire.
A proprement dire, l'infection primitive du liquide amniotique n’emprunte que la première voie ; celle qui suit les autres routes est secondaire à une infection maternelle et, par suite, plus ou moins bâtarde, incident souvent grave dans un complexus infectieux sévère.
Nous dirons quelques mots seulement de l'infection transmise de la mère au fœtus par voiesanguine. Brauell (1857), Davaine, Bollinger considéraient le placenta comme un filtre parfait contre les infections maternelles ; cette opinion fut contestée par Arloing, Cornevin, Thomas (1880), expérimentant avec le charbon symptomatique, par Chambrelent (1882), avec le choléra des poules, par Strauss et Chamberland (1882) avec le charbon. Tous ces auteurs constatèrent le passage des microbes de la mère au fœtus ; mais les uns, s'appuyant sur la loi de Vissokovitz (imperméabilité des muqueuses intactes aux microbes) et sur la loi de Malvoz (lésion placentaire, première étape de l'infection fœtale) ,admirent la nécessité de cette lésion placentaire ; pour les autres, le placenta même normal est perméable aux germes (Sabrazès, Chambrelent).
Un fait bien démontré actuellement, est la possibilité
Reg, ts
de l'infection du fœtus par voie sanguine pour toutes les maladies infectieuses observées dans l’espèce humaine : streptococcie, staphylococcie, pneumococcie, fièvre typhoïde, tuberculose (très rare), variole, syphilis, ete. (Demelin, Chambrelent). Que le fœtus ainsi infecté puisse contaminer le liquide amniotique, le fait est possible en cas d’érysipèle généralisé du fœtus par exemple, mais exceptionnel.
Hellendall a démontré la transmission de l'infection maternelle au liquide amniolique par voie placentaire seule. Faisant à 6 lapines pleines une injection intraveineuse et à une.chienne une injection sous-cutanée de microbes variés il a constaté, dans la plupart des cas, la richesse plus ou moins grande de l’œuf en bactéries. On les y rencontre trois heures après l’injection intraveineuse. La paroi utérine et ses vaisseaux sont stériles alors que le placenta et les membranes contiennent de nombreux germes.
Mais, le plus souvent, les germes, hôtes normaux ou accidentels des voies génitales inférieures, suivent la route vulvo-vaginale.
Les derniers, venus de partout (peau normale ou in-
fectée, abcès du sein, non rares au cours de la grossesse,
lochies d’une infectée, surface des objets, etc.), sont
transportés dans le vagin, à l'entrée de l'utérus ou dans l'œuf lui-même, par le doigt (toucher vaginal répété et septique), les injections vaginales (matériel et liquide malpropres), les bains (Stroganoff, Sticher), les linges de pansement, etc..., enfin par les interventions instrumentales (forceps, embryotomie)ou manuelles (version),
LA l’une des principales causes prédisposantes, comme nous le verrons, de l'infection amniotique.
Mème à l’abri des ennemis du dehors, l’œuf est exposé aux germes que la femme porte en elle-même. Ces germes viennent de deux sources : génitales et extra-génitales.
A. — Sources génitales. —CoL DE L'UTÉRUS. — Winter y rencontre le staphylocoque doré et plus rarement le streptocoque. Il signale l’augmentation considérable des microbes, surtout des bacilles, dansle col des femmes grosses.
Pour Stroganoff et Gœæbel le col est stérile. Chatinière, de même que Walthard (1894), divise la cavité cervicale et le bouchon muqueux en trois étages : un inférieur, riche en leucocytes polynucléaires et en microbes ; un moyen, riche en leucocytes et pauvre en microbes; un supérieur, d'habitudestérile. D’après Aallé tous les microbes s'arrêtent dans le bouchon muqueux du col. Y prédominent les anaérobies (mierococcus fœtidus, bacillus caducus, bac. nebulosus) ; parmi les aérobies : streptocoque non pathogène, un fin bacille particulier, un coceus ne gardant pas le Gram et parfois le staphylococcus epidermitis albus. Varaldo expérimentant sur des primipares à grossesse avancée et sans lésion du col, établit que la sécrétion cervicale ne possède aucun pouvoir bactéricide et que le col utérin estle principal fover de localisation, de conservation et de diffusion de l'infection génitale, surtout d’origine gonorrhéique.
GERMES DU VAGIN GHEZ LA FEMME ENCEINTE. — La ques-
tion des germes du vagin a passionné les observateurs: Les recherches qu'elle a suscitées ont servi les thèses opposées des auto comme des hétéro-infectionnistes. Aussi les documents sur ce point abondent-ils, montrant, par leur nombre seul, la complexité et l'intérêt du problème. Nous l’envisagerons au point de vue qui nous intéresse plus particulièrement : l'existence et la nature des germes du vagin chez la femme enceinte (1). Gænner (1887) et Bumm (1889) ne rencontrent pas dans la sécrétion vaginale de germes virulents, alors que Steffeck (1888 et 1890) y trouve des staphylocoques ou des streptocoques virulents (abcès sous-cutanés par injection à des lapins dans 41 0/0 des cas, 5 lapins périrent) ; Thomen (1890) cultive une fois un streptocoque non pathogène ; Burguburu (1892) chez 12 femmes cultive le staphylocoque (3 fois) et le streptocoque (1 fois), mais il les considère comme peu virulents. Dœæderlein (1892) classe les sécrétions vaginales en normales, acides (nombreuses cellules épithéliales, Scheiden-bacille anaérobie donnant de l'acide lactique) et pathologiques (44,6 0/0) neutres ou alcalines, renfermant de nombreux leucocytes. et des microbes variés et parmi eux des streptocoques qui 5 fois sur 7 donnè-
rent des abcès sous-cutanés en injection et deux fois
restèrent inactifs.
1. Pour la bibliographie non indiquée à la fin de notre thèse consulter : la thèse de /eannin, l’article de De Bovis (Semaine médicale,1906)etle travail de Varaldo (La Rassegna d'Ost, e qin., nov. dec. 1904) desquels nous avons tiré en grande partie la ma-
tière de ce paragraphe.
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RE
Cette classification fut acceptée et confirmée par Witte (1893), Jacobs (1894), Burckhardt (1893), Williams (1893) qui considère les streptocoques vaginaux comme venus du dehors.
Krænig (1894) sur 300 femmes constate toujours un certain degré d’acidité. Dans les sécrétions pathologiques (49 0/0) il rencontra seulement le gonocoque et l’oïdium albicans, d’où il conclut qu’en l'absence de toucher, le vagin de toute femme enceinte reste aseptique ou du moins privé de germes pathogènes.
Maslowsky (1894),chez 25 femmes enceintes saines et non explorées, trouve huit fois le staphylocoque blanc associé une fois au bacillus fœtidus de Passet, trois fois le citreus et le streptocoque. Ces microbes étaient toujours virulenis.
Pour Stroganoff (1895), le mucus vaginal aurait un pouvoir bactéricide. Pour Walthard (1895), les streptocoques vaginaux sont de simples saprophytes.
Staphylocoques et streptocoques ont été cultivés par Trettenero (1895); trois fois chez 116 gravides, Miranda (1895) : streptocoque une fois sur 80.
Wahle (1896), chez 60 parturientes rencontre des staphylocoques dans 75 0/0 des cas et, dans 25 0/0, des streptocoques qui cinq fois se montrèrent virulents.
Krænig (1897), rejette le Scheidenbacille en tant qu’entité. Il démontre les propriétés bactéricides du mucus vaginal en introduisant dans le vagin de femmes enceintes des germes variés, bacille pyocyanique, slaphylocoque, streptocoque, qui tous sont tués en un
temps variant de dix à vingt-trois heures. Les sapro-
A or à
phytes vaginaux, au cours de la grossesse, sont des anaërobies, stricts ou facultatifs, rarcment virulents.
Pour Menge (1897), ces saprophytes sont tous anaérobies obligatoires ; la sécrétion vaginale est bactéricide surtout pendant la grossesse.
Kotitmann (1898) rencontre des aérobies, entre autres des streptocoques à virulence nulle mais capable de s’exalter, dans la portion inférieure du vagin. Chez 200 femmes enceintes, Xoblank (1899) ne cultive que rarement le sireptocoque, encore ce germe est-il, le plus souvent, privé de virulence ; cependant des passages répétés à travers les animaux peuvent exalter cette virulence. Mucus vaginal sans pouvoir bactéricide.
Hallé (1898) rencontre de nombreuses espèces anaérobies capables d'amener chez l’animal des abcès et des gangrènes parfois mortels et parmi les aérobies, le colibacille (rare et peu abondant) et un streptocoque non pathogène.
Stahler et Winckler (1900) trouvent le streptocoque sept fois, dans 13 sécrétions vaginales pathologiques et 17 normales, et cinq fois dans 10 sécrétions franchement purulentes. Dans tous les cas ces streptocoques poussaient en anaérobies facultatifs.
Bensis (1900) distingue deux régions dans le vagin : l'entrée où prédominent les aérobies et parmi eux les pyogènes, rarement le staphylococcus épidermitis albus, et le fond pauvre en aérobies (pas un seul vrai pyogène aérobie), dans 40 0/0 des cas quelques sac-
charomyces analogues à l’oïdium et quelques sarcines
dise
(blanche, jaune, ocre) mais extrémement riche en anaérobies (bacillus nebulosus, micrococeus fœtidus, un strepto-bacille particulier, une bactérie renflée, etc.) dont certains donnent chez le lapin et le cobaye des abcès à pus noirâtre, très fétide.
Les espèces pathogènes seraient, pour Wardsworth (1901), exceptionnelles. Le diplostreptocoque de Walthard, saprophyte dans la sécrétion vaginale normale des femmes enceintes, est pathogène sur les tissus enflammés et peut déterminer une péritonite plus insidieuse et d’allure plus lente que la streptococcique. Dans le vagin habitent de nombreux saprophytes non forcément anaérobies.
Pour Cahanesco (1901) l’auto-purification du vagin n’est qu'appärente ; au bout de huit à dix jours on retrouve les staphylocoques et les streptocoques précédemment introduits. M Dübendorfer (1901) trouve chez 25 gravides dans 36 0/0 des cas le streptocoque, dans 12 0/0,le B. coli commune.
Wladimiroff (1902) introduisant dans le vagin de lapines et de cobayes pleines des streptocoques et des staphylocoques virulents, les a retrouvés au bout d’un mois toujours virulents. Malgré l’absence d'accidents infectieux chez les animaux en expérience, cet auteur admet la possibilité de l'auto infection utérine.
Bergholm (1902) examinant 40 femmes enceintes, sans manifestation vaginale antérieure à la prise des sécrétions et à membranes intactes, trouve une réaction le plus souvent acide et comme éléments figurés, des cel-
lules épithéliales pavimenteuses, des leucocytes et des
nef
CA
micro-organismes en proportions variables, mais dont la présence ou l'absence n’est pas en rapport avec la réaction alcaline ou acide des sécrétions.
Les germes sont surtout des anaérobies, la plupart facultatifs. Seuls les saccharomyces et une variété de bâtons courts cultivèrent mieux en présence de l’air qu'en anaérobiose. La plupart des bactéries étaient en forme de bâtonnets, rarement en forme de cocci et non pathogènes pour les animaux ; ni staphylocoque pyogène doré et blanc, ni streptocoque pyogène, ni colibacille:
Stolz (1903) dans la sécrétion vaginale de 32 femmes enceintes rencontre, en 19 cas de sécrétions normales, 3 fois le streptocoque, et 7 fois (1 fois en culture pure) en 13 cas de sécrétions pathologiques. Ces streptocoques peuvent être cultivés tantôt en aérobies, tantôt en anaérobies. Primi ou multiparité, explorations récentes ou anciennes, avec ou sans gants stérilisés, sont sans influence sur la teneur du vagin en germes pathogènes. Enfin, cet auteur n’a jamais pu démontrer l’action bactéricide de la sécrétion vaginale sur les pathogènes du vagin.
Bumm et Sigiwart (1904) examinant les sécrétions vaginales de 103 femmes enceintes ou accouchées y rencontrent le streptocoque aérobie dans plus des trois quarts des cas, mais jamais le streptocoque strictement anaérobie de Krœnig et Menge.
Natvig (1905) recherchant ce dernier, le considère comme une variété sans parenté avec le streptocoque
pyogène : il est anaérobie obligatoire, produit des gaz
LBREE
et des sécrétions fétides. On trouve encorechez les femmes enceintes un streptocoque anaérobie facultatif, à caractères morphologiques variables ; enfin, des parapneumocoques qui sont des pneumocoques atypiques. La sécrétion vaginale est, dès la naissance et normalement, acide donc bactéricideé.
Pour 1. Reber (1905) streptocoques vaginaux des femmes enceintes et streptocoques d’origine pathologique possèdent des propriétés analogues. Ces derniers pour Wolfheim (1906) seraient impuissants à provoquer même des péritonites chez le lapin et le cobaye ; la souris seule y est sensible. Reber trouve une preuve de l'existence des streptocoques vaginaux dans le pouvoir agglutinant à l'égard des divers streptocoques, du sérum des femmes enceintes. Chez les nouveau-nées non baignées, le vagin jusque-là stérile, contiendrait au bout de douze heures, d’après Veujean (1906), les saprophytes habituels du vagin et principalement le Scheidenbacille. Sa réaction est acide. Elle serait alcaline pour Bengelsdorff (1906).
Le bacterium coli, d’après Procopio et Angelis Canale (1906) n'apparaît dans le vagin qu'au cours du teavail, mais alors en grande abondance et, pendant les suites des couches, à l’intérieur du canal cervical dans 9,37 0/0 des cas.
Enfin, Gonnet (1907) cultivant sur agar sanguin chez 100 femmes enceintes de huit mois environ, les sécrétions vaginales prélevées avec toutes les précautions d'asepsie, dans le fond du vagin, culs-de-sac ou col, ne
trouve jamais de coloniesrésorbantes, done, pas de strep-
EL), tocoquepyogène. Dans 16 0/0 descas il‘obtint des cultures de streptococcus gracilis ne résorbant pas. Le streptocoque pyogène ne préexiste donc pas dans la
cavité vaginale; il est apporté du dehors.
De cette longue énumération de résultats contradictoires il ressort que, pour la majorité des observateurs, la cavité vaginale de la femme enceinte renferme normalement des germes, anaérobies et aérobies, virulents ou non, mais capables alors de s’exalter, et que la possibilité de l'infection autogène, sinon absolument sûre,
est du moins fort probable.
Plus variée et moins controversée est Ja FLORE VUL-
VAIRE chez la femme enceinte.
Bensis y rencontre: 1° des aérobies, anaérobies facultatifs (staphylocoques blanc et doré, streptocoque pyogène et surtout bacterium coli) de virulence le plus souvent nulle, mais persistant, atténuée pour la plupart des pyogènes ; 2° des anaérobies stricts, rares, non pathogènes ; 3° des aéro-anaérobies facultatifs présentant de nombreuses espèces (parapneumocoque,non pathogène, 2 paracolibacilles pathogènes, streptobacille congloméré, etc.).
M'° Dübendorfer trouve sur la vulve des streptocoques (72 0/0) et des colibacilles (48 0/0). Bergholm sur la vulve de 40 femmes enceintes trouve le staphyloc. cereus albus (32 fois), le coli commune (9 fois), le streptocoque {1 fois). Ces espèces poussaient bien en aérobies, en milieux - alcalins. 5 fois la vulve était stérile.
W. Piltz rencontra le staphyloco que blanc dans #4 0/0
des cas, en culture pure dans la moitié des cas, le doré, dans 4 0/0, le bact. coli, dans 32 0/0 des cas.
Aux germes propres de la vulve viennent s'ajouter ceux des glandes de Bartholin qui, stériles à l’état normal, présentent à l'état pathologique une riche collection de germes parmi lesquels dominent le gonocoque, le bacillus funduliformis et le micrococcus de Veillon (Neisser (1879), Veillon (1893), Menge (1897), Dujon (1897), Hallé (1898).
Les germes de l’urèthre enrichissent encore facilement la flore microbienne déjà luxuriante des organes génitaux. Sans parler des cas pathologiques, urèthre blennorragique (Menge), suppurations péri-uréthrales à nombreux anaérobies (Cottet), nous signalerons les résultats de À. Savor (1899), qui chez 120 femmes enceintes avec 290 examens, trouve des germes dans l’urèthre dans 75,2 0/0 des cas (68 0/0 de germes pathogènes dont 7,58 0/0 de streptocoques) ; de Schénk et Austerlitz (1900), qui chez 25 femmes enceintes trouvent des germes dans 48 0/0 des cas, mais jamais de pathogènes ; de W. Piltz (1904), qui chez 25 femmes grosses trouve des germes dans 80 0/0 des cas (staphyloc. pyogène blanc : 28 0/0 ; coli : 12 0,0).
Enfin l’urèthre peut apporter à la vulve les germes qui lui viennent d’une vessie enflammée (anaérobies et streptocoque dans les cystistes gangréneuses) ou d'une poche de pyélonéphrite : streptocoque, staphylocoque diplocoques, streptobacilles, anaérobies et le plus souvent colibacille (Bar, F. Legueu).
iomment les germes qui habitent normalement les
divers points de la filière génitale gagnent-ils la cavité ovulaire au cours du travail ? Comme ceux de l’extérieur ils peuvent être entraînés par le doigt ou les instruments introduits à travers un vagin mal désinfecté. Cest le mécanisme le plus simple mais qu'on ne peut invoquer lorsque l'infection se produit en l’absence de toucher ou d'intervention instrumentale. Il faut bien alors admettre une ascension spontanée des germes au cours même du travail ou plutôt, leur aspiration par les alternatives de contraction et de relàchement du muscle utérin. Au dire de de Bovis, Littleet Natvig auraient vérifié cette ascension pendant le travail. Hellendall a fourni la preuve expérimentale que nous rapportons à propos de l'infection de l'œuf intact de l’ascension spontanée des germes.
Avant de quitter la source génitale de linfection amniotique il convient d'examiner la flore microbienne de l’utérus gravide et des trompes. Comme nous le verrons les germes peuvent de la muqueuse utérine et de la lumière salpingienne gagner la cavité ovulaire à travers les membranes.
UTÉRUS GRAVIDE. — S'appuyant sur les travaux de Winter, Walthard, Stroganoff, Krænig, Wormser, J/eannin admet la stérilité absolue de l’utérus gravide tant que persiste le bouchon muqueux du col. Walter Albert totalisant diverses statistiques, sur 190 utérus d’accouchées saines, en trouve 70, soit #1 0/0 qui contiennent des germes et /1.-M. Little, défalquant les cas àgonocoques, sur 50 utérus en trouve 96,72 0/0 seulement de stériles sitôt
après l’accouchement(92,50/0avec les cas à gonocoques).
L Ye Es. » 17
Cet auteur ne rencontra qu'une fois le streptocoque, dans les lochies d’une accouchée fébrile ; mais il était absent le premier et le septième jour des suites de couches.
Il en va tout autrement si l’utérus est atteint d'endométrite ; il peut renfermer alors les divers agents de cette affection: streptocoque, bacille de Koch rarement, plus rarement encore le coli-bacille (Gilbert) et divers saprophytes, le spirochète de Schaudinn, enfin et surtout le gonocoque seul ou associé aux autres germes. Il est vrai que, suivant quelques auteurs, ces micro-organismes disparaîtraient à mesure qu’on s’éloigne du début de l’affection Mais on connaît le réveil des infections blennorragiques anciennes à l’occasion de la grossesse. De plus le gonocoque semble capable, au cours de la gestation, surtout chez les multipares à col perméable, d'envahir une déciduale saine (Winckel), créant ainsi des lésions virulentes au contact même de l'œuf.
Enfin la suppuration des fibromyomes utérins, eomplication exceptionnelle (P° Pinard), pourra en des cas rares contaminer l'utérus (Guéry, Berger).
À côté de ces lésions il faut placer les cas de suppuralion développée dans les membranes ovulaires ellesmêmes et dont Walter Albert et A. Fruhinsholz ont rapporté d'intéressantes observations. Dans le cas de W. Albert qui s'’accompagna d'infection amniotique, le pus contenait de gros diplocoques isolés prenant le Gram, des streptocoques et de fins bacilles rappelant le proteus vulgaris ; dans celui de Fruhinsholz, il y avait
FE
= de nombreux diplocoques encapsulés ayant les caractères du pneumocoque.
GERMES DES TROMPES. — Slériles pour Winter et nombre d'auteurs, les trompes, d’après Michin (cité par Jeannin), contiendraient entre autres germes le streptocoque pyogène, le staphylocoque blanc, le micrococcus tétragenes. En cas de salpingite on trouve le plus souvent le gonocoque, puis le streptocoque, enfin plus rarement le bacille de Koch et le coli-bacille (Gilbert et Lion, Jayle, Rist). Ces germes peuvent gagner l’utérus par l’ostium uterinum et se généraliser par les vaisseaux lymphatiques ou sanguins de l’utérus (Commandeur). De là, comme l’a démontré Hellendall, ils peuvent à travers les membranes gagner la cavité ovulaire.
B. — Sourcés extra-sénitales. — Nombreuses, mais jouant un rôle beaucoup plus limité que l’importante source génitale, sont les sources extra-génitales de l’in- - fection amniotique d'origine autogène.
Nous étudierons seulement les rapports de la plus importante, le tube digestif, avec l'infection amniotique. Depuis la leçon clinique du professeur Budin et la thèse de Barbier les travaux se sont multipliés sur les relations qui unissent l'intestin et l’utérus ; pour ne signaler que les thèses récentes citons celles de Broutelle, Vergez, Moreau, Gaugain.
De la bouche à l’anus, le tube digestif contient des germes infectieux ; le colibacille, avec toutes ses variétés, en est. l’hôte normal et le plus répandu. On y rencontre encore le bacillus perfringens, le micrococcus
= Te
fœtidus, diverses espèces de streptocoques anaérobies, etc. Très abondants dans l’estomac et d'espèces très variées, les microbes diminuent de nombre dans le duodénum (Gessner, Bezançon, Escherich), augmentent sans cesse du pylore à la valvule de Bauhin pour atteindre un maximum dans l’iléon et diminuer brusquement à partir du cœcum (Gilbert et Dominici).
Les selles de l'adulte contiennent le bact. coli (12-15 milliards par jour d’après Gilbert et Dominici), le bacillus subtilis, le bac. mesentericus vulgatus, des staphylocoques, des streptocoques , le bac. putrificus coli de Bienslock, eic., et enfin de nombreux microbes anaérobies parmi lesquelles on pourrait rencontrer les spores du vibrion septique (Bezançon).
Tous ces germes peuvent contaminer la vulve et de là gagner la cavité ovulaire à travers le vagin ; mais ils peuvent s’y rendre encore par un autre chemin.
Les observations de Clado sur la présence du colibacille dans la sérosité du sac des hernies étranglées, de Bonnecken (1890) et Malvoz (1891), les expériences de Tavel et Lanz (1893), de Schlæffer (1895), de de Klecki, de Bosc et Blanc qui ontsuivi les bactéries le long des voies Iymphatiques jusque sous le revètement péritonéal, ont montré amplement la réalité de la migration des microbes du tube digestif à travers une paroi intestinale altérée. ,
Mais des lésions aussi importantes que celles produites par l’occlusion ne sont pas nécessaires pour permettre le passage des germes. Les expériences de Ælimenko ont montré que la lésion pathologique ou